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Burkina Faso : problématique des enfants esclaves au Burkina Faso (y compris les esclaves domestiques, dont les garçons); protection de la part des autorités et des ONG; possibilité de libération, notamment lorsqu'un jeune garçon, donné à une famille en paiement d'une dette, atteint sa majorité (2004-2006)

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Author Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa
Publication Date 20 February 2006
Citation / Document Symbol BFA101075.F
Reference 1
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Burkina Faso : problématique des enfants esclaves au Burkina Faso (y compris les esclaves domestiques, dont les garçons); protection de la part des autorités et des ONG; possibilité de libération, notamment lorsqu'un jeune garçon, donné à une famille en paiement d'une dette, atteint sa majorité (2004-2006), 20 February 2006, BFA101075.F, available at: http://www.refworld.org/docid/45f146f31a.html [accessed 31 July 2014]
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Selon plusieurs sources, la traite des enfants pour le travail forcé demeure un problème au Burkina Faso (Country Reports 2004 28 févr. 2005, intro. et sect. 5; AFP 5 janv. 2006). Country Reports 2004 affirme que les forces de sécurité burkinabées ont arrêté 644 enfants esclaves en 2003; selon ce rapport, ces enfants sont victimes de violence, d'abus sexuels, de prostitution forcée et sont, de plus, privés de nourriture, de soins médicaux, d'accès à l'éducation, et sont sans abri (28 févr. 2005, sect. 5). La même source rapporte qu'il existe des réseaux de trafic d'enfants: une étude a identifié huit de ces réseaux à Ouagadougou et sept à Bobo-Dioulasso (Country Reports 2004 28 févr. 2005, sect. 5). Entre 2000 et 2003, au moins 2000 enfants ont été impliqués dans des trafics clandestins au Burkina Faso (Nations Unies 6 avr. 2004). Aucune information plus récente n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches.

Selon le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), les enfants burkinabés sont envoyés au Cameroun, en Côte d'Ivoire, au Gabon et au Nigéria, la plupart d'entre eux pour faire des travaux domestiques; mais certains vont travailler dans des fermes ou des magasins, ou sont forcés de se livrer à la prostitution (Nations Unies s.d.). Une autre source indique que les enfants esclaves au Burkina Faso travaillent dans des plantations de cacao ou de coton, comme prostitués ou domestiques (AFP 5 janv. 2006) tandis que l'organisation non-gouvernementale (ONG) Save the Children affirme que les enfants burkinabés travaillent dans leur grande majorité dans les mines d'or (17 sept. 2004, 1).

Protection offerte par les autorités et les ONG

L'Assemblée nationale a adopté, en mai 2003, une loi contre le trafic des personnes mais celle-ci n'était pas entrée en vigueur à la fin de l'année 2004 (Country Reports 2004 28 févr. 2005, sect. 5) et n'avait jamais été utilisée en juin 2005 (TIP Report 3 juin 2005, sect. V). Le United States Department of State, dans son rapport de 2005 sur la traite des personnes dans le monde, donne une mention spéciale au Burkina Faso pour avoir fait preuve [traduction] « meilleurs pratiques » lors de « l'application des accords bilatéraux relatifs à la traite des personnes » (ibid., sect II). À la suite de la signature des accords bilatéraux entre les gouvernements du Burkina Faso et du Mali en 2004 visant à lutter contre le trafic des enfants, le Mali a renvoyé 20 enfants burkinabés au Burkina Faso (ibid.).

Le gouvernement du Burkina Faso s'est engagé en 1999 à participer au Programme international pour l'abolition du travail des enfants (IPEC) qui a été élaboré par l'Organisation internationale du travail (OIT) en 1992 (Burkina Faso s.d.). L'IPEC vise à « contribuer à l'abolition progressive du travail des enfants en renforçant la capacité des pays de s'attaquer à ce problème et en créant, dans le monde entier, un mouvement pour le combattre » (OIT s.d.). Pour ce faire, le projet BKF/99/MO1/FRA intitulé « Contribuer à l'abolition du travail des enfants au Burkina Faso » a été mis sur pied (Burkina Faso s.d.). Ce projet cherche à renforcer la capacité organisationnelle des organismes travaillant sur la problématique du travail des enfants, à réduire la pauvreté, à faire diminuer le nombre des abandons scolaires, à abolir les pires formes de travail pour les enfants, à améliorer la protection juridique des enfants travailleurs et à diminuer leur charge de travail (ibid.).

Un autre projet de l'OIT, intitulé « Lutte contre la traite des enfants en Afrique » (LUTRENA), fait état des réalisations qu'ils ont accomplies au Burkina Faso : une campagne de sensibilisation au sein du pays, la réinsertion de 80 enfants, la construction de 3 « centres de transit », la formation de 4 comités de gestion et de 5 « comités provinciaux de vigilance et de surveillance » qui ont réussi à arrêter plusieurs enfants et à traduire en justice 3 trafiquants (L'Observateur Paalga 23 – 25 juill. 2004).

Selon le Country Reports 2004, le gouvernement a participé à l'organisation d'ateliers de formation pour les agents douaniers sur le trafic d'enfants (28 févr. 2005, sect. 5). Cependant, selon la fonctionnaire responsable du bien-être social, ceux qui travaillent dans le domaine de la protection de l'enfance ne suivent pas de lignes directrices et ne savent comment agir efficacement (Nations Unies 6 avr. 2004). De plus, selon le Trafficking in Persons Report, le gouvernement burkinabé a de la difficulté à mettre sur pied des mesures de protection suffisantes pour les victimes du trafic d'humains et le soutien pour les enfants esclaves au Burkina Faso est vraiment minime (3 juin 2005, sect. V). Cette même source indique que le gouvernement burkinabé reconnaît que le trafic des humains est un problème, mais il fait des efforts dans le domaine de la prévention; cependant, le manque de ressources financières ne permet pas d'élaborer des campagnes de prévention à long terme (TIP Report 3 juin 2005, sect. V).

L'Association burkinabée pour la survie de l'enfance (ABSE) est une ONG située au Burkina Faso et travaillant en faveur du respect des droits des enfants (ABSE s.d.). En 2001, l'ABSE a mis sur pied le « Programme de lutte contre le trafic et les pires formes de travail des enfants » qui lutte contre le travail forcé et la traite des enfants au Burkina Faso, et pour l'amélioration des conditions de vie et de travail des filles, qui cherche à sensibiliser la population au travail forcé des enfants et à leurs conséquences, mais aussi à leurs droits juridiques (ibid.). Selon l'ABSE, ce programme a permis de retirer 100 filles domestiques de leur milieu de travail pour les placer dans des centres de formation, d'éduquer 100 autres filles domestiques et d'améliorer les conditions de travail de 350 enfants travaillant dans des « métiers à risques du secteur informel » à Ouagadougou (ibid.). Le programme a aussi réussi à réduire le nombre d'heures de travail des enfants et interdit le recrutement des enfants dans le domaine de la menuiserie métallique (ibid.).

Possibilité d'affranchissement

Selon la British Broadcasting Corporation (BBC), en Afrique de l'Ouest, les enfants esclaves sont habituellement vendus par leurs parents à des trafiquants qui placent ces enfants dans des familles hôte où ils seront forcés de travailler pour payer leur dette (BBC s.d.). Ce n'est pas l'enfant qui reçoit une rémunération pour son travail mais le trafiquant (ibid.). Il est pratiquement impossible pour l'enfant de rembourser sa dette et sa famille a rarement les moyens de le racheter (ibid.). Certains enfants esclaves réussissent à s'enfuir mais la plupart ne peuvent pas retourner dans leur famille (ibid.). Aucune information quant à la situation d'un jeune garçon ayant été donné à une famille en paiement d'une dette lorsqu'il atteint sa majorité n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Agence France-Presse (AFP). 5 janvier 2006. « Cameroon Law to Tackle Child Slavery ». (Factiva)

Association burkinabée pour la survie de l'enfance (ABSE). S.d. « Halte au travail et au trafic des enfants ». [Date de consultation : 9 févr. 2006]

British Broadcasting Corporation (BBC). S.d. « Case Study: The Trafficking of Children in West Africa ». [Date de consultation : 10 févr. 2006]

Burkina Faso. S.d. Ministère du travail, de l'emploi et de la jeunesse. « Le programme national IPEC ». [Date de consultation : 9 févr. 2006]

Country Reports on Human Rights Practices for 2004. 28 février 2005. « Burkina Faso ». United States Department of State. [Date de consultation : 8 févr. 2006]

Nations Unies. 6 avril 2004. Réseau régional d'information intégré (IRIN). « Burkina Faso: Government Tackles Rising Number of Abandoned Children ». [Date de consultation : 4 avr. 2006]
_____. S.d. Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF). « Child Protection : Trafficking and Sexual Exploitation ". [Date de consultation : 3 avr. 2006]

L'Observateur Paalga [Ouagadougou]. 23 – 25 juillet 2004. Hamidou Ouédraogo. « Vers une seconde phase ». [Date de consultation : 10 févr. 2006]

Organisation internationale du travail (OIT). S.d. Programme international pour l'abolition du travail des enfants (IPEC). « Qu'est-ce que l'IPEC? : L'IPEC en bref ». [Date de consultation : 4 avr. 2006]

Save the Children. 17 septembre 2004. Developing Alternatives to the Worst Forms of Child Labour in Mali and Burkina Faso. [Date de consultation : 9 févr. 2006]

Trafficking in Persons Report (TIP Report). 3 juin 2005. United States Department of State. [Date de consultation : 14 févr. 2006]

Autres sources consultées

Sources orales: L'Association burkinabée pour la survie de l'enfance (ABSE), la Brique Burkina et la Coalition au Burkina Faso pour les droits de l'enfant (COBUFADE) n'ont pas fourni de renseignements dans les délais prescrits.

Le secrétaire général du Mouvement burkinabé des droits de l'homme et des peuples (MBDHP) n'a pas pu fournir d'information.

Sites Internet, y compris : African Committee of Experts on the Rights and Welfare of the Child; Amnesty International; Anti-Slavery International; Freedom House; Global March Against Child Labour; gouvernement du Burkina Faso; Human Rights Watch; HumanTrafficking.org; Institut international des droits de l'enfant; ministère de la Justice du Burkina Faso; ministère de la Promotion des droits humains du Burkina Faso; ministère du Travail, de l'emploi et de la jeunesse du Burkina Faso; Organisation internationale du travail; Organisation mondiale contre la torture; Save the Children; United Nations Children's Fund (UNICEF).

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