Bangladesh : mise à jour de BGD32321.E du 3 août 1999; traitement récent réservé aux chrétiens par les musulmans et les autorités politiques et policières

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Author Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié, Canada
Publication Date 5 August 2003
Citation / Document Symbol BGD41682.EF
Reference 1
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Bangladesh : mise à jour de BGD32321.E du 3 août 1999; traitement récent réservé aux chrétiens par les musulmans et les autorités politiques et policières, 5 August 2003, BGD41682.EF, available at: https://www.refworld.org/docid/403dd22e10.html [accessed 17 September 2023]
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Les musulmans sunnites représentent 88 p. 100 des 130 millions d'habitants du Bangladesh (International Religious Freedom Report 2002 7 oct. 2002; ICC 6 juin 2003). Un autre 10 p. 100 de la population est hindoue et le 2 p. 100 qui reste est chrétien, animiste ou bouddhiste (ibid.; International Religious Freedom Report 2002 7 oct. 2002). Selon un article d'Associated Press (AP), il y aurait entre 300 000 et 350 000 chrétiens au Bangladesh (1er mars 2002).

Open Doors International (ODI), organisation évangélique chrétienne qui offre des publications, de la formation et du soutien religieux aux chrétiens du monde entier, soutient que les chrétiens au Bangladesh sont divisés ethniquement en deux Églises : l'Église souterraine (Underground Church), regroupant des convertis de l'islam, et l'Église visible (Visible Church), regroupant des convertis de l'hindouisme (s.d.). En outre, au sein de l'Église souterraine, il y a ceux qui pratiquent en secret et ceux qui pratiquent ouvertement, par exemple lorsqu'un village entier est converti au christianisme (ODI s.d.).

L'article 41 de la constitution du Bangladesh prévoit que tous les citoyens ont le droit [traduction des Nations Unies] « de professer, de pratiquer et de propager toute religion » (ICC 6 juin 2003). Toutefois, ODI maintient que les chrétiens, dont le revenu est en général relativement faible, dépendent de l'aide internationale et que [traduction] « par conséquent, beaucoup de personnes au Bangladesh, y compris le gouvernement, considèrent les chrétiens comme des étrangers [...], [ce qui] facilite l'imposition de restrictions par le régime » (s.d.). International Christian Concern (ICC) signale que les membres de la communauté chrétienne au Bangladesh sont assujettis aux restrictions suivantes :

[traduction]

[T]ous les organismes chrétiens doivent être enregistrés comme des organisations non gouvernementales (ONG) dont la charte et le conseil doivent être présentés au gouvernement pour approbation. À tout moment, le conseil peut être dissous et remplacé par un autre conseil nommé par le gouvernement.

Le Bureau des affaires des ONG a imposé des restrictions sur l'impression et l'importation de bibles. La distribution des bibles doit être restreinte aux chrétiens.

Le prosélytisme est autorisé par la loi. Cependant, une forte résistance sociale à la conversion de l'islam signifie que le prosélytisme est principalement axé vers les hindous et les groupes tribaux.

Les missionnaires étrangers peuvent travailler dans le pays, mais leur droit au prosélytisme n'est pas protégé aux termes de la constitution et ils éprouvent souvent de la difficulté à obtenir des visas (6 juin 2003).

L'International Religious Freedom Report 2002 mentionne que même si le gouvernement du Bangladesh a le pouvoir d'annuler l'enregistrement ou de limiter les activités d'une ONG, [traduction] « il a rarement utilisé ce pouvoir et celui-ci n'a eu aucune incidence sur les ONG ayant une appartenance religieuse » (7 oct. 2002).

Quant aux relations entre les groupes religieux au Bangladesh, l'International Religious Freedom Report 2002 soutient que même si ces relations sont [traduction] « généralement amicales », les minorités hindoues, chrétiennes et bouddhistes estiment être l'objet d'une discrimination croissante de la part de la population musulmane (7 oct. 2002). En outre, plusieurs sources signalent que depuis l'élection en octobre 2001 du gouvernement de coalition islamiste, composé du Parti national du Bangladesh (Bangladesh National Party – BNP) et de trois autres partis islamistes, les tensions entre les groupes religieux ont monté au Bangladesh (DHSF 27 mai 2003; BHBCUC 13 mai 2003; Gulf News 23 févr. 2003; Janet Matthews Information Services 9 oct. 2002).

Un article du Janet Matthews Information Services décrit les élections de 2001 comme [traduction] « les plus sanglantes depuis la brutale guerre d'indépendance [...]; plus de 300 personnes ont été assassinées par des milices durant la période précédant les élections » (ibid.). La même source signale que même si le thème de la corruption revenait souvent au cours des élections, [traduction] « une division s'est clairement créée entre la sécularisation et le fondamentalisme religieux » (ibid.). Même si le parti de coalition au pouvoir nie tout lien avec des fondamentalistes musulmans (DHSF 27 mai 2003), Amnesty International (AI) maintient que des partisans du BNP [traduction d'AI] « attaquent des hindous et d'autres membres de minorités religieuses, considérés comme des partisans du mouvement rival du BNP, l'Awami League (Ligue Awami) » (15 oct. 2001; voir aussi AFP 6 oct. 2001).

Dans un discours présenté lors de la neuvième session du groupe de travail sur les minorités de la sous-commission du Haut-Commissariat aux droits de l'homme (HCDH), Sitangshu Guha, du Conseil bangladais de l'unité hindouiste, bouddhiste et chrétienne (Bangladesh Hindu Buddhist Christian Unity Council – BHBCUC) établi à New York, a déclaré qu'au cours du mois suivant les élections d'octobre 2001

[traduction]

« 27 membres de [...] groupes minoritaires ont été tués; 269 femmes, violées (cas signalés); 2 690 hommes et 1 430 femmes, torturés physiquement; 100 hommes et femmes, kidnappés; 38 000 familles, dépossédées de leurs terres ancestrales; 1 550 temples et églises, rasés et 4 551 maisons et commerces, enflammés. [...] [En outre], parmi les 228 victimes de viol [cas enregistrés] au cours des 92 premiers jours au pouvoir du nouveau gouvernement, 225, soit un pourcentage écrasant de 98,7 p. 100, étaient hindoues, bouddhistes ou chrétiennes » (BHBCUC 13 mai 2003).

L'organisation Droits de l'homme sans frontières (DHSF) a signalé que des responsables du BNP [traduction] « avaient été impliqués dans le harcèlement de chrétiens dans le district de Natore, dans le nord du Bangladesh », en décembre 2001 (27 mai 2003). DHSF, citant le Daily Janakantha, souligne que plus de 50 familles chrétiennes du village de Chatiangacha, à Natore, ont été touchées par la destruction de récoltes de riz et le viol de femmes en décembre 2001 (27 mai 2003). Des membres du Jubodol, [traduction] « groupe local de militants islamistes », se seraient promenés en motocyclette dans ce village en menaçant de violer les adolescentes :

[traduction]

Les motocyclistes criaient le nom du père d'une fille et demandaient [...] un « don ». Les familles avaient une semaine pour lever la somme d'argent [et] si elles refusaient, les motocyclistes revenaient pour prendre leur fille.

Quelquefois, lorsque le père refusait de payer, il était convoqué au bureau local du BNP. Une section du bureau avait été fermée et convertie en salle d'interrogatoire. Les villageois accusés étaient amenés dans cette salle et devaient confesser de faux crimes. Ensuite, on leur demandait de payer une amende afin d'être « acquittés ». Selon le Daily Janakantha, Sanaullah Norrbabu, secrétaire général du BNP à Natore, a signé plusieurs de ces convocations (DHSF 27 mai 2003).

DHSF a aussi mentionné qu'une femme d'un village chrétien du Sud avait déclaré [traduction] « que ses amies et elle ne quittaient jamais le village seules et qu'elles voyageaient toujours en groupe, de préférence avec un homme afin d'éviter d'être harcelées » (ibid.).

Pour obtenir des renseignements additionnels sur la situation des chrétiens au Bangladesh depuis 2001, veuillez consulter l'entrevue annexée d'un chef d'église au Bangladesh qui a été réalisée par la Commission sur la liberté religieuse (Religious Liberty Commission) de l'Union évangélique universelle. L'information a été fournie à la Direction des recherches par un représentant de Voix des martyrs (Voice of the Martyrs), organisation canadienne chrétienne.

En février 2002, une descente a été effectuée dans la demeure d'un chrétien vivant dans un village de la région de Chatmohor, au nord de Dacca, après qu'il ait refusé d'obtempérer aux exigences de gangsters locaux qui voulaient de l'argent et de l'alcool (AP 1er mars 2002). Vingt-cinq autres chrétiens de ce village auraient été attaqués et blessés par ces mêmes gangsters (ibid.). Selon l'agence de presse United News of Bangladesh, des accusations ont été portées contre les militants du parti au pouvoir qui seraient responsables des attaques (1er mars 2002).

De plus, en décembre 2002, 18 personnes ont été tuées par des bombes placées dans des cinémas (AFP 24 déc. 2002). En réponse aux bombardements, des policiers armés ont été affectés dans des églises sur l'ensemble du pays la veille de Noël (ibid.).

En outre, le BHBCUC a compilé plus de 400 sources médiatiques faisant état des mauvais traitements réservés aux minorités religieuses au Bangladesh de janvier à juin 2002 (Queens Tribune 7‑17 nov. 2002). Selon Sitangshu Guha du BHBCUC, les organisations fondamentalistes islamiques sont responsables du [traduction] « nettoyage ethnique » des minorités religieuses au Bangladesh et

[traduction]

« [d]epuis 1947, le pourcentage des personnes pratiquant l'hindouisme, le bouddhisme ou le christianisme au Bangladesh est passé de 35 p. 100 à moins de 10 p. 100. Des pratiquants sont violés, assassinés et torturés tous les jours » (ibid.).

Plus récemment, le 24 avril 2003, Hridoy Roy, évangéliste chrétien, a été attaqué par un groupe de [traduction] « fondamentalistes musulmans » et, selon la Fondation Barnabas, il [traduction] « serait le premier martyr des temps modernes au Bangladesh, si ce n'est le premier de l'histoire [de ce pays] » (Christian Monitor 9 mai 2003). M. Roy aurait été poignardé à mort après avoir projeté ce qui est appelé le [traduction] « film de Jésus » (ibid.; ICC 1er juin 2003; DHSF 27 mai 2003). DHSF mentionne que même si [traduction] « certains organismes affirment qu'il s'agit du premier martyr de la courte histoire du Bangladesh [...] [l'attaque dont il a été victime] n'est que l'une de nombreuses attaques violentes contre les chrétiens au cours des dernières années (ibid.).

En mai 2003, un missionnaire de Gospel for Asia a été pris en otage par un [traduction] « groupe terroriste », mais il a réussi à s'échapper en juin (ANS 11 juin 2003).

Un article de The Prothom Alo a mentionné le viol et le meurtre d'une élève de septième année fréquentant une école chrétienne dans le village de Kalikapur, le 17 janvier 2003; toutefois, aucun détail n'a été fourni sur les antécédents des attaquants (18 janv. 2003).

Les policiers du Bangladesh seraient [traduction] « lents à aider les membres de minorités religieuses victimes d'actes criminels » (International Religious Freedom Report 2002 7 oct. 2002).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Agence France-Presse (AFP). 24 décembre 2002. « Bangladesh Tightens Security at Churches Ahead of Christmas ». (NEXIS)
_____. 6 octobre 2001. « Bangladesh's Religious Minorities Seek Protection From Attacks ». (NEXIS)

Amnesty International (AI). 15 octobre 2001. « Bangladesh Religious Minorities ». (Index AI : ASA 13/005/2001) [Date de consultation : 24 juin 2003]

ASSIST News Service (ANS). 11 juin 2003. Michael Ireland. « Kinapped "Gospel for Asia" Missionary Escapes While Captors Sleep ». [Date de consultation : 24 juin 2003]

Associated Press (AP) [Dacca]. 1er mars 2002. « Extortionists Attack Two Christian Families in Bangladesh ». (NEXIS)

Bangladesh Hindu, Buddhist, Christian Unity Council (BHBCUC). 13 mai 2003. Sitangshu Guha. « Speech at the 9th Session of the UNHCR Sub-Commission's Working Group on Minorities ». [Date de consultation : 26 juin 2003]

Christian Monitor. 9 mai 2003. « Bangladesh: Christian Stabbed to Death ». [Date de consultation : 24 juin 2003]

Droits de l'homme sans frontières (DHSF). 27 mai 2003. Sarah Page. « Bangladesh: Death of Evangelist Highlights Growing Tension in Bangladesh ». (NEXIS)

Gulf News. 23 février 2003. « Abdullah Al Madani: Bangladesh Should Reign in the Extremists ». (NEXIS)

International Christian Concern (ICC). 6 juin 2003. « Asia: Bangladesh ». [Date de consultation : 24 juin 2003]
_____. 1er juin 2003. « Intercessor Report/Prayer Points ». [Date de consultation : 24 juin 2003]

International Religious Freedom Report 2002. 7 octobre 2002. « Bangladesh ». Département d'État des États-Unis. Washington, DC. [Date de consultation : 24 juin 2003]

Janet Matthews Information Services. 9 octobre 2002. « Bangladesh: Review ». (NEXIS)

Open Doors International (ODI). S.d. « Bangladesh ». [Date de consultation : 24 juin 2003]

The Prothom Alo [Panchagarh]. 18 janvier 2003. « Rape and Killing of a Christian School Girl in Panchagarh ». [Date de consultation : 26 juin 2003]

Queens Tribune. 7-17 novembre 2002. « Living in Queens, Thinking of Bangladesh ». [Date de consultation : 26 juin 2003]

United News of Bangladesh. 1er mars 2002. « Christian-Case ». (NEXIS)

Document annexé

Union évangélique universelle. 14 février 2001. Commission sur la liberté religieuse. Communication écrite portant sur une entrevue avec un chef d'église au Bangladesh.

Autres sources consultées

Bases de données de la CISR

LEXIS/NEXIS

Les tentatives faites pour joindre les organismes suivants : le Réseau Asie-Pacifique des droits de la personne, secrétariat du centre de documentation des droits de la personne de l'Asie du Sud (Asia-Pacific Human Rights Network, Secretariat: South Asia Human Rights Documentation Centre); le Réseau des droits de la personne au Bangladesh (Bangladesh Human Rights Network); le Centre pour une compréhension entre musulmans et chrétiens de l'université de Georgetown (Georgetown University's Center for Muslim-Christian Understanding) et la Fédération interreligieuse et internationale pour la paix dans le monde (Interreligious and International Federation for World Peace) ont été infructueuses.

Sites Internet, y compris :

Association internationale pour la liberté religieuse

Center for Religious Freedom

Christian Monitor

Human Rights Congress for Bangladesh Minorities

Human Rights Watch

International Coalition for Religious Freedom

Mayer Dak

Newsnow: Bangladesh

Overseas Council International

Persecution.com

Université de Dacca

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