Liban : information sur la zone occupée par Israël au Liban-sud

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Author Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié, Canada
Publication Date 1 August 1996
Citation / Document Symbol LBN24964.F
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Liban : information sur la zone occupée par Israël au Liban-sud, 1 August 1996, LBN24964.F, available at: https://www.refworld.org/docid/3ae6ad2538.html [accessed 17 September 2023]
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L'information qui suit provient d'une entrevue tenue le 27 avril 1996 à Beyrouth avec un demographe de l'Université libanaise, spécialiste de la zone du Liban-sud occupée par l'armée israélienne. Le professeur est également un consultant auprès du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

L'occupation territorial

Le Liban a une superficie de 2 400 km2. C'est un tout petit pays maintenant divisé en deux parties. La zone frontalière, occupée par Israël, regroupe environ 70 villes et villages, soit 10 p. 100 de la superficie du Liban.

Exodes et démographie

Le Sud-Liban est une région occupée et un peu moins de 25 p. 100 de ses habitants y vivent encore. Je suis originaire d'une ville de la zone frontalière, Khiam, qui comptait autrefois environ 40 000 habitants. Elle n'en compte plus maintenant qu'environ 5 000. Plusieurs de ses habitants ont immigré à l'étranger ou sont allés demeurer à Beyrouth ou, encore, dans la région de la Bekka. Les villages chiites de cette région comptent moins du quart de la population d'origine. Malheureusement, dans les villages de la zone occupée du Sud-Liban, ce sont les jeunes qui s'exilent. Quatre-vingt pour cent des 25 à 40 ans de cette région ont immigré en dehors de la zone.

Les jeunes quittent la région parce que l'Armée du Liban-sud (ALS) est stationnée là-bas et qu'il lui faut de jeunes soldats. Ceux qui restent sont donc des gens âgés. Mais il y aussi des jeunes qui sont venus travailler pour l'armée — des jeunes qui ne sont pas nécessairement originaires de la zone frontalière. L'ALS est le principal employeur de cette région. On compte aussi des ouvriers originaires du Sud-Liban qui travaillent pour le compte de l'armée du Sud-Liban et même en Israël. En majorité, ce sont des chrétiens qui se sont enrôlés dans les forces armées du Sud-Liban. Pour le musulman, c'est très difficile. Comme vous avez pu le constater depuis votre arrivée au pays, le climat politique actuel est bien différent de ce qu'il était en 1978. Il n'y a plus cette « différence » maintenant entre chrétiens et musulmans, surtout depuis l'occupation israélienne.

Un pourcentage énorme de la population originale a quitté la région sud du Liban.. À la suite des multiples agressions d'Israël, entre 200 000 et 300 000 personnes ont dû quitter le Sud-Liban. C'est un poids démographique énorme. Ces personnes ont acheté des appartements dans la banlieue sud de Beyrouth.

Il n'y a pas de distinction à faire entre les communautés de cette région. La plupart des villages du Sud-Liban regroupent à la fois des chrétiens et des musulmans. On ne fait pas de distinction à cet endroit sans doute parce qu'Israël ne fait pas de discrimination lorsqu'elle attaque cette région.

Les points de passage

Il y a des points de passage comme Kfar Tibnit, Ras Al-Bayada, Beit Yahoun, Zamraya, Bater, Kfar Falous et Houba. À chaque passage, des taxes sont perçues sur les personnes, les véhicules et les chargements. Le permit de passage est une carte où l'on retrouve entre autres choses le lieu de naissance. Pour des raisons de sécurité, on passe plus facilement certains jours que d'autres.

La prison de Khiam

Kiam a été rasée par les Israéliens en 1968. En 1984, les gens ont commencé à retourner là-bas. Les Israéliens ont bâti la prison après 1968. Ceux qui sont restés à Kiam après que la ville eut été évacuée par les Israéliens ont été tués. Environ 80 personnes ont ainsi été tuées en 1978. La prison de Kiam contient des résistants et des personnes emprisonnées pour des raisons de sécurité. Des centaines de personnes sont emprisonnées là-bas.

Recrutement dans l'ALS

Pour des raisons historiques, la loi libanaise interdit aux gens de s'enrôler dans les forces armées d'Israël. Maintenant, les gens peuvent avoir des raisons personnelles de le faire. La plupart des jeunes qui se sont enrôlés pour travailler avec les Israéliens l'ont fait parce qu'ils ne pouvaient pas faire autrement (leur famille était peut-être établie là-bas). Ils n'ont pas pour autant été obligés de le faire. Très, très peu de Libanais ont élu résidence en Israël.

Accès à la zone dites de sécurité

En général la zone est difficile d'accès à cause des problèmes de sécurité. Il faut demander un laissez-passer, en outre, il faut quitter son véhicule aux points d'entrée de la zone occupée. Des chauffeurs s'occupent de transporter les gens à leur destination. Ces chauffeurs ont une plaque spéciale.

Conditions socio-économiques

Le Sud-Liban est une région semi-désertique. Il y a très peu d'eau. C'est un problème qu'Israël ne cherche nullement à solutionner, elle l'encourage même (elle y a bombardé un réservoir). Il y a donc dans cette région un sérieux problème d'irrigation des terres et c'est ce qui explique pourquoi les agriculteurs l'ont désertée.

Cette réponse a été préparée par la DGDIR à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la DGDIR a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse ne prétend pas être un traitement exhaustif du pays étudié, ni apporter de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié.

Référence

Professeur, Département de Géographie et de Démographie, Université Libanaise, Beyrouth. 27 avril 1996. Entrevue.

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