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Mexique : information sur les femmes qui sont à la tête d'un ménage et qui ne bénéficient pas du soutien d'un homme ou de leur famille; information sur la violence conjugale dans le District fédéral et à Guadalajara; information indiquant si les femmes qui quittent leur compagnon violent peuvent trouver un logement et un emploi temporaire dans le District fédéral et à Guadalajara; information sur les services de soutien offerts par le gouvernement aux femmes victimes de violence dans ces villes

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Publication Date 9 September 2011
Citation / Document Symbol MEX103803.EF
Related Document Mexico: Women who head their own households without male or family support; domestic violence in the Federal District and Guadalajara; whether women who leave abusive partners can obtain housing and temporary employment in the Federal District and Guadalajara; government support services available to female victims of domestic violence in these cities
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Mexique : information sur les femmes qui sont à la tête d'un ménage et qui ne bénéficient pas du soutien d'un homme ou de leur famille; information sur la violence conjugale dans le District fédéral et à Guadalajara; information indiquant si les femmes qui quittent leur compagnon violent peuvent trouver un logement et un emploi temporaire dans le District fédéral et à Guadalajara; information sur les services de soutien offerts par le gouvernement aux femmes victimes de violence dans ces villes, 9 September 2011, MEX103803.EF, available at: http://www.refworld.org/docid/507545672.html [accessed 30 October 2014]
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Fréquence et causes des ménages dirigés par des femmes

D'après la professeure en sociologie Ana Josefina Cuevas Hernández et le candidat au doctorat Carlos David Solorio Pérez, coauteurs d'un article paru en 2009 sur les ménages dirigés par des femmes à Colima, au Mexique, le nombre de ménages de la sorte augmente continuellement au Mexique (Cuevas Hernández et Solorio Pérez juill.-déc. 2009, 333). À 23,1 p. 100 en 2005 (ibid.), cette proportion s'est élevée à 26,6 p. 100 en ville et à 21,7 p. 100 en campagne en 2008 (Nations Unies s.d.). En 2010, sur 28 159 373 ménages, 6 916 206, soit 24,56 p. 100, étaient dirigés par des femmes (Mexique s.d.a).

En effectuant des entrevues auprès de femmes dans les villes de Colima et de Villa de Alvarez, dans l'État de Colima, Ana Josefina Cuevas Hernández et Carlos David Solorio Pérez ont conclu qu'elles avaient pris la tête du ménage du fait [traduction] « du décès de leur mari, d'une séparation, d'un divorce, de leur monoparentalité ou de leur revenu » (juill.-déc. 2009, 334). Sur Geo-Mexico, blogue sur la géographie et les forces de changement du Mexique créé à titre de complément du livre du même nom paru en 2010 et écrit par Richard Rhoda et Tony Burton (Geo-Mexico s.d.), on souligne aussi le nombre croissant de ménages dirigés par des femmes, phénomène attribué à des facteurs comme [traduction] « le veuvage, la migration des hommes ou des femmes pour le travail, ainsi que le monde moderne dans lequel un nombre plus élevé de jeunes femmes célibataires vivent de façon indépendante » (ibid. 30 avr. 2011).

La difficulté que rencontrent les femmes à la tête d'un ménage, affirment Ana Josefina Cuevas Hernández et Carlos David Solorio Pérez, est d'avoir un seul salaire lorsque les enfants sont encore jeunes ou de devenir veuves à un âge plus avancé et d'avoir peu d'études ou d'expérience de travail (Cuevas Hernández et Solorio Pérez juill.-déc. 2009, 334). Ils expliquent également qu'il existe des préjugés face au célibat, ce qui ouvre la porte au harcèlement sexuel (ibid., 335, 337).

De plus, une chercheuse principale à l'Institut de recherche juridique (Instituto de Investigaciones Jurídicas) de l'Université nationale autonome du Mexique (Universidad Nacional Autónoma de México - UNAM) a souligné dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches que la [traduction] « culture patriarcale » et les « stéréotypes sexistes » de ce que signifie être «"féminin" ou "masculin" » au Mexique continuent « [d'] encourager l'inégalité dans les relations entre les femmes et les hommes » (17 août 2011). Dans un rapport pour l'examen périodique universel des Nations Unies sur la situation en matière de droits de la personne au Mexique qu'ont élaboré en 2009 des organisations de la société civile internationales et nationales, dont le Comité de l'Amérique latine et des Caraïbes pour la défense des droits de la femme (Comité de América Latina y el Caribe para la Defensa de los Derechos de la Mujer - CLADEM), on peut lire que les femmes au Mexique font l'objet [traduction] « d'un taux élevé de violence et de discrimination » dans les milieux familiaux, professionnels, sociaux et institutionnels (CLADEM et al. 2009, paragr. 20).

Toutefois, la directrice du projet de recherche en épidémiologie et en psychologie sociale de l'Institut national de psychiatrie Ramón de la Fuente Muñiz (Instituto Nacional de Psiquiatría Ramón de la Fuente Muñiz) a souligné, dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, que les femmes qui quittent un compagnon violent physiquement sont considérées avec une certaine réprobation, et elles hésitent donc à solliciter de l'aide (directrice 16 août 2011). Selon la chercheuse principale à l'UNAM, à Mexico, les femmes qui sont victimes de violence conjugale font l'objet de [traduction] « discrimination et de réprobation », car on s'attend à ce qu'elles restent au sein de leur [traduction] « relation destructrice » ou on leur reproche « les cycles de violence » (17 août 2011). La chercheuse principale de l'UNAM a également été juge ad hoc pour la Cour interaméricaine des droits de l'homme de l'Organisation des États américains dans l'affaire appelée « Champ de coton » (17 août 2011), affaire menée contre le Mexique en 2007 par la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) au motif que l'État avait omis d'accorder des mesures de protection à trois jeunes femmes dont les corps ont été découverts dans un champ de coton à Juarez malgré [traduction] « "la pleine connaissance de l'existence d'un cycle de violence fondée sur le sexe qui a entrainé des centaines de femmes et de filles dans la mort" » (CIDH 16 nov. 2009, 2).

Violence conjugale

D'après la chercheuse principale à l'UNAM, le Mexique ne dispose pas des ressources nécessaires pour résoudre le problème de violence conjugale et éliminer les [traduction] « stéréotypes patriarcaux ou sexistes » qui entraînent la subordination des femmes (chercheuse principale 17 août 2011). Elle ajoute aussi que

[traduction]

[l]a violence conjugale au Mexique constitue encore un problème grave qui va au-delà de la vie privée des victimes, car son incidence sur la santé physique, psychologique et sexuelle de toute la famille a des répercussions sur l'organisation, l'ordre, l'intérêt commun et les fonds publics de la société (ibid.).

La chercheuse attribue les causes de la violence conjugale à la [traduction] « discrimination structurelle dont sont victimes les femmes en conséquence de l'iniquité dans la distribution traditionnelle des rôles sociaux » (ibid.). Lorsque les femmes ne respectent pas les attentes traditionnelles selon lesquelles [traduction] « les hommes dirigent et les femmes obéissent » on leur « "apprend" à satisfaire à leurs "obligations", en ayant même recours à la violence en cas de besoin » (ibid.).

Violence conjugale dans le District fédéral

D'après la directrice du projet de recherche en épidémiologie et en psychologie sociale, la violence conjugale dans le District fédéral constitue toujours [traduction] « un problème » (directrice 16 août 2011). Les statistiques de l'Institut national de statistiques et de géographie (Instituto Nacional de Estadística y Geografía - INEGI) du Mexique pour 2006 sur la violence faite aux femmes démontrent qu'au District fédéral, 46,2 p. 100 des femmes mariées ou des femmes qui vivent avec un compagnon ont subi de la violence conjugale au cours de leur relation (Mexique 2008, 7). On explique aussi dans le rapport que 25,7 p. 100 de ces femmes ont été victimes de [traduction] « violence extrême » (ibid.). Parmi les femmes qui ont été victimes de violence extrême, 51,6 p. 100 ont eu besoin de soins médicaux pour des contusions, des fractures d'os et des invalidités permanentes, et 22,5 p. 100 [traduction] « ont été ligotées, étranglées, asphyxiées, agressées à l'aide d'un couteau ou d'un canif, ou se sont fait tirer dessus à l'aide d'une arme » (ibid., 10).

Selon un rapport sur la violence conjugale publié en 2010 par le ministère du Développement social (Secretaría de Desarrollo Social) du District fédéral, 1 656 cas de violence familiale ont été signalés au Service téléphonique public local (Servicio Público de Localización Telefónica - LOCATEL) au cours de l'année; dans 1 467 cas, la victime était une femme (District fédéral 28 avr. 2011). Dans 630 de ces cas, le mari de la femme était l'agresseur et, dans 469 cas, il s'agissait de son conjoint de fait (ibid.). Au cours du premier trimestre de 2011, 414 cas de violence à l'égard des femmes ont été signalés à LOCATEL; dans 175 cas, le mari était l'agresseur et dans 113 cas, c'était le conjoint de fait (ibid. 17 mars 2011). LOCATEL offre une ligne d'assistance 24 heures gratuite pour fournir aux résidants de Mexico de l'information et des conseils de la part d'organisations gouvernementales du District fédéral (ibid. s.d.a).

D'après les statistiques de l'INEGI sur la violence faite aux femmes pour 2006, 17,7 p. 100 des femmes qui ont été victimes de violence conjugale l'ont signalé aux autorités (Mexique 2008, 11). On souligne dans le rapport que

[traduction]

[l]es cas de violence psychologique, qui ne laissent pas de signe physique visible, et d'exploitation financière sont les moins signalés, probablement parce que la victime n'a aucune garantie que le fait de dénoncer le contrevenant mettra fin à la violence qu'elle subit et qu'au contraire, il est possible que celle-ci s'intensifie (ibid.).

Autres types de violence faite aux femmes dans le District fédéral

Des médias soulignent que, dans le District fédéral, 67 femmes ont été tuées au cours des 7 premiers mois de 2011 (El Sol de México 27 juill. 2011; El Universal 26 juill. 2011). Des journaux mexicains citent aussi le procureur général du District fédéral qui dit que les femmes les plus susceptibles d'être victimes de fémicide, c'est-à-dire de meurtre en raison de leur sexe, sont les femmes célibataires qui effectuent principalement des travaux ménagers et qui sont âgées de 28 à 40 ans (El Sol de México 27 juill. 2011; Milenio 26 juill. 2011). De même, l'agence mexicaine de nouvelles NOTIMEX signale qu'en 2010, 107 femmes ont été tuées dans le District fédéral et que [traduction] « la majorité d'entre elles ont été tuées chez elle ou à leur travail » (9 févr. 2011). D'après un article paru dans El Informador, de 2000 à 2007, le bureau du procureur général du District fédéral (Procuraduría General de Justicia del Distrito Federal) a fait état de la disparition de 4 188 femmes (14 juin 2009).

Violence conjugale à Guadalajara

La chercheuse principale à l'UNAM a souligné que les plus hauts taux de violence à l'égard des femmes étaient dans les États du Jalisco et de Guadalajara (17 août 2011). Les statistiques de l'INEGI sur la violence faite aux femmes pour 2006 démontrent qu'au Jalisco, 59,3 p. 100 des femmes mariées ou vivant en union de fait avaient été victimes de violence conjugale, ce qui représente 12,6 p. 100 de plus que la moyenne nationale (Mexique 2007, 7). On peut également lire dans le rapport que 27,9 p. 100 des femmes qui ont été victimes de violence conjugale au Jalisco ont subi de la violence extrême et que 57,6 p. 100 d'entre elles ont dû obtenir des soins médicaux ou subir des interventions chirurgicales (ibid., 10).

Alors qu'au District fédéral 17,7 p. 100 des femmes qui ont été maltraitées l'ont signalé aux autorités (ibid. 2008, 11), ce sont 30,6 p. 100 des femmes qui l'ont fait au Jalisco (ibid. 2007, 20). Les femmes ne dénoncent pas toujours la violence conjugale en raison notamment du fait que les autorités font peu de suivi, de la méfiance envers le système de justice, du manque de connaissance, de l'absence de poursuites contre les agresseurs ou parce qu'elles

[traduction]

[c]raignent la réaction de l'agresseur, les pressions sociales ou familiale, la honte, ou uniquement parce qu'elles croient que la violence ne justifie pas une poursuite, étant donné que subsiste la croyance selon laquelle un mari a le droit de réprimander sa femme (ibid.).

La chercheuse principale à l'UNAM a par ailleurs souligné que les ordonnances de protection venaient à échéance toutes les 72 heures et que les victimes de violence conjugale [traduction] « n'ont pas [toujours] les moyens de les proroger » (chercheuse principale 17 août 2011). Ainsi, elle a fait valoir que leur période de validité devrait être prolongée (ibid.).

Difficultés

Emploi

En se fondant sur des données fournies par la Commission économique des Nations Unies pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), l'Organisation internationale du travail (OIT) souligne que 45 p. 100 de la main-d'œuvre est représentée par des femmes et que cette proportion atteint 55 p. 100 chez les 25 à 34 ans (OIT 13 oct. 2010). El Universal, journal de Mexico, signale que le ministère du Travail et de l'Aide sociale (Secretaría del Trabajo y Previsión Social) a expliqué que les femmes [traduction] « occupent près de 40 p. 100 du marché du travail » au Mexique, ce qui constitue une hausse de 22 p. 100 au cours des 30 dernières années (7 mars 2011).

D'après l'INEGI, le taux de chômage chez les femmes est passé de 4,75 p. 100 en juin 2010 à 5,69 p. 100 en juin 2011, alors que chez les hommes, il est passé de 5,23 p. 100 à 5,26 p. 100 au cours de cette même période (El Universal 21 juill. 2011). L'OIT soutient par ailleurs que les femmes travaillent [traduction] « dans des domaines caractérisés par de bas salaires, de longues heures et des emplois du secteur non structuré » (cité dans El Universal 7 mars 2011). Dans un rapport sur des indicateurs sociaux déterminant la qualité de vie au Mexique, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) mentionne que les femmes consacrent en moyenne 4 heures et 21 minutes de plus par jour que les hommes à du travail non rémunéré (OCDE 12 avr. 2011). Par ailleurs, la CEPALC a souligné qu'en 2008, les femmes en milieu urbain gagnaient 61,8 p. 100 du salaire des hommes et que le taux de pauvreté était plus élevé chez les ménages dirigés par des femmes (31,3 p. 100) que chez ceux dirigés par des hommes (28,6 p. 100) (Nations Unies s.d.). Comme l'explique une représentante de Manpower Mexico, un bureau de placement dont le siège est au Mexique et qui possède des succursales en Amérique centrale (Manpower 2010), les femmes se trouvent devant un [traduction] « plafond de verre » qui témoigne de « l'écart entre les salaires, les avantages ainsi que les occasions d'emploi chez les femmes et les hommes dans cette économie dominée par les hommes » (citée dans El Universal 21 juill. 2011).

Pour ce qui est des régions rurales du Mexique, EFE News Service signale que, selon l'Union des organisations populaires et paysannes (Central de Organizaciones Campesinas y Populares - COCyP), la police estime [traduction] « [qu'] un peu plus d'un million de personnes travaillent dans le commerce illégal de la drogue, dont "environ 200 000" femmes » (EFE 31 oct. 2009). D'après la COCyP, la participation des femmes au commerce illégal de la drogue a pour cause [traduction] « "l'inégalité entre les sexes et le manque d'occasions leur permettant de trouver un emploi légal" » (ibid.). Dans les régions rurales, les femmes considèrent leur participation à la fabrication et au trafic de la drogue comme une [traduction] « solution de rechange » au manque de programmes d'aide gouvernementaux visant à réduire la pauvreté en milieu rural (ibid.).

Emploi dans le District fédéral

D'après la chercheuse principale à l'UNAM, les femmes qui ont été victimes de violence conjugale ont souvent de la difficulté à trouver un emploi car elles n'ont pas la formation nécessaire (chercheuse principale 17 août 2011). Les femmes qui subissent de la violence et décident de déménager risquent de travailler dans le secteur non structuré (ibid.). Ainsi, elles ne bénéficient pas d'avantages en matière d'emploi ni de stabilité d'emploi, ce qui, en retour, a une incidence sur leur santé et leur sécurité (ibid.).

Selon l'INEGI, en 2010, le taux de chômage chez les femmes dans le District fédéral était de 2,6 p. 100 (109 120 femmes sur une population active de 4 173 981) (Mexique s.d.d).

Emploi à Guadalajara

NOTIMEX signale que l'Institut municipal des femmes de Guadalajara (Instituto Municipal de las Mujeres en Guadalajara - INMujeres Guadalajara) tient un salon de l'emploi pour les femmes chaque année depuis 2008 (NOTIMEX 10 juill. 2011). La directrice générale de l'INMujeres Guadalajara a affirmé qu'en 2010, 1 904 postes à pourvoir ont été offerts à 2 449 postulants, dont 1 612 femmes (ibid.). À l'édition de 2011 seront présentés des postes à pourvoir dans les domaines technique, opérationnel et administratif dont le salaire moyen est de 3 500 pesos par mois (ibid.), soit 281 $C (XE 23 août 2011).

Selon les statistiques de l'INEGI pour Jalisco, le taux de chômage chez les femmes en 2010 était d'environ 1,6 p. 100 (51 415 femmes au chômage sur une population active de 3 180 823) (Mexique s.d.b).

Logement dans le District fédéral

La chercheuse principale à l'UNAM et la directrice du projet de recherche en épidémiologie et en psychologie sociale ont toutes deux affirmé que la réinstallation des femmes qui sont à la tête de leur propre ménage dans le District fédéral était [traduction] « difficile » (chercheuse principale 17 août 2011; directrice 16 août 2011). D'après la chercheuse principale à l'UNAM, le coût de location dans le District fédéral est [traduction] « extrêmement élevé pour quelqu'un qui n'a pas de revenu ou qui dispose de ressources limitées; de plus, certains endroits insistent sur le fait que les enfants ne sont pas acceptés » (chercheuse principale 17 août 2011).

Logement à Guadalajara

D'après un rapport publié en 2009 par la Commission nationale de prévention et d'élimination de la violence faite aux femmes (Comisión Nacional para Prevenir y Erradicar la Violencia contra las Mujeres), le nombre de logements abordables diminue tant à Guadalajara qu'à Zapopan (Mexique 2009, 10). Dans le rapport, on décrit des quartiers, en particulier ceux de l'est et du sud de Guadalajara, comme [traduction] « des lieux de misère, de ségrégation implacable et de désastre écologique » (Mexique 2009, 10).

On peut lire dans El Informador, journal de Guadalajara, qu'une étude visant à déterminer les signes avant-coureur des différentes formes de violence à Guadalajara, qui a été entreprise par des chercheurs d'établissements d'enseignement locaux, a permis de conclure que [traduction] « l'expansion tentaculaire de la ville […] n'offre pas à tous les services d'infrastructure de base comme l'éducation, la santé et les loisirs » (El Informador 2 sept. 2010). Le coordonnateur du projet de recherche a affirmé que l'essor de la violence dans la ville résulte notamment du manque de possibilités d'emploi et d'un système d'éducation adéquat (ibid.).

Services gouvernementaux

L'Associated Press (AP) signale que la directrice exécutive d'ONU Femmes a souligné la mise sur pied d'organisations au Mexique vouées à l'aide aux victimes de violence conjugale, ainsi que le travail des tribunaux locaux dans la défense des droits des femmes (6 juill. 2011).

Toutefois, selon la directrice du projet de recherche en épidémiologie et en psychologie sociale, même s'il existe d'importants programmes en matière de santé, il y a encore [traduction] « un manque de connaissance parmi les professionnels de la santé à propos des lois et des organisations vouées à la prévention, à la détection et au règlement des cas de violence familiale » (directrice 16 août 2011). Elle dit aussi que [traduction] « la majorité des services de soins de santé publics et privés ne comprennent aucun programme précis pour s'attaquer à ce problème » (ibid.). Elle ajoute que, vu la culture au Mexique, les femmes se sentent [traduction] « gênées » lorsqu'elles tentent d'obtenir de l'aide, car elles « s'inquiètent à savoir si les professionnels de la santé les jugeront » (ibid.). Elles tentent de cacher leur problème [traduction] « par crainte que l'agresseur ne fasse subir des représailles à leurs enfants ou à elles-mêmes » (ibid.).

Services gouvernementaux dans le District fédéral

L'Institut des femmes du District fédéral (Instituto de las Mujeres del Distrito Federal - INMujeres DF), où se trouve Mexico, offre une assurance contre la violence (Seguro contra la Violencia) dans le cadre de laquelle il accorde 1 537 $ [122 $C (XE 24 août 2011a)] par mois aux femmes victimes de violence familiale pendant un an, ainsi qu'un programme de réintégration sociale (Programa de Reintegración Social), par l'entremise duquel il fournit notamment des services de consultation, de l'aide pour acquérir un logement, des bourses d'études, des services médicaux et de la formation en matière d'emploi aux femmes victimes de [traduction] « violence extrême » (District fédéral s.d.d). NOTIMEX signale que, depuis 2008, 4 000 assurances ont été accordées dans le cadre du programme d'assurance contre la violence et que 80 p. 100 des bénéficiaires ne vivent plus avec leur [traduction] « abuseur » (14 août 2011).

Le Système pour le développement intégral de la famille du District fédéral (Desarrollo Integral de la Familia del Distrito Federal - DIF-DF) offre des services de médiation aux couples qui veulent divorcer ou prendre des dispositions concernant la garde de leurs enfants et la pension alimentaire, afin de les aider à éviter les conflits d'ordre juridique (District fédéral s.d.b).

L'unité d'aide aux citoyens (Unidad de Atención Ciudadana - UNAC) offre des services de consultation, de soins de santé, de planification familiale, de réadaptation, de réintégration sociale et d'aide matérielle et économique aux personnes vulnérables, y compris les victimes de violence (ibid. s.d.c). Pour bénéficier de ces services, l'intéressé doit présenter une preuve d'adresse (ibid.).

Le ministère de la Santé du District fédéral (Secretaría de Salud del Distrito Federal) possède des unités de santé appelées Services de prévention et d'aide en matière de violence fondée sur le genre (Servicios de Prevención y Atención de la Violencia de Género - SEPAVIGE) qui offrent entre autres de l'aide psychologique, organisent des activités de détection et de traitement et font de la sensibilisation et de l'éducation en santé (ibid. févr. 2009). Toutefois, la chercheuse principale à l'UNAM a souligné qu'uniquement ceux qui présentent une carte d'identité de l'électeur et des documents qui prouvent leur adresse peuvent bénéficier de ces services (chercheuse principale 17 août 2011). Elle a aussi souligné que même si des services de santé de base sont offerts gratuitement par le District fédéral, [traduction] « certaines opérations chirurgicales et certains médicaments très couteux ne sont pas couverts par l'assurance-maladie de base » (ibid.).

Services gouvernementaux à Guadalajara

Le Système pour le développement intégral de la famille de Guadalajara (Desarrollo Integral de la Familia Guadalajara - DIF Guadalajara) offre les programmes suivants :

  • le Centre de soins intégrés en matière de violence conjugale (Centro de Atención Integral a la Violencia Familiar - CAIVI), qui offre notamment des services de consultation psychologique et de soins de santé, ainsi que de l'orientation (Guadalajara s.d.a);
  • le Centre de soins intégrés pour les familles dans des situations de violence (Atención Integral a Familias en Situación de Violencia Intrafamiliar), qui fournit des services de psychothérapie, de travail social et d'aide juridique (ibid. s.d.b);
  • le Centre d'aide intégré pour hommes violents (Centro de Apoyo Integral a Hombres Generadores de Violencia), qui offre des services de psychothérapie aux hommes violents de manière à les aider à reconnaître et à gérer les situations qui les poussent à être violents ainsi qu'à trouver des solutions de rechange (ibid. s.d.c);
  • Femmes entrepreneures (Mujeres Emprendedoras), qui donne de la formation en tourisme aux femmes [traduction] « en situation de vulnérabilité » de sorte qu'elles puissent être indépendantes financièrement (ibid. s.d.d).

L'Institut des femmes du Jalisco (Instituto Jalisciense de las Mujeres - IJM) offre les programmes suivants :

  • le Centre d'information et d'orientation pour les femmes (Centro de Información y Orientación sobre la Mujer), qui diffuse de l'information sur les programmes institutionnels dont les femmes peuvent bénéficier (Jalisco s.d.a). En 2008, il disposait d'un budget de 273 306 $ (ibid.), soit 21 746 $C (XE 24 août 2011b).
  • Aide judiciaire en personne (Asesoría Jurídica Presencial), qui fournit des services juridiques aux femmes victimes de violence fondée sur le sexe (Jalisco s.d.b). En 2009, ce programme disposait d'un budget de 2 021 095 $ (ibid.), soit 160 809 $C (XE 24 août 2011c).
  • les Centres d'aide intégrés pour les femmes (Centros Integrales de Apoyo a las Mujeres), qui offrent de l'aide et de la formation (Jalisco s.d.c). En 2009, ils disposaient d'un budget de 2 016 717 $ (ibid.), soit 160 381 $C (XE 24 août 2011d).
  • la ligne pour les femmes (Línea Mujer), une ligne téléphonique par l'entremise de laquelle les femmes peuvent obtenir de l'aide juridique et psychologique ainsi que d'autres renseignements (Jalisco s.d.d).
  • Prévention et aide en matière de violence faite aux femmes (Prevención y Atención a la Violencia contra las Mujeres), qui offre des services pour prévenir, régler et éliminer la violence faite aux femmes (Jalisco s.d.e). En 2009, ce programme disposait d'un budget de 18 957 000 $ (ibid.), soit 1 507 806 $C (XE 24 août 2011e).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

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Autres sources consultées

Sources orales : Les tentatives faites pour joindre des représentants des organisations suivantes ont été infructueuses : El Colegio de México, Facultad Latinoamericana de Ciencias Sociales en México, Sistema para el Desarrollo Integral de la Familia de Guadalajara, Sistema para el Desarrollo Integral de la Familia del Distrito Federal, Secretaría de Salud de Jalisco, Secretaría de Salud del Distrito Federal, Universidad Autónoma Metropolitana, ainsi que des chercheurs indépendants.

Sites Internet, y compris : Amnesty International, Comisión de Derechos Humanos del Distrito Federal, Comisión Estatal de Derechos Humanos Jalisco, Comisión Mexicana de Defensa y Promoción de los Derechos Humanos, Comisión Nacional de los Derechos Humanos, Freedom House, Human Rights Watch, Nations Unies - Refworld, ONU Femmes, Salud Integral para la Mujer.

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