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Sri Lanka : information sur le traitement réservé aux Tamouls qui retournent au Sri Lanka, y compris les demandeurs d'asile déboutés; les conséquences, au retour, de ne pas avoir obtenu l'autorisation nécessaire du gouvernement, comme un passeport, pour quitter le pays

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Publication Date 22 August 2011
Citation / Document Symbol LKA103815.EF
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Sri Lanka : information sur le traitement réservé aux Tamouls qui retournent au Sri Lanka, y compris les demandeurs d'asile déboutés; les conséquences, au retour, de ne pas avoir obtenu l'autorisation nécessaire du gouvernement, comme un passeport, pour quitter le pays, 22 August 2011, LKA103815.EF, available at: http://www.refworld.org/docid/4e784ff82.html [accessed 20 September 2014]
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La présente réponse à la demande d'information vise à incorporer de l'information reçue le 16 août 2011 de la part du haut-commissariat du Canada à Colombo. Elle remplace la réponse LKA103783.EF du 4 août 2011.

Après avoir obtenu des renseignements de la part de représentants du gouvernement du Sri Lanka, du personnel de la mission et d'autres intervenants au pays, un représentant du haut-commissariat du Canada à Colombo a affirmé ce qui suit dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches :

[traduction]

Le processus de contrôle est le même pour toutes les personnes retournant au Sri Lanka - que ce soit volontairement ou sous escorte. L'appartenance ethnique n'a pas de répercussions sur le processus.

Pour les personnes renvoyées au Sri Lanka, la première étape du processus est la vérification de la citoyenneté du client par les autorités de l'immigration sri-lankaises. Lorsqu'il a été établi qu'un client a le droit d'entrée, il est ensuite interrogé à l'aéroport par le Service des enquêtes criminelles (Criminal Investigations Division - CID) et ensuite par le Service de renseignement de l'État (State Intelligence Service - SIS). Les questions du SIS ont souvent trait à la façon dont le client a quitté le pays. Le SIS cherche à obtenir de l'information sur le passage de clandestins et la traite de personnes vers l'étranger.

Le CID effectue la vérification des antécédents criminels des rapatriés en communiquant avec les postes de police de tous les districts où un client peut avoir vécu. Comme les casiers judiciaires ne sont pas consultables par l'entremise d'une banque de données nationale, la dernière vérification des antécédents criminels peut prendre de 24 à 48 heures selon le jour de la semaine où la personne est arrivée à Colombo. Généralement, la vérification des dossiers de la police peut être complétée en quelques heures, mais si un client arrive un samedi ou un dimanche, il peut falloir un peu plus de temps pour communiquer avec les bureaux compétents. À la fin de ce processus d'admission, les ressortissants sri-lankais expulsés peuvent entrer au Sri Lanka (Canada 16 août 2011).

Cependant, des observations conjointes préparées en réponse aux demandes d'information de la Direction des recherches par les parties suivantes donnent des renseignements différents de ceux fournis par le représentant du haut-commissariat du Canada :

  • Law and Society Trust, organisme sans but lucratif de Colombo qui [traduction] « mène des activités de documentation, de recherche et de défense en matière des droits de la personne » (Law and Society Trust s.d.);
  • INFORM Human Rights Documentation Centre, une [traduction] « organisation de défense des droits de la personne du Sri Lanka » qui a été fondée en 1989 et qui concentre ses efforts sur [traduction] « la surveillance, la documentation et le réseautage » (WEDO s.d.);
  • Networking for Rights in Sri Lanka, un groupe qui a créé un réseau national et international de défenseurs des droits des Sri-Lankais (NFR Sri Lanka s.d.);
  • un avocat des droits de la personne au Royaume-Uni (Law and Society Trust et al. 18 juill. 2011, 7).

En ce qui concerne les règles de sécurité à l'aéroport de Colombo relativement aux demandeurs d'asile tamouls déboutés, on peut lire dans leurs observations conjointes que

[traduction]

[l]es autorités de l'immigration sont averties de l'arrivée imminente des personnes qui ont été expulsées ou qui ont été « renvoyées » à la suite du rejet de leur demande d'asile. Il est également possible de les reconnaître du fait qu'elles sont munies de titres de voyage temporaires. Ces personnes sont retirées des files d'attente et sont soumises à un interrogatoire spécial mené par la police et par des membres du Service des enquêtes sur le terrorisme (Terrorist Investigation Department - TID). Elles sont presque toujours détenues, parfois durant quelques heures, mais parfois durant des mois, jusqu'à ce qu'une attestation de sécurité soit obtenue. Dans les cas où la plupart des membres de la famille des personnes expulsées ou renvoyées ont été déplacés en raison de la guerre et ne peuvent pas être joints par téléphone, et où les dossiers de la police - susceptibles de confirmer leur véritable adresse et le fait qu'elles n'ont participé à aucune activité criminelle ou terroriste - ont souvent été égarés compte tenu des cycles de déplacement vécus par l'ensemble de la population du nord et de l'est du pays au cours des dernières années, il peut falloir des mois pour obtenir l'attestation de sécurité. Si aucun membre de la famille n'assure le suivi, cela peut donner lieu à une détention indéfinie (ibid., 5)

Les observations conjointes font aussi état du fait que les Tamouls de retour sont [traduction] « particulièrement vulnérables s'ils arrivent seuls et si personne n'est au courant de leur arrivée » (ibid., 6).

Le 19 mai 2010, le directeur du Edmund Rice Centre, organisation australienne de recherche, de défense et de réseautage qui travaille également avec des réfugiés et des demandeurs d'asile (Edmund Rice Centre s.d.), a dit que le Sri Lanka [traduction] « n'est pas sûr pour les demandeurs d'asile expulsés », y compris pour toute personne qui a des liens avec les Tigres tamouls ou qui a quitté le pays illégalement (ibid. 19 mai 2010). Il a expliqué que les autorités du Sri Lanka sont d'avis que [traduction] « "tous les Tamouls qui ont fui le pays sans autorisation sont des sympathisants des TLET [Tigres de libération de l'Eelam tamoul], ou que, dans le cas de Cinghalais, il s'agit de traîtres" » (ibid.). Le directeur a aussi mentionné qu'au cours des mois ayant précédé mai 2010,

[traduction]

tous les demandeurs d'asile renvoyés au Sri Lanka […] [ont été] livrés au CID de la police du Sri Lanka et ont été mis en détention. Certains [ont été] détenus, d'autres [ont été] agressés (ibid.).

Au cours d'un entretien téléphonique avec la Direction des recherches le 30 juin 2011, un professeur auxiliaire de sciences politiques à l'Université Temple qui mène actuellement des recherches sur le Sri Lanka a affirmé que, selon de l'information provenant de sources au Sri Lanka, le gouvernement a posté d'anciens Tigres tamouls - qui se sont rangés du côté du gouvernement et qui travaillent avec les forces de sécurité du Sri Lanka - à l'aéroport international Bandaranaike, où ils procèdent au contrôle des arrivants. Le professeur a souligné ce qui suit :

[traduction]

si vous êtes un Tamoul et êtes lié de quelque façon que ce soit aux causes tamoules, il est fort probable que vous ferez l'objet d'un contrôle à l'aéroport et serez mis en détention par la police. Il est très difficile pour quiconque ayant un lien avec les Tigres tamouls de retourner au Sri Lanka (professeur auxiliaire 30 juin 2011).

En outre, il a signalé que les Tamouls qui n'ont aucun lien avec les Tigres tamouls, mais qui se sont déjà opposés aux politiques du gouvernement seraient considérés comme étant liés aux Tigres et feraient l'objet d'un contrôle à l'aéroport (ibid.). Il a aussi souligné que toute personne qui, par le passé, a été liée aux Tigres tamouls ou s'est opposée au gouvernement sera détenue et interrogée (ibid.). Il a ajouté que des cas de [traduction] « mauvais traitements et de torture » à l'endroit de détenus à l'aéroport ont été signalés (ibid.).

Le directeur du Edmund Rice Centre a lui aussi affirmé que [traduction] « "[t]oute personne dont la position diffère de celle du gouvernement est exposée à un risque" » (19 mai 2010). Il a expliqué que

[traduction]

« [l]a détention peut être de durée indéfinie et les instances se déroulent dans la prison elle-même. Aucun argument juridique n'est accepté, et la plupart des magistrats ne cessent de remettre l'instruction des affaires à une date ultérieure » (Edmund Rice Centre 19 mai 2010).

Dans un article publié en janvier 2011, le quotidien Sri Lanka Guardian a mentionné qu'à l'aéroport international de Katunayake à Colombo, on peut constater une [traduction] « présence importante d'agents du renseignement » qui « ciblent systématiquement » les Tamouls qui reviennent de l'étranger et les soumettent à des [traduction] « interrogatoires approfondis durant plusieurs heures » (5 janv. 2011). Selon les sources du site de nouvelles, les passagers tamouls sur tous les vols d'arrivée et de départ sont la priorité du TID (Sri Lanka Guardian 5 janv. 2011). Ces sources affirment que les agents du TID mettent en détention les personnes visées, les interrogeant pendant des heures ou les conduisant [traduction] « dans des camionnettes blanches non identifiées à des endroits inconnus » (ibid.).

De même, on peut lire dans les observations conjointes de l'organisme Law and Society Trust que

[traduction]

les Tamouls de retour sont détenus et interrogés sur leurs liens avec les TLET au Sri Lanka avant leur départ du pays, les circonstances de leur départ et leurs liens pendant qu'ils étaient à l'étranger. Il peut s'agir d'un long processus et, en vertu de la PTA [loi sur la prévention du terrorisme (Prevention of Terrorism Act)], les personnes visées peuvent être détenues durant de longues périodes (Law and Society Trust et al. 18 juill. 2011, 6).

D'après les observations conjointes, les conditions de détention sont [traduction] « très mauvaises » (ibid.). Les Country Reports on Human Rights Practices for 2010 des États-Unis mentionnent que les prisons au Sri Lanka sont surpeuplées et que [traduction] « les installations sanitaires […] sont insuffisantes » (É.-U. 8 avr. 2011, 8). Ils font aussi état d'autres problèmes relativement aux conditions dans les prisons, précisant que les prisonniers [traduction] « dorment sur des planchers de ciment », que la ventilation est insatisfaisante et que des cas de mauvais traitements sont signalés dans les sections réservées aux femmes (ibid.).

Par contre, le représentant du haut-commissariat du Canada a souligné que

[traduction]

[l]e haut-commissariat du Canada est au courant de seulement quatre cas de personnes détenues à leur arrivée. Tous les avaient traits à des accusations criminelles en attente au pays et aucune d'elles n'était liée à des demandes d'asile présentées à l'étranger ou à l'appartenance ethnique. Des personnes de toutes les origines ethniques sont renvoyées sous escorte ou volontairement chaque jour au Sri Lanka, et le processus de contrôle et d'admission demeure le même pour toutes ces personnes (Canada 16 août 2011).

Cependant, l'organisation Human Rights Watch a déclaré publiquement être préoccupée par le fait que la Grande-Bretagne souhaitait renvoyer des demandeurs d'asile déboutés au Sri Lanka, parce qu'elle croit que [traduction] « les ressortissants sri-lankais qui ont été liés aux TLET ou qui sont considérés comme des partisans des […] TLET seraient exposés à un risque important d'être persécutés s'ils étaient expulsés vers le Sri Lanka » (16 juin 2011). L'organisation a souligné que ses recherches [traduction] « montrent que les autorités du Sri Lanka ont fréquemment violé les droits fondamentaux des personnes soupçonnées d'être liées aux TLET ou de les appuyer » (Human Rights Watch 16 juin 2011).

Hatnews, un [traduction] « canal d'information et de nouvelles [du Royaume-Uni] à l'intention des demandeurs d'asile [et] des réfugiés » (s.d.a), et auquel contribuent des [traduction] « journalistes professionnels de partout dans le monde qui sont actuellement des réfugiés et des demandeurs d'asile au Royaume-Uni ou qui ont obtenu leur "statut", mais qui ne travaillent pas dans le domaine du journalisme en ce moment » (Hatnews s.d.b), fait observer que [traduction] « de plus en plus de rapatriés affirment se voir poser, dans le cadre du processus de documentation, des questions détaillées par le SLHC [haut-commissariat du Sri Lanka (Sri Lanka High Commission) au Royaume-Uni] quant au contenu de leurs demandes d'asile et à leurs liens avec les TLET » (ibid. 10 juin 2011).

Personnes renvoyées par le Royaume-Uni

Dans un communiqué de presse publié le 17 juin 2011, Amnesty International (AI) souligne que le Royaume-Uni a rejeté la demande d'asile de 26 Sri-Lankais, dont la majorité étaient des Tamouls, et que lorsque les rapatriés sont arrivés à Colombo, ils ont été emmenés pour être interrogés (AI 17 juin 2011). Le communiqué cite les propos de la chercheuse d'AI sur le Sri Lanka qui a affirmé que [traduction] « "[l]e gouvernement du Sri Lanka a déjà arrêté et détenu des demandeurs d'asile sri-lankais déboutés à leur retour au pays, et nous savons que des personnes ont été torturées" » (ibid.). Un communiqué sur les expulsions en instance publié le 16 juin, la veille des expulsions, cite aussi la même chercheuse, qui a déclaré que [version française d'AI] « "[m]algré la fin du conflit armé au Sri Lanka en mai 2009, les risques encourus par les demandeurs d'asile sri-lankais déboutés, qui continuent d'être arrêtés et placés en détention à leur arrivée au Sri Lanka, sont toujours aussi importants" » (ibid. 16 juin 2011).

Selon le Hindustan Times, journal de New Delhi, le 17 juin 2011, l'Unité d'information et de recherche en politiques (Policy Research and Information Unit) du Secrétariat présidentiel (Presidential Secretariat) du Sri Lanka a publié un communiqué de presse dans lequel elle mentionne l'arrivée à Colombo d'un [traduction] « groupe de demandeurs d'asile tamouls » expulsés de la Grande-Bretagne le jour même (17 juin 2011). Comme le Hindustan Times le précise, un agent de police supérieur a informé l'Unité qu'une [traduction] « équipe spéciale » du CID consignait les déclarations des demandeurs d'asile tamouls déboutés, après quoi la police les laisserait partir [traduction] « sous peu » (17 juin 2011). Le Daily News, journal de Colombo, a également cité un porte-parole de la police, qui a dit qu'une équipe du CID et le Bureau national du renseignement (National Intelligence Bureau) ont [traduction] « consigné de longues déclarations » de la part des 26 personnes expulsées lorsque celles-ci sont arrivées à Colombo (18 juin 2011). On peut aussi lire dans le journal de Colombo que le groupe de personnes expulsées était composé de 15 Tamouls, 4 Cinghalais et 7 musulmans (Daily News 18 juin 2011).

L'Independent, journal de Londres, fait également mention du fait que [traduction] « les autorités ont rencontré [les 26 demandeurs d'asile déboutés] pour les interroger » et qu'un porte-parole de la police a précisé que ces derniers étaient aussi interrogés par le CID (18 juin 2011). Par contre, le Sunday Observer de Colombo a toutefois cité un porte-parole de la police qui a déclaré que personne n'était interrogé par le CID et que le [traduction] « "CID ne détient pas inutilement les gens s'ils n'ont aucun casier judiciaire" » (Sunday Observer 19 juin 2011). L'article du Sunday Observer souligne également qu'aucun des demandeurs d'asile déboutés n'a été arrêté ou n'a fait l'objet d'accusations criminelles et qu'ils sont tous retournés chez eux (ibid.).

Le Sunday Leader, journal de Ratmalana, a réalisé une entrevue avec le directeur régional pour l'Asie du Sud de l'Agence britannique pour la gestion des frontières après ce qu'il a appelé [traduction] « la controverse et les préoccupations au sujet de la récente expulsion de Sri-Lankais hors de la Grande-Bretagne, notamment des demandeurs d'asile déboutés » (27 juin 2011). Le directeur régional pour l'Asie du Sud a dit qu'ils

[traduction]

surveillaient constamment la situation dans le pays, et qu'aucun problème concernant la sécurité des rapatriés à leur retour n'a été soulevé. Aucune preuve ne montre que les personnes renvoyées précédemment au Sri Lanka ont été maltraitées. Tous ceux qui sont retournés au Sri Lanka la semaine passée ont été soumis à la procédure de contrôle à la frontière et ont pu poursuivre leur route sans incident (The Sunday Leader 27 juin 2011).

Documents

Le représentant du haut-commissariat du Canada a informé la Direction des recherches

[traduction]

[qu'a]ucun cas de détention - ou autre problème - concernant des personnes ayant quitté le pays sans les documents requis par la loi n'a été enregistré au cours des deux dernières années. Il n'y a aucune répercussion négative connue pour les personnes de retour au pays qui avaient quitté le pays sans passeport.

Ces clients sans titre de voyage valide pour retourner au Sri Lanka doivent fournir leurs renseignements aux missions du Sri Lanka. Les missions vérifient la citoyenneté et délivrent un titre de voyage pour le retour au pays. Les clients identifiés selon ce processus n'ont pas connu de problèmes (Canada 16 août 2011).

Le professeur auxiliaire de l'Université Temple a affirmé que les personnes qui ont quitté le pays illégalement et qui n'ont aucune pièce d'identité à leur retour sont identifiées pour des fins de contrôle; cependant, tel qu'il a déjà été mentionné, elles n'auront [traduction] « rien à craindre » si elles n'ont participé à aucune activité antigouvernementale (professeur auxiliaire 30 juin 2011). On peut lire dans les observations conjointes de l'organisme Law and Society Trust et de ses collaborateurs que si les autorités aéroportuaires soupçonnent que les documents d'une personne sont faux, cette personne fera l'objet d'un [traduction] « long interrogatoire et d'une possible détention » (Law and Society Trust et al. 18 juill. 2011, 5).

On peut aussi lire dans les observations conjointes préparées sous la direction de l'organisme Law and Society Trust que même si une

[traduction]

personne expulsée ou renvoyée est « autorisée à rentrer au pays » et à quitter l'aéroport, elle risque d'être détenue aux points de contrôle pour diverses raisons et d'être également victime d'intimidation et d'extorsion. Elle est aussi exposée à une menace de la part des groupes paramilitaires, qui pourraient l'enlever et la torturer à des fins d'extorsion ou pour obtenir des renseignements (ibid., 6).

Après le retour

Selon les observations conjointes préparées sous la direction de l'organisme Law and Society Trust, mis à part les problèmes qu'ils éprouvent à l'aéroport au moment de rentrer au pays, les rapatriés ont notamment de la difficulté à trouver un logement, un emploi, les membres de leur famille et des pièces d'identité (ibid.). Le document souligne que si les rapatriés n'obtiennent pas une carte d'identité nationale (National Identity Card - NIC), [traduction] « ils pourraient être arrêtés à nouveau, détenus et torturés » (ibid.). De plus, il n'existe aucun programme ni aucune politique visant à aider les rapatriés à se réintégrer à la société, de sorte qu'ils [traduction] « risquent d'être victimes d'enlèvement et d'extorsion par des groupes armés » (ibid.). Les personnes rapatriées sont aussi considérées comme [traduction] « suspectes [et, généralement, comme des] "traîtres, celles qui ont sali la réputation du pays" [et] "[…] qui ont menti à l'étranger au sujet de la situation qui y règne" » (ibid., 6-7). Elles font aussi l'objet [traduction] « d'attaques systématiques de la part des médias [qui qualifient] les membres de la diaspora tamoule de porte-parole et de partisans des TLET » (ibid., 7).

Les Réseaux d'information régionaux intégrés (IRIN) des Nations Unies signalent que les [traduction] « rapatriés dans les villages éloignés vivent des situations difficiles et leur avenir est incertain, malgré les efforts gouvernementaux et internationaux en matière de reconstruction » dans la zone d'après-guerre au Sri Lanka (5 juill. 2011). Par exemple, même si le ministère du Développement économique (Ministry of Economic Development) a lancé le Projet de relance du Nord (Northern Recovery Project) afin [traduction] « [d'] accélérer le développement » à Vanni, la reconstruction [traduction] « est lente » (Nations Unies 5 juill. 2011). D'après un spécialiste principal du développement rural qui travaille pour la Banque mondiale,

[traduction]

[u]ne évaluation détaillée des besoins complets des rapatriés doit être effectuée […] Par conséquent, les projets de développement limités qui sont mis en place dans certaines régions ne satisferont pas tous les besoins ni toutes les attentes de la population (cité dans Nations Unies 5 juill. 2011).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Amnesty International (AI). 17 juin 2011. « Amnesty International Says Sri Lanka Must Not Torture Rejected Asylum Seekers ». [Date de consultation : 30 juin 2011]

_____. 16 juin 2011. « Tamils Set for UK Deportation Following Suicide Attempt ». [Date de consultation : 17 juin 2011]

Canada. 16 août 2011. Haut-commissariat du Canada à Colombo. Communication écrite d'un représentant envoyée à la Direction des recherches.

Daily News [Colombo]. 18 juin 2011. « Twenty Six Deported Lankans Arrive ». (Factiva)

Edmund Rice Centre. 19 mai 2010. « One Year After the War Sri Lanka Is Not Safe ». [Date de consultation : 19 juill. 2011]

_____. S.d. « About the Edmund Rice Centre ». [Date de consultation : 19 juill. 2011]

États-Unis (É.-U.). 8 avril 2011. Department of State. « Sri Lanka ». Country Reports on Human Rights Practices for 2010. [Date de consultation : 2 août 2011]

Hatnews [Leicester, Royaume-Uni]. 10 juin 2011. « Breach of Confidentiality in Sri Lankan Asylum Return ». [Date de consultation : 30 juin 2011]

_____. S.d.a. « About ». [Date de consultation : 15 juill. 2011]

_____. S.d.b. « Editorial Team ». [Date de consultation : 22 juill. 2011]

Hindustan Times [New Delhi]. 17 juin 2011. « Deported Tamil Asylum Seekers' Group Reaches Colombo ». (Factiva)

Human Rights Watch. 16 juin 2011. « Letter to United Kingdom's Home Secretary Theresa May and Foreign Secretary William Hague on Deportation of Rejected Asylum ». [Date de consultation : 17 juin 2011]

The Independent [Londres]. 18 juin 2011. Andrew Buncombe. « Fears for Tamils Sent Back to Sri Lanka from UK ». (Factiva)

Law and Society Trust. S.d. « About the Law and Society Trust ». [Date de consultation : 19 juill. 2011]

Law and Society Trust, INFORM Human Rights Documentation Centre, Networking for Rights in Sri Lanka, et avocat des droits de la personne. 18 juill. 2011. Submission to Immigration and Refugee Board of Canada: Regarding Specific Time Period from January 2010 until June 2011. Communication écrite de Law and Society Trust.

Nations Unies. 5 juillet 2011. Réseaux d'information régionaux intégrés (IRIN). « Sri Lanka: Returnees Struggle in Post-war Zone ». [Date de consultation : 6 juill. 2011]

Networking for Rights in Sri Lanka (NFR Sri Lanka). S.d. « Who We Are ». [Date de consultation : 19 juill. 2011]

Professeur auxiliaire de sciences politiques, Temple University, Philadelphie. 30 juin 2011. Entretien téléphonique.

Sri Lanka Guardian. 5 janvier 2011. « Tamils Heavily Victimised at Colombo Airport ». [Date de consultation : 6 juill. 2011]

The Sunday Leader [Ratmalana]. 27 juin 2011. Easwaran Rutnam. « UK Satisfied with Lankan Deportation ». [Date de consultation : 27 juin 2011]

Sunday Observer [Colombo]. 19 juin 2011. « All UK Deportees Now in Their Homes in Lanka ». (Factiva)

Women's Environment and Development Organization (WEDO). S.d. « Bios of Spokeswomen ». [Date de consultation : 2 août 2011]

Autres sources consultées

Sources orales : Les tentatives faites pour joindre des représentants des organisations suivantes ont été infructueuses : Amnesty International, Centre for Policy Alternatives, Minority Rights Group International, Refugee Action, Lessons Learnt and Reconciliation Commission (au Sri Lanka) et le haut-commissariat du Sri Lanka à Ottawa. L'Organisation internationale pour les migrations n'a pas été en mesure de fournir des renseignements. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés n'a pas pu fournir de renseignements dans les délais voulus.

Sites Internet, y compris : Australie - Refugee Review Tribunal; British Broadcasting Corporation; Centre for Policy Alternatives; Danemark - Danish Immigration Service; The Economist; États-Unis - U.S. Department of State; European Country of Origin Information Network; Factiva; Forced Migration Review; International Crisis Group; LankaNewspapers.com; Minority Rights Group International; National Peace Council of Sri Lanka; Nations Unies - Haut-Commissariat aux droits de l'homme; Nations Unies - Refworld; Nations Unies - ReliefWeb; Networking for Rights in Sri Lanka; Onlanka; Organisation internationale pour les migrations; Refugees International; Reuters; Sri Lanka - Media Centre for National Security, Ministry of Defence; Tamil Information Centre; TamilCanadian; TamilNet; University Teachers for Human Rights (Jaffna).

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