Rwanda : information indiquant si Félicien Gatabazi, président du Parti social démocrate (PSD), a été tué le 21 février 1994 par la milice du Front patriotique rwandais (FPR-Inkotanyi); dans le cas contraire, la date et les auteurs de ce meurtre
| Publisher | Canada: Immigration and Refugee Board of Canada |
| Author | Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié, Canada |
| Publication Date | 25 May 2001 |
| Citation / Document Symbol | RWA36890.F |
| Reference | 2 |
| Cite as | Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Rwanda : information indiquant si Félicien Gatabazi, président du Parti social démocrate (PSD), a été tué le 21 février 1994 par la milice du Front patriotique rwandais (FPR-Inkotanyi); dans le cas contraire, la date et les auteurs de ce meurtre, 25 May 2001, RWA36890.F, available at: https://www.refworld.org/docid/3df4bf0b14.html [accessed 17 September 2023] |
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Plusieurs sources d'information confirment que le dirigeant du Parti social démocrate (PSD), également ministre des Travaux publics et de l'Énergie, a été assassiné le 21 février 1994 (AI 25 févr. 1994; Africa Research Bulletin 21 mars 1994, 11344; Keesing's févr. 1994, 39851; Suisse oct. 1997; Le Soir 25 févr. 1994) au moment où il retournait à sa maison à Kigali [capitale du Rwanda] (ibid.; Africa Research Bulletin 21 mars 1994, 1134).
Par contre, les sources sont contradictoires en ce qui concerne les auteurs de cet assassinat. Le Soir du 25 février 1994 décrivait les circonstances entourant la mort du dirigeant du PSD comme suit :
Officiellement, on ne sait toujours pas qui a tiré sur le secrétaire général du Parti social démocrate, mais le représentant du PSD en Belgique, Joseph Ndahimana, a expliqué hier avec précision à la presse ce qui s'est passé durant les dernières heures de la vie de M. Gatabazi.
En début de soirée, il a participé avec d'autres responsables politiques - le président du MDR [Mouvement démocratique républicain], le vice-président du PL [Parti libéral], le président du Parti démocrate chrétien, le président du PSD - à une réunion destinée, selon le représentant du PSD, à élaborer une stratégie face à la volonté persistante du président de la république d'imposer une composition du gouvernement et de l'assemblée nationale de transition. Le Premier ministre désigné, Faustin Twagiramungu du MDR, qui venait de rencontrer le président Habyarimana, a expliqué que le chef de l'État voulait imposer certaines personnes appartenant au PL et à une tendance du MDR opposée à celle de M. Twagiramungu pour des postes de députés et de ministres. Les participants à la réunion se sont unanimement opposés à ces manuvres.
Vers 22 heures, M. Gatabazi rentrait chez lui au volant de sa voiture, accompagné de deux gendarmes, l'un à l'avant et l'autre sur la banquette arrière. Les agresseurs ont ouvert le feu à 60 m du domicile de M. Gatabazi, tuant d'abord le gendarme qui était à l'arrière du véhicule. Les tireurs ont fait éclater les pneus du véhicule, et c'est alors que le ministre et le second gendarme, déjà blessés, essayaient de gagner la maison à pied que le ministre a été tué et son garde du corps grièvement blessé.
Selon M. Ndahimana, Félicien Gatabazi a été assassiné par des professionnels assurés de leur impunité. Pour le PSD, cet assassinat est à placer dans le cadre des multiples crimes perpétrés par les services secrets du président Habyarimana pour se maintenir au pouvoir. Il est le seul au pays qui dispose d'une garde présidentielle, qui contrôle l'armée, la gendarmerie et les services de renseignements.
Mais au MRND [Mouvement révolutionnaire national pour la démocratie et le développement], l'ex-parti unique auquel appartient le président, on a une autre version : au cours de la réunion, M. Gatabazi aurait annoncé qu'il voulait rompre ses contacts avec les ex-rebelles du Front patriotique, et qu'il aurait eu une divergence d'opinion avec le futur Premier ministre en ce qui concerne les listes des députés et des postes gouvernementaux. Les coupables de l'assassinat seraient donc à chercher dans les rangs de l'opposition ... Cette version a été diffusée dès mardi sur les ondes de Radio Mille Collines, une radio privée très proche de l'entourage présidentiel.
Dans "Leave None To Tell the Stoy": Genocide in Rwanda, on apprend que Martin Bucyana, dirigeant de la CDR [Coalition pour la défense de la république] était publiquement tenu responsable de la mort de Félicien Gatabazi (437). Des sources d'information signalent que quelques heures après, Martin Bucyana lui-même a été assassiné par les partisans du PSD pour venger leur dirigeant (AI 25 févr. 1994; Africa Research Bulletin 21 mars 1994, 11344; Royaume-Uni oct. 2000).
Selon une source d'information, Félicien Gatabazi était considéré comme proche du Front patriotique rwandais (FPR) (Keesing's févr. 1994, 39851) alors que deux autres sources d'information notent que la CDR était alliée au MRND [Mouvement révolutionnaire national pour la démocratie et le développement], parti unique de l'ancien président Juvénal Habyarimana, alors au pouvoir au Rwanda (AI 25 févr. 1994; Le Soir 25 févr. 1994).
Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.
Références
Africa Research Bulletin [Londres]. 21 mars 1994. Vol. 31, no 2. « Rwanda: Bloodbath Fears ».
Amnesty International (AI). 25 février 1994. Rwanda: Amnesty Internationla Calls for an End to the Recent Outbreak of Violence. (Index AI : AFR 47/WU 01/1994). Londres : Amnesty International.
Des Forges, Alison. March 1999. "Leave None To Tell The Story: Genocide in Rwanda." New York, Washington, Londres, Bruxelles : Human Rights Watch (HRW). Paris : Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH).
Keesing's Record of World Events [Cambridge]. Février 1994. « Rwanda: Political Assassinations ».
Suisse. Octobre 1997. Office fédéral des réfugiés (ODR). « Feuille d'information sur les pays : Rwanda ».
Royaume-Uni. Octobre 2000. Immigration & Nationality Directorate (IND), ministère de l'Intérieur. « Rwanda Assessment ».
Le Soir [Bruxelles]. 25 fevrier 1994. Kiesel, Véronique. « Actualité internationale : un calme précaire est revenu à Kigali après les affrontements, mais les problèmes politiques restent entiers ... ».
Autres sources consultées
Africa Confidential 1994.
Africa Research Bulletin 1994.
Human Rights Watch (HRW). 1994-1995.
Jeune Afrique/l'Intelligent 1994.
Keesing's Record of World Events 1994.
La Lettre hebdomadaire de la FIDH 1994.
LEXIS/NEXIS.
Sites Internet, y compris :
Amnesty International.
FIDH.
Human Rights Watch (HRW).
MISNA.
Office fédéral des réfugiés (ODR) de la Suisse.
ReliefWeb.
Commission des droits de l'homme des Nations Unies.
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