Last Updated: Monday, 14 July 2014, 13:12 GMT

Algérie : information sur le terrorisme et le banditisme; mesures prises par l'État pour lutter contre le terrorisme

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Publication Date 25 October 2011
Citation / Document Symbol DZA103887.F
Related Document Algeria: Information on terrorism and banditry; measures taken by the state to fight terrorism and banditry
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Algérie : information sur le terrorisme et le banditisme; mesures prises par l'État pour lutter contre le terrorisme, 25 October 2011, DZA103887.F, available at: http://www.refworld.org/docid/50aa11d32.html [accessed 14 July 2014]
DisclaimerThis is not a UNHCR publication. UNHCR is not responsible for, nor does it necessarily endorse, its content. Any views expressed are solely those of the author or publisher and do not necessarily reflect those of UNHCR, the United Nations or its Member States.

Des sources consultées par la Direction des recherches parlent d'une « recrudescence » des attentats terroristes au Nord de l'Algérie (Lebovich 26 sept. 2011; El Watan 28 août 2011). Selon une analyse publiée dans la revue CTC Sentinel du Centre de lutte contre le terrorisme de l'académie militaire américaine West Point (Combating Terrorism Center at West Point - CTC), en 2011, le Nord de l'Algérie a été touché par un plus grand nombre d'attaques et de victimes que les années précédentes, et ce, principalement à partir du mois d'avril (Lebovich 26 sept. 2011). Selon le quotidien algérien El Watan, des attaques terroristes sont enregistrées « quotidiennement » depuis le début de l'été 2011 (28 août 2011).

Selon un article écrit par un chercheur spécialisé dans la sécurité dans le Nord de l'Afrique et publié dans le Policy Brief du Middle East Institute à Washington, malgré une remontée du niveau de violence en 2009, les attaques ont diminué en 2010 (Roussellier août 2011, 5). Des sources consultées par la Direction des recherches affirment que les actes de violence commis par des groupes armés en Algérie ont grandement diminué par rapport aux années 1990 (Human Rights Watch janv. 2011; É.-U. 5 août 2010).

Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) est décrit par le Conseil consultatif de sécurité outre-mer (Overseas Security Advisory Council - OSAC) des États-Unis comme le groupe armé le plus [traduction] « actif » en Algérie (É.-U. 21 avr. 2011). L'AQMI est impliqué dans plusieurs attentats en Algérie (Reuters 22 nov. 2010; Freedom House 2010) et il constituerait toujours une [traduction] « menace » importante (É.-U. 21 avr. 2011; UPI 6 juill. 2010). Selon les Country Reports on Human Rights Practices for 2010 du Département d'État des États-Unis, [traduction] « la plupart » des attentats terroristes sont attribués à AQMI (É.-U. 8 avr. 2011, sect. 1a). Le Service de recherche du Congrès (Congressional Research Service - CRS) des États-Unis affirme toutefois que [traduction] « l'on peut s'interroger sur la cohésion d'AQMI, car il se peut que le groupe opère en cellules relativement autonomes ou rivales et certains de ses membres ont fait défection » (É-U. 22 févr. 2011, 6). Le quotidien algérien Liberté affirme également qu'il existe des conflits internes et des querelles de leadership au sein d'AQMI (Liberté 29 août 2011).

Anciennement connu sous le nom de Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), le groupe a pris le nom de Al-Qaïda au Maghreb islamique en 2007, après s'être allié à Al-Qaïda (UPI 6 juill. 2010; Human Rights Watch 16 mars 2010; START s.d.). La raison d'être d'AQMI est de renverser le gouvernement d'Algérie et de le remplacer par un gouvernement islamique (É.-U. 22 févr. 2011, 6; START s.d.).

Selon deux sources, l'AQMI compterait environ 300 membres armés actifs (UPI 6 juill. 2010; START s.d.). D'autres sources estiment qu'au cours des dernières années, le nombre d'activistes armés en Algérie oscillait entre 400 et 800 (É.-U. 8 avr. 2011, sect. 1; L'Expression 24 janv. 2010). D'après le quotidien Liberté, l'AQMI a eu des difficultés à recruter de nouveaux membres au cours des dernières années, soit parce que certains d'entre eux ont été abattus, ou alors que d'autres se seraient rendus (Liberté 29 août 2011).

Des sources notent que la distinction entre terroristes et bandits est floue en Algérie (LADDH 24 avr. 2011; Le Monde 19 déc. 2010). Selon le CRS, afin de se financer, l'AQMI prend part à des activités criminelles, telles le trafic de drogues, d'armes, de véhicules, de cigarettes et de personnes (É.-U. 22 févr. 2011, 8). L'AQMI utilise notamment l'enlèvement contre rançon comme une source de financement pour ses activités (ibidibid.; APS 15 avr. 2011). Cependant, des enlèvements contre rançon sont également commis par des bandes criminelles (Le Monde 19 déc. 2010). En raison des nombreux enlèvements en Algérie, Le Monde parle d'une « "industrie" » du rapt (19 déc. 2010).

Cibles des groupes terroristes

En Algérie, l'AQMI cible principalement les forces de sécurité et les représentants du gouvernement, ainsi que les ressortissants étrangers (É.-U. 21 avr. 2011; Freedom House 2010). Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches le 24 avril 2011, une représentante de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH), organisation non gouvernementale (ONG) indépendante (LADDH s.d.), a expliqué que

[…] durant la décennie précédente, les intellectuels, les journalistes, les hommes politiques et les artistes étaient particulièrement traqués par [les groupes terroristes] mais ces dernières années, les militaires, les policiers et tous ceux qui leur prêtent assistance (chefs des circonscriptions administratives...) sont particulièrement visés ainsi que les institutions de l'État.

L'article publié dans CTC Sentinel et les Country Reports 2010 notent également que dans certains cas, des civils ont été ciblés par des attaques, mais n'offrent pas de précisions sur celles-ci (Lebovich 26 sept. 2011; É.-U. 8 avr. 2011, intro.).

Zones d'opérations

En plus d'opérer en Algérie, l'AQMI mène également des attaques dans d'autres pays du Nord de l'Afrique (UPI 6 juill. 2010; Human Rights Watch 16 mars 2010; É.-U. 5 août 2010). En Algérie, la région de la Kabylie est particulièrement touchée par des affrontements entre les forces de sécurité et les groupes terroristes ainsi que par des enlèvements (LADDH 24 avr. 2011; Le Monde 19 déc. 2010; Reuters 22 nov. 2010). La Kabylie est considérée comme l'un des bastions de l'AQMI (Le Monde 19 déc. 2010; Lebovich 26 sept. 2011). La représentante de la LADDH a précisé ce qui suit :

Les régions de Boumerdès, Dellys et Tizi Ouzou [en Kabylie] restent des fiefs privilégiés des terroristes à cause surtout des massifs montagneux qui s'y trouvent. Ces régions d'ailleurs sont le théâtre d'affrontements et de ratissages fréquents : en témoignent les nombreux barrages dressés sur la route et qui empoisonnent la vie des citoyens de ces régions (LADDH 24 avr. 2011).

Selon El Watan, la Kabylie a été particulièrement frappée par la recrudescence de la violence en août 2011 (28 août 2011). Le quotidien français Le Figaro signale que la région est d'Alger qui se trouve à la frontière de la Kabylie est la scène d'une augmentation du nombre d'attentats à chaque été; à cette période de l'année, il serait plus facile pour les « terroristes » de se déplacer le long de la côte en raison de l'afflux de vacanciers et de la circulation plus dense (Le Figaro 27 juill. 2011). Cependant, selon El Watan, les attentats plus récents démontrent que la zone d'opération de l'AQMI s'est élargie de l'est d'Alger pour se déplacer vers l'ouest, signalant soit une plus grande mobilité, soit la présence de cellules locales (28 août 2011). De plus, El Watan affirme que les attaques plus récentes ciblaient des lieux que l'on considérait plus sécurisés, opérant à l'intérieur de villes plutôt que contre des cibles isolées (ibid.)

En 2011, des attaques ont notamment eu lieu dans les villes de Bordj Menaïel (Liberté 29 août 2011; El Watan 28 août 2011; Le Figaro 27 juill. 2011), Tizi Ouzou (El Watan 28 août 2011; Liberté 29 août 2011) et contre une académie militaire à Cherchell (El Watan 28 août 2011; Lebovich 26 sept. 2011). Selon El Watan, ces attentats auraient fait environ 20 morts et plus de 60 blessés (28 août 2011). De plus, l'article publié dans CTC Sentinel signale qu'en 2011, selon des médias algériens, des membres des forces armées et de la police ont été attaqués à Azazga, dans la province de Tizi Ouzou, à Thénia et à Ammal, dans la province de Boumerdes, et à Bouderbala, dans la province de de Bouira, faisant au total 24 morts parmi les forces de l'ordre (Lebovich 26 sept. 2011). Selon ce même article, AQMI est également actif dans un [traduction] « large couloir » aux frontières de la Mauritanie, du Mali et du Niger (ibid.). L'auteur de l'article affirme que les attentats qui ont eu lieu en 2011 démontrent qu'AQMI a la capacité de mener des attaques en dehors de la Kabylie (ibid.). De plus, toujours d'après l'article publié dans le CTC Sentinel, l'augmentation du nombre d'attaques suicides indique qu'AQMI a la capacité de recruter des kamikazes (ibid.).

Certaines sources expliquent cette augmentation du nombre d'attentats par l'effet galvanisant de la guerre civile dans le pays voisin de la Lybie; cette situation faciliterait l'acquisition d'armes et de munitions, ainsi que le recrutement (Liberté 29 août 2011; Lebovich 26 sept. 2011). Selon CTC, AQMI accuse le gouvernement algérien d'avoir appuyé le régime de Kadhafi en Lybie (ibid.) L'article publié dans CTC Sentinel souligne aussi que certains soupçonnent AQMI d'obtenir de l'aide et de l'approvisionnement de la part des ses cellules basées dans d'autres régions du Sahel (ibid.).

Mesures prises par l'État pour lutter contre le terrorisme

L'Algérie collabore avec d'autres pays dans le Nord de l'Afrique dans un combat régional contre le terrorisme (UPI 6 juill. 2010; Reuters 17 mars 2010; Freedom House 2010).

Le journal parisien Le Monde signale qu'en décembre 2010, l'Algérie a lancé « la plus grosse intervention militaire de ces dernières années contre les combattants d'AQMI, et plusieurs milliers de militaires, envoyés sur place, auraient été mobilisés » (19 déc. 2010). Selon l'OSAC, une autre opération militaire a eu lieu à l'automne 2010 et a mené à des centaines d'arrestations de « terroristes » et à la mort d'un grand nombre d'entre eux (É.-U. 21 avr. 2011). Un article publié le 6 juillet 2010 par l'United Press International (UPI) signale que plusieurs chefs d'AQMI se seraient rendus en 2010, et que l'armée algérienne aurait envoyé 3 000 autres soldats pour appuyer les 15 000 déjà en poste pour lutter contre le terrorisme près des frontières dans le sud du pays. De plus, selon le Département d'État des États-Unis, le gouvernement d'Algérie aurait mis sur pied en 2008 un programme visant à embaucher 100 000 nouveaux policiers et agents de police paramilitaires (É.-U. 5 août 2010).

Selon Le Figaro, les autorités algériennes ont lancé des « opérations de ratissage » en Kabylie et elles ont renforcé les contrôles dans les environs d'Alger, qui aurait été placée « sous haute surveillance » (Le Figaro 27 juill. 2011). Le CRS affirme également que les forces de l'ordre ont recommencé à faire des ratissages à Tizi Ouzou, Boumerdes et Bouira et ont déployé des ressources afin de tenter de contrôler des routes et des cibles possibles (26 sept. 2011). Selon les Country Reports on Terrorism 2010, les autorités algériennes font également des efforts pour contrer le radicalisme et l'extrémisme en faisant appel à des experts religieux qui font pression sur les militants par l'entremise d'émissions de radio (É.-U. 18 août 2011).

Selon les Country Reports 2010, il est [traduction] « difficile de vérifier de façon indépendante l'information sur la violence liée au terrorisme dans le pays » et le ministère de l'Intérieur divulgue [traduction] « sporadiquement » de l'information sur le nombre de morts parmi les civils, les terroristes et les forces de l'ordre (É.-U. 8 avr. 2011, sect. 1a).

Selon l'article publié dans CTC Sentinel, certains soutiennent que le succès relatif des mesures anti-terroristes au cours des dernières années avait créé un assouplissement des mesures de sécurité dont AQMI a profité pour se renforcer (Lebovich 26 sept. 2011). D'après le même article, les forces de l'ordre ont été « vivement critiquées en raison de leur incapacité à contenir la violence malgré qu'elles aient maintenu une présence importante en Kabylie » (ibid.).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information

Références

Agence France-Presse (AFP). 24 février 2011. « En Algérie, l'état d'urgence en vigueur depuis 19 ans a été levé ». (Radio France internationale - RFI). [Date de consultation : 21 oct. 2011]

Algérie Presse Service (APS). 15 avril 2011. « Terrorisme : les kidnappings contre rançon rapportent à l'AQMI des ressources substantielles ». (Algérie Focus) [Date de consultation : 21 oct. 2011]

Andrew Lebovich. 26 septembre 2011. « AQIM Returns in Force in Northern Algeria ». CTC Sentinel. Vol. 4, no 9. [Date de consultation : 17 oct. 2011]

El Watan [Alger]. 28 août 2011. Kamel Omar. « Le retour inquiétant des kamikazes ». [Date de consultation : 18 oct. 2011]

États-Unis (É.-U.). 18 août 2011. Department of State. « Middle East and North Africa Overview ». Country Reports on Terrorism 2010. [Date de consultation : 17 oct. 2011]

_____. 21 avril 2011. Overseas Security Advisory Council (OSAC). Algeria 2011 Crime and Safety Report. [Date de consultation : 21 oct. 2011]

_____. 8 avril 2011. Department of State. « Algeria ». Country Reports on Human Rights Practices for 2010. [Date de consultation : 14 oct. 2011]

_____. 22 février 2011. Congressional Research Service (CRS). Alexis Arieff. Algeria: Current Issues. [Date de consultation : 17 oct. 2011]

_____. 5 août 2010. Department of State. « Middle East and North Africa Overview ». Country Reports on Terrorism 2009. [Date de consultation : 24 oct. 2011]

L'Expression [Alger]. 24 janvier 2010. Ikram Ghioua. « Des spécialistes l'affirment : "le banditisme remplacera le GSPC" ». [Date de consultation : 30 mars 2011]

Le Figaro. 27 juillet 2011. Mélanie Matarese. « Alger sous la menace terroriste ». [Date de consultation : 17 oct. 2011]

Freedom House. 2010. « Algeria ». Freedom in the World 2010. [Date de consultation : 24 oct. 2011]

Human Rights Watch. Janvier 2011. « Algérie ». Rapport mondial 2011 : événements de 2010. [Date de consultation : 24 oct. 2011]

_____. 16 mars 2010. « L'organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique devrait cesser de prendre les civils pour cible ». [Date de consultation : 24 oct. 2011]

Liberté [Alger]. 29 août 2011. « Retour sur l'attentat contre l'académie militaire de Cherchell : les terroristes algériens galvanisés par la guerre en Lybie ». [Date de consultation : 24 oct. 2011]

Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH). 24 avril 2011. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches par une représentante.

_____. S.d. « Présentation ». [Date de consultation : 24 oct. 2011]

Le Monde [Paris]. 19 décembre 2010. Isabelle Mandraud. « L'armée algérienne mène une vaste offensive en Kabylie contre Al-Qaida ». (Factiva)

Reuters. 22 novembre 2010. Lamine Chikhi. « Algerians Protest Over al Qaeda Violence ». [Date de consultation : 24 oct. 2011]

_____. 17 mars 2010. Lamine Chikhi. « Sahara States Say Agree Joint Action Against Qaeda ». [Date de consultation : 24 oct. 2011]

Roussellier, Jacques. Août 2011. Terrorism in North Africa and the Sahel: Al Qa'ida's Franchjise or Freelance? Policy Brief no 34. [Date de consultation : 24 oct. 2011]

START, the National Consortium for the Study of Terrorism and Responses to Terrorism, University of Maryland. S.d. « Terrorist Organization Profile: Al-Qaeda Organization in the Islamic Maghreb ». [Date de consultation : 18 avr. 2011]

United Press International (UPI). 6 juillet 2010. « Special Reports: Al-Qaida Digs in to Resist Region's Armies ». [Date de consultation : 24 oct. 2011]

Autres sources consultées

Sources orales : Les tentatives faites pour joindre deux analystes spécialisés en sécurité en Afrique du Nord affiliés au groupe de réflexion The Jamestown Foundation ont été infructeuses.

Publications : Algeria : Current Issues; Salafism and Radical Politics in Postconflict Algeria

Sites Internet, y compris : Algérie-Watch; Amnesty International; City DZ Magazine; Council on Foreign Relations; Crime & Justice International; European Country of Origin Information Network; Human Security Gateway; International Crisis Group; Jane's Intelligence Review; Jane's Terrorism and Security Monitor; Memorial Institute for the Prevention of Terrorism; Nations Unies - Refworld, Réseaux d'information régionaux intégrés; Le Soir d'Algérie; Sources.

Copyright notice: This document is published with the permission of the copyright holder and producer Immigration and Refugee Board of Canada (IRB). The original version of this document may be found on the offical website of the IRB at http://www.irb-cisr.gc.ca/en/. Documents earlier than 2003 may be found only on Refworld.

Search Refworld

Countries

Topics