Nigéria : information sur le nom de la déesse de la rivière du village de Enugu-Ngwo; information indiquant si elle choisit une femme comme prêtresse; information sur la façon dont elle choisit sa prêtresse et sur les tâches qui incombent à cette dernière, y compris les cérémonies pour l'infertilité, les veuves et l'excision des femmes mariées; information sur les conséquences qu'encourt une femme qui refuse de devenir prêtresse
| Publisher | Canada: Immigration and Refugee Board of Canada |
| Author | Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa |
| Publication Date | 8 May 2008 |
| Citation / Document Symbol | NGA102846.EF |
| Cite as | Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Nigéria : information sur le nom de la déesse de la rivière du village de Enugu-Ngwo; information indiquant si elle choisit une femme comme prêtresse; information sur la façon dont elle choisit sa prêtresse et sur les tâches qui incombent à cette dernière, y compris les cérémonies pour l'infertilité, les veuves et l'excision des femmes mariées; information sur les conséquences qu'encourt une femme qui refuse de devenir prêtresse, 8 May 2008, NGA102846.EF, available at: https://www.refworld.org/docid/4a717777c.html [accessed 17 September 2023] |
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Selon un professeur d'anthropologie spécialiste du Nigéria, affilié à l'université du sud de l'Illinois (SIU) à Carbondale, il est très difficile de connaître l'identité de la déesse de la rivière ou des eaux associée au village de Enugu-Ngwo [situé dans la ville de Enugu (professeur du WWC 7 mai 2008)] sans se rendre au Nigéria et déterminer précisément la rivière ou le cours d'eau en question, et ce, parce que dans ce pays, les déesses sont à la fois [traduction] « communes » et [traduction] « locales » (professeur de la SIU 30 avr. 2008). Par exemple, certaines déesses des eaux sont associées à de nombreuses étendues d'eau en Afrique, comme la « Mammy Water » (professeur de la SIU 30 avr. 2008), aussi appelée Mami Wata (professeur du WWC 6 mai 2008). Néanmois, le professeur de la SIU a aussi affirmé que chaque village avait un cours d'eau ou une source associé à une déesse en particulier, portant un nom unique (30 avr. 2008). Il a également souligné que les Ibos, peuple autochtone d'Enegu, conçoivent très [traduction] « précisément » leurs dieux et leurs déesses (30 avr. 2008).
Un professeur d'anthropologie du collège Warren Wilson (WWC), à Asheville, en Caroline du Nord, qui a effectué d'importantes recherches sur le terrain à propos des esprits des eaux dans le sud-est du Nigéria a fourni les renseignements suivants :
[traduction]
Les esprits des eaux [...] jouent un rôle important dans les croyances autochtones des divers groupes ethniques de la région, notamment les Ibos, les Efiks, les Ibibios et les Itsekiris. [...] Bon nombre de villages locaux ont leur propre déesse, habituellement d'un cours d'eau ou d'une rivière de la région, qui règne sur un panthéon d'esprits des eaux. À Enugu, cette déesse porte plusieurs noms, dont Nne Mmiri, Osimmiri/Osimmili, et, parfois, les habitants y réfèrent en utilisant le nom plus générique en pidgin english : Mami Wata (ou « mère des eaux »). Les esprits des eaux sont servis et honorés par des prêtres et des prêtresses qui leur consacrent leur vie (6 mai 2008).
En ce qui concerne le choix des prêtresses, le professeur de la SIU a affirmé que la déesse de la rivière désignait une femme pour devenir sa prêtresse et que le processus de sélection variait (30 avr. 2008). Une fille aînée dont la lignée familiale convient ou une femme dont la grand-mère ou la mère était une prêtresse pourrait être choisie (professeur de la SIU 30 avr. 2008). Selon le professeur de la SIU, il est possible qu'un rêve soit pris en considération dans le processus de sélection (ibid.). De plus, il existe une croyance selon laquelle un [traduction] « esprit » choisit la femme qui deviendra prêtresse (ibid.).
Le professeur du WWC a affirmé ce qui suit à propos du processus de sélection des prêtresses :
[traduction]
La femme qui doit devenir prêtresse est « choisie » par les esprits des eaux. Cela se manifeste habituellement de diverses façons. Certaines femmes peuvent souffrir de maladies graves, d'infertilité ou d'instabilité émotionnelle temporaire. D'autres peuvent faire face à des difficultés matrimoniales, des problèmes financiers ou à de la « malchance » en général. Ces personnes sont amenées à un guérisseur/devin ou à un prêtre ou une prêtresse de la région afin que la source de ces problèmes soit déterminée. À ce moment-là, la personne peut se faire dire qu'elle est affectée par un esprit des eaux. Si un tel diagnostic est posé, la personne doit construire un sanctuaire pour l'esprit, avoir foi en l'esprit et respecter certains tabous et certaines règles. Selon le cas, la personne peut choisir ou être tenue de devenir initiée dans un groupe religieux se consacrant à la vénération des esprits des eaux par des chansons et des danses ainsi que par des sacrifices d'animaux ou de nourriture [...] Les initiés apprennent des autres prêtres et prêtresses qui leur montrent comment utiliser les herbes et les produits médicinaux pour guérir de futurs patients et comment communiquer avec les esprits par les rêves, la possession ou la transe (6 mai 2008).
En ce qui concerne les cérémonies, le professeur de la SIU a signalé que [traduction] « [c]ertaines prêtresses assurent la présidence de cérémonies bisannuelles pour les jeunes femmes de leur communauté qui atteignent la majorité. Ces cérémonies sont jugées essentielles pour la réussite des mariages et des grossesses » (30 avr. 2008). D'autres cérémonies visant à aider les femmes qui sont incapables d'avoir des enfants sont également célébrées (professeur de la SIU 30 avr. 2008). Le professeur du WWC a fourni les renseignements suivants concernant les tâches des prêtresses et les cérémonies auxquelles elles procèdent :
[traduction]
Une prêtresse utilise souvent sa nouvelle vocation comme source de revenus, et elle finira aussi par former certaines de ses propres patientes comme prêtresses. Elle utilise des méthodes de divination afin de découvrir ce dont souffre une personne, [et] elle se sert de ses connaissances des herbes locales pour aider à traiter certaines maladies. Parfois, il lui arrive de célébrer une cérémonie d'initiation pour un patient, qui comprend une visite au cours d'eau local et la présentation d'une offrande. Les prêtresses se spécialisent généralement dans le traitement de la stérilité, de l'épilepsie et de la dépression (6 mai 2008).
Le professeur du WWC a affirmé qu'il n'avait aucune connaissance d'un cas où une prêtresse des eaux avait pratiqué des excisions et que
[traduction]
ce sont habituellement les femmes âgées des villages qui procèdent aux excisions. Néanmoins, comme les esprits des eaux se consacrent surtout à la fertilité et que de nombreux groupes ethniques de la région associent l'excision à l'augmentation de la fertilité, il est possible que des prêtresses en effectuent. Cependant, chez les Ibos, l'excision est presque toujours pratiquée avant le mariage, habituellement durant l'enfance. L'excision vise à accroître la fertilité chez la femme et à la préparer au mariage. Donc, s'il y a excision, c'est généralement avant le mariage (6 mai 2008).
Parmi les sources qu'elle a consultées, la Direction des recherches n'a trouvé aucun renseignement sur les cérémonies consacrées aux veuves.
Selon le professeur du WWC, les conséquences que subissent les femmes qui refusent d'être prêtresses des eaux une fois choisies sont [traduction] « spirituelles et non sociales » (6 mai 2008).
[traduction]
Si une femme refuse de répondre à l'appel, la croyance veut que les esprits des eaux soient mécontents et continuent de la harceler, se manifestant sous forme de maladies ou d'autres symptômes mentionnés précédemment (professeur du WWC 6 mai 2008).
Dans le même ordre d'idées, le professeur de la SIU a affirmé qu'il se peut qu'une affection dont une femme est atteinte soit interprétée comme un signe du fait que celle-ci a refusé de devenir prêtresse (30 avr. 2008). Il a également évoqué l'histoire d'une Nigériane, qui avait raconté ce qui suit.
La femme s'était convertie au christianisme et avait déménagé dans un village loin de sa famille (professeur de la SIU 30 avril 2008). Un jour, elle a été frappée de paralysie (ibid.). Après avoir consulté en vain nombre de spécialistes, elle s'est vu conseiller par les professionnels de la santé d'aller consulter un guérisseur traditionnel (ibid.). Le guérisseur lui a dit qu'elle était paralysée parce qu'elle n'avait pas répondu à l'appel d'une déesse des eaux l'ayant choisi comme prêtresse (ibid.). La femme a été informée que, pour guérir, elle devait accomplir les rites d'initiation d'une prêtresse et s'acquitter de ses obligations (ibid.). La femme a affirmé avoir rempli ses obligations et qu'ensuite, elle avait retrouvé l'usage de ses membres (ibid.). Un article paru dans le Daily Sun du 30 juillet 2007 raconte une histoire similaire concernant une femme de Enugu qui a éprouvé des problèmes de santé ainsi que d'autres difficultés jusqu'à ce qu'elle accomplisse les rites d'initiation du culte de la [traduction] « Sirène blanche des étoiles » (aussi appelé Owu Mmiri), groupe qui vénère un esprit des eaux qui [traduction] « apparaît sous forme d'une sirène blanche sortant de l'eau ».
De même, le professeur de la SIU a souligné que le refus de devenir prêtresse pouvait entraîner des conséquences surnaturelles, telle la mort, et a expliqué qu'il se pourrait que les membres d'une communauté affirment que si une femme décède après avoir été frappée par la foudre, c'est parce qu'elle a refusé son rôle de prêtresse (30 avr. 2008). Le professeur de la SIU a cependant ajouté qu'il ne serait pas impossible qu'une femme qui refuse d'être prêtresse soit empoisonnée par un guérisseur (30 avr. 2008). Le professeur de la SIU a souligné que les guérisseurs connaissaient des méthodes d'empoisonnement très évoluées (30 avr. 2008). Il a affirmé n'avoir aucune connaissance d'un cas précis où une femme aurait été empoisonnée pour avoir refusé de devenir prêtresse (30 avr. 2008).
Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.
Références
Daily Sun [Lagos]. 30 juillet 2007. « Serving Two Masters: The Case of the Self-Confessed Christian and Priestess of the Water Goddess ». (IMDiversity.com)
Professeur, Southern Illinois University (SIU), Carbondale. 30 avril 2008. Entretien téléphonique avec la Direction des recherches.
Professeur, Warren-Wilson College (WWC), Asheville. 7 mai 2008. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches.
_____. 6 mai 2008. Communication envoyée à la Direction des recherches.
Autres sources consultées
Sources orales : Les tentatives faites pour joindre un professeur d'anthropologie du collège Franklin et Marshall (F&M) et l'auteur d'un livre sur la cosmologie igbo ont été infructueuses. L'auteur d'un livre sur les coutumes à Enugu n'a pas été en mesure de fournir d'information. Un professeur d'histoire de l'université de l'État du Michigan (MSU) n'a pas pu fournir de renseignements dans les délais voulus.
Sites Internet, y compris : British Broadcasting Corporation (BBC).