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Recommandations adoptées par la Conférence Internationale de Hanovre (avril 1951) sur le problème des réfugiés en Allemagne Occidentale et en Autriche. Exposé présenté par la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge, organisation non gouvernementale entretenant des relations aux fins de consultations avec le Conseil économique et social

Publisher UN Conference of Plenipotentiaries on the Status of Refugees and Stateless Persons
Author UN General Assembly
Publication Date 4 July 1951
Citation / Document Symbol A/CONF.2/NGO.4
Cite as UN Conference of Plenipotentiaries on the Status of Refugees and Stateless Persons, Recommandations adoptées par la Conférence Internationale de Hanovre (avril 1951) sur le problème des réfugiés en Allemagne Occidentale et en Autriche. Exposé présenté par la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge, organisation non gouvernementale entretenant des relations aux fins de consultations avec le Conseil économique et social, 4 July 1951, A/CONF.2/NGO.4, available at: http://www.refworld.org/docid/3ae68ce44.html [accessed 29 July 2014]

Le Secrétaire Exécutif a reçu l'exposé suivant, dont le texte est distribué conformément aux dispositions de l'Article 27 du Règlement de la Conférence.

Date de la communication: 27 juin 1951

Date de réception: 28 juin 1951

Du 9 au 14 avril de cette année s'est réunie à Hanovre, Allemagne, sous les auspices de la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge et comme suite à une résolution de la 21ème session de son Conseil des Gouverneurs, qui eut lieu à Monte-Carlo en octobre 1950, une conférence internationale dont le but était d'étudier le problème des secours aux réfugiés en Allemagne occidentale et en Autriche. Les délégués des Sociétés nationales de la Croix-Rouge des dix-sept pays suivants ont pris part à cette conférence: Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Brésil, Danemark, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Islande, Italie, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pérou, Suède et Suisse. Le Comité international de la Croix-Rouge avait envoyé une délégation. La Conférence a été placée sous la présidence du Dr. G.A. Bohny, Président de la Croix-Rouge suisse et Vice-Président de la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge. Les trois Hauts Commissaires des Etats-Unis, de France et de Grande-Bretagne s'étaient fait représenter, ainsi que l'organisation internationale du travail, l'UNESCO et l'UNICEF.

La Conférence entendit plusieurs rapports détaillés sur la situation des réfugiés en Allemagne et en Autriche présentés par le Ministre Fédéral allemand pour les réfugiés, le Président du Conseil de Basse-Saxe, le Secrétaire d'Etat du Ministère fédéral pour les réfugiés, le Ministre de Basse-Saxe pour les réfugiés, la Vice-Présidente de la Croix-Rouge allemande et le Vice-président de la Croix-Rouge autrichienne. En outre, la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge et le Comité international de la Croix-Rouge ont aussi présenté des rapports, de même que les Sociétés nationales de la Croix-Rouge ayant entrepris des actions de secours en faveur des réfugiés en Allemagne occidentale et en Autriche.

A l'issue de ses travaux, la Conférence a adopté plusieurs recommandations de nature essentiellement pratique, qui délimitent le champ d'action des Sociétés nationales de la Croix-Rouge vis-à-vis des réfugiés en Allemagne et en Autriche, et qui encouragent ces Sociétés à intensifier leur action charitable jusqu'au moment où la solution des problèmes évoqués pourra être trouvée sur le plan international. Ces recommandations s'inspirent des idées qui ont constamment dominé les débats de la Conférence : la Croix-Rouge ne peut pas, à elle seule, résoudre le problème des réfugiés qui dépasse les limites de son cadre et de ses possibilités ; mais elle peut aider à soulager les souffrances des réfugiés, directement par les moyens qui lui sont propres, indirectement en attirant sans cesse l'attention des autorités, des institutions internationales et du public en général sur ce problème immense dont la conférence a reconnu qu'il n'est pas seulement allemand, mais bien mondial, par ses conséquences.

Dans une recommandation d'une importance particulière, la conférence demande aux Sociétés nationales de la Croix-Rouge de continue leur action charitable jusqu'au moment où le problème sera définitivement résolu sur le plan international. Elle exprima le désir que les Nations Unies élargissent leur action en faveur des réfugiés au delà de ce qui a été fait dans le passé, étendant leur secours aux catégories qui n'ont pas joui jusqu'ici de la protection légale, et travaillent à la réinstallation économique de tous les réfugiés, expulsés et apatrides du monde, sans distinction de race, de religion et de nationalité.

La conférence a aussi adopté une liste prioritaire des moyens les plus efficaces de venir en aide aux réfugiés en Allemagne occidentale et en Autriche : accueil d'enfants dans les familles, hospitalisation d'enfants dans les établissements appropriés, parrainages, création de foyers, dons en nature, etc..

D'autres recommandations traitent de la nécessité d'améliorer le sort de la jeunesse éprouvée par la guerre en développant notamment chez les jeunes la volonté de s'aider eux-mêmes, et en prenant les mesures nécessaires pour les sauver du désoeuvrement. Les Sections nationales de la Croix-Rouge de la Jeunesse devront prendre une part active à la réalisation du programme d'aide aux jeunes réfugiés en collaboration avec les Croix-Rouges de la Jeunesse allemande et autrichienne. La conférence a également recommandé la possibilité d'adoption légale d'enfants réfugiés.

L'important problème de l'émigration a fait l'objet de discussions approfondies qui ont amené la conférence à déclarer que si les décisions fondamentales dans ce domaine ne sont pas du ressort des Sociétés de la Croix-Rouge, celles-ci doivent par contre accorder toute leur aide aux émigrants avant leur départ, pendant leur voyage et après leur arrivée, leur apportant ainsi le réconfort de cette sympathie humaine dont manquent trop souvent les mesures officielles. Le Comité international de la Croix-Rouge a été prié de son côté, de poursuivre l'oeuvre importante qu'il a entreprise pour regrouper les familles. Une autre résolution concerne le service d'assistance aux réfugiés et apatrides créé en Italie et dont il convient d'encourager le développement.

L'on trouvera en annexe le texte de la première des Recommandations adoptées par la Conférence de Hanovre. Les autres Recommandations (Nos 2-12) seront communiquées sur demande adressée au Secrétariat de la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge, 26, avenue de Beau-Séjour, Genève,

ANNEXE No 1 RECOMMANDATION ADOPTEE PAR LA CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LE PROBLEME DES REFUGIES EN ALLEMAGNE OCCIDENTALE ET EN AUTRICHE (Hanovre, 9-14 avril 1951)

La Conférence internationale, convoquée par la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge, à Hanovre, comprenant des représentants de dix-sept sociétés nationales, du Comité international de la Croix-Rouge et de la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge,

Après avoir examiné le problème des réfugiés se trouvant en Allemagne et en Autriche et dont le nombre s'élève à près de neuf millions,

Après avoir étudié les mesures gouvernementales prises jusqu'ici par les autorités des deux pays et les efforts faits par leurs organisations charitables, les Croix-Rouges nationales et les organisations étrangères pour remédier à la plus grande misère de centaines de milliers de ces réfugiés,

Constate que les souffrances de ces réfugiés peuvent être soulagées, mais que le problème en lui-même ne saurait être résolu par les seuls moyens de la Croix-Rouge. Ce problème ayant un caractère essentiellement économique, ne pourra trouver une solution que dans une aide permettant aux réfugiés et expulsés de se faire une nouvelle existence. Les mesures nécessaires pour atteindre ce but ne peuvent être prises que dans le cadre d'une coopération nationale et internationale bien organisée et constructive.

Dans le même ordre d'idées, la conférence serait particulièrement heureuse de voir les Nations Unies étendre leurs secours aux réfugiés au-delà des mesures prises actuellement pour la protection légale d'une catégorie très restreinte de réfugiés politiques, et d'envisager la réhabilitation économique de tous les réfugiés, expulsés et apatrides du monde, sans distinction de race, de religion et de nationalité ;

La Conférence invite les Sociétés de Croix-Rouge à insister auprès des gouvernements de leurs pays pour que ceux-ci agissent par l'intermédiaire des grandes institutions internationales dont ils font partie et dont la tâche est d'aboutir à la création de conditions de vie normale pour les réfugiés ;

La Conférence est d'avis qu'une des tâches essentielles des Sociétés nationales de la Croix-Rouge consiste à éclairer l'opinion publique mondiale sur le problème des réfugiés pour que cette question soit de mieux en mieux connue et que, par là même, l'esprit d'entr'aide soit stimulé ;

La Conférence prie les Sociétés nationales de la Croix-Rouge d'intervenir en faveur des réfugiés et expulsés auprès des autorités et institutions intéressées pour que celles-ci prennent l'initiative de mesures constructives qui dépassent les possibilités de la Croix-Rouge ;

La Conférence suggère aux Sociétés nationales de la Croix-Rouge d'intensifier leur action charitable jusqu'au moment où la solution des problèmes évoqués pourra être trouvée sur le plan international.

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