Nicaragua : information sur le traitement réservé aux homosexuels (2002-2004) (mise à jour de NIC38784.EF du 3 juin 2002)
| Publisher | Canada: Immigration and Refugee Board of Canada |
| Author | Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié, Canada |
| Publication Date | 25 March 2004 |
| Citation / Document Symbol | NIC42330.EF |
| Reference | 2 |
| Cite as | Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Nicaragua : information sur le traitement réservé aux homosexuels (2002-2004) (mise à jour de NIC38784.EF du 3 juin 2002), 25 March 2004, NIC42330.EF, available at: https://www.refworld.org/docid/41501c3e2a.html [accessed 17 September 2023] |
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Même si des journaux ont mentionné un bon nombre d'événements publics organisés par les communautés homosexuelles et transgenres, notamment des concours de beauté pour travestis et des célébrations gaies à Esteli (El Nuevo Diario 10 juill. 2003), Masaya (ibid. 20 mai 2003) et Managua (ibid. 5 juill. 2003; ibid. 12 sept. 2003; ibid. 16 oct. 2003), Alyssa Cymene Howe, qui a mené une étude de terrain au Nicaragua entre 2001 et 2002 dans le cadre de son doctorat, a déclaré que [traduction] « peu de militants descendent dans la rue pour défendre les droits des gais » parce qu'ils craignent d'être détenus aux termes de l'article 204 du code criminel (2002). Cet article, en vigueur depuis 1992,
[traduction]
prévoit que « quiconque incite à des formes scandaleuses de relations sexuelles entre personnes du même sexe, les promeut, en fait la propagande ou les pratique, commet le crime de sodomie et devra purger une peine d'emprisonnement de un à trois ans ». Il précise également que si l'une des personnes qui s'engagent dans des rapports homosexuels a du pouvoir ou de l'autorité sur l'autre, même en privé, elle sera passible de deux à quatre ans d'emprisonnement pour « séduction illégale » (AI 1994).
Le 25 février 2004, un membre de l'Équipe de coopération internationale (Equipo de Cooperación Internacional) de la Fondation triangle, à Madrid (Fundación Triángulo), groupe de défense des droits des gais qui travaille actuellement avec les jeunes homosexuels de trois quartiers de Managua, a affirmé que même si le gouvernement a tenté à plusieurs reprises d'abroger l'article 204, il a été incapable de rassembler un appui suffisant pour le faire. Aucune mention de la mise en application de l'article par la police n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches. Toutefois, le membre de l'Équipe de coopération internationale a affirmé que même si l'article n'est pas mis en application, son existence serait une source de crainte chez les homosexuels, qui ont peur que les policiers utilisent l'article comme prétexte pour les arrêter, et parmi les organismes de défense de la population homosexuelle, qui se sont constitués en tant que groupes de prévention du sida pour éviter d'être ciblés aux termes de l'article (Fundación Triángulo 25 févr. 2004). Selon le directeur exécutif de la Fondation Xochiquetzal (Fundación Xochiquetzal), organisation non gouvernementale (ONG) de Managua qui défend les gais et les lesbiennes, son organisation et le Centre d'éducation et de prévention sur le sida (Centro para la Educación y Prevención del SIDA - CEPRESI) sont les seuls groupes aux Nicaragua dont le mandat comprend la promotion des droits des gais et des lesbiennes (1er mars 2004).
Le représentant de la Fondation triangle a remarqué que la société est très « machiste » (machista) au Nicaragua et que les homosexuels n'ont pas de locaux pour se réunir et socialiser, ajoutant qu'il ne connaît que deux bars gais au pays, qui font tous deux l'objet d'un harcèlement policier important (Fundación Triángulo 25 févr. 2004). En outre, le représentant a ajouté qu'il connaissait un certain nombre de cas où des policiers ont battu des prostitués travestis; il n'a toutefois pas précisé le moment où ces incidents ont eu lieu ni le nom des personnes en cause (ibid.). Dans une communication écrite du 3 mars 2004, un représentant du CEPRESI, groupe de Managua qui promeut et défend les droits de la personne des minorités sexuelles, a affirmé que la situation des homosexuels au Nicaragua « s'est un peu améliorée » (ha mejorado un poco), que les droits de la population ne sont pas protégés par la loi et que la police continue d'être le « principal organe de répression » (principal órgano repressor). Le représentant a ajouté que 60 des 65 personnes qui ont participé à des groupes de discussion organisés par le CEPRESI, dans sept municipalités du Nicaragua, ont indiqué que des policiers les ont battus et illégalement détenus en raison de leur orientation sexuelle (CEPRESI 3 mars 2004). Le directeur exécutif de la Fondation Xochiquetzal a affirmé que malgré un manque d'information concrète sur le sujet, beaucoup d'homosexuels croient que la police agit de façon discriminatoire avec la population (1er mars 2004). Le directeur exécutif a également remarqué que les médias nationaux ont mentionné un certain nombre de plaintes non corroborées présentées par des homosexuels contre la police, principalement concernant des fermetures de commerces (Fundación Xochiquetzal 1er mars 2004).
Le 17 mars 2003, El Nuevo Diario, journal de Managua, a interviewé deux hommes ouvertement gais, l'un étant l'organisateur de concours de beauté gais et l'autre étant membre du groupe SOMOS, qui défendrait les droits des gais et des lesbiennes. Selon les deux hommes, la population homosexuelle du Nicaragua est fragmentée en raison des préjugés, du manque de communication et des écarts sociaux (El Nuevo Diario 17 mars 2003). Ils ont également affirmé que beaucoup d'hommes gais se prostituent parce que personne ne veut les engager et que les homosexuels sont confrontés à la discrimination dans les établissements de santé; leurs dons de sang sont rejetés et les employés soupçonnent qu'ils souffrent du sida (ibid.).
Parmi les articles portant sur les homosexuels, l'un d'entre eux, notamment, cite le chef du Bureau pour la défense des droits de la personne, Benjamín Pérez Fonseca, qui affirme que les homosexuels sont « anormaux » (anormales) (ibid. 5 sept. 2003). M. Pérez aurait demandé aux gais de cesser d'agir comme s'ils étaient une majorité, ajoutant que même s'ils constituent une minorité, leurs droits sont encore une préoccupation pour son bureau (ibid.).
Le représentant du CEPRESI a mentionné que, même si le Bureau pour la défense des droits de la personne et l'ONG appelée Centre nicaraguayen des droits de la personne (Centro Nicaragüense de Derechos Humanos - CENIDH) sont des organismes qui reçoivent les plaintes de ceux dont les droits de la personne ont été enfreints, ils sont en pratique très peu au fait de la notion de droits des gais et des lesbiennes et ne savent donc pas comment réagir dans les cas où l'orientation sexuelle est en cause (3 mars 2004). Selon le directeur exécutif de la Fondation Xochiquetzal, même si le Bureau pour la défense des droits de la personne devrait se charger d'enquêter sur les plaintes relatives à l'orientation sexuelle, peu de victimes communiquent avec cette organisation parce que son personnel est hostile envers les homosexuels et ne donne pas suite à leurs plaintes (Fundación Xochiquetzal 1er mars 2004). La Fondation Xochiquetzal et le CEPRESI fournissent de l'aide aux homosexuels confrontés à des problèmes en raison de leur orientation sexuelle (ibid.; CEPRESI 3 mars 2004).
Le Bureau pour la défense des droits de la personne a refusé de répondre aux demandes d'information de la Direction des recherches.
Même si un certain nombre d'articles et d'éditoriaux publiés dans les journaux du Nicaragua en 2003 ont dépeint l'homosexualité en des termes négatifs (La Prensa 3 avr. 2003; ibid. 4 août 2003; ibid. 20 mars 2003; ibid. 9 août 2003), par exemple en affirmant qu'elle est contre nature et moralement décadente (ibid.), le représentant de la Fondation triangle a mentionné une émission télévisée populaire produite au pays qui met en vedette un personnage ouvertement homosexuel et qui traite de l'homosexualité d'une façon très positive (Fundación Triángulo 25 févr. 2004). En outre, les résultats d'un sondage d'opinion publié en juillet 2003 aurait révélé que près de la moitié des répondants acceptait que les personnes aient le droit de choisir leur orientation sexuelle, quoiqu'ils soient moins nombreux à accepter que les couples homosexuels aient des droits égaux à ceux des couples hétérosexuels et que le trois quart des répondants rejetait la possibilité que les homosexuels se marient ou adoptent des enfants (La Prensa 31 juill. 2003).
Le rapport de décembre 2003 d'Andrew Reding intitulé Sexual Orientation and Human Rights in the Americas ne contient aucune information subséquente à juillet 2002 concernant le traitement réservé aux gais et aux lesbiennes au Nicaragua.
Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.
Références
Amnesty International (AI). 1994. « Nicaragua: Article 204: Legalizing the Repression of Homosexuality ». Centro para la Educación y Prevención del SIDA (CEPRESI), Managua. 3 mars 2004. Communication écrite d'un représentant.
Cymene Howe, Alyssa. 2002. « Queers and Televisionaries: The Strategics of Sexuality in Neoliberal Nicaragua ». Fundación Triángulo, Madrid. 25 février 2004. Entretien téléphonique avec un membre de l'Équipe de coopération internationale (International Cooperation Team).
Fundación Xochiquetzal, Managua. 1er mars 2004. Communication écrite du directeur exécutif.
El Nuevo Diario [Managua]. 4 décembre 2003. Lizbeth García. « La Policía nos discrimina por gays ». _____. 16 octobre 2003. « Show de "gorditas" travestis ». _____. 12 septembre 2003. « Semifinal de "Nuestra Belleza Gay 2003" ». _____. 5 septembre 2003. Lizbeth garcía. « Procurador se enreda en trato a los gays ». _____. 10 juillet 2003. Maximo Rugama Castillo. « Gays de Estelí celebrarán en grande ». _____. 5 juillet 2003. Karla Castillo. « Agenda festiva gay ». _____. 20 mai 2003. Maricely Linarte. « Gays se lucieron en elección de su "Reina" ». _____. 17 mars 2003. « ¿700 mil gays en Nicaragua? ». La Prensa [Managua]. 9 août 2003. Roberta Bellia A. « La decadencia moral ». _____. 4 août 2003. « ¿Condonización de la educación? ». _____. 31 juillet 2003. José Adán Silva. « Homosexuales dividen opinión de ciudadanos ». _____. 3 avril 2003. Ana Julia Moreno Veásquez. « ¿Igualdad y derechos, para quién? ». _____. 20 mars 2003. Roberto Rosales. « Activismo homosexual ». Autres sources consultées
Publications: Central America Report [Guatemala]. 2003; Latinamerica Press [Lima]. 2003; Latin American Regional Reports: Central America & the Caribbean [Londres]. 2003
Sites Internet, y compris : Agua Buena [San José]; Amnesty International; Association lesbienne et gay internationale (ILGA); Corazongay; DeNosotras; Enlaces Gay; Gay Costa Rica; Gay Guide; GayLawNet; Human Rights Watch; International Gay and Lesbian Human Rights Commission (IGLHRC); Sitios Gay.