Considérant que, pour demander la reconnaissance de la qualité de réfugiée, Mme MONASTERESKA Alla Alexeievna épouse KOMAROVA, qui est d'origine juive ukrainienne et a résidé principalement en Russie, à Vladisvostok, où sa famille a été déportée en 1947, soutient qu'après son retour en Ukraine, à la suite d'un divorce, en 1985, son fils, alors âgé de dix ans, a été contaminé lors de l'accident nucléaire de Tchernobyl; que, retournée à Vladivostok, elle n'a pu obtenir d'autorisation de séjour ni retrouver son poste d'informaticienne au service de l'armée; qu'ayant milité pour la fermeture d'un chantier de sous-marins nucléaires, elle a reçu des menaces et subi une garde à vue de trois jours; que, lors d'un voyage dans le Caucase en août 1994, elle a été prise en otage par des rebelles tchétchènes, qui ont conservé tous ses documents d'identité; qu'elle a été libérée par l'armée russe, mais n'a pu regagner Vladivostok qu'en septembre 1995; qu'elle s'est heurtée au refus des autorités russes, qui la considèrent comme ukrainienne et lui reprochent son militantisme anti-nucléaire, de lui délivrer de nouveaux documents d'identité; que, s'étant rendue en Ukraine, elle a appris qu'elle avait dépassé les délais impartis pour pouvoir prétendre à l'obtention de la nationalité ukrainienne; que, craignant pour sa sécurité, elle a gagné la France, où sa fille bénéficie de la qualité de réfugiée depuis 1991 et où son fils, débouté de sa propre demande, a rejoint la Légion étrangère;

Considérant, en premier lieu, que ni les pièces du dossier, ni les déclarations faites en séance publique devant la Commission, ne permettent de tenir pour établis les faits allégués ni pour fondées les craintes de persécutions exprimées par la requérante à l'égard des autorités de Russie, son pays de résidence habituelle; que, par ailleurs. l'intéressée n'allègue pas de persécutions ni de craintes de persécutions de la part des autorités de l'Ukraine, son pays de naissance; qu'en particulier, les mêmes pièces et déclarations ne permettent pas de tenir pour établi que la requérante se soit heurtée, de la part des autorités russes et ukrainiennes, à un refus de lui reconnaître la nationalité concernée assimilable à une persécution au sens des stipulations susmentionnées de l'article 1er, A, 2 de la Convention de Genève;

Considérant, en second lieu, que, si les principes généraux du droit applicables aux réfugiés, résultant notamment des stipulations de la Convention de Genève, imposent, en vue d'assurer pleinement au réfugié la protection prévue par ladite Convention, que la même qualité puisse être reconnue à la personne de même nationalité qui était unie par le mariage à un réfugié à la date à laquelle celui-ci a demandé son admission au statut, ainsi qu'aux enfants mineurs de ce réfugié, ces principes ne s'étendent pas aux ascendants, même à charge, du réfugié; que Mme MONASTERESKA Alla Alexeievna épouse KOMAROVA ne peut, dès lors, se voir reconnaître la qualité de réfugiée au titre de l'unité de famille;

Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le recours ne peut être accueilli; ... (Rejet).

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