Haïti : mise à jour de HTI31613 du 31 mars 1999 sur l'Organisation politique Lavalas (OPL), nouvellement renommé Organisation du peuple en lutte, particulièrement dans le district de Tabarre

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Author Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié, Canada
Publication Date 1 April 1999
Citation / Document Symbol HTI31809.F
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Haïti : mise à jour de HTI31613 du 31 mars 1999 sur l'Organisation politique Lavalas (OPL), nouvellement renommé Organisation du peuple en lutte, particulièrement dans le district de Tabarre, 1 April 1999, HTI31809.F, available at: https://www.refworld.org/docid/3ae6ab014.html [accessed 17 September 2023]
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Political Handbook of the World: 1998 rapporte que l'OPL, créée en 1991, est un groupe de centre gauche qui s'est joint à l'Internationale socialiste en septembre 1996 en tant qu'observateur (1999,  393). Selon la même source d'information, au moment de sa création, l'OPL était proche de Jean-Bertrand Aristide (ibid.). Les dirigeants sont René Préval, Rosny Smarth et Gérard Pierre Charles, ce dernier étant le secrétaire général (ibid.; Caribbean and Central America Report  20 janvier 1998, 7). Selon Bernard Cassen, collaborateur au Monde Diplomatique, l'OPL s'était donné comme priorité « l'institutionnalisation démocratique, la création et le rodage de structures décentralisées dans lesquelles la paysannerie puisse s'exprimer, et donc la réhabilitation d'un État qui, historiquement, avait toujours été oppresseur, prédateur et corrompu » (Le Monde Diplomatique oct. 1997). Cassen souligne cependant que malgré son programme « l'OPL dut cautionner, dans l'immédiat, un projet économique imposé de l'extérieur, et déjà partiellement mis en oeuvre, en s'efforçant, revendique M. Pierre-Charles, d'y ménager des "espaces alternatifs". » (ibid.). Le Nouvelliste de Port-au-Prince décrit l'Organisation du peuple en lutte comme étant un mouvement d'opposition (26 août 1998). Sans en préciser la date, Le Nouvelliste ajoute également que le premier congrès de l'OPL a eu lieu dans le Théâtre Rex de Port-au-Prince avec quelques séances tenues au Théâtre National d'Haïti (6 janv. 1998). Le congrès a attiré 800 délégués (ibid.). C'est au cours de cet évènement que l'Organisation politique Lavalas est devenue l'Organisation du peuple en lutte pour ainsi mieux s'identifier à la lutte du peuple et que le tambour est devenu l'emblème officiel du mouvement  (ibid.).

Il est à noter que l'ancien premier ministre de l'OPL, Rosny Smarth, a été obligé de quitter son poste en juin 1997 à la suite de manifestations et de désordres publiques (Caribbean and Central America Report  20 janv. 1998, 7). Au 20 janvier 1998, l'OPL occupait 33 des 79 sièges du parlement haitien (Caribbean and Central America Report  20 janv. 1998, 7). Cependant, Le Nouvelliste rapporte que le groupe parlementaire de l'OPL, dirigé par Raphael Wilner et Ary Marsan en tant que président et vice-président respectivement, comptait 35 membres (6 janv. 1998). Ce groupe parlementaire défend des positions politiques, économiques et sociales orienté sur le développement, le modernisme et de l'amélioration des conditions de vie du peuple (ibid.). Le sénateur Edgard Leblanc de l'OPL a été élu à la présidence du Sénat en novembre 1997 (ibid.).

Selon un rapport du Center for International Policy publié en novembre 1997, Jean-Bertrand Aristide a scindé l'Organisation politique Lavalas pour former une nouvelle faction appelée Famille Lavalas. Comme le rapporte Caribbean and Central America Report, le rapport du Center for International Policy et Amnesty International (1998), le conflit qui divise le mouvement Lavalas s'articule autour de trois facteurs : le choix d'un nouveau premier ministre, les résultats des élections du 6 avril 1997 et les politiques économiques du gouvernement (24 févr. 1998, 3; nov. 1997; juillet 1998). Christophe Wargny n'hésite pas à dire que la Famille Lavalas et l'OPL sont des « mouvements rivaux » (Le Monde Diplomatique  oct. 1997). Bernard Cassen explique ainsi la scission au sein du mouvement Lavalas,

un conflit de fond avec le noyau dur de la coalition Lavalas : l'Organisation politique Lavalas (OPL). Ce groupe, fédérant cinq courants - de la « petite Église » au mouvement paysan, en passant par des « aristidiens » en quête de structuration -, s'était  constitué en parti, sous l'impulsion, entre autres, d'intellectuels marxistes exilés en Amérique latine pendant le duvaliérisme, tels M. Gérard Pierre-Charles, Mme Suzy Castor et M. Rosny Smarth. Et ce, à la faveur du formidable mouvement de masse qu'avait constitué le « phénomène » Aristide, avant et immédiatement après le coup d'Etat. D'un côté, un dirigeant charismatique, en prise directe avec le peuple, viscéralement hostile à tout « appareil » intermédiaire, et tenant l'OPL pour une sorte de coucou qui aurait fait son nid sous sa bannière. De l'autre, un groupe numériquement peu important, mais organisé, avec militants, cadres, congrès, programme et direction collégiale. Donc réfractaire à toute personnalisation du pouvoir. Dès la prise de fonctions de M. René Préval, dont l'entourage était constitué d'anciens « aristidiens », une partie de bras de fer s'engagea entre le nouveau président et l'OPL, majoritaire au Parlement, appelée à ratifier le choix présidentiel. L'enjeu : la nomination du premier ministre, auquel la Constitution de 1987 donne des pouvoirs propres. M. Préval voulait désigner M. Ericq Pierre, haut fonctionnaire de la Banque interaméricaine de développement (BID), que M. Aristide avait connu à Washington et qui affiche sans complexe ses convictions néolibérales. L'OPL réussit    néanmoins à imposer l'un des siens, M. Rosny Smarth, les autres postes-clés du gouvernement lui étant cependant refusés. « Nous avons dû porter le chapeau de la succession, sans avoir les moyens politiques d'appliquer notre programme », explique M. Gérard Pierre-Charles, coordinateur de l'OPL (oct. 1997).

Amnesty International indique que les divisions au sein du mouvement Lavalas se sont à l'occasion manifestées par des actes de violences (juillet 1998).

Des informations sur le quartier de Tabarre sont rares. Dans son édition du 26 août 1998, Le Nouvelliste indique que Tabarre est situé en banlieue de Port-au-Prince où se trouve la Foundation Aristide. Le Nouvelliste ajoute qu'il existe une faction Lavalas de Tabarre (ibid.). Selon une entrevue accordée par Gérard Pierre-Charles à Radio Métropole de Port-au-Prince, Tabarre est relié à la présence Jean-Bertrand Aristide et René Préval (22 sept. 1998). Rapportant des informations fournies le 20 août 1998 par le parti Famille Lavalas, Radio-Métropole de Port-au-Prince indique qu'un attentat contre Jean-Bertrand Aristide a eu lieu à Tabarre (ibid. 22 août 1998). Un camion a foncé dans le groupe de personnes escortant Aristide en blessant plusieurs de ses gardes du corps (ibid.).

Selon le rédacteur en chef de Haiti en marche, une radio de Port-au-Prince a signalé au cours d'un entretien téléphonique que deux parlementaires de l'OPL, dont le sénateur Yrvelt Chéry, ont eu leur  maison criblée de balles par un commando dont on a pu jusqu'à ce jour établir l'identification (26 avr. 1999). Les deux hommes se sont ensuite réfugiés à l'ambassade du Chili sans pour autant y demandé l'asile politique (ibid.). Le rédacteur en chef n'avait pas d'information supplémentaires sur l'OPL. 

Pour des informations supplémentaires en anglais, veuillez consulter Le Nouvelliste du 6 janvier 1998 en annexe.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié.

Références

Amnesty International. Juillet 1998. « Haiti: Still Crying Out for Justice ». (AMR 36/02/98).

Caribbean and Central America Report. 24 février 1998. RC-98-02. « Haiti: Préval appeals for an end to paralysis ».

_____.  20 janvier 1998. Haiti: Lavalas factions locked in dispute ».

Center for International Policy. Novembre 1997. Robert E. White. « Haiti: Democrats vs Democracy ». [Internet] < http://www.us.net/cip/democrac.htm > [Date de consultation: 14 avr. 1999]

Éditeur en chef, Haiti en marche, Port-au-Prince, Haïti. 26 avril 1999. Entretien téléphonique.

Le Monde Diplomatique [Paris]. Octobre 1997. Bernard Cassen. « Haïti dans la spirale du désespoir ».

_____. Octobre 1997. Chritophe Wargny. « À Jérémie, si loin de Port-au-Prince...»

Le Nouvelliste [Port-au-Prince, en Français]. 26 août 1998. Micha Gaillard. « Decline of Democracy: Lavals Adrift ». (FBIS-LAT-98-240  28 août 1998/WNC)

_____. 6 janvier 1998. Anonyme. « A Year of Hard Struggle ». (FBIS-LAT-98-013  13 janv. 1998/WNC).

Political Handbook of the World: 1998. 1999. « Haiti ». Arthur S. Banks et Thomas C. Muller. Chicago : Éditions St-James.

Radio Metropole [Port-au-Prince, en Français]. 22 septembre 1998. [Sans titre]. (FBIS-LAT-98-265  22 sept. 1998/WNC).

_____. 22 août 1998. [Sans titre]. (FBIS-LAT-98-234  22 août 1998/WNC).

Document annexé

Le Nouvelliste [Port-au-Prince, en Français]. 6 janvier 1998. Anonyme. « A Year of Hard Struggle ». (FBIS-LAT-98-013  13 janv. 1998/WNC).

Autres sources consultées

Central America Report. 1997-1999.

Source électroniques : Internet, LEXIS/NEXIS.

NACLA Reports on the Americas. 1997-1999.

Problèmes d'Amériques Latine. 1996-1999.

Washington Office on Latin America. 18 mars 1996. « The Haitian National Police. »

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