PARTIS ET AUTRES GROUPES POLITIQUES
- Author: Research Directorate, Immigration and Refugee Board, Canada
- Document source:
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Date:
1 April 1991
1. INTRODUCTION
Des groupes politiques, indépendants du Parti communiste bulgare (PCB), ne se sont manifestés en Bulgarie qu'à la fin de 1988. Depuis l'éviction de Todor Jivkov en novembre 1989, de tels groupes se sont rapidement multipliés, encouragés par la Loi sur les groupes et les partis politiques d'avril 1990 et la tenue d'élections législatives pluripartites en juin 1990.
D'après un reportage de la presse bulgare publié en mai 1990, 56 partis et mouvements devaient se présenter aux élections de juin (FBIS-EEU-90-094 15 mai 1990, 18-19). Depuis lors, le nombre de partis, de mouvements et de groupes politiques légalement inscrits a dépassé la centaine.
Peu avant les élections de juin, le PCB a changé de nom et a adopté celui de Parti socialiste bulgare (PSB). Il a remporté 211 sièges à la Grande Assemblée nationale (GAN); l'Union des forces démocratiques (UFD), 144; le Mouvement pour les droits et les libertés (MDL), 23; l'Union agraire nationale de la Bulgarie (UANB), 16; l'Union de la mère patrie, 2; les candidats indépendants, 2; le Parti travailliste de la mère patrie, 1; et le Parti social-démocrate (non marxiste), 1 (RFE 29 juin 1990, 3).
L'ancien chef de l'UFD, Jeliou Jhelev, est l'actuel président de la Bulgarie. Il a été élu président par la GAN au début d'août 1990, après que son prédécesseur, Petar Mladenov, eut remis sa démission à la suite de la diffusion d'un commentaire controversé qu'il avait fait en décembre 1989.
Malgré sa majorité à la GAN, le PSB a été incapable de former un gouvernement stable et viable à cause des protestations et des grèves organisées par l'opposition. A la mi-novembre, le deuxième gouvernement du PSB depuis les élections de juin a remis sa démission. Un mois plus tard, à la suite d'intenses négociations entre les partis, un gouvernement de coalition a été formé.
Le gouvernement de coalition est constitué d'un premier ministre, de trois premiers ministres adjoints et de quinze ministres siégeant au Cabinet. Le premier ministre et quatre ministres, y compris le ministre des Affaires intérieures, sont des non-inscrits, c'est-à-dire qu'ils ne sont affiliés à aucun parti politique. Les trois premiers ministres adjoints représentent respectivement le PSB, l'UFD et l'UANB. Six des ministres sont du PSB alors que l'UFD et l'UANB en ont chacune deux (RFE 18 janv. 1991, 7,8; RFE 22 févr. 1991, note 9).
Au cours des négociations qui ont abouti à la formation du gouvernement de coalition, l'UFD et le PSB se sont disputé le ministère des Affaires intérieures afin de pouvoir contrôler l'accès aux dossiers secrets de la police qui avaient été établis par les gouvernements communistes antérieurs. Pour dénouer l'impasse, on a convenu de confier le ministère à Hristo Danov, avocat à la retraite n'ayant aucune affiliation politique. Les deux plus importants ministères à vocation économique ont été confiés aux membres de l'UFD, satisfaisant ainsi à l'une des conditions auxquelles était subordonnée sa participation à un gouvernement de coalition. Le gouvernement poursuit actuellement des réformes économiques, une sorte de « traitement-choc » semblable aux mesures adoptées en Pologne en 1989 et 1990 (RFE 18 janv. 1991, 7; Current History déc. 1990, 427).
2. LES GROUPES DE L'OPPOSITION PARLEMENTAIRE
2.1 L'Union des forces démocratiques (UFD)
L'UFD est une coalition réunissant 16 partis et groupes politiques. Parmi ses membres fondateurs, on retrouve les premières forces politiques indépendantes à être apparues en Bulgarie à la fin des années quatre-vingt pour contester la monopolisation du pouvoir par le PCB. Une liste des membres constituants de l'UFD figure à l'annexe 1. Cette liste est aussi complète que possible et tient compte des fréquents changements d'orientation au sein de nombreux partis politiques de la Bulgarie.
Depuis juin 1990, de nombreux changements se sont produits au sein de l'UFD. La Fédération ouvrière indépendante Podkrepa n'est plus membre à part entière de l'UFD, mais y conserve un statut d'observateur. Le Parti socialiste alternatif (PSA), groupe dissident qui s'était retiré du PSB en janvier 1990, s'est joint à l'UFD en octobre de la même année. Les membres de l'UFD ont souvent été divisés sur des questions telles l'adoption de réformes économiques radicales ou la participation à un gouvernement de coalition.
Le Parti social-démocrate bulgare (PSDB), l'UANB-Nikola Petkov et le Parti vert sont trois membres clés de l'UFD. Le PSDB et l'UANB-Nikola Petkov détiennent à eux seuls presque la moitié des sièges de l'UFD au Parlement (FBIS-EEU-91-027 8 févr. 1991, 9).
Dirigé par Petar Dertliev, le PSDB compte environ 90 000 membres. Son programme est basé sur « les principes de la social-démocratie moderne, la liberté et la justice » et on le considère comme étant situé « quelque peu à la gauche du courant dominant » de l'UFD (RFE févr. 1990, 6). Le journal du parti est le Svoboden Narod.
Dertliev s'est porté candidat à la présidence sous la bannière de l'UFD lors de cinq tours de scrutin consécutifs au sein de la GAN avant d'être remplacé par Jhelev parce que sa candidature était, paraît-il, inacceptable pour le PSB (East European Reporter 1990a, 26). La position du parti face au gouvernement de coalition n'est pas claire. Bien qu'il ait appuyé la formation du nouveau gouvernement, il a expulsé l'un de ses membres, Ivan Pushkarov, après que ce dernier eut accepté le poste de ministre de l'Industrie, du Commerce et des Services. Pushkarov a néanmoins gardé ce poste (RFE 18 janv. 1991, 55). Le 10 janvier 1991, Dertliev a été élu à l'un des deux postes de leader adjoint de l'UFD.
L'UFD a essayé d'éviter de prendre une position ferme sur les questions relatives aux minorités ethniques en Bulgarie, questions délicates sur le plan politique. Toutefois, le PSDB, en tant que parti individuel, s'est prononcé assez fréquemment sur de telles questions. Le 26 février 1991, le Conseil exécutif du parti a publié une déclaration qui disait, en partie, que « l'état doit assurer toutes les conditions nécessaires à l'étude facultative de la langue maternelle des citoyens bulgares ayant une perception ethnique différente ». Le Conseil a aussi semblé indiquer dans cette déclaration que les manifestations de Bulgares contre les droits des minorités pour les Turcs de souche avaient été « orchestrées » par d'anciens dirigeants communistes (FBIS-EEU-91-043 5 mars 1991, 8-9).
Portant le nom du leader paysan exécuté par les communistes à la fin des années 1940, l'UANB-Nikola Petkov a été fondée en décembre 1989 comme alternative à l'UANB qui avait été sous le contrôle du PCB sous l'ancien régime. Elle préconise entre autres la réhabilitation de Petkov et l'adoption de réformes axées sur une économie de marché, en particulier le rétablissement de la propriété privée dans le secteur agricole. Milan Drenchev est le chef actuel du parti.
Le Parti vert a été fondé en décembre 1989 et a imité les partis verts occidentaux, mettant l'accent sur les questions écologiques, les droits de la personne et les libertés politiques. Il y avait, paraît-il, 1 000 membres en janvier 1990, mais l'effectif s'est probablement accru depuis (RFE 31 août 1990, 5; East European Reporter 1990d, 33). Le Parti vert est dirigé par Aleksandr Karakachanov qui est aussi maire de Sofia depuis septembre 1990. En décembre 1990, un membre influent du Parti vert, Filip Dimitrov, a été élu chef de l'UFD. L'hebdomadaire Ekopolitika est l'organe du parti.
Voici maintenant une brève description des divers autres groupes et partis membres de l'UFD. Stoyan Ganev, le chef du Centre démocrate uni (CDU), est aussi l'un des deux leaders adjoints de l'UFD. Il y a peu de renseignements disponibles sur les politiques ou la composition de cet ancien parti. L'Association indépendante pour la protection des droits de la personne en Bulgarie (AIPDB), fondée en janvier 1988, est le premier groupe indépendant de défense des droits de la personne en Bulgarie. Son chef,
le docteur Rumen Vodenicharov, a récemment été expulsé du parti et les sources consultées ne mentionnent pas le nom de son remplaçant. Vodenicharov a souvent pris des positions politiques impopulaires; il a appuyé les droits des Turcs de souche en tant que minorité en Bulgarie et il a déclaré que les droits juridiques de Todor Jivkov, ancien leader évincé qui comparaît actuellement en justice, avaient été lésés. Selon certaines sources, l'AIPDB aurait l'intention de se retirer de l'UFD pour devenir un groupe de défense des droits de la personne impartial (East European Reporter 1990d, 34; International Human Rights Law Group mai 1990, 23).
Petar Slabokov dirige Eco-glasnost. Petar Beron, qui a été chef de l'UFD de juillet 1990 à décembre 1990, est l'un de ses membres influents. Un bon nombre des membres fondateurs d'Eco-glasnost ont fondé par la suite le Parti vert. Les différences entre leurs plates-formes respectives sont minimes.
Le Parti démocrate (PD) est décrit par son chef, Stefan Savov, comme « un parti de droite » qui préconise la démocratie parlementaire. A l'occasion du congrès du parti tenu le 16 décembre 1990, le PD a adopté le Zname comme son organe officiel (FBIS-EEU-90-244 19 déc. 1990, 8, 9).
Les membres constituants de l'UFD ne s'entendent pas sur un certain nombre de questions dont la réforme économique, la participation de l'UFD au gouvernement de coalition et l'adoption d'une monarchie constitutionnelle (FBIS-EEU-91-004 7 janv. 1991, 12; RFE 18 janv. 1991, 55).
Les allégations selon lesquelles un certain nombre de membres de l'UFD siégeant à la GAN auraient été des indicateurs à la solde des services de sécurité de l'état (la police secrète) à l'époque de Jivkov ont aussi causé des dissensions au sein de l'UFD. Le 3 décembre 1990, le chef de l'UFD, Petar Beron, a remis sa démission après que le leader de Podkrepa, Trenchev, l'eut accusé d'avoir été un indicateur à la solde des services de sécurité de l'état. Le lendemain, la GAN a demandé au ministère des Affaires intérieures de lui fournir des renseignements sur 71 membres de la GAN accusés par Trenchev d'avoir été des indicateurs (RFE 14 déc. 1990, 40). Une commission parlementaire chargée d'enquêter sur les allégations de Trenchev a été formée et, le 25 janvier 1991, la presse bulgare faisait état de l'« implication » d'environ 30 membres de la GAN. La Commission devait publier ses constatations le 20 février 1991, mais les reportages consultés depuis cette date n'en font aucunement mention (FBIS-EEU-91-018 28 janv. 1991, 8).
Soloman Pasi, député du Parti vert, a décrit l'UFD comme une « coalition anormale ». Les reportages signalent la montée de deux sous-groupes au sein de l'Union : dans un premier camp, le PSDB et l'UANB-Nikola Petkov et, dans l'autre, « les plus jeunes », c'est-à-dire le CDU, les Démocrates radicaux et les Verts (FBIS-EEU-91-010 15 janv. 1991, 13, 14; FBIS-EEU-90-251 31 déc. 1990, 6, 7). Mais cette distinction est peu utile puisque Dertliev, le leader du PSDB, a qualifié l'UANB-Nikola Petkov de « rétrograde » (FBIS-EEU-91-027 8 févr. 1991, 9).
Il n'est pas certain que l'UFD puisse demeurer intacte d'ici les prochaines élections législatives qui se tiendront en mai ou en juin. Le leader du PSDB, Petar Dertliev, croit qu'un « solide noyau » de l'UFD restera pour disputer l'élection, mais il est aussi possible que chaque groupe présente ses propres candidats (East European Reporter 1990a, 26).
2.2 Le Mouvement pour les droits et les libertés
Fondé en décembre 1989, le Mouvement pour les droits et les libertés (MDL) est dirigé par Ahmed Dogan et a été officiellement inscrit en tant que «mouvement» en avril 1990. On évalue le nombre de ses membres à 160 000, la majorité étant des Turcs de souche et environ 4 000 étant des Bulgares de souche. Le MDL est sorti des élections de juin 1990 comme la troisième force au Parlement (East European Reporter 1990b, 27). A la mi-février 1991, la première livraison du journal du MDL, Prava i svobodi (Droits et libertés), a été publiée en bulgare et en turc, mais le rapport BTA faisant état de sa publication ne fait aucune mention du tirage (FBIS-EEU-91-032 15 févr. 1991, 11).
Depuis sa création, le MDL a été obligé d'agir avec précaution étant donné l'interdiction officielle de créer des partis ethniques et son objectif premier d'élargir les droits des minorités pour le million de Turcs de souche en Bulgarie. Les politiciens du MDL ont tenté assidûment d'apaiser les craintes des Bulgares nationalistes qui croient que le groupe menace l'intégrité territoriale du pays.
A l'occasion d'un discours livré devant la GAN à la fin de septembre 1990, le porte-parole du MDL, Yunal Lyutfiev, a insisté sur le fait que son mouvement n'était pas en faveur du nationalisme turc, ou du pan-turcisme (FBIS-EEU-90-190 1er oct. 1990, 22). Dogan a tenté de minimiser le fait que la base du MDL soit composée essentiellement de Turcs en signalant que quatre des 23 députés du mouvement sont des Bulgares de souche, proportion démesurée si l'on considère la composition de l'effectif du MDL. Il a aussi nié que le groupe ait reçu un appui financier de la Turquie (RFE 31 août 1990, 4). Au cours du congrès du MDL tenu à la fin d'octobre 1990, deux de ses leaders nationalistes les plus radicaux ont été expulsés du mouvement (East European Reporter 1990b, 27).
Le MDL a prôné un certain nombre de droits des minorités, y compris l'établissement de « centres culturels et d'information » dans les régions fortement peuplées par des Turcs de souche, et l'enseignement facultatif de la langue turque à l'intention des écoliers turcs. Il a aussi pris fait et cause pour la situation critique des Turcs de souche qui sont revenus en Bulgarie après s'être enfuis en Turquie au cours de l'été de 1989, déclarant que la vaste majorité d'entre eux n'avait pas reçu de compensation pour les propriétés qui avaient été confisquées durant leur absence (FBIS-EEU-90-211 31 oct. 1990, 12; RFE 2 nov. 1990, 48). Le mouvement a réclamé la démission de Nedim Gendzhev, premier mufti des musulmans en Bulgarie, alléguant qu'il s'était compromis dans le passé en collaborant avec le régime Jivkov (FBIS-EEU-91-017 25 janv. 1991, 16).
Le MDL a aussi rencontré certaines difficultés relativement à son statut en tant que mouvement politique inscrit. D'après le Département d'état des états-Unis, l'enregistrement officiel du MDL « avait été retardé pendant plusieurs semaines cruciales avant les élections de juin en attendant que les responsables des tribunaux et du gouvernement débattent la question, à savoir si l'on pouvait autoriser l'enregistrement d'une organisation représentant une minorité ethnique et religieuse » (Country Reports 1990 1991, 1104). Les partisans du MDL ont rapporté un certain nombre d'actes de harcèlement et d'intimidation de la part des responsables locaux à l'endroit du MDL au cours de la campagne électorale (Helsinki Watch août 1990, 7, 8). A la suite des élections, le PSB et l'UFD ont tous deux prétendu que le MDL n'aurait pas dû être inscrit, et ils ont tenté d'exclure de la GAN les 23 membres du mouvement. En août 1990, les deux groupes ont retiré cette demande (ibid., 4).
2.3 L'Union agraire nationale de la Bulgarie
Sous le contrôle du PCB avant 1989, l'Union agraire nationale de la Bulgarie a fait face à plusieurs problèmes que le PSB avait lui-même rencontrés en essayant de se rendre crédible auprès des électeurs bulgares. L'UANB a été déçue de s'être classée quatrième dans la course électorale de juin 1990, étant donné le rôle majeur qu'elle a joué durant les brefs intervalles de démocratie à la fin du XIXe et au début du XXe siècles (Current History déc. 1990, 417-418).
Depuis l'éviction de Jivkov, l'UANB a tenté d'attirer son organisation soeur dans une réunification et a indiqué qu'elle appuyait l'UFD plutôt que le PSB. A la suite du premier tour de scrutin des élections tenues en juin 1990, le leader de l'UANB, Viktor Valkov, a exhorté les partisans du parti à voter pour les candidats de l'UFD dans les circonscriptions où le candidat de l'UANB s'était retiré de la course électorale. A la fin de septembre 1990, le Conseil suprême du parti a pris une décision selon laquelle « L'UFD et les autres partis et mouvements démocratiques de l'opposition peuvent devenir les alliés naturels de l'UANB » (FBIS-EEU-90-194 5 oct. 1990, 7).
Dès décembre 1989, le leader de longue date de l'UANB, Petar Tanchev, était évincé et, le 1er mars 1990, Valkov a remplacé Angel Dimitrov à la présidence du parti, ce dernier s'étant « trop compromis », de l'avis des membres du parti, sous le régime de Jivkov (RFE 31 août 1990, 5). Il ne manquait que trois voix à Valkov pour être élu président en juillet 1990, avant que Jhelev ne s'inscrive dans la course et remporte l'élection au sixième tour. Valkov est maintenant premier ministre adjoint et ministre des Affaires étrangères au sein du gouvernement de coalition.
3. L'OPPOSITION NON PARLEMENTAIRE
3.1 Podkrepa
Podkrepa est un syndicat national indépendant à l'exemple du mouvement Solidarité en Pologne. Il est dirigé par Konstantin Trenchev et compte parmi ses objectifs la réforme économique et politique. Au moment des élections de juin 1990, Podkrepa comptait environ 200 000 membres regroupés en sections locales partout dans le pays. Podkrepa est l'un des membres fondateurs de l'UFD, mais l'appui de cette dernière aux mesures économiques radicales adoptées par le gouvernement de coalition entre en conflit direct avec le rôle que Podkrepa s'est donné en tant que syndicat représentant les intérêts des travailleurs (FBIS-EEU-91-025 6 févr. 1991, 12, 13).
Des observateurs des droits de la personne ont reçu des rapports anecdotiques faisant état de cas de discrimination à l'endroit de membres de Podkrepa en matière d'embauchage et de congédiement. Ces faits ont été confirmés dans au moins deux articles publiés par Demokratsiya, le quotidien de l'UFD. Selon l'un d'entre eux, le directeur d'une entreprise de Burgas « a congédié les 30 employés constituant un service tout entier dans le seul but d'éliminer près de 20 membres de "Podkrepa" » (FBIS-EEU-91-042 4 mars 1991, 8; Zang 25 févr. 1991).
3.2 Les groupes socialistes « alternatifs »
L'Organisation socialiste alternative (OSA) était, jusqu'en octobre 1990, une aile libérale du PSB. Le 6 octobre, la majorité des membres de l'OSA ont décidé de se retirer du PSB pour former un parti séparé rebaptisé Forum des démocrates libres (FDL). Le groupe qui est resté est connu sous le nom de l'OSA-Parti d'opposition interne. Le leader du FDL est Manol Manolov (FBIS-EEU-90-210 30 oct. 1990, 7).
En janvier 1990, une faction du PCB a quitté le parti pour former le Parti socialiste alternatif (PSA). Sous la direction de Nikolay Vasilev, le PSA s'est joint à l'UFD le 18 octobre 1990 (FBIS-EEU-90-203 19 oct. 1990, 6). Les politiques du FDL et du PSA sont semblables, mais les renseignements les concernant sont rares. Depuis que le FDL a fait scission du PSB après les élections de juin 1990, il est possible qu'il ait conservé les sièges qu'il détenait au Parlement, mais les rapports consultés n'en font pas état.
3.3 Le Comité pour la protection des intérêts nationaux (CPIN)
Le CPIN a été créé en janvier 1990 par des groupes nationalistes provinciaux opposés à la décision du gouvernement de rétablir les noms turcs et les droits religieux. Le groupe, qui est dirigé par Dimitur Arnaudov, est décrit comme étant « nationaliste extrémiste » (RFE 30 nov. 1990, 34).
Le CPIN a organisé des rassemblements et des sit-in en opposition aux concessions faites aux minorités ethniques de la Bulgarie, en particulier les Turcs. Le Comité considère que l'enseignement du turc dans les écoles de la Bulgarie est une violation de la Constitution et il appuie diverses actions visant à protester contre l'introduction, à titre expérimental, de cours facultatifs de turc dans les écoles. Ces protestations ont surtout eu lieu dans le sud-est et le nord-est de la Bulgarie, dans les provinces fortement peuplées par des Turcs de souche et des musulmans, et ont pris la forme d'obstruction de la circulation, de grève de la faim, de grève d'enseignants et de pétitions (FBIS-EEU-91-013 18 janv. 1991, 13; FBIS-EEU-91-045 7 mars 1991, 4). Le 22 novembre 1990, le CPIN a concocté la création de la « République Razgrad », symboliquement autonome, pour protester contre la décision prise par la GAN six jours plus tôt et visant à modifier le processus pour rétablir les noms turcs aux personnes dont le nom avait été « bulgarisé » de force par l'ancien régime. L'encombrante procédure juridique a été remplacée par une procédure administrative (RFE 30 nov. 1990, 33).
En avril 1990, l'aile Haskovo du CPIN a organisé une pétition pour protester contre la proposition du gouvernement d'assister les Turcs de souche qui reviennent en Bulgarie en provenance de la Turquie (RFE 20 avr. 1990, 45).
Le Parti travailliste de la mère patrie (PTMP) est étroitement associé au CPIN. Dimitur Arnaudov est l'unique député du PTMP à la GAN.
3.4 Les groupes macédoniens
La position du gouvernement bulgare concernant les Macédoniens de souche a toujours été sans équivoque : la Macédoine est une région géographique à l'intérieur de la Bulgarie et les personnes qui y habitent sont des Bulgares de souche. Même le nouveau président Jhelev s'est exprimé ainsi au début du mois d'août lors d'une entrevue avec Adam Michnik, le rédacteur du quotidien polonais Gazeta wyborcza (RFE 14 sept. 1990, 5). Depuis l'éviction de Jivkov, un certain nombre de groupes ont été créés dans le but de défendre la question macédonienne en Bulgarie.
Deux d'entre eux, l'Organisation macédonienne unie Ilinden (Ilinden) et le Ilinden IMRO-indépendant réclament la reconnaissance de la minorité macédonienne par le gouvernement bulgare et la garantie de leur droit d'utiliser la langue et de promouvoir la culture macédoniennes (RFE 24 août 1990, 6). Ilinden a été créé en avril 1990 et a établi son centre d'opérations dans la région de Pirin dans le sud-ouest de la Bulgarie. Il y aurait environ 500 membres selon les chiffres du groupe dirigé par Stoyan Georgiev. Ilinden IMRO-indépendant a été créé en novembre 1989 et ses bureaux sont installés à Sofia. Composé de plus de 600 membres, ce groupe est dirigé par Georgi Solunski (Helsinki Watch 12 févr. 1991, 2).
Les tribunaux locaux ont refusé la demande d'inscription officielle des deux groupes jugeant que leurs objectifs violent la Constitution et la Loi sur les groupes et partis politiques, qui interdisent toutes deux la création de groupes ethniques. Ilinden a interjeté appel à la Cour suprême qui a maintenu la décision du tribunal de district de Blageovgrad au début de novembre 1990. Le groupe a modifié ses statuts et attend maintenant la décision finale de la Cour suprême. Ilinden IMRO-indépendant a aussi modifié ses statuts et a présenté une nouvelle demande au bureau du procureur de Sofia après que sa première demande d'enregistrement eut été rejetée en juillet 1990 (FBIS-EEU-90-223 19 nov. 1990, 21; Helsinki Watch 12 févr. 1991, 6-7).
Les changements apportés aux statuts de Ilinden et de Ilinden IMRO-indépendant précisent que ces groupes ne contestent pas l'intégrité du territoire de la Bulgarie et qu'ils renoncent à l'utilisation de la violence pour atteindre leurs buts (Helsinki Watch 12 févr. 1991, 6-7).
Selon Helsinki Watch, les membres des deux groupes Ilinden ont fait l'objet de harcèlement de la part des autorités en raison de leurs activités politiques non violentes. Ils ont été exposés à des actes d'intimidation de la part des services de sécurité de l'état (la police secrète), à la détention à court terme, à la confiscation de documents personnels et de passeports, et à des amendes (ibid., 5-10).
Il existe un nombre important de groupes macédoniens et de groupes nationalistes bulgares qui s'opposent aux objectifs de Ilinden et de Ilinden IMRO-indépendant et qui appuient la politique bulgare officielle, à savoir que les Macédoniens sont en fait des Bulgares de souche. Le principal groupe macédonien de cette tendance est l'Union des associations macédoniennes (UAM) dirigée par Stoyan Boyadjiev (FBIS-EEU-90-243 18 déc. 1990, 19-20). L'UAM publie un journal mensuel, le Makedoniya. Son rédacteur a récemment modifié la position du groupe sur la question macédonienne en Bulgarie : « Le fait que [Ilinden et Ilinden IMRO-indépendant] refusent d'accepter qu'ils sont des Bulgares est une question psychologique et pathologique. Il n'y a pas de différences culturelles [entre les Macédoniens et les Bulgares] » (Helsinki Watch 12 févr. 1991, 5).
D'autres groupes appuient la position de l'UAM dont l'Union des Bulgares, la Société Todor Alexandrov, l'Union Saint-Clément d'Ohrid, le Club de discussion Vardar et le Parti démocratique nationale (FBIS-EEU-90-088 7 mai 1990, 12; RFE 6 avr. 1990, 47).
4. ANNEXE 1 : PARTIS ET MOUVEMENTS POLITIQUES EN BULGARIE
REMARQUE : Les noms des partis et mouvements politiques qui suivent ont été trouvés dans les diverses sources consultées au cours de la rédaction de ce document. [Traduction libre]
Association des villes et citoyens bulgares libres
Association indépendante pour la protection des droits de la personne en Bulgarie; voir Union des forces démocratiques
Association indépendante « Obnovlenie » pour la défense des prisonniers
Association indépendante publique des citoyens
Association pour la protection de l'environnement
Bloc d'opposition politique
Parmi les membres, on retrouve :
le Parti démocrate libéral de la Bulgarie
le Parti chrétien républicain
Bloc bulgare du commerce
Centre démocrate uni; voir Union des forces démocratiques
Cercle industriel
Club des victimes de la répression d'après 1945; voir Union des forces démocratiques
Coalition des forces extra-parlementaires
Comité de grève national
Comité pour la défense des intérêts nationaux; aussi appelé Comité pour la sauvegarde des intérêts nationaux, Comité pour la défense des droits religieux, de la liberté de conscience et des valeurs spirituelles; voir Union des forces démocratiques
Confrérie de la jeunesse macédonienne
Eco-glasnost; voir Union des forces démocratiques
Fédération des associations étudiantes indépendantes; voir Union des forces démocratiques
Fédération des clubs pour la glasnost et la démocratie; voir Union des forces démocratiques
Fédération des partis et mouvements chrétiens de la Bulgarie
Parmi les membres, on retrouve :
le Parti radical chrétien
le Parti démocrate chrétien
le Nouveau parti démocrate chrétien
Forum du 6 septembre
Forum démocratique; voir Parti socialiste bulgare
Forum démocratique national (coalition)
Front démocrate chrétien; voir Union des forces démocratiques
« Front démocratique » de l'Association indépendante publique des citoyens
Ilinden IMRO-Indépendant
Initiative des citoyens; voir Union des forces démocratiques Jeunesse démocrate
Ligue démocratique pour la défense des droits de la personne
Mouvement pour les droits et les libertés; aussi appelé Association pour les droits et libertés
Mouvement patriotique national
Mouvement « Bulgarie nouvelle »
Nouveau parti démocrate chrétien; voir aussi Fédération des partis et mouvements chrétiens
Nouveau parti socialiste
Organisation macédonienne unie Ilinden
Parti bulgare du commerce
Parti chrétien républicain; voir Parti démocrate chrétien
Parti communiste
Parti communiste révolutionnaire; anciennement Parti de la jeunesse révolutionnaire
Parti du congrès libéral; anciennement Parti social-démocrate (non marxiste)
Parti conservateur
Parti démocrate; voir Union des forces démocratiques
Parti démocrate chrétien; aussi appelé Parti chrétien républicain; voir aussi Fédération des partis et mouvements chrétiens
Parti démocrate chrétien (II)
Parti démocrate chrétien (Centre)
Parti démocrate constitutionnel
Parti démocrate national
Parti démocrate-Plovdiv
Parti démocrate radical; voir Union des forces démocratiques
Parti de la liberté et du progrès
Parti libéral
Parti libéral démocrate; anciennement Parti des démocrates libres
Parti libéral indépendant
Parti libéral populaire « St-Stambolov »
Parti de la mère patrie
Parti populaire
Parti radical chrétien; voir aussi Fédération des partis et mouvements chrétiens
Parti radical national
Parti républicain
Parti républicain de la Bulgarie
Parti révolutionnaire de la jeunesse
Parti social-démocrate; voir Union des forces démocratiques
Parti social-démocrate (non marxiste); voir Parti du congrès libéral
Parti socialiste (I)
Parti socialiste alternatif
Parti socialiste bulgare (PSB); anciennement Parti communiste bulgare
Parmi les factions, on retrouve :
le Front uni pour la restructuration et la défense du socialisme l'Organisation socialiste alternative (interne)
la Voie bulgare vers l'Europe
le Mouvement marxiste alternatif
le Forum démocratique
la Plate-forme social-démocrate de l'Europe
Parti travailliste
Parti des travaillistes de la mère patrie; aussi appelé Parti travailliste de la mère patrie
Parti vert; voir Union des forces démocratiques
Podkrepa
Svaboda (coalition)
Union socialiste des jeunes
Union populaire « Zveno »
Union des personnes handicapées en Bulgarie
Union des entrepreneurs
Union des démocrates libres (organisation-cadre)
Parmi les membres, on retrouve :
le Forum des démocrates libres
le Parti démocrate libre
l'Union pour une société civile
Union des associations culturelles-éducatives de Thrace
Union des musulmans démocrates
Union des forces démocratiques (coalition)
Parmi les membres, on retrouve :
l'Eco-glasnost
le Parti vert
le Parti social-démocrate (PSDB)
l'Union agraire nationale de la Bulgarie-Nikola Petkov
le Parti démocrate
le Parti démocrate radical
l'Initiative des citoyens
le Comité pour la défense des droits religieux, de la liberté de conscience et des valeurs spirituelles
l'Association indépendante pour la protection des droits de la personne en Bulgarie
la Fédération des associations étudiantes indépendantes
la Fédération des clubs pour la glasnost et la démocratie
le Club pour les victimes de la répression d'après 1945
le Centre démocrate uni
le Front démocrate uni; anciennement Front démocratique
Union agraire nationale de la Bulgarie-Nikola Petkov; voir Union des forces démocratiques
Union agraire nationale de la Bulgarie (UANB); aussi appelée Union nationale agraire de la Bulgarie
Union communiste Dimitrov des jeunes Union démocratique nationale
Union démocratique de Rome
Union pour l'initiative économique civique
Union libérale (coalition)
Union de la mère patrie
Union nationale bulgare de la « nouvelle démocratie »
Union patriotique et chrétienne des jeunes
Union Saint-Clément d'Ohrid
Union sociale chrétienne (coalition)
5. BIBLIOGRAPHIE
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