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Ghana : mères chefs de tribu, poste représenté par le tabouret, au sein du groupe ethnique des Ewes; processus de sélection, âge moyen, état matrimonial et conséquences découlant du refus de la fonction

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Author Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié, Canada
Publication Date 26 September 2003
Citation / Document Symbol GHA41613.EF
Reference 2
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Ghana : mères chefs de tribu, poste représenté par le tabouret, au sein du groupe ethnique des Ewes; processus de sélection, âge moyen, état matrimonial et conséquences découlant du refus de la fonction, 26 September 2003, GHA41613.EF, available at: http://www.refworld.org/docid/403dd23e10.html [accessed 20 September 2014]
DisclaimerThis is not a UNHCR publication. UNHCR is not responsible for, nor does it necessarily endorse, its content. Any views expressed are solely those of the author or publisher and do not necessarily reflect those of UNHCR, the United Nations or its Member States.

Aucune source documentaire sur les mères chefs de tribu, poste représenté par le tabouret, chez les Ewes n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches.

Cependant, un professeur spécialiste de l'ethnicité et de la politique au Ghana, qui enseigne au département d'histoire du centre d'études africaines de l'Université d'Édimbourg, a fourni les renseignements suivants à la Direction des recherches :

[traduction]

Selon ma conception, basée sur des études effectuées parmi les Ewes du Nord, pour qu'une mère détienne un tabouret, il faut qu'il y ait un tabouret féminin distinct à occuper, vraisemblablement par la reine-mère. À l'opposé des Akans, les Ewes ne semblent pas avoir élaboré de système de reines-mères jusqu'à une époque relativement récente. Les reines-mères créent peut-être des postes de tabouret maintenant, mais je crois qu'il est peu probable qu'il y ait jamais eu l'équivalent d'un tabouret masculin qui était gardé avant d'être transmis. Cela dit, je ne peux croire qu'un tel poste existe réellement. Je n'en suis du moins pas au courant. Il peut cependant y avoir une exception. Les Agotimes, que plusieurs considèrent comme des Ewes parce qu'ils vivent parmi eux et ont adopté leur langue, semblent en effet avoir eu un tabouret d'homme et un tabouret de femme distincts lorsqu'ils sont arrivés à leur établissement actuel. Cela signifie peut-être qu'il y a une gardienne de tabouret. Les Agotimes sont en fait des Adangbes, qui présentent quelques similitudes avec les Krobos de l'ouest de la Volta, notamment sur les plans culturel et linguistique (28 juill. 2003).

Le professeur a ajouté qu'il n'était au courant d'aucune répercussion possible pour une personne advenant son refus d'un poste traditionnel héréditaire (30 juill. 2003).

Les renseignements suivants sont basés sur des entrevues menées avec plusieurs Ewes par un expert-conseil en développement international qui a travaillé auprès d'organismes tels que l'Agence canadienne de développement international (ACDI) et UN-HABITAT, qui est également un ancien maître de conférence à l'université de Cape Coast (UCC), au Ghana, et dont la thèse de doctorat portait sur l'ethnographie d'Obo, au Kwawu :

[traduction]

[...] [L']organisation sociale des Ewes est différente de celle des Akans. L'héritage et la succession sont patrilinéaires, mais il y a des exceptions précises, pour des cas particuliers. Si un descendant direct convenable n'est pas disponible, les aînés de la lignée peuvent choisir le fils d'une sœur comme héritier, ce qui signifie, dans les faits, une personne qui n'est pas de descendance paternelle directe. Dans de tels cas, le frère de la mère doit être dans la région pour légitimer une telle exception. (N'oubliez pas que chez les Akans et les Ewes, les lignées comptent des branches qui peuvent venir de la branche principale qui a intégré des esclaves et il n'y a pas d'héritage automatique comme dans la royauté européenne; il y a habituellement plusieurs branches parmi lesquelles choisir, tâche qui revient aux aînés.) Les descendants d'esclaves peuvent être exclus de l'héritage et de la succession, mais leur origine peut commodément être « oubliée » lorsque c'est nécessaire.

Dans la société ewe, il y a certaines variations, et pas autant d'homogénéité que parmi les différents groupes akans. Par exemple, dans la région côtière, les Anlogas n'ont des tabourets que depuis récemment, parce que leur système traditionnel était celui des chefs prêtres, comme les Guans d'origine, qui occupaient toute la région où vivent maintenant les Akans et les Ewes. Les Somes, à l'opposé, ont des tabourets (coutume probablement adoptée des Akans) depuis beaucoup plus longtemps, et font une distinction entre les fonctions de chaman et de chef.

Il n'y a pas d'équivalent de « l'ohemma » (reine-mère) akan, qui est la mère structurelle ou biologique du chef. La femme la plus importante de la chefferie est la « fianyornu », soit l'épouse (ou le membre le plus âgé de la lignée de l'épouse officielle) du chef. Il n'y a absolument aucun terme ewe pour « mère chef de tribu ».

(La mère « structurelle » est une femme qui est une aînée de la lignée du chef, qui est une « mère » dans la terminologie locale, mais pas nécessairement la mère biologique; elle peut être une grand-mère ou une tante du côté maternel et, selon notre compréhension, bilatérale, elle peut être éloignée du chef par de nombreux degrés).

Il peut y avoir conflit lorsque plusieurs branches se disputent un tabouret, après la mort d'un chef ou d'un aîné. Si une personne se voit offrir le poste et le refuse, celle-ci n'encourt aucun danger ni châtiment corporel. Habituellement, il y a plusieurs aspirants au tabouret; les aînés n'ont donc pas de difficulté à trouver quelqu'un disposé à devenir chef ou aîné. Comme chez les Akans cependant, ils préfèrent, dans la mesure du possible, une personne nantie et éduquée.

Les postes de chef de tribu et la chefferie sont principalement des « affaires d'hommes »; il y a beaucoup moins d'aînées et de chefs femmes que chez les Akans.

La Fianyornu n'a pas de tabouret (comme en a, par exemple, l'ohemma dans la société des Akans). Aucune (presque la totalité) femme n'est admise dans la salle ancestrale du tabouret (alors qu'une femme qui n'a pas ses règles l'est chez les Akans) (7 juin 2003).

L'expert-conseil en développement international a également ajouté ce qui suit :

[traduction]

Il n'y a aucun cas connu de personnes mises en danger d'être blessées ou tuées pour avoir refusé un tabouret, bien qu'elles puissent s'attirer le mécontentement et même la colère des aînés. (Jusqu'ici, même chose chez les Akans.) [...]

Je crois [...] qu'il y a des raisons légitimes de demander l'asile pour éviter la mort ou une sanction, comme un conflit politique en particulier ou des guerres, mais le refus d'un tabouret n'est pas du tout une raison (ibid.).

Le directeur du programme international pour l'Afrique de l'Association mondiale pour l'éducation en ligne (World Association for Online Education), qui est lui-même ewe, a déclaré au cours d'un entretien téléphonique que ni lui ni plusieurs de ses collègues et membres de la communauté ewe qu'il avait consultés n'avaient entendu parler de la mère chef de tribu (25 sept. 2003). Tout en expliquant que la vie de quelqu'un ne serait pas en danger pour avoir refusé un poste traditionnel, il a ajouté que, selon lui, il ne serait pas logique qu'une communauté fasse du mal à une personne qu'elle respectait suffisamment pour choisir comme chef puisque la communauté souhaiterait toujours qu'elle contribue comme elle peut à la communauté (ibid.).

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les conséquences découlant du refus d'un poste traditionnel héréditaire, veuillez consulter GHA41340.EF du 3 juin 2003.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Directeur, programme international pour l'Afrique, Association mondiale pour l'éducation en ligne, Ottawa. 25 septembre 2003. Entretien téléphonique.

Expert-conseil en développement international, Victoria, Colombie-Britannique, et ancien maître de conférence, université de Cape Coast (UCC), Ghana. 7 juin 2003. Communication écrite.

Professeur, département d'histoire et centre d'études africaines, université d'Édimbourg, Écosse. 30 juillet 2003. Communication écrite.
_____. 28 juillet 2003. Communication écrite.

Autres sources consultées

Africa Research Bulletin

Bases de données de la CISR

L'Institut d'études africaines de l'université du Ghana et d'autres sources universitaires n'ont pu fournir d'information sur le sujet susmentionné dans les délais prescrits pour la réponse à cette demande d'information.

NEXIS

Sites Internet, y compris :

Accra Daily Mail

Africa Confidential

Africa Online

Africa Today (Vol. 46 hiver 1999 - Vol. 49 automne 2002)

AllAfrica.com

BBC Afrique

Conseil norvégien pour l'Afrique

The Daily Guide

États-Unis, Library of Congress: Ghana Country Study

États-Unis, Département d'État

European Country of Origin Information Network

Ewe Canadian Cultural Association of Canada

Ghana Review

The Ghanaian Chronicle

Ghanaweb.com

Ingenta

News in Ghana

Princeton University - African Studies Resources

Réseaux d'information régionaux intégrés (IRIN)

Rutgers University, African Studies Association

West Africa

Moteur de recherche :

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