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Cameroun : information sur le Front social démocrate (Social Democratic Front - SDF), son statut actuel, son organisation et sa structure, sa carte de membre et le traitement de ses membres par les autorités de l'État

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Publication Date 17 April 2012
Citation / Document Symbol CMR104018.F
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Cameroun : information sur le Front social démocrate (Social Democratic Front - SDF), son statut actuel, son organisation et sa structure, sa carte de membre et le traitement de ses membres par les autorités de l'État, 17 April 2012, CMR104018.F, available at: http://www.refworld.org/docid/4f9e35bb2.html [accessed 18 September 2014]
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1. Information générale sur le Front social démocrate

Les sources consultées par la Direction des recherches s'accordent pour affirmer que le Front social démocrate (Social Democratic Front - SDF) est le principal parti d'opposition au Cameroun (Reuters 10 oct. 2011; Freedom House 2011; International Crisis Group 25 mai 2010, 18; Cameroon Tribune 26 mai 2010). Le parti a vu le jour en 1990 (ibid.; PHW 2011, 227; Political Parties of the World 2009, 99) à Bamenda dans la province du Nord-Ouest (PHW 2011, 227; Cameroon Tribune 26 mai 2010).

1.1 Appuis du parti

Certaines sources notent que les appuis du parti sont concentrés dans l'Ouest du Cameroun (É.-U. 8 avr. 2011, sect. 3; PHW 2011, 227; Political Parties of the World 2009, 100). L'International Crisis Group affirme toutefois que le SDF a obtenu également des appuis dans l'ensemble du pays (25 mai 2010, 18). Le SDF est particulièrement présent dans la province du Nord-Ouest (ibid.; PHW 2011, 227; Political Parties of the World 2009, 100). On peut lire dans Political Parties of the World que la province du Nord-Ouest est la seule où le chef du SDF, Ni John Fru Ndi, a remporté une majorité des voix aux élections présidentielles de 2004 (ibid.). Radio France internationale précise que lors des élections présidentielles qui se sont tenues en octobre 2011, Ni John Fru Ndi a remporté 54 p. 100 des votes « dans le Nord-Ouest anglophone », la seule région du pays que Byia n'a pas dominée (22 oct. 2011). C'est également dans cette province que le parti a remporté 19 de ses 22 sièges à l'Assemblée nationale en 2002, et 11 des 20 sièges de la province du Nord-Ouest en 2007 (Political Parties of the World 2009, 99-100).

D'après Political Parties of the World, la province du Nord-Ouest est [traduction] « la partie la plus anti-[président Paul] Biya de la région anglophone du Cameroun » (ibid.). Freedom House décrit le SDF comme étant un parti dirigé par des anglophones (2011). D'après l'International Crisis Group, le parti est proche de la cause de la minorité anglophone du Cameroun, mais a rejeté l'idée d'indépendance pour celle-ci (25 mai 2010, 18-19).

1.2 Résultats électoraux

Lors des élections présidentielles tenues en 1992 et en 2004, Ni John Fru Ndi a respectivement remporté environ 36 p. 100 et 17 p. 100 des votes (Cameroon Tribune 26 mai 2010; Political Parties of the World 2009, 99-100). Cependant, Political Parties of the World note que, tant aux élections présidentielles de 1992 qu'à celles de 2004, Ni John Fru Ndi est arrivé en deuxième place dans le nombre de votes, après le président Paul Biya (ibid.). Ni John Fru Ndi est également arrivé deuxième aux élections présidentielles d'octobre 2011, avec 10,7 p. 100 des voix (RFI 22 oct. 2011; Le Figaro 21 oct. 2011). Political Parties of the World souligne que le SDF a boycotté les élections présidentielles de 1997 (2009, 100).

Le SDF a remporté 43 sièges aux élections législatives tenues en 1997, 22 sièges à celles de 2002, et 16 sièges à celles de 2007 (Cameroon Tribune 26 mai 2010; Political Parties of the World 2009, 99-100). À titre de comparaison, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti du président Paul Biya, occupe 153 des 180 sièges à l'Assemblée nationale (Freedom House 2011; International Crisis Group 24 juin 2010, 1).

Selon le quotidien camerounais Cameroon Tribune, la réduction des appuis du parti démontre que le SDF est en déclin et doit reprendre des forces, de peur de disparaître (26 mai 2010). L'auteure d'un article publié dans Jeune Afrique, un hebdomadaire basé à Paris qui traite de l'actualité africaine, note toutefois que les partis d'opposition et les mouvements contestataires en général sont devenus moins influents et moins organisés au Cameroun (13 avr. 2011).

2. Structure et organisation

Selon le site Internet du SDF, le parti est organisé selon les niveaux suivants : la circonscription, le district électoral, la coordination divisionnaire, la province et la nation (n.d.a). La déclaration de principe du parti est annexée à la présente réponse (SDF s.d.b).

Ni John Fru Ndi est chef du SDF depuis sa création en 1990 (International Crisis Group 25 mai 2010, 18; Political Parties of the World 2009, 99). Selon des sources, certains accusent Ni John Fru Ndi d'autoritarisme (Jeune Afrique 13 avr. 2011; International Crisis Group 25 mai 2010, 19; Political Parties of the World 2009, 99-100). D'après Political Parties of the World, plusieurs dissidents ont quitté le SDF en août 2002 et ont formé « [l']Alliance of Progressive Forces », citant la [traduction] « "gestion autocratique" » de Ni John Fru Ndi (ibid.). L'International Crisis Group affirme que

[traduction]

le leadership de [Ni John] Fru Ndi semble, à mesure que le temps passe, de plus en plus comme une position à vie, et comme un reflet cruellement paradoxal du rôle [du président] Biya à la tête du régime (25 mai 2010, 19).

L'International Crisis Group affirme aussi que le refus [traduction] « provocateur » de Ni John Fru Ndi d'apprendre le français permet au régime de présenter le SDF comme étant un parti régional et [traduction] « subversif » (25 mai 2010, 19).

Des sources signalent que la secrétaire générale du parti est Elizabeth Tamanjong (Reuters 10 oct. 2011; PHW 2011, 227). Selon le Political Handbook of the World 2011 (PHW), en 2010, elle a également lancé un mouvement des femmes cherchant à accroitre le leadership des femmes à l'intérieur du parti et dans le pays (ibid.). Selon certaines sources, le vice-président du parti est Joshua Osih (RFI 26 oct. 2011; Jeune Afrique 13 avr. 2011). D'après Jeune Afrique, ce dernier est un successeur possible à Ni John Fru Ndi (ibid.).

3. Traitement des membres du SDF par les autorités de l'État

Selon les Country Reports on Human Rights Practices for 2010 publiés par le Département d'État des États-Unis, les personnes originaires des provinces du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont été victimes de violations des droits de la personne de la part du gouvernement et des forces de sécurité de façon [traduction] « disproportionnée » en raison de leur disposition à appuyer le SDF (É.-U. 8 avr. 2011, sect. 3).

Les Country Reports 2010 soulignent également que de temps en temps les autorités refusaient d'accorder aux partis de l'opposition la permission de tenir des réunions et des rassemblements (ibid.). Selon l'International Crisis Group, [traduction] « les autorités refusent systématiquement d'autoriser les manifestions des partis d'opposition et des associations qui ne sont pas proches du régime » (24 juin 2010, 14). Des sources affirment qu'en février 2010, des membres du SDF se sont vu interdire de tenir une cérémonie commémorative pour des victimes d'émeutes qui ont eu lieu en 2008 (Freedom House 2011; International Crisis Group 24 juin 2010, 14). Selon Freedom House, ces émeutes ont eu lieu, en partie, en réaction à une modification constitutionnelle qui a éliminé la limite de deux mandats présidentiels, permettant ainsi au président Biya de se présenter aux élections présidentielles de 2011 (Freedom House 2011). Certaines sources notent que le SDF s'était opposé à la modification (PHW 2011, 227; Political Parties of the World 2009, 100).

Lors d'une entrevue avec l'International Crisis Group en 2010, un chef de l'opposition a affirmé que le régime réprimait de plus en plus les manifestations et les réunions, ajoutant qu'il n'était plus possible de tenir des réunions comme dans les années 1990 (24 juin 2010, 14 note 100). De même, selon Freedom House, « les membres de l'opposition continuaient à être marginalisés » au Cameroun (2011). Freedom House note également que, selon certains observateurs, Opération Épervier, une campagne anticorruption mise en œuvre en 2004 par le président Biya et qui, en date de mai 2010, a mené à l'arrestation de plus d'une centaine de hauts responsables, est en fait une façon d'éliminer les opposants politiques (2011).

Selon les Country Reports 2010, des professeurs affirment que leurs possibilités d'avancement pourraient être affectées s'ils étaient actifs au sein de partis d'opposition ou critiquaient le gouvernement (US 8 avr. 2011, sect. 2a). Freedom House précise aussi que plusieurs professeurs se censurent eux-mêmes, soulignant que des informateurs des forces de sécurité de l'État sont présents sur les campus universitaires (2011).

4. Cartes de membre

Parmi les sources qu'elle a consultées, la Direction des recherches n'a trouvé aucune information sur les cartes de membre du SDF.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Cameroon Tribune. 26 mai 2010. Emmanuel Kendemeh. « Cameroon: Social Democratic Front Clocks 20 Years Today ». [Date de consultation : 5 mars 2012]

États-Unis (É.-U.). 8 avril 2011. Department of State. « Cameroon ». Country Reports on Human Rights Practices for 2010. [Date de consultation : 5 mars 2012]

Le Figaro [Paris]. 21 octobre 2011. « Cameroun : Biya réélu président pour un 6e mandat ». [Date de consultation : 20 mars 2012]

Freedom House. 2011. « Cameroon ». Freedom in the World 2011. [Date de consultation : 5 mars 2012]

International Crisis Group. 24 juin 2010. Cameroon: the Dangers of a Fracturing Regime. Africa Report N°161. [Date de consultation : 5 mars 2012]

_____. 25 mai 2010. Cameroon: Fragile State?. Africa Report N°160. [Date de consultation : 5 mars 2012]

Jeune Afrique [Paris]. 13 avril 2011. Clarisse Juompan-Yakam. « Que reste-t-il de l'opposition camerounaise? ». [Date de consultation : 5 mars 2012]

Mutations [Yaoundé]. 11 octobre 2011. Michel Ferdinand. « Présidentielle - Ouest : le RDPC et le SDF se disputent un corps à Bandjoun ». [Date de consultation : 14 mars 2012]

Political Handbook of the World 2011 (PHW). 2011. « Cameroon ». Sous la direction de Thomas C. Muller, de William R. Overstreet, de Judith F. Isacoff et de Tom Lansford. Washington, DC : CQ Press.

Political Parties of the World. 2009. « Cameroon ». 7th ed. Sous la direction de D. J. Sagar. Londres : John Harper Publishing.

Radio France internationale (RFI). 26 octobre 2011. « Au Cameroun, l'opposition prend acte de la victoire de Paul Biya ». [Date de consultation : 14 mars 2012]

_____. 22 octobre 2011. « Paul Biya remporte sans surprise l'élection présidentielle au Cameroun ». [Date de consultation : 20 mars 2012]

Reuters. 10 octobre 2011. « L'opposition dénonce des fraudes lors du scrutin présidentiel de dimanche ». [Date de consultation : 5 mars 2012]

Social Democratic Front (SDF). S.d.a. « Organisation ». [Date de consultation : 13 mars 2012]

_____. S.d.b. « Déclaration de principe ». [Date de consultation : 13 mars 2012]

Autres sources consultées

Sources orales : Une professeure d'études gouvernementales au Franklin and Marshall College qui étudie les droits de la personne en Afrique, incluant au Cameroun, n'a pas fourni d'information dans les délais fixés pour la présente réponse. Les tentatives faites pour joindre les personnes suivantes ont été infructueuses : un représentant du Front social démocrate, un professeur à la retraite de la Western Washington University qui a écrit un livre sur le Front social démocrate, un sociologue du développement associé à l'African Studies Centre de Leiden aux Pays-bas, dont l'une des spécialités est le changement politique au Cameroun.

Sites internet, y compris : Afrique Index; Amnesty International; BBC; Cairn.info; Cameroon News; Cameroon Web News; Cameroun Actualité; Cameroun-online.com; Daily Telegraph; ecoi.net; Human Rights Watch; Nations Unies — Refworld, Réseaux d'information régionaux intégrés; Pambazuka News; Slate Afrique; Royaume-Uni — Home Office, Foreign and Commonwealth Office.

Document annexé

Social Democratic Front (SDF). S.d. « Déclaration de principe ». [Date de consultation : 13 mars 2012]

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