Last Updated: Friday, 26 December 2014, 13:50 GMT

Mexique : information sur le gang Vatos Locos, y compris sa structure organisationnelle, ses zones d'influence et ses activités; information sur des arrestations de membres du gang en 2007

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Publication Date 22 June 2012
Citation / Document Symbol MEX104133.F
Related Document Mexico: The Vatos Locos gang, including its organizational structure, areas of influence and activity; information on detention of gang members in 2007
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Mexique : information sur le gang Vatos Locos, y compris sa structure organisationnelle, ses zones d'influence et ses activités; information sur des arrestations de membres du gang en 2007, 22 June 2012, MEX104133.F, available at: http://www.refworld.org/docid/5035fb772.html [accessed 28 December 2014]
DisclaimerThis is not a UNHCR publication. UNHCR is not responsible for, nor does it necessarily endorse, its content. Any views expressed are solely those of the author or publisher and do not necessarily reflect those of UNHCR, the United Nations or its Member States.

1. Origine et structure organisationnelle

L'information contenue dans cette section est tirée d'une communication écrite envoyée à la Direction des recherches le 18 juin 2012 par un chercheur associé au Collège de Chihuahua (Colegio de Chihuahua) et membre de la Chaire UNESCO sur les drogues au Mexique. En se fondant sur les archives d'une base de données comprenant près de 3 500 documents sur les gangs dans les Amériques, le chercheur associé a souligné que le gang Vatos Locos a été créé vers les années 1940 à Los Angeles par des Mexicains et des Mexicano-Américains. Durant les années 1970 et 1980, le gang s'est consolidé en partie en prison grâce à de nouvelles alliances et un nouveau mode de recrutement. Plus récemment, d'anciens militaires qui sont allés en Afghanistan et en Irak, et qui, de retour aux États-Unis, se sont joints au gang. Certains gangs à l'extérieur des États-Unis ont sans doute pris le nom Vatos Locos en s'inspirant du film Blood In, Blood Out sorti en 1993. Les membres de Vatos Locos se considèrent comme une « nation » au sein de laquelle certains aspects sont communs, mais qui permet néanmoins à chacun des gangs de jouir d'une certaine autonomie. Il y aurait des membres de troisième ou quatrième génération appartenant à un même gang.

Le chercheur associé a souligné ce qui suit sur l'organisation interne et le recrutement :

[traduction]

Si l'on accepte l'hypothèse d'une « nation » de « Vatos Locos », on comprend aisément que l'organisation interne est hétérogène. L'information disponible suggère qu'aux États-Unis, il y a un leadership constitué sous la forme d'assemblées au cours desquelles des décisions « collectives » sont prises d'une manière relativement démocratique. Les membres de ces assemblées sont considérés comme des « capitaines » qui commandent aux « soldats », qui sont ceux qui font le travail dans la rue. [...]

À l'extérieur des États-Unis, les structures d'organisation interne reflètent la multiplicité des lieux d'établissement et le poids qu'ils ont sur les pratiques locales. Alors qu'en Amérique centrale les Vatos Locos ont une forte logique de défense violente et armée de leurs quartiers, au Chili ou en Argentine ces caractéristiques, bien que présentes, sont moins marquées. En Équateur, on remarque que leur présence relève davantage de l'identification culturelle qui mènera éventuellement à la violence. [...]

Un modèle général de comportement des groupes analysés précédemment est qu'ils ont une hiérarchie avec leurs propres symboles d'identité et leurs méthodes de recrutement. Afin d'être admis dans le gang, les candidats doivent démontrer leurs « habiletés », et les dirigeants demanderaient aux candidats leurs motifs pour vouloir appartenir au gang. Si les motifs sont jugés raisonnables, se déroule ensuite l'épreuve du « placazo » qui signifie que le candidat participe à un combat afin de faire preuve de son arrojo [courage]. Enfin, quand les tests ont étés réussis, le candidat fait le serment du « sangre con sangre para entrar » [sang contre sang afin d'entrer] ou « muero por mi clika, me vale madre, es mi father, mi sangre : por ello siempre juro ser Vato Loco » [je mourrais pour ma clique, ça ne me dérange pas, il est mon père, mon sang : pour cela, je jure d'être toujours Vato Loco] (ibid.).

Parmi les sources qu'elle a consultées, la Direction des recherches n'a trouvé aucune autre information allant dans le même sens que celle présentée par le chercheur associé ni aucune information sur les chefs des gangs et la personne nommée dans la demande d'information dans les délais fixés pour cette réponse.

2. Zones d'influence et activités

Selon le chercheur associé, la structure organisationnelle des Vatos Locos dans d'autres pays n'est pas la même que celle du gang aux États-Unis (chercheur associé 18 juin 2012.). Il a également dit qu'il n'y a pas suffisamment d'information pour établir s'il existe ou non une relation organique entre les Vatos Locos en Californie et ses équivalents dans d'autres parties du monde (ibid.). Il a aussi indiqué que des gangs Vatos Locos ont été repérés dans les régions métropolitaines du Salvador, du Honduras, du Nicaragua, de l'Équateur, du Chili, l'Argentine, de l'Espagne et de l'Italie (ibid.). À propos de leur présence au Mexique, le chercheur associé a affirmé ce que suit :

[traduction]

La présence de membres des gangs Vatos Locos a été constatée à Tijuana et à Mexicali, en Basse-Californie. Ceci s'explique par la proximité avec la Californie. En nombre plus restreint mais constant, des membres de ce gang ont été signalés dans les régions métropolitaines suivantes : Hermosillo, Sonora; Ciudad Juárez, Chihuahua; Monterrey, Nuevo León; León et Irapuato, Guanajuato. La présence de Vatos Locos a cependant aussi été signalée dans d'autres endroits plus éloignés à l'intérieur du Mexique. Leur présence a été rapportée à Jalapa et à Veracruz, dans le Veracruz, à Guadalajara dans le Jalisco et à San Luis Potosí et à Morelia dans le Michoacán. Des articles de presse signalent leur présence à Ecatepec et à Nezahualcóyotl, dans l'État de Mexico, et dans le district de Gustavo A. Madero dans le District fédéral. En outre, les États du sud du Chiapas et de Quintana Roo sont également mentionnés dans divers médias (ibid.).

Un article paru sur La Verdad, un site Internet de nouvelles sur Quintana Roo, signale la présence de Vatos Locos à Cancun, dans l'État du Quintana Roo (19 déc. 2011).

En ce qui concerne les activités de Vatos Locos, le chercheur associé a souligné qu'on compte parmi celles-ci les actes d'intimidation envers des étudiants, le trafic et la consommation de drogues, les vols à main armée et les viols (18 juin 2012). Des sources soulignent que le Bureau fédéral d'investigation (Federal Bureau of Investigation, FBI) des États-Unis a signalé que 33 gangs, y compris les Vatos Locos, ont établi des contacts avec des cartels de la drogue mexicains et des groupes du crime organisé (Milenio 25 déc. 2011; CNN 4 nov. 2011). Les articles soulignent que ces gangs sont utilisés par ces groupes pour [traduction] « protéger leurs intérêts » à la frontière américano-mexicaine, ainsi que pour le trafic de drogue, la contrebande d'armes, la traite de personnes, la protection des itinéraires de contrebande, « le recouvrement de créances » et l'exécution des trafiquants rivaux (ibid.; Milenio 25 déc. 2011).

3. Opération Community Shield

Le chercheur associé a affirmé que l'information sur les arrestations de masse des membres de Vatos Locos est liée à l'opération « bouclier de la communauté » (Operation Community Shield), qui a été menée aux États-Unis entre 2005 et mars 2012 (chercheur associé 18 juin 2012). Selon le chercheur associé, cette opération a conduit à la mise en détention, à la mise en accusation et à l'expulsion de [traduction] « beaucoup » de membres de gangs (ibid.). Le Washington Times a cité, dans un article publié en 2007, la secrétaire adjointe américaine pour la sécurité intérieure (US Homeland Security Assistant Secretary) qui aurait affirmé que par l'opération « bouclier de la communauté », [traduction] « le gouvernement fédéral visait à perturber et à démanteler les gangs de rue transnationales violentes en ayant recours aux autorités d'immigration et douanières » (The Washington Times 10 oct. 2007). Selon l'article, les Vatos Locos étaient un des gangs visés par l'opération (ibid.). La même source souligne que pendant l'été 2007, 1 313 membres de gangs et des associés ont été arrêtés, et que, entre 2005 et octobre 2007, 7 655 membres de gangs et des associés ont été arrêtés (ibid.). Parmi les sources qu'elle a consultées, la Direction des recherches n'a pu obtenir d'information sur des arrestations massives de membres de Vatos Locos au Mexique dans les délais fixés pour cette réponse.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Cable News Network (CNN). 4 novembre 2011. « El FBI reporta una alianza entre cárteles, traficantes y pandillas de EU ». [Date de consultation 12 juin 2012]

Chercheur associé, Colegio de Chiuhahua et Cátedra UNESCO. 18 juin 2012. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches.

Milenio. 25 décembre 2011. « Reclutan narcos mexicanos a 33 pandillas de EU ». [Date de consultation 14 juin 2012]

La Verdad [Quintana Roo]. 19 décembre 2011. « Narcopandillas gobiernan en 20 zonas de Cancún ». [Date de consultation 14 juin 2012]

The Washington Times. 10 octobre 2007. Jerry Seper. « Raids Net 1,313 Gang Members, Illegals; 3-month Effort Involved 23 Cities, 19 States ». (Factiva)

Autres sources consultées

Sources orales : Des chercheurs des organisations suivantes n'ont pas pu fournir d'information : Colegio de la Frontera Norte — Departamento de Estudios Culturales, Freie Universität Berlin — Institute for Latin American Studies, InSight Crime, Instituto para la Seguridad y la Democracia, International Development Research Centre, London School of Economics and Political Science — Department of Geography, Small Arms Survey, Universidad Nacional Autónoma de México — Centro de Investigaciones sobre América del Norte, Universidad Nacional de Colombia — Instituto de Estudios Políticos y Relaciones Internacionales, University of Manchester — Brooks World Poverty Institute.

Les tentatives faites pour joindre des réprésentants des organisations suivantes ont été infructueuses : Instituto Tecnológico y de Estudios Superiores de Occidente — Departamento de Estudios Socio Culturales; Universidad Autónoma Metropolitana — División de Ciencias Sociales y Humanidades.

Sites Internet, y compris : Amnesty International; Centro de Investigaciones y Estudios Superiores en Antropología Social; Diario de Guerrero; États-Unis — Congressional Research Service, Department of Homeland Security, Department of State, Federal Bureau of Investigation; Excelsior; El Faro; Freedom House; Human Rights Watch; Instituto Téchnológico Autónomo de México; International Crisis Group; International Institute for Counter-Terrorism; Jane's Terrorism and Security Monitor; La Jornada; La Jornada de Veracruz; Mexique — Procuraduría General de la República, Secretaría de Seguridad Pública; Narco Red; Nations Unis — Office on Drugs and Crime, ReliefWeb; El Nuevo Diario [Nicaragua]; Organisation des États américains; Oye Veracruz; Periódico A.M.; La Silla Vacía; El Universal; Univisión; La Voz de Quintana Roo; Washington Office on Latin America.

Copyright notice: This document is published with the permission of the copyright holder and producer Immigration and Refugee Board of Canada (IRB). The original version of this document may be found on the offical website of the IRB at http://www.irb-cisr.gc.ca/en/. Documents earlier than 2003 may be found only on Refworld.

Search Refworld

Countries