République démocratique du Congo (RDC) : mariages forcés, notamment chez les Bambala; information indiquant si les membres d'une même famille peuvent se marier entre eux; le cas échéant, les conséquences et les recours possibles pour une femme qui refuse ces mariages ainsi que la protection de l'État (avril 2004)
| Publisher | Canada: Immigration and Refugee Board of Canada |
| Author | Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié, Canada |
| Publication Date | 14 April 2004 |
| Citation / Document Symbol | RDC42555.F |
| Reference | 2 |
| Cite as | Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, République démocratique du Congo (RDC) : mariages forcés, notamment chez les Bambala; information indiquant si les membres d'une même famille peuvent se marier entre eux; le cas échéant, les conséquences et les recours possibles pour une femme qui refuse ces mariages ainsi que la protection de l'État (avril 2004), 14 April 2004, RDC42555.F, available at: https://www.refworld.org/docid/41501c522a.html [accessed 17 September 2023] |
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Les Bambala sont originaires de la province du Bandundu (PAAF 14 avr. 2004; Université de Kinshasa août 2000; REC 18 mars 1999).
Jointe par téléphone le 14 avril 2004 à Kinshasa, la présidente du réseau Programme d'appui aux actions féminines (PAAF), qui est également chef de travaux à l'Université de Kinshasa, a fourni les renseignements suivants.
Chez les Bambala comme chez les membres de certains autres groupes ethniques du Bandundu, les mariages se contractent souvent entre les membres d'une même famille. Ainsi, les mariages entre les cousins et cousines, les neveux et nièces sont fréquents.
La présidente du PAAF, originaire de cette province, a signalé que, les mariages coutumiers, au même titre que les mariages civils, sont reconnus légalement en République démocratique du Congo (RDC). Par conséquent, l'État congolais n'intervient dans les affaires qui relèvent des us et coutumes des différents groupes ethniques que lorsqu'il y a plainte. Or, selon la présidente, « il est impensable qu'une jeune fille s'oppose à la volonté des membres de sa famille et encore moins qu'elle porte plainte contre eux ». Elle a expliqué que, pour échapper à de telles unions, certaines femmes instruites préfèrent, après leurs études, ne plus revenir dans leur communauté et demeurer dans les grandes villes ou à l'étranger.
Le 8 avril 2004, au cours d'un entretien téléphonique, une chargée de recherche et conseillère juridique à L'Éveil de la femme, organisation féminine basée à Kinshasa, a signalé que les mariages forcés sont fréquents partout en RDC et plus particulièrement dans le Bandundu et au Kasaï. Les femmes sont souvent soit forcées à épouser l'oncle, le frère ou le cousin du mari défunt, soit à épouser leur propre cousin, neveu et parfois leur oncle (ibid.).
Sans référence spécifique aux Bambalas, on apprend dans Congo, l'itinéraire noir que, chez certains groupes ethniques de la RDC,
[L]e mariage est l'institution fondamentale de la société, on pratique une exogamie de lignage, voire de clan, et des mariages préférentiels, la notion d'inceste est un concept social et nullement génétique. Les règles sont très précises car le mariage est un échange de femmes entre groupes, une alliance et un moyen de cohésion sociale, souvent un instrument politique. Le célibat est inconcevable. À ce système, deux raisons : si les hommes épousaient les femmes de leur lignage, il n'y aurait plus de lien entre les différents lignages ; l'échange de femmes entre deux ou plusieurs groupes pallie les irrégularités de la nature (sept. 2001).
Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.
Références
École de santé publique, Université de Kinshasa. Août 2000. Okitolonda W. et al. La malnutrition dans la zone de santé de Ngaba. Éveil de la femme [Kinshasa]. 8 avril 2004. Entretien téléphonique avec une chargée de recherche et conseillère juridique.
Musée des Beaux Arts Valenciennes. Septembre 2001. Moreau, Delpouve F. Congo, l'itinéraire noir. Dossier enseignant : exposition 4 octobre 2001au 27 janvier 2002. Présidente du réseau Programme d'appui aux actions féminines (PAAF) et chef de travaux à l'Université de Kinshasa [Kinshasa]. 14 avril 2004. Entretien téléphonique.
Réseau européen Congo (REC). 18 mars 1999. No 2/99. Autres sources consultées
Publications : Africa Confidential; dossier de pays du Centre des ressources.
Sites Internet, y compris : AllAfrica, Amnesty International, European Country of Origin Information Network, Human Rights Watch (HRW), MISNA, ReliefWeb, Women Watch.