Honduras : information sur les activités de la bande Mara Salvatrucha (MS), en particulier dans la colonie de La Prieto, à San Pedro Sula; traitement que réservent la police et les autorités aux membres de la MS (1998 - mars 2003)
| Publisher | Canada: Immigration and Refugee Board of Canada |
| Author | Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa |
| Publication Date | 10 March 2003 |
| Citation / Document Symbol | HND41103.EF |
| Cite as | Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Honduras : information sur les activités de la bande Mara Salvatrucha (MS), en particulier dans la colonie de La Prieto, à San Pedro Sula; traitement que réservent la police et les autorités aux membres de la MS (1998 - mars 2003), 10 March 2003, HND41103.EF, available at: https://www.refworld.org/docid/47d651a1c.html [accessed 17 September 2023] |
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Aucune information portant précisément sur les activités de la bande Mara Salvatrucha (MS) dans la colonie de La Prieto, à San Pedro Sula, n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches. Toutefois, les paragraphes suivants présentent de l'information sur les activités de la MS dans d'autres régions, de l'information générale sur les bandes de jeunes au pays et de l'information sur le traitement que les autorités réservent aux membres de bandes.
À San Pedro Sula, la police a tué par balle deux membres de la MS et elle en a arrêté deux autres au cours d'un affrontement au sujet d'un vol de voiture présumé (Tiempo 11 sept. 2002). L'incident s'est produit dans le quartier de Guamilito; après avoir volé une voiture, des membres de la bande ont tenté [traduction] « d'attaquer » une quincaillerie où la police les a interceptés.
À Comoyagua, des représentants du département des homicides de la Direction générale des enquêtes criminelles (Direccion General de Investigacion Criminal – DGIC) ont arrêté un membre de la MS, connu sous le pseudonyme du « Paysan » (El Campesino), accusé, avec 6 autres membres de la MS, d'avoir participé à 18 homicides (Honduras Revista Internacional 6 mai 2002). Des enquêtes de la DGIC ont révélé que « El Campesino » avait participé aux meurtres d'adolescents, d'un policier et d'un soldat du Régiment blindé (Regimiento de Caballeria Blindada – RECABLIN) (ibid.). Le 11 février 2002, la DGIC a arrêté deux autres membres de la MS impliqués dans les 18 homicides (ibid.).
Au centre pénitentiaire de Choluteca, 3 personnes sont mortes et 20 autres ont été blessées lors d'une émeute qui aurait été déclenchée par des membres de la MS (Tiempo 4 mai 2002). Les membres de la bande ont profité du désordre à la fin d'une partie de soccer entre prisonniers pour tenter de s'évader (ibid.).
Selon les statistiques de l'Unité de lutte contre les bandes (Unidad de Pandillas) de la Police préventive (Policia Preventiva), il y a environ 34 000 membres de diverses bandes au pays (Desarme.org 2 oct. 2002). Toutefois, Xibalba, organisation non gouvernementale qui aide les jeunes à quitter les bandes, croit que les bandes comptent plus de 78 000 membres (ibid.; La Prensa 30 sept. 2002), et selon l'Associated Press (AP), les autorités du Honduras évaluent ce nombre dans le pays à 200 000 (AP 8 oct. 2002).
Itsmania Pineda, directrice de Xibalba, a affirmé que la MS mène ses activités au moyen d'un système complexe de cellules ou groupes centraux appelés « cliques » (clicas) qui sont mis sur pied dans les villes, les agglomérations rurales et les écoles partout au pays (La Prensa 30 sept. 2002). Mme Pineda a ajouté que sous l'effet de stupéfiants, les membres des bandes commettent – entre eux, contre des membres d'autres bandes et contre des citoyens – des crimes « atroces » (atroces) comme des voies de fait, des meurtres et des viols (ibid.). En outre, Mme Pineda a souligné que certaines bandes de jeunes participent à des activités criminelles organisées : vols de voitures, enlèvements et trafic d'armes et de stupéfiants (ibid.).
En ce qui concerne le traitement général que réservent les autorités aux membres de bandes de jeunes, des sources signalent qu'il existe des preuves que la police a mis à exécution une [traduction] « politique non officielle de "nettoyage social" » contre les membres des bandes de jeunes (The Independent 4 sept. 2002; La Prensa 30 sept. 2002; AP 8 oct. 2002; Los Angeles Times 25 nov. 2002). À titre d'exemple, le Los Angeles Times, a déclaré que le président du Honduras, Ricardo Maduro, avait admis lors d'une récente conférence de presse [traduction] « [qu'a]u moins 23 jeunes étaient décédés aux mains d'agents de la sécurité de l'État au cours des cinq dernières années » (ibid.). De plus, l'AP a mentionné qu'un groupe de défense des droits de la personne du Honduras avait accusé la police de faire appel à un escadron de la mort connu sous le nom de « 418 » pour assassiner [traduction] « systématiquement » des membres de bandes de jeunes (8 oct. 2002).
Toutefois, le président Maduro a nié l'existence [traduction] « d'escadrons de la mort » et il a déclaré qu'il n'y a [traduction] « aucune politique visant à tuer des Honduriens » (AP 8 oct. 2002). Les autorités ont également affirmé que les membres des bandes de jeunes [traduction] « s'entre-tuent, laissant aux autorités le soin de disposer des corps » (The Independent 4 sept. 2002), et que les membres des bandes [traduction] « s'entre-tuent pour gagner de l'avancement et du respect ou simplement pour le plaisir » (Los Angeles Times 25 nov. 2002).
Néanmoins, depuis 1998, la Maison alliance (Casa Alianza), organisation à but non lucratif aidant les jeunes de la rue en Amérique centrale, a enregistré les meurtres de 1 343 Honduriens âgés de moins de 24 ans (La Prensa 30 sept. 2002). Dans un communiqué de presse de février 2003, Amnesty International a demandé au gouvernement du Honduras d'enquêter sur [traduction] « les meurtres et les exécutions extrajudiciaires de 1 500 jeunes et enfants » (25 févr. 2003).
Dans son analyse des renseignements collectés sur les décès de 1 248 jeunes survenus entre janvier 1998 et juin 2002, la Maison alliance a souligné ce qui suit :
[traduction]
[d]ans environ 4 p. 100 des cas, les preuves montrent que la police a commis le meurtre, [...] dans environ 11 p. 100 des cas, [les enquêteurs] attribuent le meurtre à des groupes de justiciers menant leurs activités avec l'appui tacite de la police. Environ 13 p. 100 des meurtres sont attribués aux membres de bandes. Le reste des meurtres ont été commis par des assaillants inconnus ou d'autres personnes, comme des gardiens privés (Los Angeles Times 25 nov. 2002).
Veuillez consulter le document du 14 juin 2002 des Nations Unies intitulé Report of the Special Rapporteur, Ms. Asma Jahangir, submitted pursuant to Commission on Human Rights resolution 2002/36 portant sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires au Honduras, en particulier les paragraphes 29 à 38, « The Maras Connection », et les paragraphes 56 à 62, « Impunity », à l'adresse suivante :
Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.
Références
Amnesty International (AI). 25 février 2003. « Honduras: No More Empty Promises – Investigate Murders of Children and Youths ». (Index AI : AMR 37/004/2003 [communiqué de presse])
Associated Press (AP). Worldstream. 8 octobre 2002. Freddy Cuevas. « Honduran Rights Group Claims Police Used "Death Squad" to Kill Youth Gang Members ». (NEXIS)
Desarme.org. 2 octobre 2002. « Honduras: creciente violencia y jovenes ejecutados por escuadrones de la muerte ».
Honduras Revista Internacional [Tegucigalpa]. 6 mai 2002. « Capturan a "marero" buscado por 18 delitos de homicido ».
The Independent [Londres]. 4 septembre 2002. Jan Mcgirk. « Honduras Investigates Murders of 1,300 Street Children. Honduras Finally Starts Hunt for Street Children's Killers ». (NEXIS).
La Prensa [Panama]. 30 septembre 2002. « Terror en Honduras ».
Los Angeles Times. 25 novembre 2002. T. Christian Miller. « Dying Young in Honduras; Gangs with Roots in L.A. Are Largely to Blame for the Increasing Violence. But Another Group Has Blood on Its Hands as Well: The Police ». (NEXIS)
Tiempo [San Pedro Sula]. 11 septembre 2002. « Mueren dos supuestos asaltantes al enfrentarse a tiros con la policia ».
_____. 4 mai 2002. « Motin en penal de Choluteca deja 3 muertos y 20 heridos ».
Autres sources consultées
Sites Internet, y compris : Country Reports, Human Rights Watch, La Prensa [San Pedro Sula].