Liban : information sur le Congrès national libanais (CNL) et les Aounistes
| Publisher | Canada: Immigration and Refugee Board of Canada |
| Author | Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié, Canada |
| Publication Date | 1 October 1996 |
| Citation / Document Symbol | LBN25360.F |
| Cite as | Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Liban : information sur le Congrès national libanais (CNL) et les Aounistes, 1 October 1996, LBN25360.F, available at: https://www.refworld.org/docid/3ae6ab574f.html [accessed 17 September 2023] |
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L'information qui suit provient d'une entrevue tenue le 30 avril 1996 avec le coordonateur et représentant du Congrès national libanais (CNL). Le CNL appuie les positions du mouvement Aoun au Liban.
Situation des Aounistes
La source, c'est-à-dire le coordonnateur et représentant du Congrès national libanais (CNL), n'a pas été mêlée à la vie politique libanaise avant 1988. Elle a occupé un poste à la Gendarmerie pendant 35 ans. En 1988, elle a été nommée inspecteur général des forces de la sécurité intérieure. Lorsque le général Aoun était premier ministre, elle a été nommée directeur général de la sûreté générale. La source a occupé ce poste jusqu'au 13 octobre 1990. Par la suite, elle a présenté sa démission et s'est inscrite au barreau du Liban.
À partir du moment où le général Aoun a quitté l'ambassade de France à Beyrouth, on a maintenu le contact avec lui par téléphone ou par d'autres moyens. Sans la nommer expressément la source comme son représentant au Liban, le général avait donné des instructions à partir de la France comme quoi elle le représentait au Liban. La source occupe cette fonction depuis 1991. En 1994 s'est tenu à Paris le Premier congrès national libanais qui regroupait des partisans du général Aoun travaillant maintenant sous la bannière du Courant patriotique libanais (CNL), qui est en fait le Congrès national libanais. Il s'agit d'un mouvement et non d'une organisation. Ont participé à ce congrès les partisans du général, les membres du Parti national libéral, présidé par M. Dori Chamoun, des Libanais de la diaspora et diverses organisations disséminées partout dans le monde, surtout en Australie. Il y avait aussi des organismes en provenance de la France, de l'Allemagne et du Canada.
À la suite du Premier congrès national libanais, une fois revenu au Liban, M. Dori Chamoun, a été reconnu comme chef du parti. Il est reconnu par l'État en tant que chef du Parti national libéral, c'est-à-dire qu'il jouit d'une certaine liberté de manoeuvre au Liban. De concert avec le général Aoun, il a annoncé à la télévision que la source était le coordonnateur général du Congrès national libanais. Le lendemain, le général Aoun déclarait dans la presse que la source était non seulement le coordonnateur général mais aussi son représentant au Liban.
Les Aounistes ou les partisans du général ne peuvent pas se regrouper pour faire des activités au grand jour car, en principe, ils ne forment pas un parti politique. On les laisse toutefois plus ou moins tranquilles. Ils agissent démocratiquement dans le contexte des lois en vigueur mais sans égards aux gens du gouvernement qui ont été implantés ici par une autorité étrangère, par l'occupant. C'est ce message que les Aounistes ou les partisans du général répètent sans cesse, dans les médias. Ils affirment n'avoir rien fait qui soit hors la loi et ont toujours insisté la-dessus.
Dernièrement, lorsque le président Chirac est venu rendre visite au Patriarche maronite, on a fait appel aux gens pour signifier leur solidarité avec le Patriarche et en même temps faire bon accueil au président Chirac. À partir de minuit on a bloqué toutes les routes pour ne laisser passer personne. Les seuls à pouvoir se rendre chez le Patriarche (en passant par la forêt) ont été des Aounistes. Ils ont scandé bien sûr des slogans, et ont également brandi des photos du général Aoun. Ils ont été arrêtés pour ensuite être relâchés après quelques jours de détention. Quelques-uns ont été rossés.
Il demeure difficile de prouver qu'un sympathisant actif du général Aoun a été arrêté. Le candidat à la présidence du syndicat des ingénieurs a été incarcéré trois fois. Son cas est présentement en instance devant le tribunal militaire, et ce, malgré qu'il soit un personnage assez important. Il pourrait vous présenter une série de papiers l'intimant de se présenter devant le tribunal militaire.
Un sympathisant du général Aoun qui a été arrêté va habituellement recevoir un procès-verbal avant d'arriver devant la Cour. Le plus souvent, puisque ces questions sont très banales, on le relâchera sous caution et sans lui remettre de papiers. Il pourra cependant se rendre chez le Procureur pour lui dire qu'il a été incarcéré dans tel poste de police, à telle date, et qu'il désire obtenir le procès-verbal de son interrogatoire; selon la loi c'est faisable. Le Procureur est censé acquiescer à sa demande.
Les Aounistes et le mouvement étudiant
Nous avons surtout pris en compte le mouvement étudiant, surtout les étudiants des universités, afin de démontrer aux gens d'ici et d'ailleurs quelle est l'ampleur du courant aouniste au Liban. Des élections ont été tenues au niveau des conseils étudiants dans les universités et chaque fois les Aounistes obtenaient entre 75 et 95 p. 100 des sièges. Par exemple, à la faculté des sciences à l'Université libanaises, sur les 47 sièges que compte le conseil étudiant, les Aounistes en ont obtenu 44. À la faculté de droit, ils ont obtenu 21 sièges sur 21. On peut se sendre compte de ce que représente le courant aouniste au Liban. Il ne s'agit pas ici de la classe des marchands, mais de la classe estudiantine, de la meilleure classe du pays. Les étudiants d'aujour'hui sont ceux qui vont participer à la reconstruction du pays.
Les résultats les plus significatifs ont été remportés à l'Université Américaine de Beyrouth (UAB). Le pourcentage de musulmans y est pourtant plus important que celui des chrétiens. Sur les quelque 90 sièges que compte le conseil étudiant là-bas, tout un bloc de 46 ou 47 étudiants, tous des sympathisants du général Aoun, s'y sont fait élire. C'est donc le courant aouniste qui a maintenant le dernier mot à l'Université de Beyrouth. En principe, tous les étudiants participent aux élections. On peut parler d'un taux de participation d'au moins 90 p. 100.
Beaucoup de travail a aussi été effectué au niveau des syndicats. Par exemple, on a tenu des élections à la présidence du syndicat des médecins il y a à peu près un an de cela. Le président du syndicat des médecins s'est présenté aux élections sous l'étiquette d'Aouniste. C'est un chrétien qui est rendu dans le sud, dans la Bekka, et qui disait à tout le monde qu'il se présentait sous l'étiquette d'Aouniste. Il a obtenu plus de 300 votes de plus que son plus proche adversaire; ce qui est énorme car habituellement l'écart n'est que de 40 ou 50 voix. Il y a eu ensuite des élections au barreau. L'actuel bâtonnier n'est pas un membre du Courant patriotique libanais, mais il est un supporter du général Aoun.
Des élections ont aussi été tenues à la présidence du syndicat des ingénieurs. Un ingénieur s'était alors présenté sous l'étiquette d'Aouniste pour faire la lutte à un ancien ministre. Il l'a battu au premier tour de scrutin par quelque 600 voix. Il n'a toutefois pas remporté les élections à la présidence du syndicat mais il en est aujourd'hui le numéro 2.
Le Congrès national libanais (CNL) et les élections
En février, le CNL a tenu un congrès à Paris. Une résolution a été votée en ce sens pourvu que l'on respecte certaines conditions dont la formation d'un cabinet transitoire qui soit composé de ministres eux-mêmes candidats aux élections; l'adoption et l'utilisation de la carte électorale lors des élections; la non-ingérence des forces étrangères à l'intérieur du processus électoral; et le droit de vote aux Libanais de la diaspora.
Cette réponse a été préparée par la DGDIR à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la DGDIR a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse ne prétend pas être un traitement exhaustif du pays étudié, ni apporter de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié.
Référence
Coordonateur et représentant, Congrès national libanais (CNL), Beyrouth. 30 avril 1996. Entrevue.