Chili : 1) Information sur le Frente Patriótico Manuel Rodríguez depuis 1987. 2) Information sur l'Avanzada Nacional. 3) Information sur le Comando por el sí. 4) Information sur le Comando pro-Hernan Büchi
| Publisher | Canada: Immigration and Refugee Board of Canada |
| Author | Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié, Canada |
| Publication Date | 19 April 1990 |
| Citation / Document Symbol | CHL5037 |
| Cite as | Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Chili : 1) Information sur le Frente Patriótico Manuel Rodríguez depuis 1987. 2) Information sur l'Avanzada Nacional. 3) Information sur le Comando por el sí. 4) Information sur le Comando pro-Hernan Büchi, 19 April 1990, CHL5037, available at: https://www.refworld.org/docid/3ae6ac893c.html [accessed 17 September 2023] |
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1) Le Frente Patriótico Manuel Rodríguez (FPMR), également connu sous le nom de Milicias Rodriguistas, s'est fait connaître pour la première fois en mars 1984 alors que ses membres ont pris d'assaut une station de radio pour diffuser des discours anti-gouvernementaux [ Ciar n Maol in, Latin American Political Movements, (New York et Oxford: Facts on File, 1985), p.44.]. Le FPMR est présumément commandé par Daniel Huerta [Ibid, p.44.] et constitue la faction armée du Partido Comunista Chileno (PCCh) [ Freedom House, A Mission to Chile, (Freedom House, 1988), p.9.]. Dans un manifeste publié en décembre 1984, le FPMR a indiqué son appui à la démocratie et aux réformes économiques telles que demandées par l'opposition [ Maol in, p.45.]. Sa principale méthode d'actions est l'attaque d'installations électriques, de bureaux gouvernementaux et de cibles américaines, surtout à Santiago, mais également à Valparaiso et ailleurs au pays [ Ibid.]. Le FPMR a été responsable de sabotage, d'enlèvements et de la mort de personnel militaire, mais ne s'adonne pas à la violence aléatoire, bien que quelques accidents aient causé la mort de civils par le passé [Americas Watch, Chile: Human Rights and the Plebiscite, (New York et Washington: Americas Watch, juillet 1988), p.9.]. Le FPMR, est très à gauche dans le paysage politique chilien [Freedom House, p.23.] et n'est pas exempt de division puisqu'un rapport indique qu'à la mi-1987, deux factions ont vu le jour, l'une liée au PCCh et l'autre indépendante [ Americas Watch, p.9.]. Les membres du FPMR, lorsqu'arrêtés par la police, sont sujets à des peines d'emprisonnement sévères [ Ibid, p.90.].
C'est le FPMR qui a été tenu responsable, en septembre 1986, d'un attentat contre la vie du Général Augusto Pinochet [ «Spectaculaire évasion de prisonniers chiliens», Le Devoir (Montréal), 31 janvier 1990.]. Le 13 avril 1987, le FPMR a procédé à l'attaque de stations de radios et des bureaux de l'agence américaine Associated Press afin de diffuser l'annonce officielle de la fin d'un cessez-le-feu que ses membres avaient déclaré pendant la visite du pape au Chili [ «Internal Security», Keesing's Record of World Events, vol.34, août 1988, p.36095.]. En juin 1987, douze membres du FPMR étaient tués de sang froid par la police, ce qui a provoqué des protestations parmi les groupes d'opposition [ Ibid.]. A la mi-août 1987, quatre membres du FPMR détenus dans une prison de Valparaiso réussissaient à s'évader [ Ibid.]. En décembre 1987, les guérrilleros du FPMR acceptaient de relâcher un officier de l'armée qu'ils avaient enlevé en septembre (enlèvement suivi de la «disparition» de cinq membres du PCCh présumément par le gouvernement) contre de la nourriture, des médicaments et du matériel de construction pour les bidonvilles de Santiago [«Abduction of Army Colonel», Keesing's Record of World Events, vol.34, août 1988, p.36096.]. A la mi-décembre, cinq suspects membres du FPMR étaient détenus par la police [ Ibid.].
En janvier 1988, un policier mourrait en tentant de désamorcer une bombe installée par le FPMR dans une banlieue de Santiago [ «Blast at Booby-trapped House Kills Chilean Bomb-squad Chief», The Ottawa Citizen, 28 janvier 1988.]. Au tout début de février, trois membres du FPMR étaient tués lorsqu'ils manipulaient une bombe dans un appartement de Santiago [ «Trois militants chiliens tués», Le Devoir, 2 février 1988.]. Dans la nuit du 1er au 2 mars 1988, huit bombes explosaient dans la capitale, dont le FPMR et le Movimiento de la Izquierda Revolucionaria (MIR) ont été tenus responsables [«Huit bombes explosent à Santiago», Le Devoir, 3 mars 1988.]. En septembre 1988, le FPMR lançait une offensive générale visant à mettre fin au régime dictatorial de Pinochet et donnait son appui à la campagne pour le «non» au plébiscite du 5 octobre qui devait décider du renouvellement du mandat présidentiel [Freedom House, p.9, 10.]. Les 14 et 15 décembre 1988, vingt attaques à la bombe étaient revendiquées par le FPMR à Santiago et dans diverses autres villes du pays, faisant 17 blessés et entraînant des dérèglements majeurs sur les lignes d'électricité et les chemins de fer [ «FPMR Bomb Attacks - Government Response to Release by USA of FPMR Members», Keesing's Record of World Events, vol.35, no.9, p.36931.].
Le 15 janvier 1989, le FPMR revendiquait un attentat contre un avion militaire, provoquant la mort de trois officiers de l'armée [ Ibid.]. En mars 1989, le FPMR disloquait à nouveau l'approvisionnement électrique de Santiago, mais refusait d'accepter la responsabilité d'une attaque à la bombe au siège de l'Institut culturel américano-chilien le 7 avril [Ibid.]. Le 9 juin, le commandant de l'Armée de l'air Roberto Fuentes Morrison était assassiné par le FPMR [ Ibid.]. Le dirigeant du FPMR, Sergio Buschmann, était cependant libéré le 16 juin d'une prison de l'Alaska, alors que le gouvernement américain refusait de l'extrader vers le Chili et lui permettait de se rendre en Suède où il a depuis obtenu le statut de réfugié [ Ibid.]. l'occasion du seizième anniversaire du coup d'état ayant porté au pouvoir le Général Pinochet le 11 septembre 1973, le FPMR installait des bombes aux sites des transformateurs électriques qui alimentent la capitale [ «Commémoration au Chili», Libération (Paris), 13 septembre 1989.]. Pour manifester son soutien au candidat de l'opposition Patricio Aylwin, le FPMR parvenait à brouiller les émissions des principales stations de télévision chiliennes à l'occasion du premier anniversaire du référendum qui a denié au Général Pinochet le renouvellement de son mandat présidentiel [«Des manifestants arrêtés au Chili», Libération, 7-8 octobre 1989.]. A la fin novembre 1989, le FPMR faisait exploser une bombe à Santiago pour marquer l'anniversaire du Général Pinochet [«Rebels Take Responsibility for Bombings in Chile», The Globe and Mail (Toronto), 27 novembre 1989, p.A5.].
Le 30 janvier 1990, quarante-neuf prisonniers politiques membres du FPMR, accusés d'avoir participé à l'attentat contre le Général Pinochet en septembre 1986, réussissaient à s'évader d'une prison de Santiago [«Spectaculaire évasion de prisonniers chiliens», Le Devoir, 31 janvier 1990.]. Le 21 mars dernier, des guérrilleros de la gauche ouvraient le feu sur l'ancien commandant de l'Armée du l'air Gustavo Leigh, l'un des leaders du coup d'état de 1973, mais ils ne réussissaient qu'à le blesser [ «Retired Chilean General Shot by Left-wing Rebels», The Globe and Mail, 22 mars 1990, p.A8.].
2) L'Avanzada Nacional (AN) est l'un des deux partis politiques les plus près du régime Pinochet et regroupe les plus loyaux supporters du dictateur [ Freedom House, p.26, 67.]. Ce sont surtout des membres de l'AN ont voté «oui» au référendum du 5 octobre 1988 [ Ibid, p.67.]. En mars 1985, l'AN a refusé de se joindre à l'effort d'accord national lancé par l'Alianza Democrática pour promouvoir la restauration de la démocratie au Chili [ Maol in, p.41.]. La plupart des supporters de l'AN sont membres de l'armée [ Martha Fotsch, Chile, (Zürich: Schweizerische Zentralstelle für Flüchtlingshilfe/Office central suisse d'aide aux réfugiés, janvier 1986). Voici la traduction du passage qui traite de l'Avanzada Nacional (traduction non-officielle du Centre de documentation):
-Avanzada Nacional: parti d'extrême-droite, qui appui Pinochet sans réserve et encourage sa ré-élection, et dont les membres appartiennent pour la plupart à l'armée et aux services secrets; le parti a obtenu par des moyens malhonnêtes des signatures dans les bidonvilles grâce à la tromperie et à la pression qu'ils exercent.].
3) Aucune référence spécifique au «Comando por el sí» n'est présentement disponible au Centre de documentation de la CISR à Ottawa. Cependant, pendant la campagne référendaire qui a précédé le vote d'octobre 1988, plusieurs groupes pro-Pinochet se sont organisés à l'instigation du gouvernement et ont mené quelques activités publiques. Il existait en effet une certaine intimidation à l'époque, prenant la forme, par exemple, de «Casas del sí» visant à inciter les électeurs à voter en faveur du renouvellement du terme présidentiel du Général Pinochet [«Pinochet sait tout: les Chiliens ont peur de voter Non», Le Devoir, 9 septembre 1988.].
4) Aucune information au sujet du «Comando pro-Hernan Büchi» n'est présentement disponible au Centre de documentation. Cependant, il est possible d'assumer qu'il s'agit là d'un groupe de support au candidat présidentiel aux élections de décembre 1989, l'ancien ministre des finances Hernan Büchi [Gérard Thomas, «Le lent dégel du paysage politique chilien», Libération, 21 novembre 1989; Gérard Thomas, «Les ambiguïtés du «miracle économique»», Libération, 23 novembre 1989; «Buchi Reenters Presidential Race», Facts on File, vol.49, no.2542, 11 août 1989, p.594; «Buchi candidat à la présidence», Le Devoir, 13 juillet 1989; Gérard Thomas, «Patricio Aylwin, le favori idéal pour l'après-Pinochet», Libération, 14 septembre 1989. Gilles Baudin, «Les divisions de la droite chilienne», Le Monde hebdomadaire (Paris), no.2133, 14-20 septembre 1989.]. Des supporters d'Hernan Büchi ont manifesté, par exemple, dans la nuit du 12 décembre 1989, leur appui au candidat présidentiel [«Des troubles marquent la fin de la campagne au Chili», La Presse, 13 décembre 1989.].
NOTES