Pakistan : information sur la situation dans la vallée de Swat; information indiquant si le gouvernement contrôle la vallée et si les civils déplacés y sont revenus; information sur le statut des insurgés talibans dans la vallée de Swat
| Publisher | Canada: Immigration and Refugee Board of Canada |
| Author | Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa |
| Publication Date | 2 November 2009 |
| Citation / Document Symbol | PAK103309.EF |
| Cite as | Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Pakistan : information sur la situation dans la vallée de Swat; information indiquant si le gouvernement contrôle la vallée et si les civils déplacés y sont revenus; information sur le statut des insurgés talibans dans la vallée de Swat, 2 November 2009, PAK103309.EF, available at: https://www.refworld.org/docid/4b7cee5e37.html [accessed 17 September 2023] |
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En février 2009, l'armée pakistanaise a signé un accord concernant la vallée de Swat, une région située dans le nord-ouest du Pakistan, à 160 kilomètres de la capitale pakistanaise Islamabad (The New York Times 14 sept. 2009). Selon le New York Times, environ 4 000 militants talibans ont profité de cet accord pour s'emparer d'une grande partie de la vallée (ibid.). En signant une ordonnance instaurant la charia dans la région le 13 avril 2009, le président du Pakistan, Asif Ali Zardari, aurait de facto donné aux talibans le contrôle de la vallée de Swat (HRW 15 avr. 2009). Selon Human Rights Watch (HRW),
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les talibans ont imposé leur autorité dans le district de Swat et dans les régions voisines en procédant à des exécutions sommaires – y compris des décapitations – de représentants de l'État et d'opposants politiques, à des flagellations en public et en soumettant la population à de l'intimidation à grande échelle. Les écoles pour filles ont été fermées, il est interdit aux femmes de sortir de leur maison sans être accompagnées d'un membre masculin de la famille, les programmes d'immunisation contre la polio ont été interrompus et les organisations non gouvernementales ont été expulsées. La musique et les films ont été interdits et les magasins où leur commerce avait lieu ont été détruits. Tous les hommes se sont vu ordonner de porter la barbe (ibid.).
En avril (BBC 13 juill. 2009; AP 30 sept. 2009) ou en mai 2009 (The New York Times 14 sept. 2009), l'armée pakistanaise a lancé une offensive contre les insurgés talibans dans le district de Swat pour reprendre le contrôle de la région. Environ 30 000 soldats pakistanais appuyés par les forces aériennes pakistanaises ont participé à l'offensive (ibid.). Entre 1 700 (BBC 13 juill. 2009) et 2 000 insurgés (Press TV 8 oct. 2009) ainsi que 300 soldats de l'armée auraient été tués (ibid.). La British Broadcasting Corporation (BBC) a déclaré qu'aucun des chefs talibans n'aurait été tué durant l'offensive (BBC 13 juill. 2009). Durant celle-ci, les autorités pakistanaises ont imposé un couvre-feu qui aurait [traduction] « provoqué une grave crise humanitaire touchant les centaines de milliers de civils toujours pris au piège dans la région » (HRW 26 mai 2009). De nombreux habitants du district de Swat ont été privés d'électricité et d'eau potable (BBC 13 juill. 2009; AI 18 sept. 2009). Environ deux millions de personnes ont fui la vallée durant l'affrontement (ibid.; The New York Times 14 sept. 2009) et se sont établis temporairement dans d'autres districts, dont Mardan et Swabi (HRW 26 mai 2009).
En juillet 2009, des médias signalaient qu'après avoir repris le contrôle de la vallée de Swat, les autorités pakistanaises avaient commencé à faire revenir chez elles les personnes déplacées (Christian Science Monitor 13 juill. 2009; BBC 13 juill. 2009). Ainsi, les autorités pakistanaises auraient promis environ 300 dollars américains à 200 familles vivant dans des camps du district de Nowshera afin qu'elles retournent volontairement chez elles dans la vallée (ibid.). L'armée prévoyait que lorsque les familles qui étaient dans des camps seraient réinstallées, elle ferait aussi rentrer chez elles celles qui vivaient dans des écoles ou dans d'autres lieux (ibid.). Selon The Economist, en août, les deux millions de personnes déplacées en mai étaient rentrées dans leur foyer (1er oct. 2009).
Plusieurs signes indiquent que les talibans ont quitté la vallée de Swat, notamment la reprise des activités du système judiciaire local (AP 30 sept. 2009) et la réouverture de quelques écoles pour filles (BBC 15 oct. 2009). De même, la projection de films a repris dans les cinémas locaux, alors qu'elle était interdite sous les talibans (The New York Times 29 sept. 2009; BBC 24 oct. 2009). En outre, le gouvernement projette d'ouvrir à nouveau la vallée au tourisme (Press TV 8 oct. 2009).
La BBC signale toutefois que [traduction] « plus de 300 écoles du district de Swat ont été endommagées » lorsque les talibans ont pris le contrôle de la vallée et que [traduction] « bon nombre des écoles qui y ont été détruites sont toujours fermées » (15 oct. 2009). Selon l'Associated Press (AP), [traduction] « de nombreux obstacles restent à franchir avant de pouvoir établir un appareil judiciaire juste et viable dans le district de Swat – non seulement les forces policières sont toujours en train de se reconstituer, mais le gouvernement doit encore rétablir pleinement son autorité et les opérations militaires se poursuivent » (30 sept. 2009).
En dépit d'une importante présence militaire pakistanaise dans la vallée, certains rapatriés seraient incertains en ce qui concerne la sécurité dans la région (BBC 13 juill. 2009; The New York Times 14 sept. 2009). Citant certaines personnes qui avaient fui, le New York Times déclarait en septembre 2009 que
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de nombreux signes indiquent que l'effort militaire n'a pas donné de résultats concluants. Même dans les régions qui ont enregistré des progrès, le contrôle des militaires s'étend à peine au-delà des centres urbains et des routes (ibid.).
Amnesty International (AI) affirme que [version française d'AI] « les insurgés restent très actifs dans des secteurs plus reculés » de la vallée de Swat (18 sept. 2009). Un correspondant du Dawn, quotidien pakistanais de langue anglaise, a déclaré au Christian Science Monitor que les talibans avaient trouvé un refuge sûr dans les montagnes de la région (12 oct. 2009). Par ailleurs, AI souligne que [version française d'AI] « [les personnes déplacées] sont parfois forcées à retourner dans des secteurs où elles ne sont pas en sécurité, et où elles ne disposent pas du minimum nécessaire pour vivre et travailler en raison du manque d'eau, d'électricité et du faible développement des infrastructures de transport » (18 sept. 2009).
Radio France internationale (RFI) signale cependant qu'en septembre 2009, l'armée pakistanaise aurait arrêté cinq chefs talibans dans la vallée de Swat, dont Muslim Khan, porte-parole des talibans dans le district de Swat, et Mahmood Khan, commandant supérieur des talibans (RFI 11 sept. 2009).
Des médias font état d'exécutions extrajudiciaires de personnes soupçonnées d'être des insurgés talibans (The Economist 1er oct. 2009; The New York Times 14 sept. 2009; AI 18 sept. 2009). Les sources consultées ne précisent pas si ces personnes ont été exécutées par l'armée pakistanaise, des civils locaux ou d'autres insurgés talibans (ibid.; The Economist 1er oct. 2009; The New York Times 14 sept. 2009). Il a aussi été dit que certains de ces meurtres ont été commis par des lashkars, également appelés [traduction] « comités de défense de village », lesquels, avec l'appui du gouvernement, auraient été [traduction] « postés dans toute la vallée de Swat en tant qu'armées privées et non rémunérées appelées à monter la garde dans chacun des districts » (The Economist 1er oct. 2009; voir aussi Christian Science Monitor 12 oct. 2009). The Economist signale aussi que [traduction] « certains innocents ont péri dans des conditions horribles » depuis la fin de l'offensive, citant l'exemple du propriétaire d'un magasin de réparation de matériel électrique tué en septembre 2009 (1er oct. 2009).
Le 12 octobre 2009, les talibans auraient été à l'origine d'un attentat-suicide à la bombe qui aurait tué plus de 40 personnes dans le district de Shangla (dans la vallée de Swat) – une zone considérée comme sécurisée par l'armée pakistanaise (Christian Science Monitor 12 oct. 2009; The New York Times 13 oct. 2009; Reuters 12 oct. 2009).
Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.
Références
Amnesty International (AI). 18 septembre 2009. « Extrajudicial Executions Highlight Insecurity in Pakistan's Swat Valley ».
Associated Press (AP). 30 septembre 2009. Nahal Toosi et Zarar Khan. « A New Kind of Justice in Pakistan's Swat Valley ». (Google news)
British Broadcasting Corporation (BBC). 24 octobre 2009. Shaheen Buneri. « Culture Makes a Comeback in Swat ».
_____. 15 octobre 2009. Aleem Maqbool. « Defying the Taliban to Get an Education ».
_____. 13 juillet 2009. « Pakistan's Displaced Begin Return ».
The Christian Science Monitor [Boston]. 12 octobre 2009. Issam Ahmed. « Latest Militant Attack Rocks Pakistan's Swat Valley ».
_____. 13 juillet 2009. Howard LaFranchi. « Pakistan Begins Returning Swat Valley Refugees Home ».
The Economist [Londres]. 1er octobre 2009. « Pakistan's Swat Valley: The Law in Whose Hands? ».
Human Rights Watch (HRW). 26 mai 2009. « Pakistan: Lift Swat Curfew for Trapped Civilians ».
_____. 15 avril 2009. « Pakistan: Swat Deal Grave Threat to Rights ».
The New York Times. 13 octobre 2009. Pir Zubair Shah et Jane Perlez. « Car Bomb Kills at Least 41 in Restive Region of Pakistan ».
_____. 29 septembre 2009. Jason Tanner. « Now Playing in Swat ».
_____. 14 septembre 2009. « Swat Valley ».
Press TV. 8 octobre 2009. « Pakistan Army to Reopen Swat Valley ».
Radio France internationale (RFI). 11 septembre 2009. « Five Taliban Leaders Arrested in Swat Valley ».
Reuters. 12 octobre 2009. Robert Birsel. « Suicide Bomber Kills 41 Near Pakistan's Swat ».
Autres sources consultées
Sites Internet, y compris : États-Unis – Department of State, International Crisis Group.