Brésil : mise à jour de BRA33317.E du 6 décembre 1999 sur la protection offerte par l'État contre les groupes de trafiquants de drogues, particulièrement dans la région de Rio de Janeiro (2000 à avril 2003)

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Author Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié, Canada
Publication Date 5 May 2003
Citation / Document Symbol BRA41404.F
Reference 7
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Brésil : mise à jour de BRA33317.E du 6 décembre 1999 sur la protection offerte par l'État contre les groupes de trafiquants de drogues, particulièrement dans la région de Rio de Janeiro (2000 à avril 2003), 5 May 2003, BRA41404.F, available at: https://www.refworld.org/docid/3f7d4d6223.html [accessed 17 September 2023]
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Plusieurs sources signalent que les favelas [bidonvilles] de Rio de Janeiro sont contrôlées par des groupes de trafiquants de drogues (Courrier international 7 oct. 2002; Brazzil oct. 2002; Knight Ridder 4 févr. 2003; EFE News Service 9 avr. 2000). Selon les sources consultées, les groupes de trafiquants de drogues fournissent des divertissements, des terrains de jeu, des médicaments et de la nourriture aux habitants des favelas (Washington Post 8 juil. 2001; ibid. 19 sept. 2002). Par ailleurs, une autre source signale que ces groupes assurent une « sécurité parallèle » aux habitants : « [a]rmés jusqu'aux dents, ils font la police et réduisent la petite délinquance » (Courrier international 7 oct. 2002). Cet état de fait, autrefois limité aux favelas, semble vouloir s'étendre à d'autres quartiers de classe moyenne dans la ville (ibid.; New York Times 29 juin 2002; Washington Post 15 déc. 2002).

Les groupes de trafiquants de drogues constituent une [traduction] « force socio-politique reconnue » par les habitants des favelas (Dowdney 2002, 38). Ceux-ci assurent certains services aux habitants des favelas, tout en établissant des règles et des codes de comportement connus qui servent à la fois leurs intérêts et ceux des habitants (ibid. 39). Tout manquement aux règles engendrent une action punitive (ibid.). Il en résulte un système de [traduction] « réciprocité forcée » (ibid. 40).

Au sujet de la protection offerte par l'État contre les groupes de trafiquants de drogues, André Fernandes, président de l'association des habitants du morro Dona Marta, dans le sud de Rio, soutient que « [l]a police officielle, dans la favela, est synonyme de cruauté, d'extorsion. Les habitants des favelas ne soutiennent pas les trafiquants, mais ils se sentent un peu plus en sécurité s'ils sont présents » (Courrier international 7 oct. 2002). Carolina Berard, journaliste brésilienne, qualifie le sentiment de la population brésilienne et plus précisément celui des habitants des favelas par rapport à la police comme un sentiment de [traduction] « manque de confiance» envers cette institution (Brazzil oct. 2002).

Les Country Reports 2002 signalaient qu'au cours de l'année, plusieurs familles dans les favelas (environ 33 par semaine) avaient été forcées de déménager en raison de leur refus de collaborer avec les groupes de trafiquants de drogues (31 mars 2003, sect. 1.f). Les Country Reports 2002 soulignent que la police brésilienne n'a pu fournir la protection nécessaire permettant à ces familles de conserver leurs résidences (31 mars 2003, sect.1.f). Parallèlement, la même source soulignait l'inaction de la police à protéger une journaliste ayant reçu de nombreuses menaces de morts, à la suite d'enquêtes qu'elle avait effectuées sur le traffic de la drogue dans les favelas (Country Reports 2002 31 mars 2003, sect. 2.a). Le Chigago Tribune énoncait que [traduction] « [l]es trafiquants de drogues ont depuis longtemps transformé les taudis avoisinants de Rio en de dangeureux endroits pour la police qui n'y entre que lors d'opérations de style militaire. Les membres de gangs dans ces communautés sont souvent plus nombreux et mieux armés que la police » (12 janv. 2003). Une autre source ajoutait que les interventions de la police dans les favelas sont habituellement de nature violente, qu'elles donnent souvent lieu à la mort d'habitants innocents et que la corruption policière est chose courante (Dowdney 2002, 7).     

Les autorités brésiliennes ont réorganisé à plusieurs reprises leurs stratégies de sécurité afin de palier à la violence et à la criminalité croissante qui sévissent au pays (EFE News Service 14 mars 2003), et ont mis sur pied plusieurs stratégies anti-drogue au cours de la période 2000-2002, dont une nouvelle loi fédérale anti-drogue et un tribunal national sur la drogue (International Narcotics Control Strategy Report 2002 1er mars 2003; International Narcotics Control Strategy Report 2001 1er mars 2002; International Narcotics Control Strategy Report 2000 2001). Pour plus d'informations sur les réorganisations mises sur pied, voir la section sur le Brésil dans l'International Narcotics Control Strategy Report 2002 à l'addresse suivante : .

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Brazzil [Los Angeles]. Octobre 2002. Carolina Berard. « The War Within ». [Date de consultation : 30 avr. 2003]

Chigago Tribune. 12 janvier 2003. « 14 Die in Police Raid on Drug Traffickers ». (NEXIS)

Country Reports on Human Rights Practices for 2002. 31 mars 2003. Département d'État des États-Unis. Washington, D.C. [Date de consultation : 29 avr. 2003]

Courrier international [Paris]. 7 octobre 2002. Francison Alves Filho et Marcos Pernambuco. « La criminalité organisée ». (NEXIS)

Dowdney, Luke. 2002. Child Combatants in Organised Armed Violence : a Study of Children and Adolescents Involved inTerritorial Drug Faction Disputes in Rio de Janeiro. Rio de Janeiro : ISER/Viva Rio. [Date de consultation : 1 mai 2003]

EFE News Services. 14 mars 2003. « Brazil-Crime : Brazilian Gov't Creates Plan to Fight Crime Wave ». (NEXIS)

______. 9 avril 2000. « Brazil-Drugs : Drug Trade Thrives in Rio de Janeiro ». (NEXIS)

International Narcotics Control Stategy Report 2002. 1er mars 2003. Département d'État des États-Unis. Washington, D.C. [Date de consultation : 29 avr. 2003]

International Narcotics Control Stategy Report 2001. 1er mars 2002. Département d'État des États-Unis. Washington, D.C. [Date de consultation : 29 avr. 2003]

International Narcotics Control Stategy Report 2000. 2001. Département d'État des États-Unis. Washington, D.C. [Date de consultation : 29 avr. 2003]

Knight Ridder. 4 fébrier 2003. Kevin G. Hall. « To Improve Rio's Slums, New President Must Get Past Drug Gangs ». [Date de consultation : 30 avr. 2003]

New York Times. 29 juin 2002. Larry Rohter. « Drug Lords Become More Powerful in Brazil's 'Favelas' ». [Date de consultation : 30 avr. 2003]

The Washington Post. 15 décembre 2002. Anthony Faiola. « Brazil's Gangs Invade Once-Sheltered Turf; Drug Wars Felt Even in Wealthy Areas ». (NEXIS)

______. 19 septembre 2002. Anthony Faiola. « Brazil's Benevolent Drug Lords ». [Date de consultation : 30 avr. 2003]

______. 8 juillet 2001. Anthony Faiola. « Cocaine a Consuming Problem in Brazil; Drug-Fueled Violence Turns Slums Into Urban Battlefields ». (NEXIS)

Autres sources consultées

Bases de données de la CISR

Sites Internet, y compris :

Amnesty International

Human Rights Watch

Office des Nations Unies pour le contrôle des drogues et la prévention du crime

WNC

Moteur de recherche :

Google

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