Liban : depuis avril 1989, y a-t-il eu des ententes ou un rapprochement entre l'Armée libanaise de Aoun et les Forces libanaises de Geagea?
| Publisher | Canada: Immigration and Refugee Board of Canada |
| Author | Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié, Canada |
| Publication Date | 13 February 1990 |
| Citation / Document Symbol | LBN3722 |
| Cite as | Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Liban : depuis avril 1989, y a-t-il eu des ententes ou un rapprochement entre l'Armée libanaise de Aoun et les Forces libanaises de Geagea?, 13 February 1990, LBN3722, available at: https://www.refworld.org/docid/3ae6aaefc.html [accessed 17 September 2023] |
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Durant la crise présidentielle de l'automne 1988, la Syrie avait voulu imposer ses candidats à la présidence, mais ce plan a échoué. Le président sortant, Amine Gemayel, nomma Michel Aoun, Commandant de l'Armée libanaise, provisoirement au poste de Premier Ministre, pour ne pas laisser le pays sans leader et surtout pour s'assurer que le pays resterait entre les mains des Maronites. [Itamar Rabinovich, "Paralysis in Lebanon", Current History, February 1990, pp. 73-76, 89-90.]
Le poste de Premier Ministre est un poste désigné par la Constitution pour un membre de la communauté musulmane sunnite, et était déjà occupé par la personne de Salim al-Hoss. L'effet d'avoir nommé Aoun à ce poste était de déstabiliser au lieu de consolider le pays. M. al-Hoss refusa de reconnaître Aoun comme Premier Ministre, et nomma un nouveau commandant, Antoine Lahoud, à la tête de l'Armée libanaise, ce qui a eu comme résultat, la division de l'armée en deux factions rivales. [Ibid.]
Depuis des années, l'Armée libanaise rivalise avec les Forces libanaises pour le rôle de "défenseur" des Maronites. En devenant chef d'état "provisoire", Aoun créa un vide dans lequel les Forces libanaises, dirigées par Samir Geagea, prirent contrôle de la milice privée d'Amine Gemayel et du parti Kataeb. En février 1989, des émeutes éclatèrent entre les Forces libanaises et l'Armée libanaise, visant à rompre le contrôle que tenaient les Forces libanaises sur les ports illégaux qui avaient propéré tout autour de Beirut depuis le début de la guerre civile. [Ibid.]
Ces actions ont déclenché des émeutes en mars 1989 avec les musulmans, surtout avec les druses. Ces derniers voulaient défendre leur droit de contrôler leurs ports illégaux. Des émeutes entre Amal et Hezbollah (qui se battaient déjà sporadiquement depuis un an) suivirent dans la banlieue sud de Beyrouth et au sud Liban. [Ibid.]
Le 14 mars 1989, Aoun déclara une guerre de "libération" contre la Syrie, acteur régional depuis le début de la guerre civile. La Syrie a répondu avec de lourds bombardements sur Beyrouth est en particulier, et sur l'enclave chrétienne en générale. Des milliers de personnes fuirent vers le sud Liban ou bien à Chypre durant cette longue bataille entre l'Armée libanaise et les forces syriennes, qui dura jusqu'en été 1989. Les alliés druzes de la Syrie se joignirent à la bataille en été dans la région de Suq al-Gharb, à l'est de Beyrouth. [Ibid.]
Un cessez-le-feu fut déclaré le 29 août et une commission d'états arabes se réunit à Taëf, en Arabie Saoudite, de septembre à octobre, pour trouver une solution à la crise libanaise. Le 23 octobre, le parlement libanais se réuni à Taëf pour approuver le texte de la "Charte d'entente nationale", laquelle réduit le pouvoir du Président maronite en augmentant ce du Premier Ministre sunnite. ["An agreement nobody seems to want", The Middle East, November 1989, p. 15.] La Charte vise à démanteler graduellement le système confessionaliste en augmentant le nombre de députés parlementaires de 99 à 108, et en divisant ce nombre également entre chrétiens (54) et musulmans (54). [Ibid.] La constitution libanaise, rédigée en grande partie par la France, imposait une proportion de 54 chrétiens et 45 musulmans, division des pouvoirs qui avait été respectée, coûte que coûte, depuis l'indépendance du Liban en 1943. La charte ajoute des provisions pour l'évacuation des troupes syriennes de Beyrouth-est vers la vallée de la Beka'a en deux ans, mais non pas pour leur évacuation complète du pays. [Ibid.]
Ces réformes n'étaient guère populaires ni avec Aoun (car il aurait voulu rester au pouvoir et parce que la charte ne chassait pas les Syriens en dehors du Liban une fois pour toute), ni avec les populations druse ou chiite, qui auraient voulu plus de pouvoir au parlement. [Ibid.]
De retour au Liban, le parlement libanais élu René Moawad à la présidence au début novembre 1989, mais son terme dura que quelques semaines car il fut assassiné le 22 novembre. Le parlement se réuni une deuxième fois pour élir Elias Hrawi à la présidence. Le Général Aoun refusa de reconnaître Hrawi comme légitime chef d'état, et refusa d'abandonner le palais présidentiel de Baabda. [Rabinovich, Ibid.; voir aussi: "At least it's a stalemate," The Middle East, January 1990, p. 23.]
Depuis janvier 1990, Aoun a continué sa guerre de "libération" avec l'intention d'expulser les forces syriennes et de supprimer et désarmer les Forces libanaises, disant qu'il ne tolèrera pas l'existence de cette milice et qu'aucune arme sera permise dans les mains d'autres que celles des forces armées régulières. [Ihsan A. Hijazi, "Fighting rages between Lebanese Christian Forces," The New York Times, February 1, 1990, p. 3A.] Bien que les forces d'Aoun et de Geagea s'aient rapprochées momentairement en 1989, ce n'était qu'une alliance temporaire.
REFERENCES