Algérie : Mise à jour sur la situation politique et sur les droits de la personne
- Author: Research Directorate, Immigration and Refugee Board, Canada
- Document source:
-
Date:
1 November 1996
CARTE
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GLOSSAIRE
fAIS Armée islamique du salut
FFS Front des forces socialistes
FIS Front islamique du salut
FLN Front de libération nationale
GIA Groupe islamique armé
LADDH Ligue algérienne de défense des droits de l'homme
MDA Mouvement pour la démocratie d'Algérie
MEI Mouvement pour l'État islamique
MRI-Ennahda Mouvement de la renaissance islamique-Ennahda
MSI-Hamas Mouvement de la société islamique-Hamas
ONDH Observatoire national des droits de l'homme
PRA Parti pour le renouveau de l'Algérie
RCD Rassemblement pour la culture et la démocratie
1. INTRODUCTION
Le présent document est un exposé de la situation en Algérie entre la mi-mars 1995 et mai 1996. Il s'agit d'une mise à jour du document de la série « Questions et réponses » de la DGDIR, intitulé Algérie : L'islamisme, l'État et le conflit armé, qui contient des renseignements généraux sur le mouvement islamiste, ainsi que sur les événements qui se sont déroulés en Algérie entre le début de 1992, lorsque le conflit entre l'État et les islamistes armés a éclaté, et mars 1995.
Dans le présent document, des groupes islamistes précis sont nommés lorsque cela est possible. Toutefois, la plupart des sources ne font pas ce genre de distinction et mentionnent seulement des « groupes islamistes », des « criminels armés » ou des « terroristes » dans leurs descriptions d'événements. Human Rights Watch mentionne aussi la possibilité que certains des assassinats de civils imputés à des groupes islamistes armés pourraient être l'oeuvre de [traduction] « groupes criminels ou autres dont les liens au mouvement islamiste sont au mieux ténus » (1995, 263). De même, Amnesty International affirme que, bien que le Groupe islamique armé (GIA) (voir la section 3.2) ait revendiqué bon nombre d'attaques contre des civils en 1995, il a été impossible d'établir l'authenticité de ces revendications (1996, 73).
En outre, d'après une source, l'assassinat de journalistes par des groupes islamistes (voir la section 5.2) et la censure gouvernementale imposée aux médias (voir la section 6.6) « ont, pour ainsi dire, mis fin à toute couverture fiable de la crise civile en Algérie » (IPS 2 juin 1995).
2. DÉVELOPPEMENTS POLITIQUES
Au début d'avril 1995, le président intérimaire, Liamine Zéroual[1]1, a entrepris des consultations avec plusieurs partis d'opposition pour examiner la tenue prochaine d'une élection présidentielle (Middle East Times 16-22 avr. 1995, 3; ibid. 23-29 avr. 1995, 3). Le Front de libération nationale (FLN), le Front des forces socialistes (FFS), le Mouvement pour la démocratie d'Algérie (MDA)[2]2, le Mouvement de la renaissance islamique (MRI-Ennahda) et l'Ettahadi[3]3, parti communiste, ont tous exprimé leur opposition à la tenue d'une élection présidentielle avant que le conflit opposant l'État et des islamistes armés ne soit réglé (ibid.). Les quatre premiers partis, signataires d'une proposition de paix avec le Front islamique du salut (FIS), rejetée par le gouvernement[4]4, ont aussi affirmé que le gouvernement devrait inclure le FIS dans le dialogue, mais le gouvernement a déclaré qu'il ne négocierait pas avec le FIS avant que ce dernier ne renonce à la violence (ibid.; ibid. 16-22 avr. 1995, 3). Toutefois, des rapports de négociations secrètes entre le gouvernement et des dirigeants du FIS en détention, Madani et Benhadj[5]5, en juin 1995, laissaient supposer que le gouvernement autoriserait peut-être le FIS à prendre part à la prochaine élection présidentielle (Middle East International 23 juin 1995, 11; The Ottawa Citizen 26 juin 1995; The Christian Science Monitor 28 juin 1995). Ces pourparlers auraient échoué en juillet 1995 (Middle East Times 16-22 juill. 1995, 4; Jeune Afrique 27 juill.-2 août 1995, 51), le gouvernement accusant le FIS de ne pas vouloir appeler à un cessez-le-feu, et le FIS accusant le gouvernement d'être responsable de l'assassinat[6]6 d'Abdelbaki Sahraoui, imam et cofondateur du FIS, survenu à Paris le 11 juillet 1995 (Middle East Times 16-22 juill. 1995, 4). Toutefois, le 18 août 1995, Le Monde signalait que des discussions étaient en cours entre les deux parties.
En 1995, divers partis d'opposition démocratiques algériens sont demeurés partagés sur l'avenir politique de l'Algérie (Touati 1995, 224; Le Monde 9 déc. 1995). Dans son étude de 1995 sur l'Algérie, Amine Touati affirme que les démocrates, « incapables de se construire comme alternative à la bipolarisation État/FIS, [...] ont dérivé soit vers l'une soit vers l'autre des deux parties en conflit » (1995, 223). Human Rights Watch constate que le gouvernement a entravé les tentatives de l'opposition démocratique de consolider ses forces (1995, 265). Toutefois, le 19 juin 1995 à Alger, entre 10 000 et 15 000 personnes ont participé au premier rassemblement public organisé par les partis d'opposition qui avaient signé la plate-forme de Rome (Le Monde 12 juin 1995; Middle East International 23 juin 1995, 11; The Christian Science Monitor 28 juin 1995). De nombreux partisans du FIS ont pris part au rassemblement bien que le gouvernement ait interdit la participation de représentants du FIS (Middle East International 23 juin 1995, 11).
Soucieux de légitimer son pouvoir en Algérie, le gouvernement a prévu la tenue d'une élection présidentielle le 16 novembre 1995 (Arabies juin 1996a, 13). Il a demandé la participation de 100 observateurs étrangers, la moitié provenant d'États membres de la Ligue arabe, et l'autre de l'Organisation des Nations Unies (ONU) et de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), pour assurer la surveillance et le suivi de l'élection (MENA 16 oct. 1995; Keesing's Sept. 1995, 40753). Le jour du scrutin, le gouvernement a renforcé les mesures de sécurité dans tout le pays (Le Devoir 16 nov. 1995, A6) pour lutter contre la menace proférée par les islamistes armés de tuer les personnes qui se rendraient aux urnes (IPS 16 nov. 1995; Middle East International 1er déc. 1995, 16).
Il n'y a pas eu de violence au cours de la première élection présidentielle démocratique en Algérie, que les observateurs internationaux ont qualifiée de libre et équitable pour une grande part (Country Reports 1995 1996, 1119; Monde arabe Maghreb-Machrek janv.-mars 1996, 107; APS 22 janv. 1996; Arabies juin 1996a, 13). L'élection a été caractérisée par une importante participation avec 75 p. 100 des votants (Monde arabe Maghreb-Machrek janv.-mars 1996, 107, 109; Le Nouveau Quotidien 23 nov. 1995; Middle East International 1er déc. 1995, 16), ce qui a été interprétée comme l'expression du désir de paix du peuple algérien (Journal de Genève et Gazette de Lausanne 17 nov. 1995; Le Nouveau Quotidien 23 nov. 1995; Middle East International 1er déc. 1995, 16; Arabies juin 1996a, 14). Environ 65 p. 100 des Algériens en France ayant le droit de vote ont pris part au scrutin (TV algérienne 16 nov. 1995). Liamine Zéroual, bénéficiant de l'appui des militaires, a remporté l'élection avec 61,34 p. 100 des voix (Le Nouveau Quotidien 23 nov. 1995; Middle East International 1er déc. 1995, 16). Sheikh Mahfoud du Mouvement de la société islamique-Hamas (MSI-Hamas), parti islamiste modéré, a obtenu 25 p. 100 des voix, beaucoup données par des sympathisants du FIS, ce qui en fait le plus important parti d'opposition légal (Le Nouveau Quotidien 23 nov. 1995; Libération 25-26 nov. 1995, 9). Saïd Saadi du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), représentant le camp moderniste et démocratique, a recueilli 9,6 p. 100 des voix (Le Monde 9 déc. 1995; Monde arabe Maghreb-Machrek janv.-mars 1996, 109), et Noureddine Boukrouh, dirigeant du Parti pour le renouveau de l'Algérie (PRA)[7]7, 3,81 p. 100 (ibid.). D'après Middle East International, d'autres partis d'opposition, qui avaient appelé à un boycottage de l'élection, ont été [traduction] « marginalisés par la victoire électorale du régime » (1er déc. 1995, 16).
L'élection a aussi contribué à accroître les tensions au sein du FIS (APS 22 janv. 1996). Six jours après le scrutin, Rabah Kebir, un dirigeant du FIS établi en Allemagne, a reconnu la légitimité du nouveau président, et il s'est montré disposé à dialoguer avec le nouveau gouvernement (Le Nouveau Quotidien 23 nov. 1995; Libération 25-26 nov. 1995, 9; Jeune Afrique 30 nov.-6 déc. 1995). Toutefois, un autre dirigeant du FIS établi aux États-Unis, Anouar Haddam, a dénoncé la prise de position de Kebir (Le Nouveau Quotidien 23 nov. 1995; Libération 25-26 nov. 1995, 9). D'après une source, la volonté de Kebir d'entamer des discussions avec le nouveau gouvernement était attribuable, en partie, à l'avance politique prise par son rival islamiste, le MSI-Hamas (Le Nouveau Quotidien 23 nov. 1995).
Le 31 décembre 1995, le président Zéroual a nommé Ahmed Ouyahia au poste de premier ministre (Le Point 6 janv. 1996, 16) et, le 5 janvier 1996, il a rendu publique la composition du nouveau cabinet (ibid.; Le Monde hebdomadaire 4-10 janv. 1996, 11; La Presse 6 janv. 1996, B8) de 31 membres dont deux représentants du MSI-Hamas, un du PRA, et une femme (voir l'annexe pour une liste des principaux ministères) (Le Monde hebdomadaire 4-10 jan. 1996, 11; La Presse 6 janv. 1996, B8; Libération 6-7 janv. 1996, 9). Le dirigeant du RCD, Saïd Saadi, a rejeté l'offre du président de participer au gouvernement, préférant demeurer dans l'opposition (ibid., Le Point 6 janv. 1996, 16).
À la fin mars 1996, dans le but d'établir un dialogue national, le président a invité 11 dirigeants de groupes politiques, à l'exception des dirigeants du FIS, et 41 personnalités nationales à une série de rencontres devant débuter le 6 avril 1996 (La Presse 31 mars 1996, A8; ibid. 1er avr. 1996, A18; Le Monde hebdomadaire 4-10 avr. 1996, 5; The Globe and Mail 13 juin 1996, A11; Arabies juin 1996a, 16). Au cours de ces réunions, les participants ont convenu de tenir des élections législatives au début de 1997 (Libération 8 avr. 1996, 7). Le 5 mai 1996, le président Zéroual a annoncé que les élections législatives auraient lieu au cours de la première moitié de 1997, suivant la tenue d'une conférence nationale et d'un référendum sur la Constitution avant la fin de 1996, et après la réforme des lois sur les partis politiques (La Presse 6 mai 1996, B6; Le Monde 7 mai 1996).
Le 11 mai 1996, le gouvernement a rendu publiques des propositions de réforme constitutionnelle qui comprenaient, entre autres, la limitation de la durée des fonctions d'un président à un maximum de deux mandats consécutifs de cinq ans, la création d'un « conseil national » semblable au Sénat français, la création d'une cour supérieure de l'État, l'interdiction des partis politiques à vocation ethnique et l'instauration d'un système de représentation proportionnelle (The Globe and Mail 13 juin 1996, A11). Le FFS et le FIS auraient rejeté ces propositions (ibid.; Le Monde 31 mai 1996b, 6).
3. PRINCIPAUX GROUPES ISLAMISTES ARMÉS
Il y a peu d'information sur la structure et les objectifs des groupes islamistes armés en Algérie, et sur les liens entre eux, et les renseignements existants sont quelque peu équivoques[8]8. Il semble que les groupes islamistes soient divisés tant sur le plan régional qu'idéologique, bien que ces divisions soient quelquefois moins nettes à l'échelle locale en raison de la structure du pouvoir décentralisée qui caractérise ces groupes (Le Nouvel Observateur 31 août-6 sept. 1995, 32).
Le document de juin 1995 de la DGDIR, intitulé Algérie : L'islamisme, l'État et le conflit armé, mentionne un groupe islamiste armé lié au FIS, le Mouvement islamique armé (MIA) (p. 7, 10-11). Ce groupe se serait uni à l'Armée islamique du salut (AIS) sous la bannière de l'AIS (Le Nouvel Observateur 31 août-6 sept. 1995, 34).
3.1 Armée islamique du salut (AIS)
Dans un reportage de mars 1995, Middle East Times affirmait que l'AIS, l'aile armée du FIS, était composée de trois groupes régionaux, celui de l'Est, celui du Centre et celui de l'Ouest, le groupe central [traduction] « étant considéré comme plus autonome » que les deux autres (19-25 mars 1995, 4). Selon le journal Al-Hayah, [traduction] « plusieurs groupes opérant dans la région centrale disent mener leurs activités sous le nom de "Bataillons de l'Armée islamique du salut", mais ils ne reçoivent pas leurs ordres d'un seul émir, et leurs liens avec les émirs ne sont pas clairement définis » (15 mars 1995).
Un article paru au début de septembre 1995 affirme que l'AIS « n'existe plus aujourd'hui, à côté des gros bataillons désordonnés mais bien armés et solidement implantés des GIA » (Le Nouvel Observateur 31 août-6 sept. 1995, 35). L'effectif de l'AIS, qui comptait jadis 40 000 combattants, serait réduit à quelque 4 500 (Courrier international 15-21 févr. 1996a, 24). Des sources soutiennent qu'entre 2 500 à 3 000 combattants sont dirigés par Madani Merzak dans l'Est, et qu'Ahmed Ben Aïcha dirige entre 1 500 et 2 000 hommes dans l'Ouest (ibid.; L'Express 14 mars 1996, 15). Des sources signalent aussi que le groupe central de l'AIS serait en grande partie dissous (Libération 13-14 janv. 1996, 11; Arabies juin 1996b, 17).
Selon une source, l'AIS a dénoncé la violence apparemment gratuite exercée par certains éléments au sein du GIA et appuierait les négociations avec le gouvernement (Libération 13-14 janv. 1996, 11).
3.2 Groupe islamique armé (GIA)
Au début de septembre 1995, Le Nouvel Observateur signalait trois tendances au sein du GIA : (1) les salafistes[9]9, dirigés par Mahfoud Tadjine, alias Abou Khalil Mahfoud, qui se concentrent sur des opérations contre des objectifs militaires, sans renoncer pour autant à la guérilla urbaine; (2) les djazaristes[10]10, dirigés par Mohamed Saïd jusqu'en novembre 1995 (voir la section 3.2.1), qui sont responsables de plusieurs exécutions de journalistes et d'intellectuels; et (3) les disciples du dirigeant suprême du GIA, Djamel Zitouni, alias Abou Abderrahmane Amine, qui mènent des attaques à la voiture piégée (Le Nouvel Observateur 31 août-6 sept. 1995, 35).
Le GIA est composé de centaines de petits groupes informels, autonomes pour une grande part, dirigés par des émirs de quartier, et composés souvent de jeunes délinquants ou malfaiteurs (AFP 28 juill. 1995; Le Nouvel Observateur 31 août-6 sept. 1995, 32; Libération 13-14 janv. 1996, 11). Dans son ouvrage intitulé Les Islamistes algériens : entre les urnes et le maquis, publié en octobre 1995, Séverine Labat fait état d'une convergence des intérêts du GIA avec ceux des « réseaux clientélistes locaux », résultant en une « criminalisation du politique » en Algérie (oct. 1995, 264, 266). Le Courrier international signale que de nombreux jeunes ont adhéré au mouvement islamique armé par crainte de la police et parce que, dans certains cas, ils croyaient pouvoir s'enrichir (11-17 janv. 1996, 38). Toutefois, les confessions d'islamistes armés qui se sont rendus aux autorités gouvernementales (voir la section 6.2.a) indiquent que certains d'entre eux ont été désillusionnés par le mouvement islamique armé (ibid.; Radio Algiers Network 3 déc. 1995).
Il semble que la plupart des dirigeants du GIA soient des anciens combattants algériens de la guerre en Afghanistan et, par conséquent, ils sont communément appelés « Afghans » (Courrier international 25-31 janv. 1996, 30; L'Express 18-24 janv. 1996, 16). Le 14 mars 1996, L'Express a signalé que des Algériens qui avaient combattu récemment avec des musulmans en Bosnie étaient rentrés en Algérie et s'étaient engagés dans le mouvement islamique armé (14 mars 1996, 15).
Bien que, comme l'AIS, le GIA ait des bases dans l'est, le centre et l'ouest de l'Algérie, d'après une source, ses effectifs sont [traduction] « plus importants dans la région centrale stratégique et dans la capitale, mais moins importants que ceux de l'AIS dans l'est et l'ouest de l'Algérie » (Compass Newswire 24 janv. 1996).
Le GIA qui, selon certains rapports, est le groupe islamique responsable de la plupart des assassinats de civils, et décapite et mutile souvent ses victimes[11]11 (Country Reports 1995 1996, 1121; AFP 28 juill. 1995), a aussi affirmé que certains de ses membres étaient prêts à mener des attaques-suicide (ibid.). Au début d'août 1995, trois Islamistes ont mené une opération suicide à l'aide d'un camion piégé contre une centrale électrique à Boufarik, se tuant et faisant huit autres victimes, en plus de blesser entre 15 et 25 personnes (Libération 8 août 1995, 7; Radio Algiers Network 7 août 1995).
3.2.1 Rivalités internes
Le GIA a été caractérisé par des rivalités internes (Le Nouveau Quotidien 13 déc. 1995; Libération 13-14 janv. 1996, 11; Journal de Genève et Gazette de Lausanne 4 janv. 1996). Au début de novembre 1995, dans la région de Médéa, des membres du GIA ont assassiné le dirigeant de la tendance djazariste du GIA, Mohamed Saïd, ainsi qu'un autre important membre du GIA et ancien dirigeant du FIS, Abderrazakh Redjam[12]12; Saïd et Redjam étaient tous les deux considérés comme des éléments modérés du GIA, qui avaient tenté d'unifier les diverses tendances du groupe, ainsi que le GIA et l'AIS (Le Nouveau Quotidien 13 déc. 1995; Libération 13-14 janv. 1996, 11; Journal de Genève et Gazette de Lausanne 4 janv. 1996). Ces assassinats et d'autres, qui auraient été ordonnés par Zitouni, le dirigeant du GIA, ont provoqué plusieurs scissions au sein du GIA (Compass Newswire 23 janv. 1996; Arabies juin 1996b, 17), notamment le « Groupe Médéa », le « Bataillon Al Fida »[13]13 dirigé par Youssef Abou Hammam, la « Brigade de la mort » qui opère dans les environs d'Alger et de Tizi Ouzou, le « Bataillon Larbaa » siégeant dans la région de Larbaa à l'est d'Alger, et le Mouvement pour l'État islamique (MEI) (ibid.). Le 23 décembre 1995, le « Bataillon Larbaa », qui s'était joint au GIA le 13 mars 1994, aurait publié un communiqué annonçant son retrait du GIA (Al-Hayah 1er janv. 1996).
Le MEI, dirigé par Saïd Makhloufi, un fondateur du FIS, s'est joint au GIA en mai 1994 (Al-Hayah 21 févr. 1996; L'Express 14 mars 1996, 16). Dans un communiqué du 20 février 1996, Makhloufi a affirmé que nombre de ses membres avaient disparu après avoir été enlevés par le GIA (ibid.). L'Express a caractérisé cet incident comme la deuxième phase du « processus de purification » entrepris par le GIA après avoir fait disparaître des membres de la tendance djazariste (ibid.). Dans un communiqué du 20 février 1996, le MEI a affirmé son retrait du GIA, et a averti le GIA qu'il lui déclarerait la guerre si les dirigeants du MEI n'étaient pas libérés en moins d'une semaine (Al-Hayah 21 févr. 1996). Les sources consultées par la DGDIR n'indiquent pas si le MEI a mis à exécution sa menace contre le GIA, et elles ne mentionnent pas d'incidents de violence dont le MEI serait l'auteur.
3.3 Relations entre les groupes islamistes
3.3.1 Le FIS et l'AIS
En raison de l'absence de commandement résultant de l'emprisonnement des deux dirigeants du FIS et de l'exil des autres, l'AIS a annoncé dans un communiqué du 15 mars 1996 la nomination d'un [traduction] « émir national intérimaire », Madani Merzak[14]14, à la direction du FIS (Middle East Times 19-25 mars 1995, 4; RFI 15 mars 1995; Al-Hayah 15 mars 1995). Le communiqué de l'AIS n'indique pas si les dirigeants du FIS ont approuvé cette décision (Middle East Times 19-25 mars 1995, 4). Selon un reportage d'Al-Hayah de la mi-mars 1995, cet événement était d'une [traduction] « importance considérable » puisqu'il signifiait que la direction du FIS relevait [traduction] « en pratique des commandants sur le terrain » (15 mars 1995). Le 14 mars 1996, L'Express a affirmé que l'AIS agit tout à fait par elle-même, indépendamment des dirigeants politiques du FIS (14 mars 1996, 15).
3.3.2 Le FIS et le GIA
À la fin mars 1995, des dirigeants du FIS à l'étranger ont dénoncé les actes de violence perpétrés contre des civils, en particulier des femmes, des enfants et des personnes âgées, mais ils en ont attribué la responsabilité aux forces de sécurité gouvernementales plutôt qu'au GIA (Libération 20 mars 1995, 11; FIS 17 mars 1995). D'après un article paru le 25 mai 1995, bien que le FIS [traduction] « ait publiquement renoncé à l'utilisation du terrorisme », tout comme le GIA, il a continué à prôner la [traduction] « violence pour renverser le gouvernement » (International Herald Tribune 25 mai 1995). D'après une source, « entre le FIS et les GIA, personne ne sait où finit l'un et où commence l'autre » (Le Nouvel Observateur 31 août-6 sept. 1995, 35). Une autre source indique que le GIA « obéit » au dirigeant emprisonné du FIS, Ali Benhadj, ce qui laisse supposer que le FIS exerce encore une autorité sur les islamistes armés (Le Point 17 févr. 1996, 47). Toutefois, le GIA aurait pris pour cible des dirigeants du FIS (AFP 21 janv. 1996; Jane's Defence Weekly 7 févr. 1996) qui se sont prononcés pour la paix et la réconciliation nationale (ibid.).
3.3.3 L'AIS et le GIA
Bien qu'il y ait des désaccords entre l'AIS et le GIA depuis le début du conflit armé (Touati 1995, 229-230), des signes de divisions grandissantes sont apparus au début d'avril 1995 lorsque le dirigeant de l'AIS, Merzak, a envoyé une lettre aux dirigeants du FIS, Madani et Benhadj, leur demandant de condamner les éléments [traduction] « sans expérience et imprévoyants » dans le mouvement, faisant référence au GIA (Mideast Mirror 3 avr. 1995). Le 2 janvier 1996, le GIA a répondu dans un communiqué par une déclaration de guerre contre l'AIS (Libération 11 janv. 1996, 14; Kuna 8 janv. 1996). Cinquante-cinq personnes, y compris l'émir du GIA de la région ouest, Kada Benchicha, ont été tués au début de janvier 1996 au cours d'affrontements entre le GIA et l'AIS dans les régions autour de Blida, Lakhdaria et Tlemcen (La Presse 5 janv. 1996, B3; Libération 5 janv. 1996, 7).
Toutefois, des reportages sur un communiqué conjoint de l'AIS et du GIA, diffusé le 12 janvier 1996, ont indiqué que le GIA de l'ouest algérien, dirigé par Abderrahim Ben Khaled, et la section de l'AIS de l'ouest algérien, dirigé par Ahmed Ben Aïcha, avaient fusionnés sous la bannière du GIA, bien que les deux groupes se soient désolidarisés d'avec Zitouni et ses partisans (L'Express 18-24 janv. 1996, 16; Al-Hayah 15 janv. 1996; Compass Newswire 24 janv. 1996). Le dirigeant du groupe occidental du FIS et de l'AIS, Ben Aïcha, a affirmé que le communiqué du 12 janvier 1996 était faux (ibid.; Al-Sharq Al-Awsat 17 janv. 1996).
4. INCIDENTS DE VIOLENCE ISLAMISTE
En 1995, en plus de prendre pour cibles des particuliers, comme il est décrit dans la section 5, les islamistes armés ont eu de plus en plus recours aux voitures piégées pour mener des opérations de sabotage ayamt pour cible des entreprises publiques, des écoles, des bureaux gouvernementaux, des réseaux téléphoniques, des ponts, des trains et des voies ferrées (HRW déc. 1995, 264; Country Reports 1995 1996, 1120-1121; Libération 20 juill. 1995, 7). Comme il est indiqué ci-dessous, les bombardements se sont poursuivis jusqu'au printemps 1996.
4.1 Voitures piégées
Il y a eu une escalade de la violence en Algérie entre la fin juillet et octobre 1995 (Libération 26 juill. 1995, 9; ibid. 8 août 1995, 7; ibid. 11 sept. 1995b, 11; Middle East Times 30 juill.-5 août 1995, 4; Middle East International 8 sept. 1995, 10; ibid. 6 oct. 1995, 11). À la fin juillet et au début d'août, des islamistes armés ont riposté aux opérations des forces de sécurité, visant à détruire leurs cachettes à Alger et en périphérie, en faisant exploser des voitures piégées à Meftah et dans les environs de Tizi Ouzou (Libération 26 juill. 1995, 9; Middle East Times 30 juill.-5 août 1995, 4), ainsi que dans la région de Boufarik, fief du GIA (Libération 8 août 1995, 7). Libération signale aussi qu'en un mois au milieu de 1995, plusieurs oeuvres d'art importantes, y compris le pont Issers reliant Alger et la Kabylie, ont été détruites au cours d'opérations de sabotage menées par des islamistes armés (ibid.). Comme il est indiqué ci-dessous, les bombardements se sont poursuivis jusqu'au printemps 1996.
Les 17 et 18 août 1995, peu de temps avant que le gouvernement annonce la date des élections présidentielles, soit le 16 novembre 1995, des islamistes armés ont lancé deux attaques à la voiture piégée contre le Club des Pins, station balnéaire située à l'ouest d'Alger, faisant deux morts et sept blessés (La Presse 19 août 1995, B7; Middle East International 25 août 1995, 11; Reuters 19 août 1995). L'attaque a eu lieu malgré les mesures de sécurité importantes prises à la station habitée par des hauts dirigeants gouvernementaux et leurs familles, ainsi que des personnes menacées par des islamistes (ibid.; La Presse 19 août 1995, B7; Middle East International 25 août 1995, 11). Deux chauffeurs employés par une agence de tourisme de la région seraient responsables de l'attaque (ibid.; Reuters 19 août 1995); un a été tué par les forces de sécurité lors d'un échange de coups de feu le 19 août 1995 (ibid.). Le 31 août 1995, une voiture piégée visant le quartier général des services de sécurité à Alger a raté sa cible; neuf personnes ont été tuées et 104 blessées (Middle East International 8 sept. 1995, 10; Radio Algiers Network 1er sept. 1995).
La brève interruption de la violence pendant la période électorale a été suivie par une recrudescence et une intensification des attaques par des islamistes armés contre des cibles civiles et militaires, à la fin 1995, à Alger et dans les environs (AFP 4 déc. 1995; Libération 4 déc. 1995, 9; ibid. 6 déc. 1995, 12; Le Nouveau Quotidien 14 déc. 1995). Le 12 décembre 1995, une voiture piégée a explosé en banlieue sud d'Alger, tuant 15 civils et en blessant 40 (ibid.). Une autre voiture piégée a explosé à Blida, le 14 janvier 1996, faisant cinq morts et 25 blessés, et causant des dommages à l'hôtel de ville (Le Monde 17 janv. 1996, 4; Reuters 21 janv. 1996). Le 31 janvier 1996, une bombe a explosé dans une mosquée à Baraki, et un camion piégé a explosé à Hamadi, près d'Alger, faisant 14 morts et 30 blessés (La Presse 2 févr. 1996, A14; Libération 2 févr. 1996, 8; KSC Television 1er févr. 1996). Le 5 février 1996, une voiture piégée a explosé devant un hôpital à Ain Bessam dans la région de Bouira, située à 90 km à l'est d'Alger, faisant cinq morts et 22 blessés, et causant des dommages importants à l'hôpital et aux édifices avoisinants, dont une école (La Presse 7 févr. 1996, E1; Libération 7 févr. 1996, 9). Le 9 février 1996, une attaque à la voiture piégée à Miliana, à 120 km au sud d'Alger, a fait six morts et 22 blessés (La Presse 11 févr. 1996, A6). La violence exercée par les islamistes avait jusqu'alors épargné cette région (ibid.). Le 7 mars 1996, un camion piégé a explosé près de l'hôtel de ville à Berrouaghia, dans la province de Médéa, faisant deux morts et dix blessés (Radio Algiers Network 7 mars 1996).
Le 18 mars 1996, la Kabylie a été le théâtre d'une escalade de la violence exercée par des islamistes armés; dix personnes au moins ont été tuées et 26 autres blessées au cours de deux attentats à la bombe séparés, perpétrés à Tizi Ouzou et Zeboudj Kara (Libération 19 mars 1996, 10; ibid. 21 mars 1996, 9). Libération laisse entendre que ces incidents étaient liés à la réélection, le 16 mars 1996, de Hocine Aït-Ahmed à la direction du Front des forces socialistes (FSS)[15]15 à prédominance kabyle (19 mars 1996, 10). Aussi, le 18 mars 1996, des islamistes armés montant la garde à un poste de contrôle simulé ont arrêté 30 personnes qui rentraient du travail, en ont égorgé six du village de Sid Ali Moussa et ont brûlé leurs cadavres (ibid., 21 mars 1996, 9). Il semble que le motif de ces assassinats soit la création d'un groupe d'autodéfense dans le village des victimes (voir la section 6.4) pour se protéger contre des incursions des islamistes armés (ibid.).
4.2 Attaques contre des établissements d'enseignement
D'après le Swiss Review of World Affairs, les établissements d'enseignement ont été la cible privilégiée des islamistes parce que [traduction] « de leur point de vue [islamiste], l'éducation est trop moderne, pas assez "islamique" selon l'interprétation qu'ils donnent à ce qualificatif. Ils s'opposent aussi avec véhémence à la mixité des établissements scolaires, à l'enseignement mixte » (oct. 1995, 21).
D'après les chiffres fournis par le gouvernement en juillet 1995, 958 écoles ont été attaquées par des groupes islamistes depuis que le GIA a ordonné, en septembre 1994, la fermeture de tous les établissements scolaires du deuxième cycle du secondaire (HRW déc. 1995, 264). Le Country Reports 1995 affirme que les écoles ont été la cible des islamistes armés tout au long de 1995 (1995, 1125). Le Swiss Review of World Affairs a rapporté que, bien que des [traduction] « centaines de salles de classe aient été détruites par des incendies volontaires et des attaques à la bombe, et des enseignants et des étudiants (hommes et femmes) assassinés [...], le système d'éducation du pays ne s'est pas écroulé. Malgré la violence et les menaces, parents et enseignants ont insisté pour que les cours continuent » (oct. 1995, 21). En septembre 1995, au milieu d'importantes mesures de sécurité prises autour des écoles à Alger, 7 000 000 élèves et 365 000 enfants sont retournés dans leurs salles de classe en toute sécurité (Libération 11 sept. 1995b, 11).
5. GROUPES MENACÉS D'ATTAQUES PAR DES ISLAMISTES ARMÉS
5.1 Les effectifs des forces de sécurité et leurs familles
Le GIA a menacé de tuer des membres des forces de sécurité et leurs familles (AFP 21 août 1995; HRW déc. 1995, 264). Le 2 septembre 1995, un camion piégé destiné à une résidence de policiers à Meftah a explosé, faisant six morts et 83 blessés (Libération 4 sept. 1995, 12). Le 27 novembre 1995, malgré les mesures de sécurité importantes dans la région, le directeur de la marine algérienne, le général Mohamed Boutighane, a été assassiné à Hydra, en banlieue d'Alger, où résident des dirigeants gouvernementaux et des forces de sécurité (Libération 7 déc. 1995, 14; AFP 28 nov. 1995); l'attaque n'a pas été revendiquée (ibid.). Le 18 avril 1996, un camion piégé a partiellement détruit le commissariat Oued Koriche à Bab el Ouel près d'Alger (Le Monde 23 avr. 1996, 4).
Le GIA aurait averti les épouses des membres des forces de sécurité [traduction] « qu'en "bonnes musulmanes", elles devraient quitter leurs maris » (AFP 21 août 1995). Le 19 août 1995, les épouses de neuf membres des gardes communales ont été tuées, dont six auraient été décapitées, par un groupe islamiste armé à Grarem dans l'est de l'Algérie (AI 19 sept. 1995; AFP 27 août 1995). Human Rights Watch signale que des enfants de policiers ont aussi été pris pour cibles en 1995 (1995, 264).
5.2 Personnel de la presse
Conformément à l'avertissement lancé par le GIA en mai 1993 voulant que « ceux qui vivent de la plume périront par l'épée » (IPS 2 juin 1995; AFP 28 juill. 1995; The Jerusalem Post 13 sept. 1995), en 1995 et au début de 1996, le GIA a continué à prendre pour cible des journalistes et d'autres travailleurs de la presse qu'il accusait de soutenir la « junte militaire » (Libération 11 sept. 1995b, 11; HRW déc. 1995, 263; La Presse 12 févr. 1996, A1; Libération 13 févr. 1996, 10; World Press Review juin 1996, 47). En juin 1995, le gouvernement aurait reconnu la difficulté d'assurer la pleine protection des quelque 4 000 travailleurs de la presse en Algérie (IPS 2 juin 1995). Trois journalistes, dont une femme, ont été tués en moins de deux jours au début de septembre 1995 (Reuters 4 sept. 1995; AFP 4 sept. 1995; Country Reports 1995 1996, 1121). Le 8 septembre 1995, des islamistes armés auraient tué un journaliste de la télévision et son épouse (ibid.). D'après Human Rights Watch, 22 travailleurs de la presse ont été tués entre janvier et octobre 1995, [traduction] « faisant de l'Algérie l'endroit le plus dangereux sur la planète pour exercer le métier de journaliste » (1995, 263).
Des journalistes algériens ont organisé une grève au milieu de septembre 1995, causant la fermeture temporaire de tous les journaux, pour protester contre l'assassinat du personnel de la presse et pour exiger une protection accrue de l'État (The Jerusalem Post 13 sept. 1995; Libération 11 sept. 1995b, 11). Malgré les appels des journalistes pour une meilleure protection, les assassinats de travailleurs des médias se sont poursuivis; le 3 décembre 1995, Hamid Mahiout, un journaliste de Liberté, et son chauffeur, ont été enlevés et décapités par des islamistes armés dans une banlieue d'Alger (Libération 6 déc. 1995, 12; Jeune Afrique 14-20 déc. 1995, 36). Le 11 février 1996, le GIA a fait exploser une voiture piégée à l'extérieur du principal centre de presse, La Maison de la Presse, à Alger, faisant au moins 18 morts dont trois journalistes, et environ 52 blessés (Reuters 12 févr. 1996: La Presse 12 févr. 1996, A1; Libération 13 févr. 1996, 10; Le Monde 17-18 févr. 1996, 4; Le Point 17 févr. 1996, 46; Courrier international 15-21 févr. 1996b, 24). Un mois plus tard, le 12 mars 1996, un photographe du quotidien Algérie Actualité a été tué à Alger (Libération 13 mars 1996, 10).
5.3 Fonctionnaires du gouvernement
Des fonctionnaires du gouvernement, anciens et actuels, ainsi que des dirigeants musulmans liés au gouvernement, ont été pris pour cible par des islamistes armés (Country Reports 1995 1996, 1121; Middle East Times 30 juill.-5 août 1995, 4; Libération 26 juill. 1995, 9; AFP 14 août 1995). Par exemple, le 25 juillet 1995, un haut-fonctionnaire du ministère des Affaires religieuses a été tué en banlieue d'Alger (Middle East Times 30 juill.-5 août 1995, 4; Libération 26 juill. 1995, 9).
Abou Bakr Belkaïd, ancien ministre de l'Intérieur qui faisait campagne pour le candidat à la présidence Redha Malek[16]16, a été abattu par des militants islamistes le 28 septembre 1995 à Alger (Jeune Afrique 12-18 oct. 1995, 8; Keesing's Sept. 1995, 40753). Le 24 mars 1996, les services de sécurité ont signalé que des [traduction] « criminels armés » avaient tué un cadre supérieur des douanes à Alger (Radio Algiers Network 24 mars 1996). Le 4 mai 1996, un autre ancien ministre de l'Intérieur, Mohamed Harbi, a été tué à Alger par « trois criminels armés », d'après les forces de sécurité algériennes (La Presse 5 mai 1996, A6; ibid. 6 mai 1996, B6; Radio Algiers Network 4 mai 1996).
5.4 Étrangers
D'après le Country Reports 1995, 20 étrangers ont été tuées par des islamistes armés en 1995, par rapport à 74 en 1994 (1996, 1121). Le 5 mai 1995, le GIA a assassiné cinq coopérants étrangers trois du Canada, de la Grande-Bretagne et de la Tunisie respectivement, et deux de la France qui travaillaient sur le gazoduc Euro-Maghreb près de Ghardaia, à 450 km au sud d'Alger (Libération 6-7 mai 1995, 9; UPI 12 mai 1995). C'était la première fois que la région de M'Zab dans le sud et des installations gazières et pétrolières étaient touchées par la violence (ibid.; Libération 6-7 mai 1995, 9). D'après un reportage de l'AFP publié dans La Presse, le GIA a accusé les gouvernements étrangers de soutenir l'État algérien en lui fournissant des appuis politiques, économiques et militaires (23 août 1995).
En 1995 et pendant la première moitié de 1996, des islamistes armés ont aussi pris pour cible des prêtres et des religieuses catholiques vivant en Algérie (Country Reports 1995 1996, 1121; Le Monde 30 mars 1996, 4). Le 10 novembre 1995, une religieuse française a été tuée, et une autre gravement blessée par des islamistes armés à Alger (Country Reports 1995 1996, 1121). À la fin mars 1996, des islamistes armés ont enlevé sept moines trappistes français du monastère Notre-Dame de l'Atlas de Tibehirine dans la région de Médéa (Le Monde 30 mars 1996, 4; Le Devoir 29 mars 1996, A5). Le FIS a dénoncé l'enlèvement comme étant « contraire aux pratiques musulmanes » (Libération 29 mars 1996, 9; Al-Sharq Al-Awsat 4 avr. 1996). Le 23 mai 1996, le GIA a revendiqué l'assassinat des moines deux jours plus tôt (The Gazette 24 mai 1996, B1; La Presse 8 juin 1996, B10; Courrier international 30 mai-5 juin 1996, 28); les corps décapités des moines ont été trouvés près de Médéa à la fin mai (Le Devoir 31 mai 1996, A5; La Presse 8 juin 1996, B10).
5.5 Les femmes
Le 22 janvier 1996, un article rapporte que, depuis le début du conflit armé en 1992, 343 femmes ont été tuées, 310 blessées, 30 000 sont devenues veuves et 150 000 filles orphelines (Map 22 janvier 1996). Les forces de sécurité ont prétendu que des islamistes armés auraient tué 161 femmes entre janvier et juillet 1995 (HRW Déc. 1995, 265). Bien que les motifs de l'assassinat de certaines femmes par les islamistes ne soient pas clairs, il semblerait que ce sont les femmes qu'ils considèrent comme étant « anti-islamiques » en raison de leur habillement, de leur occupation ou de leur statut en tant qu'épouse ou parent de membres des forces de sécurité, qui sont particulièrement menacées (voir la section 5.1) (ibid.; Women in Action 2e trimestre 1995, 52; HCR 8 sept. 1995, 3; AFP 21 août 1995). Un reportage du 8 mars 1996 avance l'opinion que des femmes sont prises pour cible parce que des [traduction] « "forces réactionnaires" qui assassinent des penseurs, des personnalités littéraires et des poètes sont celles qui rejettent les accomplissements des femmes algériennes depuis l'indépendance » (Al-Sharq Al-Awsat 8 mars 1996).
Au début d'août 1995, une travailleuse hospitalière a été égorgée par un groupe armé à Meriama près de Relizane (AFP 14 août 1995) et le corps mutilé de Naima Hamouda, journaliste de l'hebdomadaire gouvernemental Révolution africaine, a été trouvé en banlieue d'Alger (CPJ 15 août 1995; Libération 14 août 1995, 7).
D'après les chiffres du gouvernement algérien, 112 écolières et enseignantes ont été tuées en 1995 (The Atlanta Journal 18 févr. 1996), y compris Ratiba Hadji, professeur dans une école d'architecture, assassinée à Alger en avril 1995 (Star Tribune 23 avr. 1995). Le 22 avril 1996, une enseignante française, Ouardia Chékiret, a été massacrée et décapitée devant ses étudiants dans un collège à Ouled-Yaiche près de Blida (Libération 29 avr. 1996, 9; France-Info Radio 27 avr. 1996).
Selon une source, les femmes qui portent du maquillage, des jupes courtes, des pantalons et des tee-shirts sont en danger (AFP 21 août 1995). Une source mentionne des cas où des femmes [traduction] « qui avaient célèbré leur mariage avec trop de pompe ont été par la suite enlevées, violées et assassinées » (Swiss Review of World Affairs oct. 1995, 21).
D'après certaines sources, des islamistes armés ont contraint des jeunes filles à contracter des « mariages temporaires »[17]17, qui impliquent en réalité l'enlèvement, le viol, l'asservissement et parfois le meurtre (HRW Déc. 1995, 265; Swiss Review of World Affairs Oct. 1995, 21; Labat Oct. 1995, 270-271). Habituellement, les filles sont relâchées lorsqu'elles sont enceintes (Le Monde 5 sept. 1995; Women in Action 2e trimestre 1995, 30; HRW Déc. 1995, 265). Dans d'autres cas, d'après un article rédigé par un psychologue algérien, les islamistes [traduction] « reçoivent des instructions de ne pas éjaculer pendant le viol de manière à conserver un état de tension qui les pousse à commettre les pires atrocités à l'endroit de leurs victimes » (Freedom Review Sept.-oct. 1995, 34). Des femmes plus âgées seraient aussi enlevées, utilisées comme cuisinières pendant un certain temps, et ensuite relâchées (Le Monde 5 sept. 1995). Après leur libération, ces femmes et jeunes filles sont considérées comme impures par leurs familles qui les rejettent (ibid.; Women in Action 2e trimestre 1995, 30). Dans son rapport sur les événements en Algérie en 1995, Human Rights Watch affirme, toutefois, qu'[traduction] « il a été impossible d'évaluer l'ampleur de ces atrocités, et de vérifier si les auteurs étaient en fait des groupes islamistes ou de simples criminels » (1995, 265).
5.6 Autres groupes menacés
Des intellectuels, écrivains, artistes, enseignants, syndicalistes, avocats, anciens combattants de la guerre de l'indépendance[18]18, dirigeants et militants de groupes de défense des droits politiques et des droits de la personne, que les islamistes armés accusent d'avoir critiqué leurs actions, de collaborer avec le gouvernement, ou de représenter l'ordre établi, ont continué d'être pris pour cibles tout au long de 1995 (HRW déc. 1995, 263; Country Reports 1995 1996, 1121) et au début de 1996 (AFP 22 janv. 1996; Le Monde 30 janv. 1996, 3). Par exemple, le 10 juin 1995, on a retrouvé le cadavre mutilé de Hakim Kasdi, membre actif du RCD (Libération 12 juin 1995, 12). Le journal algérien Liberté a rapporté que Lila Amara, une chanteuse kabyle, et son conjoint, ont été tués par des islamistes armés en août 1995 à Tixeraine près d'Alger (ibid. 14 août 1995, 7). Le 2 septembre 1995, un militant du FFS a été abattu à Blida (AFP 4 sept. 1995). Mouloud Bezzaz, un dirigeant du MSI-Hamas et professeur d'arabe, a été tué le 25 janvier 1996 à Ksar El Boukhari, à 150 km au sud d'Alger (Le Monde 30 janv. 1996, 3; La Presse 31 janv. 1996, C6; RFI 27 janv. 1996).
Un avocat aurait été enlevé près de Chrea dans la province de Blida le 6 octobre 1995; son cadavre a été trouvé le lendemain (Reuters 9 oct. 1995a). Au début de décembre 1995, deux greffiers ont été tués à Alger, et deux autres sont disparus (AFP 4 déc. 1995).
Deux anciens combattants de la guerre de l'indépendance ont été tués à Alger le 24 juillet (AFP 24 juill. 1995) et le 9 octobre 1995 (Reuters 9 oct. 1995b) respectivement. En outre, des islamistes armés auraient tué et mutilé cinq autres anciens combattants à Bir El-Ater près de Tebessa, dans l'est de l'Algérie, le 20 janvier 1996 (AFP 22 janv. 1996).
Des articles indiquent qu'une directive du GIA datée du 9 février 1996 menace de mort tous les jeunes âgés entre 18 et 22 ans qui quittent leur lieu de résidence habituelle; ils seraient considérés par le GIA comme des conscrits (L'Express 14 mars 1996, 16; Libération 21 mars 1996, 9; Al-Hayah 14 févr. 1996). À la mi-février 1996, le GIA a lancé pour la première fois un avertissement aux travailleurs algériens des entreprises Sonatrach et Naftal, compagnies pétrolière et gazière nationales[19]19 dans le sud de l'Algérie, de quitter leur emploi ou de faire face à la mort (La Presse 15 févr. 1996, B1; Libération 15 févr. 1996, 10; Le Point 17 févr. 1996, 46; Le Monde 16 févr. 1996, 5; L'Express 14 mars 1996, 16; Al-Hayah 14 févr. 1996). La menace a aussi été faite aux entreprises étrangères qui ont signé des contrats avec ces deux compagnies (IPS 20 févr. 1996). Le 20 mars 1996, des islamistes armés auraient tué dix employés de la compagnie pétrolière Sonatrack, et blessé une vingtaine à Aflou, près de Laghouat, où ils ont tiré sur un autobus qui se dirigeait vers le sud d'Oran à Hassi-Messaoud où se trouve la plus importante installation pétrolière de l'Algérie (La Presse 24 mars 1996, A6; France-Inter Radio Network 23 mars 1996; Le Monde 20 mai 1996, 9).
6. RÉACTION DE L'ÉTAT
6.1 Opérations contre des militants
Les forces de sécurité ont continué à mener des opérations contre des groupes islamistes armés tout au long de 1995 et au début de 1996 (AFP 17 déc. 1995; Africa Research Bulletin 1-31 janv. 1996, 12124; RFI 6 mai 1996). Au cours d'une offensive qui a duré six jours à la fin mars 1995, les forces de sécurité auraient tué au moins 600 islamistes, y compris certains provenant de l'Érythrée, de la Tunisie et du Maroc, qui participaient à une réunion dans la région de Aïn Defla (AFP 27 mars 1995; Le Devoir 27 mars 1995, A5; Jeune Afrique 6-12 avr. 1995). Dès le milieu de 1995, les forces de sécurité avaient aussi mené des opérations à Bordj Bou Arreridj, Annaba, Constantine, Berroughia et en Kabylie[20]20 (AFP 4 juin 1995), ainsi que dans les environs de Masra et Oran dans l'Ouest, à Jilel dans l'Est, et à Tiaret dans le Sud-Ouest (AFP 31 juill. 1995).
Les forces de sécurité gouvernementales ont commencé à encercler la région de Laghouat le 3 janvier 1996 (Africa Research Bulletin 1-31 janv. 1996, 12124). Dix-sept islamistes armés auraient été tués, et 40 membres des forces de sécurité blessés au cours des combats qui ont duré une semaine (The Globe and Mail 11 janv. 1996, A11; Le Monde 11 janv. 1996, 4). Le 4 mai 1996, neuf islamistes armés ont pris quelques personnes en otages dans un immeuble d'habitation à Alger, et ils ont tiré sur les forces de sécurité à l'extérieur (The Gazette 7 mai 1996, B7). Tous les otages ont été libérés sains et saufs deux jours plus tard; un membre des forces de sécurité et au moins quatre preneurs d'otage ont été tués pendant les combats (ibid.; RFI 6 mai 1996; France-Info Radio 7 mai 1996). À la fin mai 1996, les forces de sécurité auraient tué 200 islamistes par représailles pour l'embuscade dressée par des islamistes armés dans la région de Tlemcen où 40 soldats avaient perdu la vie (Le Monde 31 mai 1996a, 6).
6.2 Couvre-feu
Le 19 février 1996, à la fin du mois du ramadan, le gouvernement, prétextant que la situation était sous contrôle, a levé le couvre-feu nocturne en vigueur dans les principales zones centrales de conflit[21]21 depuis décembre 1992, bien que l'état d'urgence soit maintenu. (Libération 19 févr. 1996, 9; Le Monde hebdomadaire 15-21 févr. 1996, 5). Le couvre-feu a été levé temporairement au début du ramadan en janvier 1996 (ibid.; Libération 19 févr. 1996, 9). Des sources affirment que le couvre-feu a été levé en dépit du fait que la violence politique s'était intensifiée en Algérie depuis l'automne 1995, nonobstant l'accalmie pendant l'élection présidentielle (ibid.; Le Monde hebdomadaire 15-21 févr. 1996, 5).
6.3 Sanctions pénales
Jusqu'en février 1995, les islamistes accusés de subversion ou de « terrorisme » étaient traduits devant des tribunaux militaires spéciaux établis en vertu d'un décret antiterrorisme de 1992 (Reuters 29 juill. 1995; HRW déc. 1995, 265)[22]22. Ces tribunaux ont été abolis en février 1995, et depuis les islamistes ont été traduits devant la cour pénale et condamnés (Reuters 29 juill. 1995; HRW déc. 1995, 265; Le Monde 28 mars 1996, 4). Toutefois, des organismes de défense des droits de la personne signalent qu'avant l'abolition des tribunaux spéciaux, le code pénal de l'Algérie a été modifié pour inclure certains aspects du décret antiterroriste tels que la détention au secret pendant une période maximale de 12 jours des personnes soupçonnées de « terrorisme » (HRW déc. 1995, 265; AI 1996, 72, 73).
Entre février et juillet 1995, le gouvernement aurait condamné quelque 200 islamistes à mort pour « terrorisme » (Reuters 29 juill. 1995). Amnesty International signale qu'à la fin de 1995, il y avait plus de 600 prisonniers condamnés à mort, dont les sentences avaient été prononcées à la suite de « procès inéquitables » dans les années précédentes (1996, 74). Aucune des sentences n'a été exécutée en raison d'un moratoire en vigueur depuis la fin décembre 1993 (ibid.). Neuf autres personnes ont été condamnées à mort in absentia à la fin mars 1996 par le tribunal de Médéa (Le Monde 28 mars 1996, 4). Un reportage du 13 mai 1996 affirme que plus de 1 000 islamistes ont été condamnés à la peine de mort depuis 1993, la plupart in absentia (RFI 13 mai 1996).
6.3.1 Loi d'amnistie et clémence
Conformément à une loi de clémence pour les personnes « repenties », adoptée par le gouvernement le 25 février 1995 (Libération 5 févr. 1996, 11), des sources rapportent un nombre croissant d'islamistes « repentis » des jeunes ayant été engagés dans le mouvement islamiste armé que le gouvernement a tenté de réinsérer dans la « vie normale » (Jeune Afrique 30 nov.-6 déc. 1995, 39; Keesing's Nov. 1995, 40847; Le Monde diplomatique Févr. 1996). Le gouvernement a offert des sentences commuées et la protection de l'État aux personnes « repenties » (Reuters 19 déc. 1995; DPA 5 déc. 1995). Dans son discours d'inauguration à la nation le 27 novembre 1995, le président Zéroual a imploré les jeunes Algériens qui [traduction] « avaient fait fausse route » d'accepter l'offre de clémence du gouvernement (ENTV Television Network 28 nov. 1995). Des cadres gouvernementaux supérieurs se sont rencontrés le lendemain pour délibérer de la question de clémence (ibid.). Pendant cette rencontre, ils ont convenu de lancer une campagne de presse pour encourager les islamistes armés à profiter de l'offre d'amnistie du gouvernement; ils ont défini le rôle des mosqués [traduction] « en expliquant les mesures d'amnistie aux repentis » et ont examiné le rôle que pourraient jouer les intellectuels, les médias et les organismes civils dans l'organisation d'un programme national de clémence (ibid.). Le 2 décembre 1995, Radio Alger a signalé que plus d'une centaine de « terroristes repentis » s'étaient rendus aux forces de sécurité depuis le 16 novembre 1995, alors qu'un reportage du 3 janvier 1996 faisait état de « 1 000 hommes repentis » depuis la même date (Algerian Radio 2 janv. 1996).
Dans un communiqué daté du 2 janvier 1996, les services de sécurité annonçaient que Larbi Merzak, « commandant en second » du dirigeant de l'AIS, Madani Merzak, s'était rendu aux autorités gouvernementales dans la province de Jijel (ibid.; Africa Research Bulletin 1-31 janv. 1996, 12124). Toutefois, l'AIS aurait démenti cette nouvelle (Libération 11 janv. 1996, 14), ainsi que les allégations voulant que des « centaines » de ses membres s'étaient repentis, laissant entendre que la plupart des « repentis » étaient des anciens membres du GIA (Libération 13-14 janv. 1996, 11). D'après une source, le gouvernement algérien a tenté de profiter des divisions entre le GIA et l'AIS en diffusant des confessions de personnes « repenties » sur les ondes de la télévision publique (Compass Newswire 18 déc. 1995). En janvier 1996, Libération a affirmé que, parmi les « repentis » qui témoignaient sur les ondes de la télévision publique, il y avait d'anciens membres du GIA ainsi que des agents de police qui s'étaient infiltrés dans le GIA (13-14 janv. 1996, 11).
6.4 Service militaire
À la fin mars 1996, le gouvernement a décidé de prolonger indéfiniment le service militaire de 15 000 réservistes (L'Express 28 mars 1996, 7). De plus, le gouvernement en a rappelé 10 000 autres, dont le service militaire avait pris fin quatre à huit ans plus tôt, qui devaient se rapporter le 31 mars 1996[23]23 (ibid.). Dans un article du 20 mars 1996, Al-Hayah a affirmé que le gouvernement avait « rappelé 70 000 réservistes » pour lutter contre « toute attaque possible » par le Maroc sur la frontière entre les pays, relativement à la question du Sahara occidental. Le Maroc accorderait l'asile aux islamistes provenant de l'Algérie (IPS 20 févr. 1996).
Pour plus d'information sur le service militaire en Algérie, voir les réponses aux demandes d'information suivantes de la DGDIR, disponibles dans les centres de documentation régionaux : DZA21556.E, DZA200096.E, DZA18833.E, DZA17693.E, DZA16933.E, DZA16694.E, DZA16678.E.
6.5 Gardes communales et groupes d'autodéfense
En 1995, le gouvernement a commencé à recruter des gardes communales (milices armées) pour participer aux opérations, côte à côte avec les forces de sécurité régulières (Country Reports 1995 1996, 1119; AI 19 sept. 1995; Libération 11 sept. 1995a, 11; Le Monde diplomatique févr. 1996). Les gardes communales comptent 18 000 personnes, divisées en groupes de 40 chacun, sous la responsabilité des autorités municipalités (ibid.); elles reçoivent une formation militaire et une rémunération de 12 000 dinars par mois[24]24 (Le Monde 5 sept. 1995; Libération 11 sept. 1995a, 11). De plus, le gouvernement a encouragé la création de groupes d'autodéfense locaux (HRW déc. 1995, 266; Le Monde diplomatique févr. 1996) qui, d'après une source, sont souvent mal armés (ibid.). Des sources indiquent que la création de milices et de groupes d'autodéfense, bien qu'elle vise à rehausser la protection de la population dans les régions rurales, a contribué à entretenir la violence (HRW Déc. 1995, 266; Jeune Afrique 13-19 avr. 1995, 30; Le Monde 20 mai 1996, 9). En octobre 1995, un groupe d'autodéfense dans un village oriental aurait tué trois hommes soupçonnés d'avoir participé à une attaque contre le village (Country Reports 1995 1996, 1120-1121).
6.6 Violation des droits de la personne par les forces de sécurité
Bien que plusieurs sources rapportent qu'en 1995, les forces de sécurité ont violé les droits de la personne, c'est-à-dire notamment par des exécutions extrajudiciaires, des disparitions, des détentions sans inculpation et de la torture (HRW déc. 1995, 264-265; Country Reports 1995 1996, 1120; AI 1996, 72), il y a peu de renseignements précis sur ces violations. Par exemple, Human Rights Watch affirme qu'il a souvent été difficile de déterminer les circonstances exactes des morts pendant le conflit [traduction] « en raison de la censure stricte, des dangers d'enquêter sur la violence et parce que la plupart des assassinats ne sont pas revendiqués » (1995, 263).
Amnesty International rapporte que plusieurs centaines de personnes qui ne constituaient pas [traduction] « une menace grave » ont été exécutées extrajudiciairement par les forces de sécurité gouvernementales (1996, 72). Les victimes étaient soupçonnées soit d'être des islamistes armés, ou de civils qui les appuyaient (ibid., 73). D'après Human Rights Watch, les forces de sécurité ont arrêté des personnes que l'on a retrouvées mortes plus tard, même si les communiqués officiels ont affirmé que ces personnes étaient mortes au combat (1995, 264). Le Département d'État des États-Unis mentionne qu'il n'y a eu qu'un rapport d'assassinats de membres ou de sympathisants du mouvement islamiste par des milices privées armées anti-islamistes[25]25 (Country Reports 1995 1996, 1120).
Le Département d'État des États-Unis signale que l'Observatoire national des droits de l'homme (ONDH) a reçu un nombre [traduction] « beaucoup plus important » de rapports de disapparition en 1995 qu'en 1994 où 116 cas avaient été documentés, bien qu'il ait souvent été impossible de déterminer si les responsables étaient des islamistes armés ou les forces de sécurité (Country Reports 1995 1996, 1121). Amnesty International ajoute que plusieurs détenus avaient disparu à la suite de leur arrestation en 1995, notamment les journalistes Djamleddine Fahassi et Saghir Bouhadida, arrêtés à Alger le 6 mai et le 11 juin 1995 respectivement (1996, 74; ibid. 26 juill. 1995). D'après Amnesty International, aucun motif n'a été donné pour les arrestations de ces deux journalistes (ibid.).
Amnesty International signale en outre que les forces de sécurité ont arrêté des centaines de personnes accusées de « terrorisme » en 1995 (ibid., 73). D'après Jeune Afrique, le chiffre des prisonniers politiques en Algérie varie, allant de 7 000[26]26 à 16 000 (27 mars-2 avr. 1996, 34). Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) affirme que [traduction] « des membres actifs ou perçus comme tel et des partisans actifs » du FIS pourraient risquer « des difficultés graves, y compris l'emprisonnement », mais [traduction] « il est peu probable que des membres ou des partisans passifs soient visés » (8 sept. 1995, 2). Human Rights Watch signale qu'en 1995, des membres des forces de sécurité [traduction] « ont harcelé et attaqué » des femmes parentes de suspects islamistes au cours de rafles, et [traduction] « des dirigeantes du mouvement des femmes islamistes ont été arrêtées, et leur lieu de détention n'a pas été révélé » (1995, 265). La torture en cours de détention serait de pratique courante en Algérie (ibid.; Country Reports 1995 1996, 1122; AI 1996, 74).
En signe de bonne volonté à la suite de sa victoire électorale en novembre 1995, le président Zéroual a fermé un camp de prisonniers à Ain M'Guel dans le sud du Sahara, libérant ainsi 600 personnes qui y étaient détenues depuis l'interdiction du FIS en 1992 sans avoir été inculpées (IPS 4 déc. 1995; Libération 6 déc. 1995, 12; Keesing's Nov. 1995, 40847; AI 1er déc. 1995; Country Reports 1995 1996, 1122). Il s'agissait du dernier de ces camps à être fermé (ibid.; AI 1er déc. 1995). Un ancien détenu du camp d'Ain M'Guel a affirmé à un quotidien algérien indépendant, La Tribune, que plusieurs prisonniers y avaient subi des tortures et des mauvais traitements (Le Monde 21 déc. 1995)[27]27.
En 1995, d'après Human Rights Watch, les forces de sécurité ont commis des violations des droits de la personne [traduction] « dans un climat d'impunité » (1995, 265). Par exemple, une enquête menée par des avocats sur la mutinerie des 21 et 22 février 1995 à la prison de Serkadji a révélé que les forces de sécurité avaient tué intentionnellement plus de 100 détenus[28]28, dont la plupart étaient des prisonniers politiques; les cadavres ont été rapidement enterrés sans qu'une autopsie ne soit faite; il n'y a pas eu d'enquête officielle approfondie, et aucun des membres des forces de sécurité impliqués dans cet incident n'a été poursuivi en justice (HRW/Middle East août 1995, 3-4; HRW déc. 1995, 265; Country Reports 1995 1996, 1120; Le Monde diplomatique mars 1996). Le rapport préliminaire des avocats, publié en juillet 1995, signale en outre que les forces de sécurité ont tué les détenus après que l'émeute a été maîtrisée (ibid.; Country Reports 1995 1996, 1120; HRW/Middle East août 1995, 4).
6.7 Limitations de la liberté d'expression
Le gouvernement a continué à censurer les médias en 1995 et au début de 1996 (Libération 6 déc. 1995, 12; Index on Censorship Mai-juin 1995; La lettre de Reporters sans frontières mars 1996; HRW déc. 1995, 265). Par exemple, le journal algérien Liberté a été suspendu pour deux semaines en décembre 1995 pour avoir, semble-t-il, publié des renseignements tendancieux (Le Devoir 11 déc. 1995, A5). D'après Amnesty International, le directeur du journal, Outoudert Abrouss, et un de ses journalistes, Samir Khayaz, ont été arrêtés en décembre 1995 et [traduction] « reconnus coupables d'avoir publié des informations fausses au sujet d'un cadre supérieur du gouvernement » (1996, 73). L'hebomadaire, La Nation, a été interdit temporairement cinq fois au cours de 1995 sans qu'un avis officiel n'ait été émis (Libération 6 déc. 1995, 12; Le Monde 6 mars 1996, 5). Le gouvernement a aussi saisi le numéro du 5-11 mars 1996 de La Nation, qui contenait plusieurs articles sur des violations des droits de la personne par des islamistes armés et l'État algérien depuis 1992[29]29 (Le Monde 6 mars 1996, 5; Le Monde diplomatique Mars 1996; Libération 5 mars 1996, 7; ENTV Television Network 4 mars 1996). À propos de cette saisie, le gouvernement a publié un communiqué affirmant notamment que La Nation a continué à publier [traduction] « des nouvelles fausses et tendancieuses allant jusqu'à faire l'éloge du terrorisme, de la violence et de la criminalité » (ibid.). Le 25 mars 1996, La Nation a été suspendue encore une fois (Libération 26 mars 1996, 10).
À la suite de reportages sur l'intensification de la violence par des islamistes armés contre des civils, le 5 février 1996, le ministère de l'Intérieur a lancé un avertissement aux rédacteurs en chef des journaux algériens de respecter le décret du 7 juin 1994 du gouvernement, qui interdit la publication de renseignements liés à la sécurité, autres que ceux fournis par le ministère de l'Intérieur[30]30 (Le Devoir 6 févr. 1996, A5; Libération 6 févr. 1996, 11). Le 10 février 1996, le gouvernement a aussi créé des « comités de lecture » dans les imprimeries, chargés de tamiser le contenu des journaux (La Presse 13 févr. 1996, C18; Libération 13 févr. 1996, 10; La lettre de Reporters sans frontières mars 1996, 4).
7. AUTRES CONSIDÉRATIONS
Plusieurs sources conviennent que la solution au conflit actuel en Algérie doit être trouvée au moyen du dialogue et de la démocratisation (Le Devoir 20 mars 1995, A7; Touati 1995, 225, 246; Jane's Defence Weekly 7 févr. 1996). Certaines sources indiquent que, bien qu'il soit apparemment ouvert au dialogue avec les forces de l'opposition de l'Algérie, y compris le FIS, le président Zéroual semble compter principalement sur une solution militaire au conflit (Le Monde 24 janv. 1996; Le Monde diplomatique févr. 1996).
En attendant, des opinions opposées exprimées par des dirigeants du FIS à l'étranger à la suite de l'élection présidentielle, l'incapacité apparente du FIS de contrôler les actions islamistes armées, ainsi que les rivalités croissantes entre islamistes armés, indiquent des divisions croissantes au sein du mouvement islamiste (The Globe and Mail 11 janv. 1996, A11; L'Express 14 mars 1996, 15). Bien que cette situation puisse mener à des négociations anticipées entre le FIS et le gouvernement (Financial Times 12 janv. 1996; Middle East Economic Digest 1er déc. 1995), elle ne garantit pas la fin de la violence en Algérie (ibid.; Labat Oct. 1995, 293).
ANNEXE : Liste des principaux ministres
(au 5 janvier 1996)
Ministre des Affaires étrangères - Ahmed Attaf
Ministre de la Justice - Mohamed Adami
Ministre de l'Intérieur, des Collectivités locales
et de l'Environnement - Mostefa Benmansour
Ministre des Finances - Ahmed Benbitour
Ministre de l'Industrie - Mourad Benachenhou
Ministre de l'Énergie et des Mines - Amar Makhloufi
Ministre de l'Éducation nationale - Slimane Cheikh
Ministre des Communications et de la Culture - Mihoub Mihoubi
Ministre de l'Éducation supérieure et de la
Recherche scientifique - Boubakeur Benbouzid
Ministre de l'Agriculture et des Pêches - Nourredine Bahbouh
Ministre des Affaires religieuses - Ahmed Merrani
Ministre du Commerce - Abdelkader Harchaoui
Ministre de la Santé - Yahia Guidoum
Ministre des Télécommunications - Mohad Salah Youyou
Ministre de l'Emploi - Hacène Laskri
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[1]1. Le 27 janvier 1994, Liamine Zéroual, général à la retraite, a été nommé président pour une période de transition de trois ans, par le Haut Comité d'État soutenu par l'armée (Political Handbook of the World: 1994-1995 1995, 15-16).
[2]2. Le MDA a été créé par l'ancien président Ahmed Ben Bella en mai 1984 [traduction] « pour instaurer le pluralisme et permettre à l'Algérie de faire l'apprentissage de la démocratie » (Political Handbook of the World: 1994-1995 1995, 19). Le parti est devenu légal en 1990 dans le contexte du multipartisme (Political Parties of Africa and the Middle East 1993, 4). Bien qu'il ait boycotté les élections locales de juin 1990, le MDA a pris part au premier tour des élections législatives tenues en décembre 1991, mais il n'a remporté aucun siège (Political Handbook of the World: 1994-1995 1995, 19).
[3]3. Le parti Ettahadi (Défi), dirigé par Cherif al-Hashemi, a succédé au Parti de l'avant-garde socialiste (PAGS) en janvier 1993 (Political Handbook of the World: 1994-1995 1995, 19). Le PAGS a été impliqué dans les émeutes anti-gouvernementales d'octobre 1988 (Political Parties of Africa and the Middle East 1993, 7). Il est devenu légal en 1989 lorsque le pluripartisme a été instauré en Algérie, et il a pris part, sans succès, aux élections locales de juin 1990 (ibid.; Political Handbook of the World: 1994-1995 1995, 19).
[4]4 . Entre le 8 et le 13 janvier 1995, plusieurs partis d'opposition algériens, y compris le FIS frappé d'interdiction, se sont réunis à Rome où ils se sont entendus sur une proposition de paix connue comme la plate-forme de Rome ou [traduction] « contrat national » (Human Rights Tribune juin/juill. 1995, 24). La plate-forme de Rome a été rejetée par la suite par le gouvernement algérien (ibid.). Pour plus de détails concernant cette proposition, voir le document de la CISR de juin 1995 de la série « Questions et réponses », intitulé Algérie : L'islamisme, l'État et le conflit armé, p. 29, disponible dans les centres de documentation régionaux.
[5]5. Ces deux dirigeants du FIS auraient été renvoyés en prison au début de juin 1995 après avoir été placés en résidence surveillée en mars 1995 (Keesing's Juin 1995, 40623). Ils étaient toujours en détention dans un endroit inconnu en juin 1996 (Arabies juin 1996a, 16; Reuters 11 juin 1996).
[6]6. Le Devoir rapporte que le GIA a assassiné Abdelbaki Sahraoui (25-26 mai 1996, A8).
[7]7. Le PRA, un parti [traduction] « islamiste, modéré, réformiste » (Political Parties of Africa and the Middle East 1993, 7), a vu le jour pendant les émeutes antigouvernementales d'octobre 1988 (Political Handbook of the World: 1994-1995 1995, 19). En 1989, le PRA a manifesté son intention de se concentrer sur les questions économiques en vue de mettre fin [traduction] « au capitalisme et à l'interventionnisme d'État » (ibid.).
[8]8. Voir aussi le document de juin 1995 de la série « Questions et réponses » de la DGDIR, intitulé Algérie : L'islamisme, l'État et le conflit armé, p. 11.
[9]9. La tendance salafiste a une orientation internationale panislamique (L'Express, 1er févr. 1996) que le journal algérien El Watan décrit comme [traduction] « une sorte de réformisme islamique néo-orthodoxe qui prêche le retour aux préceptes des aïeux pieux » (9 mai 1996).
[10]10. D'après El Watan, la tendance djazariste ou nationaliste maintient [traduction] « qu'il faut donner à l'islam algérien un caractère qui lui soit propre en employant les concepts élaborés par la tendance islamiste soi-disant modérée » (9 mai 1996). Il encourage le conflit armé pour aller de pair avec la lutte politique et croit que le conflit doit se limiter à l'Algérie (L'Express 1er févr. 1996). Anciennement lié au FIS, cette tendance s'est associée au GIA au printemps de 1996 (Al-Hayah 21 févr. 1996).
[11]11. D'après Labat, la décapitation et la mutilation des cadavres représente la « ritualisation » de la violence en Algérie (Oct. 1995, 293). Une autre source indique que certaines sectes islamistes croiraient que la décapitation des cadavres des victimes assassinées [traduction] « empêcherait que leur âme repose en paix » (The Village Voice 28 nov. 1995).
[12]12. Le GIA a revendiqué l'assassinat de Saïd et Redjam le 13 janvier 1996 (RFI 13 janv. 1996).
[13]13. D'après El Watan, le « Fida » est l'aile armée de la tendance djazariste (9 mai 1996).
[14]14. L'orthographe de ce nom varie selon les sources. On trouve dans les sources consultés « Merzag » et « Mezrak ».
[15]15. Le FSS a signé la plate-forme de Rome et a préconisé le dialogue entre tous les groupes politiques algériens, y compris le FIS (Libération 19 mars 1996; Le Monde 19 mars 1996, 3).
[16]16. Redha Malek, ancien premier ministre, s'est retiré plus tard de la course électorale, incapable paraît-il de recueillir les 75 000 signatures nécessaires pour se présenter à l'élection (Africa Confidential 17 nov. 1995, 8).
[17]17. The Atlanta Journal rapporte que, avant sa mort, Sherif Kosami, ancien dirigeant du GIA, a établi un édit religieux qui encourageait le mariage temporaire ou le « mariage de jouissance » parce que les [traduction] « guerriers saints ont le droit au plaisir sexuel avant de se sacrifier au nom d'Allah » (18 févr. 1996). Pour plus d'information sur le mariage temporaire, voir le document de juin 1995 de la série « Questions et réponses » de la DGDIR, intitulé Algérie : L'islamisme, l'État et le conflit armé, p. 17.
[18]18. La guerre de l'indépendance de l'Algérie a été menée par le Front national de libération (FLN), qui a dirigé l'Algérie pendant 30 ans à partir de l'indépendance, en 1962, jusqu'à l'annulation des élections nationales en janvier 1992 (Political Handbook of the World: 1994-1995 1995, 14-15). D'après une source, plusieurs ancien combattants de la guerre de l'indépendance sont [traduction] « fortement opposés » aux islamistes armés et se seraient engagés dans des milices armées (voir la section 6.4) pour lutter contre la violence islamiste (Reuters 9 oct. 1995b).
[19]19. Ces compagnies représentent plus de 95 p. 100 des recettes d'exportation de l'Algérie (La Presse 15 févr. 1996, B1; L'Express 14 mars 1996, 16; Le Point 17 févr. 1996, 46).
[20]20. L'Agence France Presse signale que les forces de sécurité ont découvert plusieurs endroits en Kabylie où l'on fabriquait des bombes (4 juin 1995).
[21]21. Le couvre-feu touchait les régions suivantes : Alger et les provinces de Blida, Tipasa, Aïn Defla, Chlef, Boumerdas, Bouira, M'Sila, Médéa et Djelfa (Radio Algiers Network 18 févr. 1996).
[22]22. Pour de plus d'information sur les tribunaux militaires spéciaux, voir le document de juin 1995 de la série « Questions et réponses » de la DGDIR, intitulé Algérie : L'islamisme, l'État et le conflit armé, p. 20-22.
[23]23. Pour d'information sur les conséquences d'ignorer un avis de rappel, voir la réponse à une demande d'information DZA21556.E du 24 août 1995 de la DGDIR.
[24]24. C'est trois fois plus que le salaire minimum (Libération 11 sept. 1995a, 11; Country Reports 1995 1996, 1128) et plus que le salaire mensuel d'un professeur de collège en Algérie (Le Monde 5 sept. 1995).
[25]25. Pour des renseignements sur une de ces milices, l'Organisation des jeunes Algériens libres (OJAL), voir le document de juin 1995 de la série « Questions et réponses » de la DGDIR, intitulé Algérie : L'islamisme, l'État et le conflit armé, p. 26.
[26]26. Ce serait le chiffre fourni par la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) (Jeune Afrique 27 mars-2 avr. 1996, 34).
[27]27. Le Monde précise que c'est la première fois qu'un journal algérien publie des renseignements sur les mauvais traitements infligés par les forces de sécurité (21 déc. 1995).
[28]28. Le gouvernement, de son côté, affirme que 96 détenus ont été tués lors d'un affrontement (Country Reports 1995 1996, 1120; Le Monde Diplomatique Mars 1996).
[29]29. Ces articles ont été publiés dans le numéro de mars 1996 du mensuel Le Monde diplomatique cité dans le présent document (Le Monde 6 mars 1996, 5; Libération 5 mars 1996, 7).
[30]30. Pour plus de détails sur ce décret, voir le document de juin 1995 de la série « Questions et réponses » de la DGDIR, intitulé Algérie : L'Islamisme, l'État et le conflit armé, p. 25.
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