Zimbabwe : information sur la situation des homosexuels, y compris les attitudes que l'on trouve dans la société, le traitement par le gouvernement ou par les forces de sécurité de l'État; protection offerte par l'État (2004-février 2006)

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Author Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa
Publication Date 15 February 2006
Citation / Document Symbol ZWE101009.EF
Reference 2
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Zimbabwe : information sur la situation des homosexuels, y compris les attitudes que l'on trouve dans la société, le traitement par le gouvernement ou par les forces de sécurité de l'État; protection offerte par l'État (2004-février 2006), 15 February 2006, ZWE101009.EF, available at: https://www.refworld.org/docid/45f147c81e.html [accessed 17 September 2023]
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Situation et traitement

Dans une communication écrite envoyée le 13 février 2006, un représentant de l'organisation Gays et lesbiennes du Zimbabwe (Gays and Lesbians of Zimbabwe – GALZ) d'Harare a fourni les renseignements suivants :

[traduction]

La situation des homosexuels est peu différente de celle des autres personnes considérées comme des ennemis de l'État. Le gouvernement adopte une attitude répressive à l'égard de quiconque est considéré comme une menace à son pouvoir ou est utile en tant que bouc émissaire politique, notamment les membres des minorités raciales comme les blancs, les minorités tribales comme les Ndebeles et les Tongas, l'opposition politique et la presse libre. Nous vivons tous [dans] un climat de peur. Cependant, la situation des homosexuels s'est aggravée en raison du climat d'hystérie homophobe créé par le gouvernement, qui accorde aux homophobes le droit de cibler les homosexuels en leur faisant subir des actes de violence, des mauvais traitements et du chantage. Même si les plus jeunes, en particulier en région urbaine, sont plus tolérants puisqu'ils ont été élevés en sachant que la société comprend des homosexuels, les générations plus âgées, en particulier en région rurale, sont habituellement extrêmement homophobes. Certains considèrent l'homosexualité comme une maladie nécessitant les soins de guérisseurs spirituels.Cela dit, le Zimbabwe n'est pas le pire pays pour les homosexuels. Aucun assassinat extra-judiciaire dont nous sommes au courant n'était lié à l'orientation sexuelle de la victime. L'homophobie est en grande partie exprimée oralement et la presse étatique renforce les stéréotypes selon lesquels les homosexuels sont, par nature, des criminels occidentaux faisant partie d'un complot international visant à déstabiliser le Zimbabwe, ainsi qu'à corrompre ses enfants et sa culture. Les homosexuels, comme beaucoup d'autres personnes, n'ont pas le droit de répliquer par l'intermédiaire des médias étatiques. Cela signifie que des incidents violents surviennent souvent lorsque des membres de GALZ se montrent dans des endroits publics comme le salon international du livre du Zimbabwe.

En 2004 et en 2005, la Commission internationale de défense des droits des gais et des lesbiennes (International Gay and Lesbian Human Rights Commission -IGLHRC) a aussi fait état d'actes de violence (16 août 2004) et d'intimidation (5 août 2005) commis envers des membres de GALZ au salon international du livre du Zimbabwe. En août 2004, plusieurs membres de GALZ auraient été attaqués et battus par un [traduction] « gang en colère » (IGLHRC 16 août 2004). Selon les Country Reports 2004, un [traduction] « groupe de jeunes s'est approché des représentants de GALZ au kiosque et a menacé de les battre, puis les membres de GALZ se sont enfuis » (28 févr. 2005, sect. 5). En août 2005, un [traduction] « groupe d'hommes non identifiés et bien habillés » a ordonné à GALZ de fermer son kiosque et d'emballer les affaires du groupe (IGLHRC 5 août 2005). Étant donné que la police ne semblait pas vouloir intervenir, les membres de GALZ ont décidé de s'en aller plutôt que de s'exposer à des actes de violence (ibid.).

En septembre 2005, GALZ a présenté un rapport sur la façon dont les membres de la communauté homosexuelle avaient été touchés par l'Opération Murambatsvina (IGLHRC 15 sept. 2005), [traduction] « programme gouvernemental d'évictions de masse et de démolition [...] qui, selon les Nations Unies, a privé 700 000 hommes, femmes et enfants de leur demeure, de leur moyen de subsistance ou des deux dans l'ensemble du pays » (HRW 18 janv. 2006).

Pour ce qui est des attitudes que l'on trouve dans la société, un représentant de GALZ a mentionné, dans une communication écrite du 13 février 2006, que [traduction] « [l']une des plus grandes craintes exprimées par les homosexuels est que leur famille les rejette si leur orientation sexuelle est dévoilée ». De plus, le représentant a ajouté que [traduction] « [i]l existe des craintes bien réelles de renvoi du travail si l'homosexualité d'une personne est découverte, même si GALZ n'a jamais eu à défendre quelqu'un à ce sujet » (GALZ 13 févr. 2006). Cette attitude a été corroborée par de l'information parue en mars 2005 dans le journal féministe Off Our Backs de Washington (1er mars 2005). Plus précisément, l'auteure de l'article, Pat Groves, a passé six mois à étudier le lesbianisme au Zimbabwe et a remarqué que le fait de se déclarer homosexuel peut, entre autres, menacer la sécurité physique et la sécurité d'emploi d'une personne (Off Our Backs 1er mars 2005).

Protection offerte par l'État

En ce qui concerne la protection offerte par l'État, le président du Zimbabwe Robert Mugabe a ouvertement condamné l'homosexualité à de nombreuses reprises (IGLHRC 28 janv. 2005; Country Reports 2004 28 févr. 2005, sect. 5); il aurait déclaré en mars 2004 qu'il était [traduction] « moralement dégoûté par l'homosexualité » (IGLHRC 16 août 2004). Selon l'article susmentionné publié en mars 2005 par Off Our Backs, le président Mugabe [traduction] « a défini l'homosexualité comme étant le produit de cultures coloniales dégénérées moralement et a nié que de tels comportements existaient dans les cultures zimbabwéennes autochtones » (1er mars 2005).

En février 2006, un représentant de GALZ a déclaré qu'au Zimbabwe,

[traduction]

[l]e droit est homophobe. La sodomie consensuelle entre deux hommes est passible d'une peine d'emprisonnement maximale d'un an ou d'une amende maximale équivalant au viol ou les deux. Aucune loi ne criminalise les relations sexuelles entre femmes, mais cela fait peu de différence dans un pays où la plupart des femmes ne jouissent pas du droit à l'intégrité physique. La sexualité des femmes n'est habituellement pas reconnue et une lesbienne qui peut s'arranger sans homme, même en ce qui a trait à la sexualité, est considérée comme une menace encore plus grande qu'un gay. En ce qui a trait à la police, les policiers moins haut gradés sont souvent amicaux envers les homosexuels alors que les plus haut gradés obéissent à [la] volonté de leurs maîtres politiques et auraient agi violemment envers des homosexuels – en particulier les Noirs – parce qu'ils les considèrent comme des traîtres envers l'État. La police aurait également été liée à des maîtres chanteurs. Selon mon expérience personnelle, je peux affirmer que la Garde présidentielle agit avec impunité. Trois d'entre nous avons été arrêtés pour une infraction au code de la route lorsque, par mégarde, j'ai stationné la voiture trop près du Palais législatif. Même s'il s'agissait d'une infraction mineure pour laquelle j'ai payé l'amende imposée, nous avons tous trois été victimes de violence physique, d'humiliation et de mauvais traitements. De plus, nous avons été emprisonnés pendant 72 heures dans des conditions hygiéniques horribles, sans nourriture et avec juste un peu d'eau. Même si la primauté du droit est gravement menacée au Zimbabwe et que des homophobes travaillent dans le système judiciaire, il existe tout de même une certaine indépendance. Cependant, la plus grande crainte des homosexuels est que leur orientation sexuelle soit dévoilée par les médias étatiques qui prennent grand plaisir à publier des articles sur des histoires salaces de crime homosexuel (13 févr. 2006).

Aucune autre information sur la protection offerte par l'État aux homosexuels du Zimbabwe n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Country Reports on Human Rights Practices for 2004. 28 février 2005. « Zimbabwe ». États-Unis. Department of State. [Date de consultation : 7 févr. 2006]

Gays and Lesbians of Zimbabwe (GALZ), Harare. 13 février 2006. Communication écrite envoyée par un représentant.

Human Rights Watch (HRW). 18 janvier 2006. « Zimbabwe ». World Report 2006. [Date de consultation : 18 janv. 2006]

International Gay and Lesbian Human Rights Commission (IGLHRC). 15 septembre 2005. « A Show of Force: Report on Members of GALZ Affected by Murambatsvina ». [Date de consultation : 9 févr. 2006]
_____. 5 août 2005. « Gays and Lesbians of Zimbabwe Harassed Once Again at the International Book Fair ». [Date de consultation : 10 févr. 2006]
_____. 28 janvier 2005. « Gays and Lesbians of Zimbabwe (GALZ) Honored with the IGLHRC 2005 Felipe de Souza Award ». [Date de consultation : 10 févr. 2006]
_____. 16 août 2004. « Gays and Lesbians of Zimbabwe's Statement Concerning Homophobic Attack in Harare ». [Date de consultation : 10 févr. 2006]

Off Our Backs [Washington]. 1er mars 2005. Pat Groves. « We Are Everywhere! What an American Dyke Discovered about Lesbians in Zimbabwe ». (Factiva)

Autres sources consultées

Sites Internet, y compris : Afrol News, AllAfrica.com, Amnesty International, ArcInternational.net, Association lesbienne et gay internationale (ILGA), BBC News, Behind the Mask, Freedom House, GayWired, GlobalGayz, Immigration and Nationality Directorate du Royaume-Uni, Kubatana.net, Sodomy Laws, World News Connection.

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