Haïti : problèmes auxquels sont confrontés les journalistes et la protection qui leur est offerte par les autorités haïtiennes

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Author Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié, Canada
Publication Date 3 December 1999
Citation / Document Symbol HTI33268.F
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Haïti : problèmes auxquels sont confrontés les journalistes et la protection qui leur est offerte par les autorités haïtiennes, 3 December 1999, HTI33268.F, available at: https://www.refworld.org/docid/3ae6ad5e8a.html [accessed 17 September 2023]
DisclaimerThis is not a UNHCR publication. UNHCR is not responsible for, nor does it necessarily endorse, its content. Any views expressed are solely those of the author or publisher and do not necessarily reflect those of UNHCR, the United Nations or its Member States.

Dans son Rapport Annuel 1999, Reporters sans frontières (RSF) signale que

quatre ans après le retour des civils au pouvoir, la liberté de la presse est généralement respectée malgré certains abus policiers ou administratifs. Plus de 125 radios et 25 chaînes de télévision émettent pour sept millions d'habitants. Deux quotidiens, cinq hebdomadaires et trois agences de presse locales complètent le paysage médiatique. Les agences de presse étrangères sont seulement représentées par uncorrespondant local.

Le 7 avril 1998, Fleurissant Marc Esnan, cameraman de la Télévision nationale haïtienne, est agressé par le responsable de la sécurité de la Chambre des députés, Jean Bellegarde, alors qu'il s'apprête à filmer une violente discussion entre plusieurs députés. L'agression provoque l'intervention d'autres journalistes. Dominique Beauplan de Radio Ginen, Yvelene Paul de Radio Lumière et Yves Lorme de Kiskeya Inter, sont frappés à leur tour. Une partie de leur matériel est confisquée. Le lendemain, le vice-président de la Chambre annonce l'ouverture d'une enquête et présente ses excuses à la presse.

Le 17 mars 1998, des policiers de la Compagnie d'intervention rapide et de maintien de l'ordre (CIMO) saccagent et volent des équipements de la radio Voix des Paysans de Milot, petite station du nord du pays, au cours d'une intervention contre un mouvement d'occupation de terres par des paysans. A la recherche du maire de Milot, les policiers ont ouvert le feu sur les locaux de la station, blessant le gardien de quatre balles. Le 24 mars, le gouvernement décide, lors du Conseil des ministres, d'ouvrir une enquête et de rééquiper la radio.

Le 7 août, le Conseil national des télécommunications (Conatel) et la Compagnie nationale de téléphone (Teleco) suspendent les émissions de la station de radio Vision 2000 dans les grandes villes de province, pour non-paiement de certaines redevances. Léopold Berlanger, directeur général de la radio, rejette ces accusations et explique que Vision 2000 s'est acquittée de toutes les taxes réclamées par les services de télécommunications d'Haïti. Le 20 août, un tribunal rend une décision favorable à la reprise des émissions, mais Teleco a tout de même demandé à la compagnie américaine Panam Sat, par qui transitent les signaux, de ne pas diffuser Vision 2000 (1999).

Selon Radio Métropole, une altercation s'est produite entre un journaliste de Radio Vision 2000 et des partisans du parti Famille Lavalas de l'ancien président Aristide (4 nov. 1998). L'échauffourée s'est produite lorsque le journaliste tentait d'obtenir les commentaires d'Aristide sur un article du New York Times qui accusait les proches collaborateurs de l'ancien président de traffic de drogue (ibid.).

Selon Freedom in the World 1998-99 de l'organisation Freedom House, il existe des journaux indépendants et des radios indépendantes en Haïti (1999). Cependant, les médias qui se montrent critiques envers le gouvernement se voient encore intimidés (ibid.). La World Press Review de 1998 affirme qu'à Haïti les médias sont en mesure de travailler librement malgré quelques incidents isolés d'abus contre des journalistes (1999). Le rapport indique également que la radio et la télévision ont tendance à être moins critiques envers le gouvenement que les médias ecrits mais qu'ils expriment néanmoins une grande variétés d'opinions politiques (ibid.). La World Press Review de 1998 souligne qu'elle n'a pas reçu de plaintes au sujet de la censure et qu'il n'y a rien qui porte à croire que les médias s'autocensurent (ibid.).

Dans son rapport annuel pour 1998, le Committee to Protect Journalists (CPJ) affirme que depuis l'arrivée au pouvoir du président Préval en 1996 il n'existe aucune preuve indiquant que le gouvernement soit directement impliqué dans des actes de répression contre des journalistes (31 déc. 1998). Par ailleurs, le CPJ souligne, sans toutefois fournir de précisions, que l'augmentation importante du trafic de la drogue et de la corruption pose de nouveaux défis aux journalistes haïtiens (ibid.). Le CPJ ajoute que, face à certains chefs de police insoumis et aux forces de sécurité privées, les journalistes haïtiens sont toujours vulnérables (ibid.). Les journalistes suivants ont été victimes d'attaques en 1998 : Marc Essan Fleurissant, Télévision nationale d'Haïti (TNH), Dominique Beauplan, Radio Ginen, Yvlaine Paul, Radio Lumière, Yves Lormé, indépendant, Henri Israël, Radio Signal, Abel Descolines, Radio Galaxie (ibid.).

AP rapporte que six partisans du maire de Léogane, Yonel Octela (un proche d'Aristide), ont proféré des menaces à un journaliste de Radio Métropole, Michelange Leriche, qui s'apprêtait à témoigner lors d'un procès civil (30 oct. 1999). Ensuite, deux inconnus armés se sont rendus à la résidence privée de Leriche pour le menacer (ibid.).

Radio Métropole signale en janvier 1998 que, dans la ville de Cayes, des journalistes, dont une personne à l'emploi de Radio Lumière, ont été menacés par une organisation appelée Les bandits du sud (15 janv. 1998).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié.

Associated Press (AP). 30 octobre 1999. « A Package of Overnight Briefs From the Caribbean. » (NEXIS)

Committee to Protect Journalists. 31 décembre 1998. « Haiti. » [Date de consultation : 26 nov. 1999]

Freedom in the World: 1998-99. 1999. « Haiti ».

[Date de consultation 29 nov. 1999]

Radio Métropole [Port-au-Prince, en français]. 4 novembre 1998. « Reporer's Drug Question Upsets Aristide Partisans ». (FBIS‑LAT‑98‑310 6 nov. 1998/WNC).

_____. 15 janvier 1998. « "Bandits of the South" Threaten, Attack Journalists ». (FBIS‑LAT‑98‑016 16 janv. 1999/WNC).

Reporters sans frontières. 1999. Rapport annuel 1999. « Haïti ».
[Date de consultation : 29 nov. 1999]

World Press Freedom Review. 1999. « Haiti »
[Date de consultation : 29 nov. 1999]

Copyright notice: This document is published with the permission of the copyright holder and producer Immigration and Refugee Board of Canada (IRB). The original version of this document may be found on the offical website of the IRB at http://www.irb-cisr.gc.ca/en/. Documents earlier than 2003 may be found only on Refworld.

Search Refworld

Countries