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Amnesty International Rapport 2008 - Singapour

Publisher Amnesty International
Publication Date 28 May 2008
Cite as Amnesty International, Amnesty International Rapport 2008 - Singapour, 28 May 2008, available at: http://www.refworld.org/docid/4842726e3a.html [accessed 22 September 2014]
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République de Singapour
Chef de l'ÉtatSellapan Rama Nathan
Chef du gouvernementLee Hsien Loong
Peine de mortmaintenue
Population4,4 millions
Espérance de vie79,4 ans
Mortalité des moins de cinq ans (m/f ‰)4 / 4 ‰
Taux d'alphabétisation des adultes92,5 %

Malgré les restrictions apportées à la liberté d'expression et de réunion, les critiques à l'égard du gouvernement se sont faites de plus en plus vives. Des personnes soupçonnées d'activisme islamiste étaient toujours détenues sans inculpation ni jugement en vertu de la Loi relative à la sécurité intérieure, et il était à craindre que certaines d'entre elles ne soient torturées ou soumises à d'autres mauvais traitements au cours d'interrogatoires. Plusieurs condamnations à mort ont été prononcées et au moins deux exécutions ont eu lieu. Des délinquants ont été condamnés à des peines de bastonnade.

Contexte

Des personnes ont dénoncé la manière abusive dont le Parti d'action populaire (PAP), la formation au pouvoir, continuait à se servir des lois, et ont affirmé que l'appareil judiciaire manquait d'indépendance. L'influence du ministre mentor Lee Kuan Yew, jugée déterminante dans le maintien d'un climat répressif en matière de droits humains, a de nouveau été critiquée. Les autorités ont rejeté un projet visant à dépénaliser l'homosexualité. Les informations selon lesquelles le fossé entre riches et pauvres s'était creusé étaient une source de préoccupation. Singapour a assuré en 2007 la présidence de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE), qui a adopté une charte comprenant un certain nombre d'engagements en matière de droits humains.

Liberté d'expression et de réunion

Des personnes critiques à l'égard du gouvernement, des défenseurs des droits humains, des représentants de la presse internationale, des manifestants non violents et des objecteurs de conscience ont fait l'objet de poursuites pénales, de procès en diffamation ou d'autres mesures restrictives.

Le champ d'application de l'infraction de rassemblement illégal a été élargi dans la version révisée du Code pénal.

  • Des pratiquants du Fa Lun Gong ont été condamnés à des amendes ou emprisonnés pour avoir organisé des manifestations pacifiques contre le gouvernement chinois.
  • Le dirigeant d'opposition Chee Soon Juan, secrétaire général du Parti démocrate de Singapour (SDP), a été incarcéré pendant quinze jours pour avoir cherché à partir à l'étranger sans autorisation alors qu'il faisait l'objet d'une mesure de faillite personnelle. Celle-ci avait été prononcée à son encontre en 2006, à l'issue d'une série de procès en diffamation intentés par des responsables du PAP. Chee Soon Juan faisait l'objet de poursuites pour de nombreux autres motifs, notamment pour avoir pris la parole en public et vendu des livres dans la rue sans autorisation.
  • La Far Eastern Economic Review a été interdite. Ses responsables faisaient l'objet d'un procès en diffamation pour avoir publié, en 2006, une interview de Chee Soon Juan. Plutôt que de subir un procès en diffamation, le Financial Times a préféré présenter ses excuses au Premier ministre Lee Hsien Loong et au ministre mentor pour un article les accusant d'être mêlés à des pratiques de népotisme. Dans le classement mondial 2007 de la liberté de la presse établi par l'ONG Reporters sans frontières (RSF), Singapour occupait la 141e place sur 169.
  • Une délégation de parlementaires européens et asiatiques en visite à Singapour s'est vu refuser l'autorisation de s'exprimer dans le cadre d'une réunion du SDP consacrée au développement de la démocratie dans le monde.

Justice –  détention sans procès

Fin 2007, selon les informations recueillies, au moins 37 personnes soupçonnées d'activisme islamiste étaient toujours détenues sans inculpation ni jugement, en vertu de la Loi relative à la sécurité intérieure. Pendant l'année, au moins six activistes islamistes présumés auraient été arrêtés –  parfois après avoir été renvoyés à Singapour depuis l'étranger dans le cadre de « restitutions », d'après certaines sources  – et au moins huit auraient été remis en liberté. Il était toujours à craindre que ces détenus ne soient torturés ou soumis à d'autres formes de mauvais traitements, bien que le gouvernement ait assuré qu'ils bénéficiaient de la protection de la loi.

Peine de mort

Singapour a voté contre une résolution des Nations unies appelant à un moratoire mondial sur les exécutions. Le champ d'application de la peine capitale aurait été étendu de façon à couvrir les enlèvements entrant dans le cadre d'activités « terroristes ».

Les procès n'étaient toujours pas conformes aux normes internationales relatives aux droits humains. En effet, certaines infractions étaient obligatoirement punies de mort et le principe de la présomption d'innocence n'était pas toujours respecté dans les affaires capitales. Au moins deux personnes ont été condamnées à mort pour infraction à la législation sur les stupéfiants et homicide volontaire. Deux étrangers condamnés à mort pour trafic de stupéfiants ont été exécutés.

Peines cruelles, inhumaines et dégradantes

Des délinquants ont été condamnés à des peines de bastonnade.

  • Emmanuel Munisamy, qui semblait présenter un quotient intellectuel particulièrement bas, a été condamné à 24 coups de canne pour vol à main armée et coups et blessures sur la personne d'un policier. Cette peine a été annulée en appel.
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