Last Updated: Wednesday, 20 August 2014, 14:37 GMT

Amnesty International Rapport 2008 - Niger

Publisher Amnesty International
Publication Date 28 May 2008
Cite as Amnesty International, Amnesty International Rapport 2008 - Niger, 28 May 2008, available at: http://www.refworld.org/docid/484272642d.html [accessed 20 August 2014]
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République du Niger
Chef de l'ÉtatMamadou Tandja
Chef du gouvernementHama Amadou, remplacé par Seyni Oumarou le 3 juin
Peine de mortabolie en pratique
Population14,9 millions
Espérance de vie55,8 ans
Mortalité des moins de cinq ans (m/f ‰)245 / 250 ‰
Taux d'alphabétisation des adultes28,7 %

Des civils soupçonnés de soutenir un mouvement d'opposition armé dirigé par des Touareg ont été interpellés et arbitrairement détenus par les forces de sécurité en vertu d'une législation d'exception. L'armée aurait exécuté de manière extrajudiciaire au moins 16 civils, et deux journalistes ont été arrêtés en raison de leurs liens présumés avec le mouvement armé touareg. Amnesty International les considérait comme des prisonniers d'opinion.

Contexte

En février, le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), un mouvement d'opposition armé touareg basé dans la région d'Agadez (dans le nord du pays), a organisé un soulèvement pour réclamer une meilleure application de l'accord de paix qui avait mis fin à l'insurrection touareg en 1995. Ses exigences concernaient en particulier les dispositions socio-économiques de l'accord. Des groupes armés faisant partie du MNJ ont lancé des attaques contre des intérêts miniers dans le nord du pays, riche en minerais, tuant une quarantaine de soldats et prenant plusieurs dizaines d'autres militaires en otage.

En août, le président Mamadou Tandja a décrété pour trois mois l'état de mise en garde dans la région d'Agadez. Il a ainsi conféré davantage de pouvoirs aux forces de sécurité pour arrêter des suspects et les maintenir en détention au-delà de la période réglementaire de garde à vue de quarante-huit heures. En novembre, l'état de mise en garde a été prolongé de trois mois. Malgré les appels adressés par la société civile et des partis politiques au gouvernement pour qu'il ouvre le dialogue avec le MNJ, le président Mamadou Tandja a qualifié les membres de ce mouvement armé de « bandits et trafiquants de drogue ».

Détentions arbitraires, torture et homicides

Des dizaines de civils ont été arrêtés par les forces de sécurité dans la région d'Agadez, et certains auraient été torturés. Ces arrestations ont bien souvent fait suite à des attaques du MNJ. La plupart de ces hommes ont été remis en liberté après plusieurs jours ou semaines de détention sans inculpation ni jugement. Au moins cinq d'entre eux, dont Issoufou Matachi (ancien dirigeant d'un groupe d'opposition armé touareg), ont cependant été transférés à Niamey, la capitale, en septembre. Ils étaient toujours en détention à la fin de l'année.

  • En mai, Abtchaw Kunfi, Abbe Kunfi et Kalakoua Immolane, trois hommes âgés de soixante-cinq à quatre-vingt-cinq ans, ont été tués à Tizirzait, apparemment par des membres des forces de sécurité. Les trois homicides seraient imputables au fait que l'un des hommes possédait un téléphone satellitaire, ce qui aurait éveillé des soupçons quant à d'éventuels liens avec le MNJ.
  • En décembre, sept hommes qui se rendaient à Agadez en voiture ont été arrêtés par des agents des forces de sécurité et tués. Leurs corps portaient de nombreuses marques de torture, y compris des brûlures de cigarettes, ainsi que des traces de blessures par balle au visage et à la poitrine.

Atteintes à la liberté d'expression

Les autorités ont interdit aux médias de couvrir le soulèvement dans le nord du pays. Elles ont suspendu la diffusion des émissions de Radio France internationale (RFI) pour un mois et la publication du bimensuel Aïr-Info pour trois mois. Elles ont également adressé des avertissements à plusieurs journaux, dont L'Evénement, Libération et L'Opinion.

Deux journalistes ont été arrêtés et accusés d'entretenir des liens avec le MNJ. Détenus uniquement en raison de leurs activités de journalistes, qu'ils menaient pourtant de manière pacifique et en toute légitimité, ils étaient considérés comme des prisonniers d'opinion.

  • Moussa Kaka, directeur de la station privée Radio Saraouniya et correspondant au Niger de RFI, a été arrêté en septembre, à Niamey, et inculpé de « complicité d'atteinte à l'autorité de l'État » – une infraction pour laquelle il encourt la réclusion à vie. Selon les informations recueillies, cette accusation reposait sur des contacts téléphoniques qu'il avait eus, en tant que journaliste, avec des membres du MNJ. En novembre, un juge d'instruction a conclu que les écoutes téléphoniques sur lesquelles reposaient les accusations avaient été effectuées illégalement. Le procureur a interjeté appel de cette décision et l'affaire était en instance à la fin de l'année.
  • En octobre, le rédacteur en chef d'Aïr-Info, Ibrahim Manzo Diallo, a été arrêté à Niamey et transféré dans la région d'Agadez, où il a été détenu au secret par l'armée pendant trois semaines, puis inculpé d'association de malfaiteurs en raison de ses liens présumés avec le MNJ.

Documents d'Amnesty International

  • Niger. La législation d'exception porte atteinte à des droits humains non dérogeables (AFR 43/001/2007).
  • Niger. Exécutions extrajudiciaires et déplacements de populations dans le nord du pays (19 décembre 2007).
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