Colombie : mise à jour de COL35124.E du 20 septembre 2000 sur les activités des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia - FARC) dans les centres urbains (septembre 2000 - juillet 2003)

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Author Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié, Canada
Publication Date 28 July 2003
Citation / Document Symbol COL41716.EF
Reference 7
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Colombie : mise à jour de COL35124.E du 20 septembre 2000 sur les activités des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia - FARC) dans les centres urbains (septembre 2000 - juillet 2003), 28 July 2003, COL41716.EF, available at: https://www.refworld.org/docid/3f7d4d7d23.html [accessed 17 September 2023]
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En juin 2001, Jorge Briceño Suarez, haut dirigeant des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia – FARC), a annoncé que le groupe avait l'intention de mener son combat dans les villes de la Colombie (Real Instituto Ebano 4 mars 2003). Selon Román Ortiz, expert en matière de sécurité et de défense de l'Amérique latine, les dirigeants des FARC ont décidé d'urbaniser le conflit, car ils se sont rendu compte que les coûts d'assauts à grande échelle contre des cibles militaires étaient beaucoup trop élevés et qu'une campagne urbaine exercerait des pressions sur les classes moyenne et supérieure, sur lesquelles le gouvernement compte beaucoup (ibid.).

Un élément important de la stratégie urbaine des FARC est l'exploitation de nouvelles technologies et tactiques empruntées à des mouvements de guérilla européens comme l'Armée républicaine irlandaise provisoire (Provisional Irish Republican Army – PIRA) (ibid.; Jane's Intelligence Review sept. 2002, 24-25; ibid. mars 2003, 23). Parmi ces technologies et tactiques se trouvent des mortiers télécommandés, utilisés lors des attaques sur le palais présidentiel et le collège militaire José María Córdova en août 2002, et un nouveau système de cellules de guérilla urbaine, peut-être inspiré des [traduction] « unités de service actif » de la PIRA (ibid. sept. 2002, 24-25). Ces cellules, chacune composée d'au plus 12 personnes, utilisent leurs propres réseaux d'installations secrètes et de chemins d'évacuation afin de minimiser le risque de détection (Real Instituto Ebano 4 mars 2003). Selon les policiers, en janvier 2002, le réseau urbain Antonio Nariño (Red Urbana Antonio Nariño – RUAN) des FARC a envoyé environ 60 guérilleros formés dans l'utilisation de ces nouvelles tactiques à Bogotá (Jane's Intelligence Review sept. 2002, 25).

Outre les cellules urbaines susmentionnées, les FARC ont conçu une

[traduction]

stratégie de création de milices urbaines liées à [ses] combattants armés réguliers; les FARC peuvent avoir pas moins de 12 000 milices urbaines, fortement concentrées à Bogotá et à Medellín, mais aussi dans de nombreux centres urbains de taille moyenne comme Bucaramanga et Villavicencio (professeur auxiliaire 30 juin 2003).

Un professeur agrégé du College of Law de l'université Stetson, qui était juge de district à Medellín entre 1983 et 1986 et qui se spécialise actuellement dans les aspects juridiques du trafic de stupéfiants et de la sédition des guérilleros, a aussi déclaré que les FARC sont actives dans presque toutes les villes principales de la Colombie, où ses membres sont [traduction] « chargés de recueillir des renseignements pour le compte des fronts ruraux, de recruter, d'enlever, d'extorquer et de voler la population urbaine » (7 juill. 2003). Le professeur agrégé a ajouté que des

[traduction]

événements récents ont révélé que les groupes de guérilla [...] sont concentrés [dans les centres urbains] et sont en mesure de lancer des attaques contre l'infrastructure formelle. [...] Les attaques intempestives par des cellules de groupes de combattants ont augmenté. Le niveau de violence entre les groupes de guérilla et les paras [groupes paramilitaires] a aussi monté de plusieurs crans dans les régions pauvres puisque ces groupes rivaux luttent pour le contrôle de « territoires » dans les bidonvilles. [...] Tout en continuant de mener des actions militaires, comme des frappes et des bombardements tactiques visant les installations de la police et les biens du gouvernement, les fronts de guérilla urbaine [...] ont élargi leurs tactiques afin d'être davantage axés sur la cueillette d'information que sur la frappe tactique. Néanmoins, le terrorisme à des fins d'intimidation, de contrôle et de gains financiers est toujours un élément principal [...] du modus operandi des groupes de guérilla (7 juill. 2003).

On estime que la ville de Bogotá, où la structure organisationnelle et les activités des FARC deviennent de plus en plus complexes, abrite des cellules des 10e, 22e, 42e, 45e et 53e fronts du groupe (El Espectador 11 août 2002). En outre, des membres de la « colonne mobile » (columna móvil) Teófilo Forero des FARC, établie à Huila, se seraient rendus dans la capitale à plusieurs reprises afin de déclencher des attaques, comme le bombardement de la boîte de nuit El Nogal le 7 février 2003, où 35 personnes ont perdu la vie et plus de 160 personnes ont été blessées (Semana 22 févr. 2003; Jane's Intelligence Review mars 2003, 22).

Outre les incidents susmentionnés, des sources médiatiques font état des activités des FARC à Bogotá et dans d'autres centres urbains :

Le 25 janvier 2002, une bombe a explosé à l'extérieur d'un restaurant populaire de Bogotá, tuant un enfant et quatre policiers et blessant 28 autres personnes (El Colombiano 26 janv. 2002). Même si aucun groupe n'a revendiqué la responsabilité de l'attaque, les autorités ont blâmé les membres des milices urbaines des FARC (ibid.).

Le 14 avril 2002, Alvaro Uribe Vélez a été victime d'une tentative d'assassinat à Barranquilla alors qu'il faisait campagne pour la présidence (ibid. 14 avr. 2002). Lors de l'attaque attribuée aux FARC, une bombe devait exploser au moment où le cortège motorisé passait dans une rue de la ville et, par la suite, un tireur d'élite devait tirer sur le véhicule (ibid.). Même si M. Uribe s'en est sorti indemne, deux personnes non identifiées ont été tuées et 22 personnes ont été blessées (ibid.).

Le 19 avril 2002, deux bombes, qui auraient été déposées par les FARC, ont explosé à Cartagena, près d'installations appartenant à la Société d'énergie électrique côtière (Empresa de Energía Eléctrica de la Costa – ELECTROCOSTA) (ibid. 20 avr. 2002). Trois personnes sont mortes et dix autres ont été blessées (ibid.).

Le 24 juin 2002, des membres présumés des milices urbaines des FARC ont lancé une grenade défensive en direction de policiers qui contrôlaient la circulation dans le sud de Bogotá (ibid. 24 juin 2002). Six policiers ont été blessés (ibid.).

Le 28 juillet 2002, une voiture piégée, qui aurait été placée par les FARC, a explosé près des bureaux de l'administration municipale de Cali (ibid. 29 juill. 2002). Même si la bombe a endommagé les bâtiments à proximité, on ne signale aucune victime (ibid.).

Le 9 décembre 2002, une bombe dissimulée dans une automobile a explosé dans un district de l'ouest de Bogotá (ibid. 10 déc. 2002). Plus de 50 personnes auraient été blessées et les policiers ont attribué l'attaque aux milices urbaines des FARC (ibid.).

Le 2 janvier 2003, les autorités ont découvert un hôpital clandestin dans le centre de Barranquilla, apparemment utilisé par les FARC afin de soigner les guérilleros blessés lors de combats ou de la manutention d'explosifs (El País 3 janv. 2003). Même si les policiers qui ont fouillé l'établissement ont trouvé des armes à feu et des munitions, personne n'a été arrêté (ibid.).

Le 16 janvier 2003, une bombe a explosé dans le stationnement d'un centre commercial de Medellín, tuant quatre personnes et en blessant 27 autres (AFP 16 janv. 2003). Selon Francisco Galvis, procureur établi à Medellín, l'attaque a été lancée par les FARC à titre de représailles pour l'arrestation de 53 de leurs membres au cours des jours précédents (ibid.).

Durant la nuit du 8 mai 2003, des membres présumés des milices urbaines des FARC ont fait éclater une bombe dans une station de traitement d'eau de Cali (Terra Networks 9 mai 2003). Même si l'attaque n'a pas eu d'incidence sur la disponibilité en eau de la ville, trois personnes ont été tuées, y compris un garde de sécurité (ibid.).

Le 8 juin 2003, Jenny Rocío Mendivelso Mejía, ancienne combattante des FARC qui assurait la liaison entre le ministère de l'Intérieur et des refuges de la région de Bogotá destinés aux combattants démobilisés, a été tuée par balles à Bogotá (El Tiempo 10 juin 2003). Deux anciens guérilleros des FARC qui participaient au programme de démobilisation ont par la suite été arrêtés pour présumée complicité dans l'assassinat, au moment où circulaient des rapports selon lesquels les dirigeants des groupes de guérilla avaient lancé un « plan pistolet » (plan pistola) afin de retrouver et d'abattre les déserteurs demeurant à Bogotá (El País 12 juin 2003).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié.

Références

Agence France-Presse (AFP). 16 janvier 2003. « Four Killed, 27 Injured in Colombia Car Bomb ». (ReliefWeb) [Date de consultation : 21 juill. 2003]

El Colombiano [Medellín]. 10 décembre 2002. « Atentado con carrobomba sacudió el occidente de Bogotá ». [Date de consultation : 16 juill. 2003]

_____. 29 juillet 2002. Carlos Olimpo Restrepo. « Cali se despertó con una explosión ». [Date de consultation : 16 juill. 2003]

_____. 24 juin 2002. « Heridos seis policías en un ataque con una granada ». [Date de consultation : 15 juill. 2003]

_____. 20 avril 2002. « Tres muertos por bomba en Cartagena ». [Date de consultation : 16 juill. 2003]

_____. 14 avril 2002. « Candidato presidencial Uribe ileso tras atentado con autobús bomba en Barranquilla ». [Date de consultation : 16 juill. 2003]

_____. 26 janvier 2002. « Se endurecen las medidas de seguridad en Bogotá tras atentado ». [Date de consultation : 16 juill. 2003]

El Espectador [Bogotá, en espagnol]. 11 août 2002. « Colombia: 60 FARC Cells Operate in Bogota ». (FBIS-LAT-2002-0811 11 août 2002/Dialog)

Jane's Intelligence Review [Surrey]. Mars 2003. Vol. 15, no 3. Jeremy McDermott. « Nightclub Attack Demonstrates FARC's New Urban Capability ».

_____. Septembre 2002. Vol. 14, no 9. Jeremy McDermott. « FARC Gives Notice of an Urban Campaign ».

El País [Cali]. 12 juin 2003. James Arias. « Farc, "desesperadas" por las deserciones ». [Date de consultation : 2 juill. 2003]

_____. 3 janvier 2003. « DAS desmantela hospital de las Farc en Barranquilla ». [Date de consultation : 21 juill. 2003]

Professeur agrégé, College of Law de l'université Stetson, Gulfport, Floride. 7 juillet 2003. Communication écrite.

Professeur auxiliaire, Centre d'études sur l'Amérique latine, université de Georgetown, Washington, DC. 30 juin 2003. Communication écrite.

Real Instituto Ebano. 4 mars 2003. Román D. Ortiz. « El impacto estratégico de la escalada terrorista de las FARC en el conflicto colombiano ». [Date de consultation : 2 juill. 2003]

Semana [Bogotá]. 22 février 2003. No 1086. « La Teófilo: el puño de hierro de las Farc ». [Date de consultation : 2 juill. 2003]

Terra Networks. 9 mai 2003. « Explosión de bomba deja tres muertos en Cali ». [Date de consultation : 21 juill. 2003]

El Tiempo [Bogotá]. 10 juin 2003. « Asesinan a funcionaria que trabajaba con el Programa de Reinserción ». [Date de consultation : 21 juill. 2003]

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