Pakistan : information sur les Mohajirs depuis janvier 1990
| Publisher | Canada: Immigration and Refugee Board of Canada |
| Author | Research Directorate, Immigration and Refugee Board, Canada |
| Publication Date | 1 April 1990 |
| Citation / Document Symbol | PAK5002 |
| Cite as | Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Pakistan : information sur les Mohajirs depuis janvier 1990, 1 April 1990, PAK5002, available at: https://www.refworld.org/docid/3ae6aae970.html [accessed 17 September 2023] |
| Disclaimer | This is not a UNHCR publication. UNHCR is not responsible for, nor does it necessarily endorse, its content. Any views expressed are solely those of the author or publisher and do not necessarily reflect those of UNHCR, the United Nations or its Member States. |
Le 26 janvier 1990, l'opposition, dont le Mohajir Qaumi Movement (MQM), organisait un grand rassemblement à Karachi pour protester contre les politiques du gouvernement Bhutto [ "Pakistan: In the Eye of the Storm", Asiaweek, 30 mars 1990, p. 20; "Interview/Nawaz Sharif: Our Support is Growing", Asiaweek, 30 mars 1990, p. 22.]. Peu après cet évènement, des troubles entre partisans du MQM et du Pakistan People's Party (PPP) dans la province du Sindh ont fait 21 morts [ "Student Groups Kidnap 100 in Karachi", Globe and Mail, 5 février 1990, p. A9. ]. L'animosité inter-ethnique a été aggravée lorsque des membres du MQM et du PPP ont procédé à des prises d'otages ["Pakistan: prisonniers", Libération, 12 février 1990.] et ont été détenus pour quelques jours les uns par les autres, certains sous la torture [ "Student Groups Kidnap 100 in Karachi".].
Le 7 février, le MQM organisait une grève pour protester contre le déclin de la loi et l'ordre à Karachi [ J.P. Gene, "Emeutes musulmanes à Karachi", Libération, 8 février 1990.], contre l'enlèvement et le traitement brutal de leurs militants [ "Pakistan: onze morts à la suite d'affrontements à Karachi", Le Monde, 8 février 1990.], et pour réclamer la libération des membres du MQM emprisonnés par le gouvernement Bhutto [ "Folie meurtrière à Karachi: au moins 41 morts et 100 blessés", La Presse, 8 février 1990.]. Bien que la police n'ait admis qu'un total de 30 à 35 morts lors des émeutes qui ont suivi la grève du 7 février 1990 [ "Strike Battle Kills 30 in Karachi", Globe and Mail, 8 février 1990, p. A8. "Karachi à feu et à sang", Le Devoir, 8 février 1990.], le bilan tel qu'établi quelques jours plus tard s'élevait à 70 morts et 250 blessés [Zahid Hussain, "Pakistan Peace Plea", The Times, 10 février 1990; "Rival Pakistani Groups Swap 27 Abducted Activists in Karachi", Reuters, 11 février 1990.]. Des arrestations ont subséquemment eu lieu à Karachi, ainsi que des descentes de police ayant pour but de confisquer les armes des activistes impliqués dans la violence inter-ethnique [ "Karachi Police Detain 20 in Raids on "Terrorist" Hideouts", Reuters, 18 février 1990.].
Hyderabad, cinq personnes ont perdu la vie le 22 mars 1990 lorsque des affrontements ont commencé dans une école entre les élèves sindhis et mohajirs, puis se sont répandus aux communautés entières [ "Girls' Quarrel Sparks Violence in Pakistan, Four Killed", Reuters, 22 mars 1990.]. La police a alors tiré sur les belligérants [ Ibid.]. Le 26 mars, de nouveaux affrontements avaient fait trois morts et au moins 10 blessés à Hyderabad [ "Death Toll Rises in Ethnic Violence in Pakistani City", Reuters, 26 mars 1990.]. A la fin mars, les écoles de Karachi étaient fermées pour raisons de sécurité tant la situation s'était détériorée [ Ibrahim Khan, "Urban Gunmen Play Havoc With Pakistan's Commercial Capital", Reuters, 29 mars 1990; Alexandre Dastarac et M. Levent, "Le Pakistan à hue et à dia", Le Monde diplomatique, mars 1990, p. 20.].
Pendant la fin de semaine du 6 au 9 avril 1990, la violence inter-ethnique a de nouveau fait des morts à Karachi, à la suite de quoi Altaf Hussain, dirigeant du MQM, et Rashid Rabbani, président local du PPP, se sont accusés mutuellement d'être responsables des émeutes [ "Sixteen Killed as Political Activists Battle in Karachi", Reuters, 7 avril 1990.]. Le dirigeant du mouvement de la jeunesse du PPP à Karachi, dans le coma depuis la fin de semaine dernière, est mort le 11 avril dans un hôpital de Karachi où de nombreux activistes du PPP s'étaient rassemblés [ "Le Pakistan se prépare à un conflit armé contre l'Inde", Le Devoir, 12 avril 1990, p. A10; "Pakistan Deploys 10,000 Troops After Student Dies", The Gazette, 12 avril 1990, p. A12.]. Par crainte de représailles de la part de la communauté sindhie supportant le PPP, et dans le contexte d'une tension extrême régnant présentement à Karachi, le gouvernement a envoyé des chars blindés le 11 avril 1990 à Karachi [ ibid.].
Veuillez trouver, comme complément d'information, un copie de la réponse PAK5021 qui traite de la question des Mohajirs au Pakistan.
NOTES