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Ukraine : information sur le parti Rodina, y compris sur ses dirigeants, le nombre de ses membres, sa représentation au sein du gouvernement, sa plateforme politique; information sur ses relations avec les autorités et la population en général

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Publication Date 25 April 2012
Citation / Document Symbol UKR104081.F
Related Document Ukraine: The Rodina party, including its leaders, its membership, its representation in the government, its political platform; its relations with the authorities and the general public
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Ukraine : information sur le parti Rodina, y compris sur ses dirigeants, le nombre de ses membres, sa représentation au sein du gouvernement, sa plateforme politique; information sur ses relations avec les autorités et la population en général, 25 April 2012, UKR104081.F, available at: http://www.refworld.org/docid/4feae4522.html [accessed 23 October 2014]
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1. Création, emplacement, dirigeants et membres du parti Rodina

Le parti Rodina a été créé en 2009 (Crimean News Agency 17 juill. 2009a) et son siège social se trouve dans la région d'Odessa (OpenDemocracy 12 sept. 2011; Odessa Region Media Highlights 14 août 2011; The Jamestown Foundation 17 août 2009). Le parti Rodina est également représenté en Crimée (Crimean News Agency 17 juill. 2009a). Parmi les sources qu'elle a consultées, la Direction des recherches n'a pas trouvé d'autre information allant en ce sens. Plusieurs sources citent Ihor (ou Igor) Markov comme étant le chef du parti Rodina (Odessa Region Media Highlights 4 juill. 2011; The Ukrainian Week 23 mai 2011; Kyiv Post 22 avr. 2010). Parmi les sources qu'elle a consultées, la Direction des recherches n'a pas trouvé d'information sur les autres dirigeants du parti Rodina ni sur le nombre de ses membres.

Dans des sources consultées par la Direction des recherches, on décrit le parti Rodina comme étant [traduction] « pro-russe semi-criminel chauviniste » (Interfax 28 juill. 2009), [traduction] « pro-russe chauviniste » (OpenDemocracy 12 sept. 2011) ou [traduction] « pro-russe ultra-nationaliste » (Kyiv Post 13 mai 2011). D'après la Crimean News Agency, Rodina lutte pour la conservation et l'apprentissage de la langue et de la culture russes, le rétablissement des relations [traduction] « normales » avec la Russie, en plus de se dire « fermement opposé » à la coopération avec l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) (17 juill. 2009a). De même, OpenDemocracy, une organisation qui se consacre à la publication d'articles d'analyse sur la manière dont le monde est gouverné (OpenDemocracy s.d.), affirme que le parti Rodina se montre plus lié à la Russie ainsi qu'à l'empire soviétique qu'à l'Ukraine; OpenDemocracy ajoute que le chef de Rodina, Igor Markov, financerait un comité appelé Jews Against Anti-Semitism (Juifs contre l'antisémitisme), lequel se serait donné la mission de défendre les victimes de l'holocauste contre le fascisme et ses adeptes (12 sept. 2011).

2. Représentation du parti Rodina au sein du conseil municipal

En novembre 2010, l'agence de presse Interfax signalait que le parti Rodina faisait partie des partis politiques qui sont représentés au sein du conseil de l'administration régionale d'Odessa (17 nov. 2010). Aux élections municipales de fin octobre 2010, il aurait gagné 11 sièges sur les 120 que compte le conseil municipal d'Odessa, précise l'Ukrainian News Agency (5 nov. 2010). Des sources affirment que le chef du parti Rodina, Igor Markov, est conseiller municipal de la ville d'Odessa (OpenDemocracy 12 sept. 2011; The Ukrainian Week 23 mai 2011; Odessa Region Media Highlights 4 juill. 2011). Parmi les sources qu'elle a consultées, la Direction des recherches n'a pas trouvé d'autre information indiquant si le parti Rodina jouerait un autre rôle sur la scène politique ukrainienne.

3. Relations du parti Rodina avec les autorités et la population en général
3.1 Relations avec les autorités

En août 2011, Odessa Region Media Highlights, un ensemble de médias qui couvrent la région d'Odessa, soulignait que, selon un spécialiste de la ville d'Odessa, le parti Rodina dispose d'un [traduction] « réel » pouvoir d'influence sur le maire de cette ville (14 août 2011). Le spécialiste soutient que le parti au pouvoir, le Parti des régions (Regions Party), et le parti Rodina entretiennent des liens, mais protègent leurs intérêts économiques respectifs (Odessa Region Media Highlights 14 août 2011). De même, dans un article publié en novembre 2010, un chercheur de l'Université de Toronto, spécialiste des études ukrainiennes (Kyiv Post 22 avr. 2010), a souligné qu'il existe une collaboration entre le Parti des régions et le parti Rodina (Kuzio nov. 2010, 28). De son côté, en mai 2011, le quotidien de Kiev The Ukrainian Week écrivait que le chef du parti Rodina est proche du nouveau maire d'Odessa (23 mai 2011). Les trois sources ne fournissent pas de précisions sur des cas illustrant la collaboration qui existe entre les autorités de la ville d'Odessa et les membres du parti Rodina. Toutefois, l'agence Interfax avait signalé que le parti Rodina fait partie des partis politiques qui avaient soutenu la candidature du maire d'Odessa aux élections municipales (4 sept. 2010).

D'après le spécialiste de la ville d'Odessa, bien que l'influence du parti Rodina se limite au niveau local, les autorités nationales ne réagissent pas contre ses campagnes de propagande; le spécialiste n'a cependant pas donné de détails à ce sujet (Odessa Region Media Highlights 14 août 2011). Par ailleurs, en avril 2010, le chercheur de l'Université de Toronto signalait dans un article publié par le Kyiv Post qu'un dossier d'affaire criminelle impliquant Igor Markov aurait été fermé à la suite de l'élection du président Yanukovych; le chercheur n'a toutefois pas donné de détails à ce sujet (Kyiv Post 22 avr. 2010). Parmi les sources qu'elle a consultées, la Direction des recherches n'a pas trouvé d'autre information allant en ce sens.

Cependant, en 2009, la Crimean News Agency écrivait que, selon les Services secrets ukrainiens (Secret Service of Ukraine -SSU), le chef du parti Rodina et certains de ses membres auraient été impliqués dans des affaires criminelles; ils auraient été arrêtés à maintes reprises pour détention illégale d'armes à feu (17 juill. 2009a). De plus, entre 1995 et 2003, Markov aurait fait partie d'un groupe qui distribuait de la drogue dans des lieux de divertissement à Odessa (ibid.). Le chercheur de l'Université de Toronto a d'ailleurs souligné que les premières activités criminelles d'Igor Markov remonteraient à l'année 1995 (Kuzio nov. 2010, 28). Le chercheur précise qu'Igor Markov serait impliqué dans des affaires de corruption, de crime organisé, et se ferait financer par la Russie pour entretenir un réseau d'organisations [traduction] « anti-ukrainiennes » (ibid.). De même, un responsable du parti Mouvement populaire d'Ukraine (People's Movement of Ukraine - PMU) en Crimée aurait soutenu que le parti Rodina d'Ukraine reçoit un soutien financier de la Russie (Crimean News Agency 17 juill. 2009b). Par ailleurs, d'après le chercheur de l'Université de Toronto, en août 2009, les autorités ukrainiennes auraient chassé deux diplomates russes de l'Ukraine au motif, entre autres, d'avoir apporté une assistance financière au parti Rodina et aux nationalistes russes en Crimée (Kuzio nov. 2010, 28). Parmi les sources qu'elle a consultées, la Direction des recherches n'a pas trouvé d'autre information allant en sens.

3.2 Relations avec la population en général

The Ukrainian Week souligne que les organisations fondées par Igor Markov, dont le parti Rodina, mènent une lutte contre les [traduction] « "Ukrainiens nationalistes et fascistes" » (23 mai 2011). De même, dans son article publié en novembre 2010, le chercheur de l'Université de Toronto affirme que, dans la ville d'Odessa, les activistes du parti Rodina ont lancé une campagne de [traduction] « terreur » contre les nationalistes ukrainiens (Kuzio nov. 2010, 28). Selon le chercheur, la [traduction] « terreur » entretenue par le parti Rodina a abouti en 2009 au meurtre d'un étudiant nationaliste ukrainien de 21 ans, meurtre qu'on a attribué à des activistes de l'organisation Antifa (Anti-fasciste), qui auraient des liens avec le parti Rodina (ibid.). Les auteurs présumés du meurtre auraient fui vers la Russie et leurs noms figurent sur la liste de fugitifs recherchés par les autorités ukrainiennes (ibid.). Parmi les sources qu'elle a consultées, la Direction des recherches n'a pas trouvé d'autre information allant en ce sens.

Par ailleurs, en 2007, signale le chercheur de l'Université de Toronto, les activistes du parti Rodina s'en étaient pris aux Ukrainiens qui manifestaient contre le dévoilement d'un monument à la mémoire de l'impératrice Catherine (Kuzio nov. 2010, 28). Également, Odessa Region Media Highlights rapporte qu'en septembre 2007, Markov et ses gardes du corps auraient attaqué les Ukrainiens qui manifestaient pacifiquement contre la construction d'un monument en hommage à l'impératrice russe Catherine II, à Odessa (4 juill. 2011). Odessa Region media hihglights explique qu'après avoir été battu, un des manifestants serait devenu invalide, et que malgré de nombreuses preuves contre Markov, ce dernier n'a pas été inculpé, et ce, en raison de ses liens avec la police (4 juill. 2011).

En outre, des médias ont rapporté que le 9 mai 2011, journée anniversaire de la victoire des Soviétiques sur les nazis, il y a eu des incidents entre les membres des partis nationalistes ukrainiens et les organisations pro-russes dans la ville de Lvov (Kyiv Post 13 mai 2011; RT 26 mai 2011; The Ukrainian Week 23 mai 2011). On a cité, entre autres, le parti Svoboda parmi les organisations nationalistes, et Rodina, parmi les organisations pro-russes (RT 26 mai 2011). Le 23 mai 2011, The Ukrainian Week affirmait que les partisans du parti Svoboda ont pris d'assaut les membres des organisations pro-russes qui se rendaient au mont Glory, cimetière des soldats soviétiques. Ainsi, en plus de brûler des étendards, les partisans du parti Svoboda auraient bloqué l'entrée au cimetière et attaqué des diplomates russes qui s'y rendaient (RT 26 mai 2011). De même, le quotidien de Kiev Kyiv Post a souligné que les partisans du parti Svoboda auraient brûlé des drapeaux rouges soviétiques et lancé des pierres contre les groupes pro-russes (13 mai 2011). D'après la chaîne télévisée RT, chaîne d'information générale basée à Moscou et qui diffuse dans plus de 100 pays (RT s.d.), à la suite de l'attaque lancée par les partisans du parti Svoboda contre les représentants des organisations pro-russes, il y aurait eu 17 blessés et deux nationalistes ukrainiens auraient été mis en état d'arrestation; la source ne fournit toutefois pas d'information sur ce qu'il est advenu des deux personnes arrêtées (26 mai 2011).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Crimean News Agency. 17 juillet 2009a. « Russian Community of Crimea Greets Appearance of Party "Rodina" in Crimea ». [Date de consultation : 17 avr. 2012]

_____. 17 juillet 2009b. « Ukrainian Leader in Crimea : Rodina Appearance Here is Planned Provocation ». [Date de consultation : 17 avr. 2012]

Interfax. 17 novembre 2010. « Regions Party Member Heads Odesa Regional Council ». (Factiva)

_____. 4 septembre 2010. « Regions Party Officially Nominates Oleksiy Kostusev as its Candidate for Odesa Mayor ». (Factiva)

_____. 28 juillet 2009. « Ukrainian Nationalists Demand Closure of Russian Consulate in Odesa ». [Date de consultation : 17 avr. 2012]

The Jamestown Foundation. 17 août 2009. Taras Kuzio. « Ukrainian-Russian Diplomatic War Intensifies ». Eurasia Daily Monitor, Vol. 6, no 158. [Date de consultation : 17 avr. 2012]

Kuzio, Taras. Novembre 2010. The Crimea: Europe's Next Flashpoint? Washington, DC : The Jamestown Foundation. [Date de consultation : 17 avr. 2012]

KyivPost [Kiev]. 13 mai 2011. « Seeing Red ». [Date de consultation : 18 avr. 2012]

_____. 22 avril 2010. Taras Kuzio. « Separatists and Russian Nationalist-Extremist Allies of the Party of Regions Call for Union with Russia ». [Date de consultation : 17 avr. 2012]

Odessa Region Media Highlights. 14 août 2011. « Ukraine: Odessa Region media highlights 6-12 Aug 11 ». (Factiva/BBC Monitoring Ukraine & Baltics)

_____. 4 juillet 2011. « Ukraine: Odessa Region media highlights 25 Jun-1 Jul 11 ». (Factiva/BBC Monitoring Ukraine & Baltics)

OpenDemocracy. 12 septembre 2011. Roman Kabachyl. « Star of David vs Ukrainian Trident: a Fake Conflict ». [Date de consultation : 17 avr. 2012]

_____. S.d. « About OpenDemocracy ». [Date de consultation : 17 avr. 2012]

RT. 26 mai 2011. « Two Ukrainian Nationalists Arrested over Victory Day Clashes ». [Date de consultation : 18 avr. 2012]

_____. S.d. « Corporate Profile ». [Date de consultation : 18 avr. 2012]

Ukrainian News Agency. 5 novembre 2010. « Update: Pary of Regions Wins 24 Seats in Odesa City Council, Rodina Wins 11, Front for Change 10, Strong Ukraine 9, CPU 3, Batkivschyna 3 ». (Factiva)

The Ukrainian Week [Kiev]. 23 mai 2011. Sergiy Grabovsky et Oleksander Mikhelson. « Blind Shoot on Victory Day ». [Date de consultation : 18 avr. 2012]

Autres sources consultées

Sites Internet, y compris : Agence France-Presse; Amnesty International; Australie — National Library of Australia; Brama; Center of Documentation and Information on Minorities in Europe; Centre national de la recherche scientifique; Congrès des Ukrainiens-Canadiens; Conseil de l'Europe; Eurominority.eu; Euronews; European Centre for Minority Issues; European Country of Origin Information Network; Eurotopics; L'Express; Fédération internationale des ligues des droits de l'homme; Le Figaro; ForUm; Freedom House; Human Rights Watch; The Independent; Indymedia; Information Telegraph Agency of Russia; International Helsinki Federation for Human Rights; Minorities at Risk; The Moscow Times; National Academy of Sciences of Ukraine; Nations Unies — Réseaux d'information régionaux intégrés; Organisation mondiale des parlementaires contre la corruption; Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe; Oxford Brookes University; Panorama Centre; Radio France internationale; Radio Free Europe/Radio Liberty; Reuters; Review of Applied Socio-Ecomic Research; RIA Novosti; Russie — Federal Security Service of the Russian Federation; Transylvanian Monitor; Trésor de la langue française au Québec; Turkish Weekly; Ukrainian Canadian Civil Liberties Association; Ukrainian Weekly; Unian; Voice of America.

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