République du Congo : la pratique de la mutilation génitale des femmes (MGF), et notamment de l'information indiquant si une femme peut, contre son gré et celui de ses parents, être forcée de subir la MGF; les conséquences d'un refus; la possibilité de porter plainte et la protection offerte par l'État (juin 2006)

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Author Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa
Publication Date 26 June 2006
Citation / Document Symbol COG101518.F
Reference 7
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, République du Congo : la pratique de la mutilation génitale des femmes (MGF), et notamment de l'information indiquant si une femme peut, contre son gré et celui de ses parents, être forcée de subir la MGF; les conséquences d'un refus; la possibilité de porter plainte et la protection offerte par l'État (juin 2006), 26 June 2006, COG101518.F, available at: https://www.refworld.org/docid/45f1471b28.html [accessed 17 September 2023]
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D'origine congolaise, une psychopédagogue chercheuse de l'Union pour l'étude et la recherche sur la population et le développement (UERPOD), organisation non gouvernementale congolaise établie à Brazzaville, a signalé lors d'un entretien téléphonique, le 19 juin 2006, qu'aucun groupe ethnique de la République du Congo ne pratique la mutilation génitale des femmes (MGF). Elle a expliqué que chez certains groupes ethniques qui pratiquent encore les rites de passage, les jeunes filles se font plutôt marquer de « balafres » sur le corps, et notamment au visage (marques faciales); toutefois, on ne marque jamais les organes génitaux. La psychopédagogue chercheuse a publié plusieurs études sur la situation des femmes congolaises, dont une sur les causes et les conséquences de l'abandon de l'école chez les filles (planeteafrique.com 5 août 2005) et une sur le harcèlement et les violences sexuelles dont sont victimes les filles et les femmes congolaises en milieux scolaire et universitaire congolais (ROCARE 6-10 mars 2006).

De même, une écrivaine d'origine congolaise résidant actuellement à Montréal, interrogée sur les mutilations génitales des femmes (MGF), a signalé dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches que ces « pratiques n'existent pas dans la culture congolaise » (19 juin 2006). Cependant, elle n'a pas exclu la possibilité que certaines communautés musulmanes résidant en République du Congo mais non originaires de ce pays, pratiquent de telles mutilations « clandestinement » pour respecter la culture [de leur] pays d'origine (ibid.). L'écrivaine est titulaire d'une maîtrise en relations internationales et en science politique (UWA 8 mars 2006; Marche mondiale des femmes 12 oct. 2005). Membre de plusieurs associations littéraires, et notamment de l'Association des écrivains de langue française, du Conseil international d'études francophones et de l'Union des auteurs et artistes africains au Canada (UWA 8 mars 2006; Marche mondiale des femmes 12 oct. 2005), elle est aussi journaliste-pigiste et s'intéresse aux questions de genre et a fait des recherches sur l'intégration des femmes africaines au Québec (UWA 8 mars 2006).

Par ailleurs, des sources publiées corroborent les propos des deux sources orales citées ci-dessus. Ainsi, les Country Reports 2005 indiquent que la MGF est illégale et qu' elle n'est pas pratiquée par la population congolaise (8 mars 2006, sect. 5). Cependant, le même rapport ajoute qu'il se peut que certaines communautés ouest-africaines résidant en République du Congo la pratiquent (ibid.). En outre, le site Internet de l'Union interparlementaire (IPU) nous apprend qu'en République du Congo, « les mutilations sexuelles féminines n'existeraient pas (n.d.) ». De son côté, une retranscription du journal de Télé-Congo du 6 février 2006, publiée sur le site Internet Congo-site.info, fait mention d'une déclaration du Comité national [congolais] des droits de la femme qui condamne l'excision, tout en précisant qu'au « Congo, la pratique de l'excision est inexistante. Mais, il semblerait que certaines communautés étrangères résidant au Congo en pratiquent ».

Aucune information sur la pratique de la mutilation génitale chez les communautés étrangères résidant en République du Congo n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Congo-site.info. 6 février 2006. « Retransmission du journal de 20 h Télé-Congo, du lundi 06 février 2006 ». < http://www.congo-site.info/index.php?action=article&id_article=294345&PHPSESSID=08a4112ef5580c20bb1d1f44e8e9feaa> [Date de consultation : 16 juin 2006]

Country Reports on Human Rights Practices for 2005. 8 mars 2006. « Congo, Republic of ». États-Unis. Department of State. Washington, D.C. [Date de consultation : 21 juin 2006]

Écrivaine. 19 juin 2006. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches.

Marche mondiale des femmes. 12 octobre 2005. « Toutes ensemble : les femmes s'unissent à la recherches d'un autre monde ». [Date de consultation : 19 juin 2006]

Planeteafrique.com. 5 août 2005. Constance Mathurine Mafoukila. « La déscolarisation des filles à Brazzaville, causes, conséquences et perspectives ». [Date de consultation : 20 juin. 2006]

Réseau ouest et centre africain de recherches en éducation (ROCARE). 6-10 mars 2006. Éducation, violences, conflits et perspectives de paix en Afrique. colloque internationale organisée à Yaoundé, Cameroun du 6 au 10 mars 2006. [Date de consultation : 20 juin 2006]

Union pour l'étude et la recherche sur la population et le développement (UERPOD). 19 juin 2006. Entretien téléphonique avec une chercheuse.

The University of Western Australia (UWA). 8 mars 2006. « Écrivaines par ordre alphabétique ». [Date de consultation : 20 juin 2006]

Union interparlementaire (IPU). S.d. « Législation et autres textes de droit interne : Cameroun, Canada, Cap-Vert, Congo, Côte d'Ivoire ». [Date de consultation : 20 juin 2006]

Autres sources consultées

Sites Internet, y compris : AllAfrica, Amnesty International, CEDAW, CIA World Factbook, Coalition internationale pour la santé des femmes (IWHC), Comité inter-africain (CIAF) sur les pratiques traditionnelles, European Country of Origin Information Network (ECOI.net), États-Unis – Department of State, Factiva, Famafrique, Femmes sous lois musulmanes, Feminist Women's Health Center, Human Rights Watch, Les Dépêches de Brazzaville, Organisation mondiale pour la santé (OMS), Réseaux d'information régionaux intégrés (IRIN), UNICEF, UNIFEM.

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