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Tchad : tentative de coup d'État de février 2008; traitement réservé à certaines tribus et aux membres de différents partis politiques depuis la tentative de coup d'État

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Author Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa
Publication Date 25 August 2008
Citation / Document Symbol TCD102896.EF
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Tchad : tentative de coup d'État de février 2008; traitement réservé à certaines tribus et aux membres de différents partis politiques depuis la tentative de coup d'État, 25 August 2008, TCD102896.EF, available at: http://www.refworld.org/docid/492ac797c.html [accessed 26 October 2014]
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Tentative de coup d'État

Le 2 février 2008, des forces rebelles sont entrées dans N'djamena, capitale du Tchad, pour tenter de renverser le président Idriss Déby (MSF 4 avr. 2008; AFP 15 févr. 2008). Les combats se sont poursuivis dans la capitale durant deux jours avant que les rebelles soient repoussés (ibid.; MSF 4 avr. 2008; Christian Science Monitor 14 févr. 2008). Selon l'organisation Médecins sans frontières (MSF), les combats ont fait plus de 270 morts et près d'un millier de blessés (MSF 4 avr. 2008). La Croix-Rouge a fait état d'un bilan semblable au Christian Science Monitor : [traduction] « des centaines de personnes sont mortes au cours des combats et des milliers de personnes ont été blessées » (Christian Science Monitor 14 févr. 2008). Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) estime que 30 000 personnes ont fui au Cameroun (MSF 4 avr. 2008; Nations Unies 26 févr. 2008; ibid. 15 févr. 2008). À la fin du mois de février, beaucoup d'entre elles étaient retournées au Tchad, mais de nombreuses autres hésitaient encore à y retourner en raison du manque de sécurité (Nations Unies 26 févr. 2008; voir aussi ibid. 15 févr. 2008).

Le 7 février 2008, le gouvernement a imposé un couvre-feu national en vigueur [traduction] « entre la tombée de la nuit et l'aube » (Oakland Tribune 8 févr. 2008) et une semaine plus tard, il a déclaré l'état d'urgence (AFP 15 févr. 2008; HRW 20 mars 2008) autorisant [traduction] « les perquisitions domiciliaires et des restrictions de la presse privée et publique » (AFP 15 févr. 2008). L'état d'urgence a été levé le 15 mars 2008 (HRW 20 mars 2008; Nations Unies 20 mars 2008).

Groupes armés et leurs dirigeants

Le groupe qui a participé à la tentative de coup d'État est une nouvelle alliance de trois forces rebelles : l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) (BBC 4 févr. 2008), dirigée par Mahamat Nouri de l'ethnie gorane, ancien membre clé du gouvernement du président Idriss Déby (Jeune Afrique 10-16 févr. 2008; BBC 4 févr. 2008); le Rassemblement des forces pour le changement (RFC), dirigé par Timane Erdimi de l'ethnie zaghawa, autre ancien membre de premier plan du gouvernement de Déby (ibid.; Jeune Afrique 10-16 févr. 2008) et neveu de ce dernier (ibid.; Oakland Tribune 8 févr. 2008); et l'UFDD-Fondamentale, groupe dissident de l'UFDD dirigé par Abdelwahid Aboud (BBC 4 févr. 2008), arabe tchadien également connu sous le nom d'Abdelwahid Aboud Mackaye (Jeune Afrique 10-16 févr. 2008).

Situation des groupes ethniques

Selon le New York Times, les rebelles armés représentent divers groupes ethniques (New York Times 12 févr. 2008). Ils reprochent au gouvernement de Déby de favoriser les membres du clan zaghawa (ibid.; BBC 4 févr. 2008), qui représenteraient [traduction] « moins de 3 p. 100 de la population du Tchad » (ibid.). Un tchadien déplacé qui a fui vers le nord du Cameroun pendant la tentative de coup d'État pour échapper à la violence à N'djamena a déclaré aux Réseaux d'information régionaux intégrés (IRIN) des Nations Unies que les rebelles visaient principalement les Tchadiens appartenant aux clan zaghawa (Nations Unies 15 févr. 2008).

Divers groupes ont manifesté leurs inquiétudes concernant la réaction du gouvernement à la tentative de coup d'État (HRW 20 mars 2008; Nations Unies 20 mars 2008). Dans un communiqué de presse du 7 février 2008, le directeur de programme adjoint pour l'Afrique d'Amnesty International (AI) a dit s'inquiéter du fait que le gouvernement lançait [traduction] « une importante chasse aux sorcières » contre les personnes soupçonnées d'appuyer les rebelles (AI 7 févr. 2008). Parmi les 15 cas qui [traduction] « semblent relever de la détention arbitraire » et qui ont été décrits par Human Rights Watch (HRW) dans un article du 20 mars 2008, onze concernaient des personnes appartenant à l'ethnie gorane; ce sont les membres de ce groupe ethnique qui sont les plus nombreux au sein de l'UFDD, [traduction] « groupe rebelle qui a dirigé la tentative de coup d'État » (20 mars 2008). L'article de Human Rights Watch décrit les [traduction] « violations des droits » perpétrées par les forces de sécurité de l'État, y compris des pillages, de l'extorsion, de la violence physique, de la torture et des viols qui ont été commis pendant les [traduction] « recherches de porte en porte » (ibid.). Amnesty International USA précise que trois hommes qu'on croyait [traduction] « appartenir à la même communauté ethnique que les groupes armés de l'opposition » ont été victimes d'exécutions extrajudiciaires immédiatement après la tentative de coup d'État (AI USA 7 févr. 2008).

Situation des opposants politiques au gouvernement de Déby

L'arrestation de politiciens de l'opposition pendant l'état d'urgence a soulevé des inquiétudes (HRW 26 févr. 2008; Agence Europe 13 févr. 2008; Oakland Tribune 8 févr. 2008). Un article du New York Times publié le 12 février 2008 a signalé [traduction] « qu'au moins une demi-douzaine » de dirigeants de l'opposition ont disparu après avoir été vus pour la dernière fois sous escorte des hommes portant des uniformes militaires sans insignes. L'article cite un membre d'un parti de l'opposition qui a affirmé [traduction] « nous qui sommes contre ce gouvernement avons maintenant tous peur » (New York Times 12 févr. 2008). Le dirigeant de l'organisation tchadienne Droits de l'homme sans frontières (DHSF), qui a fui au Cameroun après une visite de la police à son domicile et dont les propos ont été cités dans un article des IRIN, aurait dit qu'après la tentative de coup d'État les autorités [traduction] « arrêtaient quiconque était soupçonné d'appuyer les rebelles » (Nations Unies 20 mars 2008).

La détention de trois chefs de l'opposition en particulier a soulevé des inquiétudes (HRW 4 mars 2008). Il s'agit de Lol Mahamat Choua, ancien président tchadien (Agence Europe 13 févr. 2008; AFP 14 févr. 2008) qui dirigeait un comité sur la réforme démocratique (ibid.), d'Ibni Oumar Mahamat Saleh, porte-parole de la Coordination pour la défense de la Constitution (CPDC) (HRW 26 févr. 2008; Agence Europe 13 févr. 2008) et de Ngarlejy Yorongar, chef de file chevronné de l'opposition (ibid.; AFP 14 févr. 2008) et dirigeant du parti politique Fédération, action pour la République (FAR) (HRW 26 févr. 2008). Lol Mahamat Choua aurait été mis en état d'arrestation et libéré plus tard (HRW 4 mars 2008; AFP 6 mars 2008). Ngarlejy Yorongar a été détenu et il s'est ensuite enfui en France en passant par le Cameroun (ibid.). En date de juillet 2008, on ne savait toujours pas où se trouvait Ibni Oumar Mahamat Saleh (AFP 15 juill. 2008).

Ngarlejy Yorongar a déclaré à la presse que Ibni Oumar Mahamat Saleh avait été violemment battu lors de sa détention et qu'il craignait que ce dernier en soit mort (AFP 6 mars 2008; Afrique Express 20 juin 2008). Dans un article d'Afrique Express, Ngarlejy Yorongar allègue qu'il a d'abord été détenu avec les deux autres (ibid.); toutefois, Lol Mahamat Choua affirme qu'il a toujours été détenu en isolement cellulaire (ibid.).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Afrique Express. 20 juin 2008. « Ibni Oumar Mahamat Saleh disparu depuis le 3 février 2008 ». [Date de consultation : 14 juill. 2008]

Agence Europe [Bruxelles]. 13 février 2008. « EU / Chad: Louis Michel Expresses Concern about Arrest of Chadian Opposition Members ». (Factiva)

Agence France-Presse (AFP). 15 juillet 2008. « Tchad: le siège du parti d'Ibni cambriolé à N'Djamena ». (Factiva)
_____. 6 mars 2008. « Chad Opposition Leader: Other Opponent Beaten in Custody ». (Factiva)
_____. 15 février 2008. « Chad under State of Emergency after Foiled Rebel Assault ». (Dialog)
_____. 14 février 2008. « Chad Opposition: Pres Guard Brutally Arrested its Leaders ». (Factiva)

Amnesty International (AI) USA. 7 février 2008. « Amnesty International Decries Executions in Chad, Calls on Government to Prevent Extrajudicial Killings ». [Date de consultation : 14 juill. 2008]

British Broadcasting Corporation (BBC). 4 février 2008. Stephanie Hancock. « Q&A: Chad Rebellion ». [Date de consultation : 10 juill. 2008]

Christian Science Monitor. 14 février 2008. Sarah Simpson. « Chad Refugees Head Home after Failed Rebel Coup ». [Date de consultation : 21 juill. 2008]

Human Rights Watch (HRW). 20 mars 2008. « Chad: Charge or Release Political Detainees ». [Date de consultation : 14 juill. 2008]
_____. 4 mars 2008. « Chad – Opposition Leader Ibni Still Missing: Yorongar Confirms Detention; Government Inquiry Lacks Independence ». [Date de consultation : 14 juill. 2008]
_____. 26 février 2008. « Chad – Account for "Disappeared" Opposition Leaders: Two Missing Politicians Last Seen in Army Custody ». [Date de consultation : 14 juill. 2008]

Jeune Afrique [Paris]. 10-16 février 2008. No 2457. Christophe Boisbouvier. « Le Cancer Tchadien: Le triumvirat de la rébellion ».

Médecins sans frontières (MSF). 4 avril 2008. « Coup Attempt in Chad Leaves Hundreds Dead and Wounded: Thousands Flee to Cameroon ». [Date de consultation : 21 juill. 2008]

Nations Unies. 20 mars 2008. Réseaux d'information régionaux intégrés (IRIN). « Chad: Civilians Flee as Govt Targets Critics ». [Date de consultation : 14 juill. 2008]
_____. 26 février 2008. Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). « Cameroon: Many Chadians Feel Return Is not yet Safe ». [Date de consultation : 30 juill. 2008]
_____. 15 février 2008. Réseaux d'information régionaux intégrés (IRIN). « Chadian Refugees Refuse to Leave Northern Cameroon Citing Insecurity ». (Dialog)

The New York Times. 12 février 2008. Lydia Polgreen. « Chad's Leader Survives, but Dissidents' Peril Grows ». [Date de consultation : 10 juill. 2008]

Oakland Tribune. 8 février 2008. Tom Maliti. « Chad Government Declares Curfew ». (BNet Business Network) [Date de consultation : 10 juill. 2008]

Autres sources consultées

Sites Internet, y compris : AllAfrica.com, Associated Press, Chad NOW, Elcano Royal Institute, États-Unis – Department of State, Guardian News and Media Limited (R.-U.), Jerusalem Post, MSNBC, ReliefWeb, Reuters, La Voix de l'Amérique (VOA), Washington Post.

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