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LE PAKISTAN : LE MOUVEMENT QAUMI MOHAJIR (MQM) À KARACHI JANVIER 1995-AVRIL 1996

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Author Research Directorate, Immigration and Refugee Board, Canada
Publication Date 1 November 1996
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, LE PAKISTAN : LE MOUVEMENT QAUMI MOHAJIR (MQM) À KARACHI JANVIER 1995-AVRIL 1996, 1 November 1996, available at: http://www.refworld.org/docid/3ae6a8208.html [accessed 1 October 2014]
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GLOSSAIRE

bhatta                Argent à payer pour ne pas être attaqué

CIA         Crime Investigation Agency (agence d'enquête criminelle)

FIA         Federal Investigation Agency (agence d'enquête fédérale)

FIR          First Information Report (premier rapport d'information)

FIT          Field Investigation Team (équipe d'enquête sur le terrain)

goonda              Coupe-jarrets ou forts-à-bras du parti

HRCP     Human Rights Commission of Pakistan (commission des droits de la personne du Pakistan)

MAN      Membre de l'Assemblée nationale

MAP      Membre d'une assemblée provinciale

MQM(A)               Mohajir Qaumi Movement (Altaf) (mouvement de la communauté Mohajir — Altaf)

MQM(H)               Mohajir Qaumi Movement (Haqiqi) (mouvement de la communauté Mojahir — Haqiqi)

PML       Pakistan Muslim League (ligue musulmane du Pakistan)

PPP         Pakistan People's Party (parti du peuple pakistanais)

Rangers Un groupe paramilitaire

CARTE I : PAKISTAN

Voir original

Source : Pakistan: A Country Study. 1984, p. xviii.

CARTE II : KARACHI

Voir original

Source : King avr. 1993, p. 108

1. HISTORIQUE ([1]1)

        Le mouvement national mohajir (mouvement qaumi mohajir — MQM) a vu le jour en 1984 pour représenter les intérêts des Mohajirs de langue ourdoue de la province du Sind (India Abroad 6 oct. 1995, 22; AI févr. 1996, 3; Asian Survey nov. 1995, 997; ibid. oct. 1991, 947-948), qui ont quitté l'Inde pour se rendre au Pakistan au cours des années qui ont suivi la création de l'État pakistanais en 1947 (ibid. nov. 1995, 991; UNRISD juin 1993, 6). Le parti a remporté des victoires [traduction] « écrasantes » aux élections municipales tenues à Karachi et à Hyderabad en 1988, et s'en est également fort bien tiré aux élections nationales tenues en 1988 et en 1990 (Asian Survey nov. 1995, 990-991; AI févr. 1996, 3); en 1991, le MQM [traduction] « jouissait d'un quasi-monopole en matière de représentation de la communauté de langue ourdoue des régions urbaines du Sind », et il jouait un [traduction] « rôle important » sur la scène politique nationale (Asian Survey nov. 1995, 990-091, 996; AI févr. 1996, 3; UNRISD juin 1993, 27, 29; India Abroad 6 oct. 1995, 22).

La fin des années 1980 et le début des années 1990 ont été marquées par la montée rapide de la criminalité et de la violence ethnique et politique dans le Sind, face auxquelles les gouvernements nationaux qui se sont succédé ont procédé à des arrestations massives, à des opérations de nettoyage étendues et à des mesures législatives d'urgence (Asian Survey nov. 1995, 998-1000; AI févr. 1996, 3; The Far East and Australasia 1996 1996, 857-858). En juin 1992, l'armée a lancé une [traduction] « Opération Nettoyage » en déployant environ 30 000 membres du personnel militaire et paramilitaire dans la province du Sind pour aider le gouvernement provincial de coalition dirigé par Muzaffer Hussain Shah à rétablir l'ordre (AI févr. 1996, 4; ibid. juin 1992, 2; Human Rights in Developing Countries Yearbook 1994 1994, 304; Asian Survey nov. 1995, 1000; ibid. févr. 1993, 131). Si l'Opération Nettoyage a eu son début dans la zone rurale du Sind, où elle a connu un certain succès dans la lutte contre les bandits et les kidnappeurs (The Herald déc. 1994a, 35; Asian Survey nov. 1995, 1001), le foyer de ses activités s'est vite déplacé dans les régions urbaines, où l'armée prétendait chercher à éliminer les [traduction] « criminels et terroristes » (AI déc. 1993, 37; ibid. févr. 1996, 4; The Herald mai 1994a, 32).

Le MQM prétendait être spécialement visé par l'opération menée par l'armée (Asian Survey févr. 1993, 131; AI févr. 1996, 4; The Far East and Australasia 1996 1996, 858). Selon plusieurs sources, l'armée et les services de renseignement éprouvaient une inquiétude de plus en plus grande face à la force croissante que prenait le MQM dans les régions urbaines du Sind, où il était devenu un [traduction] « gouvernement quasi parallèle » qui [traduction] « adoptait un ton de plus en plus agressif » envers le gouvernement établi à Islamabad (UNRISD juin 1993, 32; Asian Survey nov. 1995, 1000; The Economist 1-7 juill. 1995, 30). Le 19 juin 1992, les forces armées et policières font une descente dans les bureaux du MQM à Karachi, avec l'aide du groupe dissident Haqiqi du MQM (MQM(H) ou MQM [traduction] « véritable »); le gouvernement a ensuite reconnu le MQM(H) comme le seul groupe MQM qui lui soit acceptable (Asian Survey nov. 1995, 998, 1000; UNRISD juin 1993, 32; AI févr. 1996, 4; ibid. déc. 1993, 38). Selon plusieurs sources, en appuyant le MQM(H), l'armée poursuivait le but stratégique d'affaiblir, voire d'écraser, le groupe principal du mouvement, soit le MQM(A) dirigé par Altaf Hussain (The Herald mai 1994a, 32; ibid. août 1995a, 26; Asian Survey nov. 1995, 1000-1001; AI févr. 1996, 4). Les démarches faites pour discréditer le groupe d'Altaf en le taxant [traduction] « d'organisation criminelle » ont été facilitées par les accusations de l'armée qui prétendait avoir découvert 23 lieux de torture où le MQM avait torturé et tué des [traduction] « centaines » d'opposants politiques et de dissidents du parti (AI déc. 1993, 38-40; ibid. févr. 1996, 4; Asian Survey nov. 1995, 1001; The Far East and Australasia 1996 1996, 858).

Au cours des mois suivants, des centaines de militants du MQM(A) à Karachi et à Hyderabad ont été arrêtés, et la direction du parti s'est vue contrainte à entrer dans la clandestinité (AI déc. 1993, 38; Asian Survey nov. 1995, 1001; UNRISD juin 1993, 32). La plupart des représentants élus du parti aux assemblées provinciales et nationale ont alors démissionné et des accusations criminelles ont été portées contre bon nombre d'entre eux (AI déc. 1993, 38; ibid. févr. 1996, 4; UNRISD juin 1993, 32). Altaf Hussain et les principaux dirigeants du MQM ont fini par s'exiler à Londres (Asian Survey nov. 1995, 1001; The Herald mai 1994b, 42b) et on aurait fait pression sur bon nombre de ceux qui sont restés pour qu'ils se joignent au groupe Haqiqi (UNRISD juin 1993, 32; The Herald août 1995a, 26). Au cours des 30 mois qui ont suivi, la police et l'armée ont procédé à des incursions, à des rafles et à des opérations de siège et de perquisition pour trouver des dirigeants et des activistes du MQM(A), et des milliers de Mohajirs et de partisans ordinaires du MQM ont été l'objet d'arrestations et de détentions arbitraires, d'exécutions extrajudiciaires, de passages à tabac, de tortures, d'extorsions et d'autres mauvais traitements (The Herald nov. 1994b, 63-64; AI déc. 1993; ibid. 5 avr. 1994; ibid. 13 déc. 1994; ibid. janv. 1995; UNRISD juin 1993, 32).

Le retrait de l'armée du Sind le 30 novembre 1994 entraîne une montée rapide de la violence (Europa 1995 1995, 2361; Asian Survey févr. 1995, 144; The Herald août 1995a, 26; The Far East and Australasia 1996 1996, 860) et, à la fin de l'année, les services chargés du maintien de l'ordre [traduction] « semblent de moins en moins en mesure de maîtriser la situation à Karachi » (Europa 1995 1995, 2361). Des personnes perdaient la vie chaque jour dans des affrontements armés entre des groupes ethniques, sectaires et criminels, et les règlements de compte meurtriers entre les deux blocs du MQM étaient courants (ibid.; Asian Survey nov. 1995, 1001; Country Reports 1994 1995, 1246). De 800 à 1 100 personnes ont été tuées à Karachi en 1994 (Asian Survey févr. 1995, 144; The Herald janv. 1996c); de ce chiffre, plus d'une centaine ont été tuées au cours des deux premières semaines de décembre (The Far East and Australasia 1996 1996, 860), et environ 170 au cours du mois (Europa 1995 1995, 2361).

À la fin de l'Opération Nettoyage, le MQM se trouvait [traduction] « dans le plus grand désordre » (The Herald janv. 1995b, 50); par contre, d'après certaines sources, il avait [traduction] « considérablement agrandi » l'appui dont il jouissait auprès des Mohajirs (ibid.; ibid. janv. 1995a, 47; Asian Survey nov. 1995, 1004). Selon des observateurs, les excès commis par l'armée pendant l'Opération Nettoyage — rafles et violations des droits de la personne, guerre de propagande contre le MQM et parrainage du bloc Haqiqi — avaient écoeuré les habitants de Karachi, renforcé l'influence des extrémistes de tout poil et exclu l'arrivée éventuelle de gens plus modérés à la direction du MQM (Asian Survey nov. 1995, 1001; India Today 15 juill. 1995, 38-39; The Herald janv. 1995b, 49; The Far East and Australasia 1996 1996, 861). Selon un article paru dans la livraison de janvier 1995 de The Herald, [traduction] « même les Mohajirs qui n'avaient jamais prôné la violence pour atteindre leurs objectifs politiques voient maintenant le MQM comme un "sauveur" » (janv. 1995b, 50).

2. LA SITUATION EN 1995-1996

        Si Karachi était le théâtre d'une intensification de la violence et des [traduction] « conditions quasi anarchiques » en 1994 (Asian Survey févr. 1995, 140), la situation s'est détériorée encore plus en 1995 (The Herald août 1995a, 27; The Far East and Australasia 1996 1996 860-61), de violents affrontements ayant eu lieu entre les deux blocs du MQM et les forces de l'État, ainsi qu'entre divers groupes d'activistes chiïtes et sunnites (ibid.; AI févr. 1996, 22; HRW 1995, 166). Le gouvernement Bhutto, qui attribuait la violence à des [traduction] « forces étrangères » (The Herald févr. 1995, 17; ibid. mars 1995a, 28) et à des [traduction] « agents ennemis » (AI 31 mai 1995), soutenait que le gouvernement provincial avait maîtrisé la situation (ibid. 31 mai 1995).

Le nombre de personnes tuées a augmenté de manière importante en février 1995 (The Herald janv. 1996c; ibid. mars 1995a, 28; The Far East and Australasia 1996 1996, 860) et ce fait, conjugué à l'assassinat, le 8 mars, de deux employés américains du consulat des États-Unis (AI 15 mars 1995; South Asia Bulletin 1995, 124; Freedom Review mars-avr. 1996, 41), a amené les forces de sécurité à prendre des mesures de répression et à arrêter des centaines de personnes soupçonnées d'être des activistes (AI 15 mars 1995; The Herald mars 1995a, 29; The Far East and Australasia 1996 1996, 861; The New York Times 13 mars 1995). Le nombre d'assassinats a été ramené à 21 en avril (The Far East and Australasia 1996 1996, 861), mais le répit a été de courte durée : au milieu du mois de mai, la violence a éclaté de nouveau (ibid.; AI 31 mai 1995). Le MQM [traduction] « ayant l'avantage dans une situation qui a pris l'allure d'une révolte jusqu'à la fin de juin » (The Far East and Australasia 1996 1996, 861; The Herald juill. 1995a, 26), le gouvernement perd tout pouvoir réel dans d'importantes parties du district centre, du district est et du district ouest de Karachi (The Far East and Australasia 1996 1996, 861; The Herald juill. 1995a, 26).

Au cours des semaines qui suivent, les installations du gouvernement, dont la station de télévision et du poste de police de Liaquatabad, sont la cible de grenades propulsées par fusée, les patrouilles de Rangers tombent dans des embuscades, les véhicules dont l'immatriculation révèle l'appartenance à l'État sont la cible des tirs, et des dizaines de corps criblés de balles et portant des marques de torture sont retrouvés dans les rues et les fossés de Karachi (AI 31 mai 1995; The Far East and Australasia 1996 1996, 861; The Herald juill. 1995a, 26). Entre 300 et 320 personnes sont tuées en juin (ibid.; ibid. janv. 1996a, 51; India Today 15 juill. 1995, 35), dont 60 membres des forces policières et des Rangers (The Herald juill. 1995a, 26). Parmi ces membres des forces de sécurité qui sont morts, beaucoup ont été tués à la suite de mesures de représailles prises à leur endroit plutôt qu'au cours de fusillades avec des activistes (ibid. janv. 1996a, 55; ibid. nov. 1994a, 61). Quatre-vingts personnes ont perdu la vie et des [traduction] « centaines » ont été blessées dans une période de trois jours vers la fin de juin (India Today 15 juill. 1995, 35), et 44 autres personnes ont trouvé la mort à Karachi au cours de la fin de semaine du 30 juin au 2 juillet 1995, pour la plupart au cours d'incidents liés à une grève générale de deux jours organisée par le MQM (Reuter 2 juill. 1995).

Vers la fin de juin 1995, le gouvernement central a décidé d'intervenir (The Far East and Australasia 1996 1996, 861; The Herald juill. 1995b, 33; ibid. Aug. 1995a, 27). Qualifiant son intervention [traduction] « [d']action dirigée contre les terroristes » plutôt que [traduction] « [d']opération » (ibid., 25, 27), le gouvernement a déployé entre 10 000 et 12 000 Rangers paramilitaires et environ 1 500 membres de la police frontalière (Frontier Constabulary) à Karachi pour grossir les forces policières de la ville, qui comptaient 22 000 personnes (Reuter 25 sept. 1995; The Herald juill. 1995b, 32; ibid. nov. 1995b, 50) et qui avaient été [traduction] « pratiquement neutralisées » d'une part, par les attaques lancées contre des postes de police par des activistes et d'autre part, par les assassinats de policiers individuels (ibid. nov. 1995b, 49; ibid. nov. 1994a, 62; voir aussi FEER 19 oct. 1995b, 28). À la tête de cette action se trouvait le ministre fédéral de l'Intérieur, le général retraité Naseerullah Babar[2]2 (ibid. juill. 1995b, 32).

Se fondant sur des informations fournies par des [traduction] « sources informées » et [traduction] « haut placées », The Herald affirme que la [traduction] « stratégie de base » de la nouvelle opération est [traduction] « totalement différente de [celle de] l'action précédente », le gouvernement comptant davantage sur l'agence d'enquête fédérale (Federal Investigation Agency — FIA) et ses propres services de renseignement plutôt que sur le service de renseignement militaire (août 1995a, 27). Le service de renseignement était, dit-on, [traduction] « le maillon le plus faible » de l'Opération Nettoyage (ibid. juill. 1995b, 33; ibid. août 1995a, 27) : il n'avait pas [traduction] « réussi à pénétrer les rouages internes du MQM » (ibid. juill. 1995b, 33) et, en outre, différents organes du service de renseignement avaient prêté leur appui à différents blocs du MQM (ibid. août 1995a, 27; Freedom Review mars-avr. 1996, 40; The Far East and Australasia 1996 1996, 860). On signale aussi la décision prise cette fois-ci de [traduction] « procéder à "l'arrestation des suspects identifiés" plutôt qu'à des "arrestations généralisées" qui [avaient] soulevé le ressentiment de beaucoup d'habitants de Karachi » (IPS 18 août 1995; The Herald août 1995a, 27). Selon The Herald,

[Traduction]

on fait désormais une distinction beaucoup plus nette entre les "terroristes" et le grand public. L'ancienne pratique consistant à boucler des localités entières pendant des jours et des jours et à emmener presque tous les jeunes hommes agissait à rebours de l'effet qu'elle se proposait, et ce pour des raisons évidentes. Cette fois-ci, il n'y a pas eu d'arrestations massives d'hommes et de jeunes garçons appartenant à des groupes d'âge "suspects" [...] (ibid. juill. 1995b, 34).

Toutefois, dans un reportage ultérieur, The Herald constatera que la nouvelle opération était [traduction] « disproportionnée et inégale », car les forces de sécurité [traduction] « ne visaient pas tous les criminels, mais un groupe particulier de militants politiques » (ibid. août 1995a, 25). Même si le général Babar prétendait que les forces de sécurité avaient adopté une nouvelle stratégie consistant à [traduction] « arrêter les suspects identifiés » (IPS 18 août 1995; The Herald août 1995a, 27), des rafles et des opérations de siège et de recherche à la manière militaire demeuraient courantes (voir le paragraphe 4.1) (AFP 20 août 1995; The Herald août 1995b, 28-30; AI 17 août 1995; Country Reports 1995 1996, 1338). On constatait de plus en plus que les Rangers et la police étaient impliqués dans des violations des droits de la personne, et notamment dans des passages à tabac, des extorsions, des disparitions, des cas de torture et des exécutions extrajudiciaires de personnes soupçonnées d'être des activistes, exécutions que la police dissimulait en prétendant que les victimes avaient trouvé la mort dans des affrontements (voir les paragraphes 4.2 à 4.4) (IPS 18 août 1995; AFP 29 août 1995; AI 17 août 1995; ibid. févr. 1996, 17-18; The Herald août 1995b, 28-30; ibid. nov. 1995a, 46-47; ibid. nov. 1995c, 56-58).

Dans l'espace de quelques semaines, des responsables du maintien de l'ordre ont prétendu avoir pénétré le [traduction] « noyau » du MQM, recruté des indicateurs, mis sur écoute les téléphones du MQM, tué ou arrêté les principaux militants et obtenu [traduction] « un grand nombre de renseignements précieux » (ibid août 1995a, 25, 27; ibid. juill. 1995b, 33) grâce à des [traduction] « interrogatoires menés par des équipes spéciales » (ibid.). Dans le but de couper les lignes de communication du MQM, tous les services de téléavertisseurs et de téléphones mobiles à Karachi ont été fermés (ibid. août 1995a, 27; The Herald juill. 1995b, 34-35; FEER 19 oct. 1995b, 28; DPA 31 déc. 1995), une tactique qui, selon une source, isolerait les militants et la base du MQM des dirigeants, les rendant ainsi vulnérables face à une [traduction] « campagne de guerre psychologique » (The Herald août 1995a, 27).

Dans l'espoir de rallier l'opinion publique à sa cause, le gouvernement déclenche une guerre de propagande contre le MQM semblable à celle de 1992, en prétendant avoir découvert des chambres de torture, des lieux d'exécution et des cachettes d'armes du MQM (ibid., 31, 35). Selon certaines sources, à la mi-août 1995, la violence avait [traduction] « considérablement diminué » (IPS 18 août 1995; The Herald août 1995a, 25), le MQM semblait être sur la [traduction] « défensive » et un [traduction] « semblant de normalité » avait été rétabli à Karachi (ibid.; IPS 18 août 1995). Le ministre de l'Intérieur Babar aurait dit que tous les principaux activistes du MQM avaient été ou seraient bientôt appréhendés, et qu'on avait mis fin au flot d'armes qui entraient dans la ville de Karachi (The Herald août 1995a, 27). Selon The Herald, toutefois, le MQM avait procédé à un [traduction] « retrait tactique », tout comme il était entré dans la clandestinité pendant l'Opération Nettoyage, pour se manifester de nouveau ultérieurement dans toute sa force (juill. 1995b, 34, 35).

Le 11 juillet 1995, le gouvernement et le MQM entament des négociations à Islamabad (HRW 1995, 166; Reuter 3 juill. 1995; AFP 17 juill. 1995). D'après plusieurs sources, l'armée, espérant semble-t-il [traduction] « échapper au désordre régnant à Karachi », aurait contribué grandement à amener le gouvernement à la table des négociations (The Herald juill. 1995a, 27; VOA 5 juill. 1995; The Herald nov. 1995b, 54; Asiaweek 28 juill. 1995, 20), alors que d'autres sources laissent croire qu'elle pourrait avoir durci sa position après que des activistes du MQM ont commencé à s'en prendre à des membres des forces armées au cours des premières semaines de l'opération (India Today 15 juill. 1995, 36-37; FEER 31 août 1995, 23). Le gouvernement a présenté une liste de 21 points à aborder et le MQM, 18 (ibid. 19 oct. 1995a, 24; AI févr. 1996, 5); toutefois, il n'existait [traduction] « aucun terrain d'entente entre les deux parties sur lequel élaborer un règlement » (The Herald juill. 1995a, 26; VOA 5 juill. 1995), et [traduction] « les deux parties désirant surtout régler des comptes politiques », les pourparlers [traduction] « ont abouti à une impasse dès le début » (HRW 1995, 166). Selon certaines sources, en refusant de trouver un compromis avec le groupe d'Altaf (India Today 15 juill. 1995, 36; FEER 31 août 1995, 23), tout en conservant la possibilité de [traduction] « trouver un compromis politique avec le reste du MQM » (ibid.), le gouvernement essayait peut-être de diviser la direction du MQM (AFP 4 août 1995; FEER 31 août 1995, 23). Après une douzaine de rondes de pourparlers, des exigences, des contre-exigences, des boycotts du MQM et son refus de donner son accord ne serait-ce qu'à l'égard d'un seul point de discussion (ibid. 19 oct. 1995a, 24; The Herald juill. 1995a, 26; Reuter 7 oct. 1995), les négociations ont été rompues à la fin de septembre et, à la fin de l'année, [traduction] « rien n'indiquait qu'elles reprendraient » (AFP 21 janv. 1996; Reuter 7 oct. 1995; Keesing's 1996, R80). Toutefois, au début de 1996, [traduction] « presque tout semblait aller comme Benazir Bhutto le souhaitait », rapportait The Herald, et [traduction] « la situation, en ce qui touche l'ordre et la loi, à Karachi [...] semblait meilleure que pendant les deux à trois dernières années » (avril 1996, 47).

3. VIOLATIONS DES DROITS DE LA PERSONNE COMMISES PAR L'ÉTAT

3.1 Arrestations et détentions arbitraires

        Des opérations de bouclage et de perquisition ou de siège et de perquisition, qui consistent à encercler des quartiers entiers pour permettre aux membres des forces de sécurité de passer les maisons au crible pour y trouver des armes et des gens soupçonnés d'être des activistes, étaient fréquentes au cours des derniers mois de l'Opération Nettoyage (AI janv. 1995, 11; The Herald nov. 1994b, 64). Bien que les représentants du gouvernement prétendent avoir adopté une politique voulant que les opérations visent des gens en particulier (ibid. août 1995a, 27; IPS 18 août 1995), certaines sources indiquent que les opérations de siège et de recherche se sont poursuivies en 1995 et en 1996 (The Herald août 1995a, 27; ibid. août 1995b, 28-30; AFP 20 août 1995; AI févr. 1996, 8-9).

Des opérations de bouclage et de perquisition durent généralement quelques heures, mais dans certains cas jusqu'à trois jours; elles sont menées [traduction] « sans mandat de perquisition et sans que le couvre-feu ait été imposé », et personne n'est autorisé à pénétrer dans le périmètre ou à en sortir (AI janv. 1995, 11; ibid. févr. 1996, 9; The Herald nov. 1994b, 64). Il arrive souvent que les autorités mettent en état d'arrestation des centaines de personnes, sans se préoccuper de déposer un premier rapport d'information[3]3 (PRI), comme l'exige la loi, et de relâcher les détenus dans les 24 heures (The Herald nov. 1994b, 64; AI févr. 1996, 9). Un bon nombre des personnes détenues sont des femmes, [traduction] « des garçons — même des garçonnets de 12 ans — et des vieillards » (ibid., 10).

Dans le cadre d'une opération menée le 20 août 1995, la police et les Rangers ont encerclé Pak Colony, un quartier plutôt pauvre de 400 000 personnes situé dans le district ouest de Karachi, et ont emmené des centaines de personnes, pour la plupart des jeunes, après avoir bandé les yeux à certains d'entre eux (AFP 20 août 1995). Bon nombre d'entre eux auraient été relâchés après une [traduction] « vérification » (ibid.). Le directeur général des Rangers dans la province du Sind, le général Mushtaq, a dit aux représentants de la commission des droits de la personne du Pakistan (Human Rights Commission of Pakistan — HRCP) qu'il n'existe pas [traduction] « d'autre façon d'arrêter [les activistes] que de procéder à des arrestations massives à des fins de vérification » (AI févr. 1996, 9), et qu'il fallait bander les yeux des suspects afin de garder confidentielle l'identité des indicateurs et des témoins (ibid., 10).

Selon certaines sources, bien que la plupart des personnes détenues dans le cadre d'opérations de bouclage et de perquisition soient relâchées au bout de quelques heures (ibid., 9; The Herald août 1995b, 29), un grand nombre d'entre eux ne le sont qu'après que leur famille a payé une [traduction] « rançon » à la police (AI 31 mai 1995; The Herald août 1995b, 29). Le montant exigé varie de 5 000 à 300 000 roupies (213 à 12 800 $ CAN), selon les circonstances et la situation de la famille des victimes (ibid.). Une habitante du quartier Garden West de Karachi a raconté comment la police a surgi, un jour, pour encercler son immeuble et arrêter entre 100 et 150 jeunes âgés de 15 à 20 ans (ibid.). Des voisins lui ont dit par la suite qu'aucun des garçons n'avait été relâché sans que leur famille ait versé une rançon à la police, et que des accusations criminelles avaient été portées contre certains en attendant que la rançon soit payée (ibid.). Un habitant de Karachi, dont le fils a été conduit à l'hôpital après avoir été blessé au cours d'un affrontement entre la police et des activistes pendant une opération, rapporte que deux jours plus tard deux policiers sont arrivés, prétendant que son fils avait été accusé de meurtre et qu'il serait relâché lorsqu'une [traduction] « entente » aurait été conclue avec le [traduction] « responsable » du poste de police de Korangi (ibid., 30). Des dépêches d'Amnesty International et du journal The Herald indiquent que la corruption et la brutalité de la police de Karachi sont [traduction] « notoires » (AI janv. 1995, 7; The Herald oct. 1995b, 77; ibid. janv. 1996b, 97), et nombreux sont ceux qui craignent que des membres de leur famille soient torturés, voire tués, durant leur détention (ibid. août 1995b, 29).

Selon une source, les abus commis pendant les opérations de bouclage et de perquisition sont pires dans les quartiers à faible revenu comme Orangi, Baldia et Korangi; si les procédures d'arrestation et d'extorsion sont les mêmes, [traduction] « l'humiliation des habitants de ces quartiers est plus grande que dans les quartiers relativement aisés » (ibid.). En effet, les habitants de ces quartiers disent avoir eu les yeux bandés et avoir été battus et roués de coups de pied pendant les perquisitions et pendant leur transport au poste de police; ils rapportent également que leurs maisons ont été saccagées et leurs objets précieux volés (ibid., 30; AI févr. 1996, 10; ibid. janv. 1995, 11). Des sources indiquent que de nombreuses femmes ont déclaré avoir été harcelées, menacées et maltraitées pendant des fouilles dans les maisons de ces quartiers (The Herald août 1995b, 30; AI févr. 1996, 9, 10), et Amnesty International indique que ces chiffres pourraient être à la hausse (févr. 1996, 9). Selon plusieurs sources, lorsque les autorités n'arrivent pas à trouver certains militants du MQM, elles arrêtent parfois des amis, des parents proches et des membres de leur famille afin d'amener les suspects à se rendre (AI 1995, 32; Country Reports 1995 1996, 1337; AI 17 août 1995; ibid. 5 avr. 1994, 1; ibid. févr. 1996, 8; ibid. 5 avr. 1994, 1).

3.2 Disparitions et mises au secret

        Selon certaines sources, plusieurs personnes ont disparu durant leur détention ou ont été mises au secret pendant des périodes prolongées en 1995[4]4 (ibid. 17 août 1995; ibid. févr. 1996, 19-21; Country Reports 1995 1996, 1336, 1338; AFP 17 juill. 1995; The Herald juill. 1995b, 34). D'après Country Reports 1995, [traduction] « les autorités n'observent pas de façon stricte les exigences concernant les détentions. La police n'est pas tenue d'informer quiconque d'une arrestation et, bien souvent, elle met des personnes en état d'arrestation sans porter d'accusations jusqu'à ce qu'un tribunal lui demande des justifications » (1996, 1338). Selon un défenseur des droits de la personne qui a mené des enquêtes sur des dizaines de cas dans le Sind, [traduction] « la détention non déclarée est une pratique courante dans le Sind » (AI févr. 1996, 19).

Parmi les disparitions dont on a le plus entendu parler il convient de signaler celle d'un membre de l'assemblée provinciale (MAP) appartenant au MQM(A), Qamar Mansoor Siddiqui, et celle de la militante Rais Fatima, soeur d'un étroit collaborateur d'Altaf Hussain; ces deux personnes qui, le 4 juin 1995, ont pris le train à Karachi en direction de Lahore, ne sont jamais arrivées à leur destination (ibid. 17 août 1995; ibid. févr. 1996, 19-20; Country Reports 1995 1996, 1336). Environ un mois après que des requêtes d'habeas corpus ont été déposées au nom des deux personnes, le gouvernement a admis avoir arrêté Qamar sous l'inculpation de sédition, mais prétendait ne pas savoir où se trouvait Rais Fatima (AI 17 août 1995; AI févr. 1996, 19-20; Country Reports 1995 1996, 1336). Pendant plusieurs mois, le gouvernement a nié avoir détenu Fatima (AI févr. 1996, 19-20; Country Reports 1995 1996, 1336; AFP 10 sept. 1995), mais en décembre, il a permis à son père de lui rendre visite dans la prison Adiala de Rawalpindi (AI févr. 1996, 20; Country Reports 1995 1996, 1336). Fatima affirmait être détenue depuis le 4 juin (ibid.). Un cas semblable était celui d'un militant du MQM, Arshad Naeem, qui a été arrêté à Lahore le 7 juin et gardé au secret pendant plus d'un mois (AI févr. 1996, 20). Lorsque la requête d'habeas corpus déposée au nom de Naeem est parvenue à la haute cour de Lahore, des agents ont refusé d'admettre qu'ils l'avaient arrêté, mais deux jours plus tard ils ont admis qu'il avait été arrêté relativement au même cas de sédition que Qamar, et qu'il était détenu, lui aussi, à la prison Adiala (ibid.).

Plusieurs membres du MQM qui ont été arrêtés, à la fois des militants et des parlementaires, ont été transférés de Karachi à d'autres prisons au Pakistan, souvent de façon secrète (ibid., 21; Country Reports 1995 1996, 1338; The Herald juill. 1995b, 34; AFP 17 juill. 1995). Par exemple, à la mi-juillet, environ 25 membres suspects du MQM auraient été transférés de façon secrète à Islamabad (The Herald juill. 1995b, 34). Une des raisons invoquées est que des équipes d'interrogation possédant une [traduction] « compétence particulière en matière de terrorisme urbain » avaient été mises en place dans la capitale (The Herald juill. 1995b, 34), mais une autre source affirme que ces transferts visent à [traduction] « décourager la parenté, les partisans et les avocats d'effectuer des visites » (Country Reports 1995 1996, 1338). Amnesty International avance pour sa part que les suspects transférés pourraient être particulièrement exposés à la torture et à d'autres abus pendant des périodes prolongées de mise au secret, et l'organisation fait remarquer que plusieurs militants du MQM soumis à de tels traitements sont passés à la télévision pour avouer divers actes de [traduction] « terrorisme » (17 août 1995; ibid. févr. 1996, 21).

3.3 Torture et mauvais traitements

        Des sources indiquent que la police et les gardiens de prison du Pakistan procèdent depuis fort longtemps aux passages à tabac et à la torture pour arracher des confessions et forcer les détenus à incriminer d'autres personnes (Country Reports 1995 1996, 1336; AI déc. 1993, 1). Selon Country Reports 1995 et Amnesty International, le recours à la torture est tellement répandu que celle-ci est considérée comme une pratique normale (1996, 1336; déc. 1993, 1); selon un article publié en 1992, les forces policières du Pakistan ont [traduction] « institutionnalisé la torture, pour en faire leur principale méthode de détection des crimes » (The Herald nov. 1992, cité par AI déc. 1993, 1). Pendant l'Opération Nettoyage, l'équipe d'enquête sur le terrain (Field Investigation Team — FIT) de l'armée aurait exploité, à Karachi, plusieurs cellules d'interrogation où les détenus étaient [traduction] « sévèrement torturés » (The Herald nov. 1994b, 64; ibid. janv. 1995b, 50) et faisaient l'objet d'extorsion (Economic Review juill. 1995). Un haut représentant de l'agence d'enquête criminelle (Crime Investigation Agency — CIA) qui aide les forces policières ordinaires à enquêter sur les crimes et qui aurait participé à de nombreuses violations des droits de la personne (AI janv. 1995, 7; Human Rights in Developing Countries Yearbook 1994 1994, 304) a prétendu [traduction] « [qu']il est impossible de mener des interrogatoires sans torture [...] Vous ne pouvez arracher la vérité aux suspects sans les soumettre à la torture. Ça se passe dans le monde entier » (Newsline févr. 1994, cité par AI janv. 1995, 8). Le chef de la police de Karachi, Shoaib Suddle, aurait reconnu que ces agents torturent parfois les prisonniers; en effet, il aurait déclaré que [traduction] « la torture est un problème mais que lorsque vos hommes sont pris dans des embuscades tous les jours, ils réagissent » (Chicago Tribune 8 déc. 1995). En avril 1995, la loi de 1972 sur les zones touchées par le terrorisme (Terrorist Affected Areas Act of 1972) a été modifiée afin que les confessions ou les déclarations faites pendant des interrogatoires dans des [traduction] « zones touchées par le terrorisme » puissent être utilisées en cour, ce qui, d'après des observateurs de la situation des droits de la personne et des sources médiatiques, encourage la police à torturer les détenus pour obtenir des preuves (Country Reports 1995 1996, 1336-1337; AFP 13 avr. 1995).

En 1995 et 1996, on a signalé de nombreux cas où les autorités policières avaient infligé de mauvais traitements ou la torture aux militants du MQM. Le 29 ou le 30 mai 1995, plusieurs journaux pakistanais publiaient des reportages et des photos de quatre jeunes militants du MQM qui comparaissaient en cour, les yeux bandés et manifestement blessés (Country Reports 1995 1996, 1336; AI févr. 1996, 10). Les hommes portaient ce qui semblait être des brûlures de cigarette sur les bras et les jambes, ainsi que d'autres blessures sur les jambes et les hanches (Country Reports 1995 1996, 1336; AI févr. 1996, 10). Les hommes ont révélé aux reporters qu'on les avait détenus, nus et les yeux bandés, pendant des jours, qu'on les avait largement privés de nourriture et qu'on les avait torturés pour leur faire révéler où se trouvaient les chefs et d'autres militants du MQM (ibid.). Plusieurs sources indiquent que les quatre hommes avaient été arrêtés chez eux le 6 mai, mais la police prétend que les hommes étaient des bandits et qu'ils avaient été capturés lors d'un [traduction] « affrontement » trois jours plus tôt (Country Reports 1995 1996, 1336; AI févr. 1996, 10). Des représentants du gouvernement ont en outre affirmé que les détenus s'étaient infligé eux-mêmes des blessures, pour essayer de faire accuser le gouvernement d'avoir violé les droits de la personne (ibid.). Après que le président de la séance a ordonné que les quatre hommes soient renvoyés sous garde judiciaire, la police les aurait ramenés au poste de police (AI févr. 1996, 11).

Amnesty International précise que si les actes de torture et de représailles à l'endroit de militants politiques sont courants à Karachi, il n'en reste pas moins qu'un grand nombre des incidents de ce genre touchent précisément des suspects qui sont membres du MQM ainsi que leurs familles, ce qui porte à croire que la police pense pouvoir agir ainsi impunément (ibid.). Certains détenus seraient morts de blessures pendant qu'ils étaient détenus par la police, même après que leur famille avait convenu de verser le montant demandé (ibid., 14).

En 1995, Amnesty International a reçu [traduction] « plusieurs douzaines » de rapports de personnes qui mouraient des blessures infligées pendant qu'elles étaient détenues par la police (ibid., 11). Un grand nombre de tels incidents touchent des gens qui étaient militants du MQM ou qui étaient soupçonnés de l'être (ibid., 11-14). Le 7 juillet 1995, l'ex-conseiller du MQM Aslam Sabzwari meurt dans des circonstances mystérieuses, 16 heures après avoir été arrêté par la police à Liaquatabad, district centre (ibid., 11; Country Reports 1995 1996, 1335; Reuter 7 juill. 1995; The News 8 juill. 1995). Les médecins qui ont effectué l'autopsie auraient découvert des marques de [traduction] « torture sévère » sur le corps (The News 8 juill. 1995; AI févr. 1996, 11-12; MQM News 26 sept. 1995), et des préposés de la Edhi Foundation, où le corps a été transporté pour y être enterré, ont constaté que l'oeil gauche avait été écrasé et que le derrière de la tête avait été blessé par une balle (AI févr. 1996, 11-12; MQM News 26 sept. 1995). La police a tout d'abord prétendu que Sabzwari avait été torturé par des hommes non identifiés, qu'il avait été trouvé blessé et inconscient et qu'il était mort d'une crise cardiaque au poste de police Gulberg (AI févr. 1996, 12; The News 8 juill. 1995; AFP 10 juill. 1995), mais plusieurs jours plus tard, elle avait montré une photo du corps, prétendument prise avant l'autopsie, ne faisant état d'aucun signe de torture ni d'aucune blessure aux yeux (AI févr. 1996, 12). On n'a pas expliqué pourquoi le corps ne portait aucune blessure au moment de l'autopsie alors que, comme la police l'a prétendu, Sabzwari avait été torturé avant son arrestation (ibid.). Qui plus est, dans des communications ultérieures, le gouvernement a prétendu que des [traduction] « terroristes du groupe d'Altaf comme [...] Aslam Sabzwari [...] avaient été tués » dans des [traduction] « fusillades qu'ils avaient engagées avec des membres des services policiers », et ce malgré la version initiale voulant qu'il ait succombé à une crise cardiaque (ibid.). Des observateurs en poste à Karachi pensent que Sabzwari, qui était sous le coup de plus de 30 chefs d'accusation et dont la tête était mise à prix (la récompense était de 1,5 million de roupies, ou de 64 000 $ CAN) (ibid.; Reuter 7 juill. 1995; The News 8 juill. 1995), a pu être torturé par le MQM(H), puis recueilli et tué par la police qui voulait toucher la récompense (AI févr. 1996, 12). Le chef de la police de Karachi et le gouvernement provincial du Sind ont ordonné la tenue d'enquêtes (The News 8 juill. 1995; AI févr. 1996, 13), mais on ne sait pas si des rapports ont été rédigés ou si le personnel policier a été tenu responsable des actes en question (ibid.).

Selon certaines sources, la mort, pendant qu'ils sont en détention, de suspects qui sont membres du MQM, est parfois camouflée par la police qui prétend que les suspects ont péri au cours d'affrontements imaginaires avec la police (ibid., 14; The Herald févr. 1996, 74-75; AI déc. 1993, 1). Dans un incident, un militant du MQM a trouvé la mort pendant qu'il était détenu par la police; il s'agit de Fahimur Rehman (alias Bhoora)[5]5, qui, selon la police, s'est tué en tombant du deuxième étage d'un chantier de construction où la police l'avait conduit dans le but de découvrir des cachettes d'armes (The Herald févr. 1996, 74). La police prétend avoir ouvert le feu après que Fahim s'est évadé, mais qu'elle n'avait pas atteint sa cible (ibid.). La version de la police était quasi identique à l'histoire présentée plusieurs mois auparavant pour expliquer la mort d'un autre militant du MQM (AI févr. 1996, 14-15; The Herald févr. 1996, 74) et, qui plus est, selon The Herald, il est peu probable que la police et Fahim se soient jamais rendus sur ce chantier (ibid., 74). Aucune cartouche vide n'a été trouvée sur les lieux où la police prétend avoir tiré sur Fahim, mais [traduction] « un grand nombre » ont été trouvées en dehors du chantier, lequel était bien surveillé et fermé sous clé après les heures, ce qui rendait peu probable qu'il serve à cacher des armes (ibid., 75). En outre, un médecin de l'hôpital Jinnah qui a vu le corps aurait affirmé que les blessures infligées à Fahim ne pouvaient être le résultat d'une chute (ibid.). Selon l'hypothèse émise par le journal The Herald, Fahim était déjà mort lorsque la police est arrivée sur les lieux, et qu'après avoir cassé la serrure du portail et tiré quelques coups de feu en guise d'alibi, la police avait simplement abandonné le corps et était retournée au poste (ibid., 74). Selon un [traduction] « cadre supérieur de la police », Fahim aurait été soumis à une torture sévère pendant un interrogatoire au poste de police des femmes (Women's Police Station) dans le district sud de Karachi, il [traduction] « n'avait pas mangé depuis son arrestation près d'une semaine auparavant » et serait mort à la suite notamment de la fracture de plusieurs côtes et du crâne, entre autres blessures (ibid., 75).

Le 26 septembre 1995, Feroze Uddin et un autre militant du MQM, de Karachi nord, qui avaient été arrêtés le 19 septembre, ont comparu devant un tribunal spécial, inculpés de voies de fait contre des fonctionnaires (AI févr. 1996, 14). Le président du tribunal aurait relevé les nombreuses blessures que portait visiblement Feroze Uddin, y compris les enflures sur son visage et sa poitrine et d'autres marques de coups, et il a ordonné que Feroze Uddin soit renvoyé sous garde judiciaire (ibid.). Le 28 ou le 29 septembre, Feroze Uddin et deux autres militants du MQM meurent de blessures causées par des balles au cours d'un prétendu [traduction] « affrontement » entre la police et des activistes (ibid.). La police prétend que Feroze Uddin et un autre militant du MQM avaient été amenés à New Karachi pour identifier des suspects et que les deux hommes avaient été tués dans une attaque lancée par des activistes armés (ibid.).

Selon Amnesty International, la police a attribué le décès d'autres détenus au suicide, à des accidents et à des causes naturelles (ibid., 14-15).

3.4 Exécutions extrajudiciaires

        Les exécutions extrajudiciaires, qui prennent souvent la forme de faux [traduction] « affrontements » avec des militants au cours desquels la police tue des suspects en leur tirant dessus, se produisent à une [traduction] « fréquence alarmante » à Karachi, et des sources indiquent qu'elles deviennent de plus en plus courantes (The Herald nov. 1995a, 45-47; AI févr. 1996, 17; Country Reports 1995 1996, 1335; Reuter 16 févr. 1996; The Herald févr. 1996, 74-75; ibid. janv. 1996a, 53; AP 15 févr. 1996). Il est difficile de déterminer les chiffres avec précision, mais le MQM aurait affirmé que de 130 à 150 de ses militants ont été victimes d'exécutions extrajudiciaires perpétrées par les forces de sécurité en 1995 (Reuter 16 févr. 1996; Current History avr. 1996, 161), et qu'il y en aurait eu plus de 50 pendant les six premières semaines de 1996 (Reuter 16 févr. 1996). Ces chiffres correspondent à peu près aux chiffres donnés par d'autres observateurs, dont la HRCP (AFP 28 févr. 1996; The Herald févr. 1996, 74; ibid. nov. 1995a, 46; ibid. janv. 1996a, 51; AP 2 avr. 1996; DPA 31 déc. 1995).

En mars 1995, à la suite du meurtre de membres du consulat des États-Unis, la première ministre Bhutto demande aux forces de sécurité d'être [traduction] « impitoyables » à l'endroit des « terroristes », et menace de renvoyer les agents du gouvernement provincial s'ils ne jugulent pas la flambée de violence à Karachi (The New York Times 13 mars 1995; AI 15 mars 1995; ibid. févr. 1996, 5). Des informations provenant de plusieurs sources, ainsi que des déclarations faites par la police et des représentants du gouvernement, portent à croire que les forces de sécurité ont obtenu la permission tacite de procéder à des exécutions extrajudiciaires pour éliminer les activistes (The Herald févr. 1996, 74; ibid. nov. 1995a, 46, 47; ibid. janv. 1996a, 53; India Abroad 9 févr. 1996, 10; Country Reports 1995 1996, 1335).

Le 2 août 1995, Farooq Putney (alias Farooq Dada) et trois autres militants du MQM ont été tués par la police dans un [traduction] « affrontement » près de l'aéroport de Karachi (AI févr. 1996, 17; ibid. 17 août 1995; IPS 18 août 1995; Country Reports 1995 1996, 1335). La police prétend que les quatre hommes ont été tués parce qu'ils avaient refusé de s'arrêter et qu'ils avaient ouvert le feu sur la police (AI févr. 1996, 17); en outre, selon la police, une importante quantité d'armes avait été découverte dans leur voiture (IPS 18 août 1995). Toutefois, des membres de leur famille prétendent qu'ils avaient été auparavant arrêtés à leur propre domicile (AI févr. 1996, 17; ibid. 17 août 1995; IPS 18 août 1995), et des témoins auraient vu les quatre hommes enchaînés au moment où un autre militant du MQM était arrêté (AI févr. 1996, 17). La tête de Putney qui faisait face à des accusations d'extorsion et de meurtre [traduction] « nombreuses et crédibles » (Country Reports 1995 1996, 1335), y compris le meurtre de plusieurs membres des forces de sécurité, aurait été mise à prix; la récompense offerte : 1 million de roupies (42 680 $ CAN) (IPS 18 août 1995).

Le 10 octobre 1995, Fahim Farooqi (alias Fahim Commando) et trois autres militants du MQM ont été tués dans un prétendu affrontement dans le quartier résidentiel Nazimabad de Karachi (AI févr. 1996, 17; The Herald nov. 1995a, 45; Reuter 10 oct. 1995; AP 10 oct. 1995; Radio Pakistan Overseas Service 10 oct. 1995). Selon la police, les quatre hommes, qui avaient tous été arrêtés auparavant, ont été amenés à Nazimabad pour identifier un [traduction] « lieu sûr » du MQM, et pris en embuscade par des hommes armés du MQM cachés sur les toits (AI févr. 1996, 17-18; The Herald nov. 1995a, 45; Reuter 10 oct. 1995; AP 10 oct. 1995; Radio Pakistan Overseas Service 10 oct. 1995). D'après les déclarations des autorités, les policiers ont fui le véhicule pris en embuscade, évitant ainsi toute blessure, mais les quatre prisonniers, menottés dans la fourgonnette, ont été tués (AI févr. 1996, 18). Toutefois, d'après une source, les habitants de Nazimabad qui ont essayé de pénétrer dans la rue pour voir ce qui s'y passait ont été immobilisés sur leur seuil de porte par des policiers (The Herald nov. 1995a, 45). Les médecins qui ont examiné les corps ont constaté que les quatre hommes avaient été abattus des balles tirées à bout portant (AI févr. 1996, 18; Reuter 10 oct. 1995). Selon la HRCP, qui a mené une enquête par la suite et constaté que [traduction] « la version officielle, qui parlait d'une embuscade ou d'une fusillade, n'était pas crédible » (DPA 19 oct. 1995), les quatre hommes avaient été [traduction] « menottés, enchaînés et attachés ensemble » avant d'être abattus des balles dans une rue interdite par la police (DPA 19 oct. 1995; AI févr. 1996, 18; The Herald nov. 1995a, 45). Comme Farooq Putney, Fahim Farooqi aurait figuré en tête de la liste des [traduction] « personnes les plus recherchées » par le gouvernement (The Herald janv. 1996a, 53; AP 10 oct. 1995). Plusieurs semaines après la mort de Fahim Farooqi, le gouvernement et les responsables du maintien de l'ordre ont prétendu qu'il avait été [traduction] « tué sous les ordres de l'état-major du MQM(A) par ses terroristes, afin qu'il ne puisse divulguer aucun secret ni indiquer l'emplacement des planques du [MQM(A)] » (AI févr. 1996, 18; The Herald nov. 1995a, 46). D'après une source, plusieurs militants du MQM ont été tués dans des présumées attaques par des [traduction] « terroristes du MQM » pendant qu'on les transportait dans divers endroits dans le cadre des enquêtes menées par la police (ibid.).

D'après certaines sources, les responsables du maintien de l'ordre, afin de justifier leurs actes, qualifient parfois de terroristes les victimes d'exécutions extrajudiciaires (AI févr. 1996, 18; The Herald févr. 1996, 75). Selon The Herald, bon nombre des personnes tuées au cours d'affrontements et qualifiées de [traduction] « terroristes » par la police n'étaient [traduction] « même pas sur la "liste des personnes recherchées" des services chargés du maintien de l'ordre ».

[Traduction]

« Chaque fois que quelqu'un est tué dans un "affrontement", la police inscrit son nom dans le dossier de plusieurs crimes et de nombreux cas non résolus [...] Les enquêtes montrent que la plupart du temps, le nom des personnes mortes n'est inscrit sur les dossiers de la police qu'après le meurtre. Par exemple, les garçons qui ont été tués avec Faheem Farooqui, alias Commando, avaient, dit-on, commis des douzaines de crimes. Toutefois, d'après la version initiale des premiers rapports d'information, les accusés étaient des "inconnus" » (févr. 1996, 75).

Wafed Ali Safdar, un jeune militant bénévole du MQM qui aurait assisté en septembre 1995 à l'exécution de deux activistes du MQM pendant qu'ils étaient détenus et qui était prêt à témoigner, était un de ces [traduction] « terroriste[s] » du MQM, qui a trouvé la mort dans un prétendu affrontement armé avec la police (AI févr. 1996, 18).

Des sources indiquent que certaines exécutions extrajudiciaires pourraient constituer des mesures de représailles ou des actes de vengeance (ibid., 24; Country Reports 1995 1996, 1335; The Herald nov. 1995a, 46; ibid. janv. 1996a, 55). Le 9 décembre 1995, les cadavres torturés de Nasir et d'Arif Hussain, respectivement le frère aîné et le neveu d'Altaf Hussain, ont été découverts à Gadap, une zone isolée de Karachi (AI févr. 1996, 24, 25; Country Reports 1995 1996, 1335; Xinhua 10 déc. 1995; India Abroad 15 déc. 1995, 13). Selon plusieurs sources, il est possible que les hommes aient été tués en représailles du meurtre, quelques jours auparavant, d'Ehsan Ali Shah, frère du ministre en chef du Sind, Abdullah Shah (voir la section 5.3 ci-dessous) (AI févr. 1996, 24-25; Country Reports 1995 1996, 1335; The Herald janv. 1996a, 55).

3.5 Traitement de la presse

        Le 29 juin 1995, le gouvernement provincial du Sind invoque l'ordonnance de maintien de l'ordre public (Maintenance of Public Order — MPO) de 1960 pour interdire, pendant 60 jours, la publication de six quotidiens de langue ourdoue de Karachi qui présentaient des reportages [traduction] « sensationnalistes » de la violence à Karachi et qui [traduction] « incitaient le peuple à la violence contre le gouvernement » (HRW 1995, 166-167; AI févr. 1996, 15; Country Reports 1995 1996, 1341; The Economist 1-7 juill. 1995, 30). Cette mesure a scandalisé la communauté des journalistes — un observateur de la situation des droits de la personne a taxé cette action de [traduction] « mesure de répression la plus dure contre les médias depuis la dictature militaire du général Zia ul Haq » (HRW 1995, 166) — et les protestations des syndicats de journalistes et des associations de propriétaires de journaux ont obligé le gouvernement à lever l'interdiction moins d'une semaine après son imposition (ibid., 167; AI févr. 1996, 15; Country Reports 1995 1996, 1341; Radio Pakistan 5 juill. 1995). Une interdiction semblable a été imposée à la mi-décembre 1995 (AI févr. 1996, 15; Freedom Review mars-avr. 1996, 41; Reuter 13 déc. 1995), mais là encore, les protestations des journalistes ont abouti (AI févr. 1996, 15).

Le 16 août 1995, la police a fait une descente dans la maison de Razia Bhatti, rédacteur en chef de Newsline, publication mensuelle indépendante très réputée; par la suite, le lendemain, la police a perquisitionné par deux fois les bureaux de la rédaction du journal (IFEX 17 août 1995; AI févr. 1996, 15; IPS 30 août 1995; IPS 17 mars 1996; HRW 1995, 167). Des accusations ont été portées, puis abandonnées, contre Bhatti, l'éditeur de Newsline, et Mohammed Hanif, journaliste, auteur d'un article peu flatteur au sujet de Kamaluddin Azfar, qui venait d'être nommé gouverneur du Sind (IFEX 17 août 1995; AI févr. 1996, 15; IPS 30 août 1995; IPS 17 mars 1996; HRW 1995, 167). Bhatti était connu pour sa critique intransigeante de la façon dont le gouvernement gérait la situation à Karachi (IPS 17 mars 1996; IPS 30 août 1995). Le 16 août, la police a également effectué une descente dans la maison de Zahid Qureshi, rédacteur en chef de Parcham, quotidien ourdou de Karachi, qui est considéré comme [traduction] « l'organe officiel » du MQM (IFEX 17 août 1995; AI févr. 1996, 15; IPS 30 août 1995). N'ayant pu trouver Qureshi, la police aurait arrêté son frère cadet et saisi des documents et des photos de Qureshi en compagnie du leader du MQM, Altaf Hussain (IFEX 17 août 1995; IPS 30 août 1995).

Le 23 août 1995, des hommes armés dans un véhicule portant une plaque d'immatriculation de l'État auraient bombardé les bureaux de Parcham (AI févr. 1996, 16). Le 14 septembre 1995, le correspondant de Parcham Farhan Effendi a été arrêté à Hyderabad par des Rangers en tenue civile et [traduction] « aurait été sévèrement battu et gardé en détention, les yeux bandés et les mains attachées derrière le dos » (HRW 1995, 167; IFEX 18 sept. 1996; AI févr. 1996, 15-16; India Abroad 19 janv. 1996b). Les journalistes qui ont vu Effendi ont dit qu'il avait le visage, la poitrine et le dos couverts d'ecchymoses (AI févr. 1996, 16). Selon les dernières informations, Effendi avait été accusé de possession illégale d'une arme à feu et d'implication dans des activités terroristes et, s'étant vu refuser la libération sous caution, était détenu à la prison centrale (Central Jail) de Hyderabad en attendant son procès (ibid.; HRW 1995, 167; India Abroad 19 janv. 1996b). D'autres journalistes qui critiquaient le gouvernement auraient subi le même sort qu'Effendi (HRW 1995, 167; India Abroad 19 janv. 1996b). Des sources indiquent que les mesures prises par le gouvernement contre la presse en 1995 [traduction] « ont favorisé un climat où les journalistes devenaient couramment la cible de la violence et de l'intimidation » (HRW 1995, 169; India Abroad 19 janv. 1996b), et elles constatent une [traduction] « augmentation alarmante » du nombre d'attaques contre des journalistes pendant l'année (ibid.).

4. VIOLATIONS DES DROITS DE LA PERSONNE COMMISES PAR LE MQM

        Selon certaines sources, de nombreux groupes et partis politiques à Karachi ont des milices armées (AI févr. 1996, 22; The Herald déc. 1994a, 34), et [traduction] « aucune des milices n'hésiterait à commettre des violations des droits de la personne » pour atteindre des objectifs politiques ou criminels (AI févr. 1996, 22). Les deux blocs du MQM ont à maintes reprises nié que leurs membres soient les auteurs de telles violations à Karachi[6]6 (IPS 8 déc. 1995; AI févr. 1996, 22; Country Reports 1995 1996, 1335; Jang 31 janv. 1996, cité dans India Abroad 9 févr. 1996, 10), mais des observateurs de la situation des droits de la personne et d'autres observateurs bien renseignés en poste à Karachi indiquent que des membres du MQM ont eu recours à la violence à des fins politiques (AI févr. 1996, 22; Country Reports 1995 1996, 1335; HRW 1995, 166; The Herald oct. 1995a, 46; ibid. mai 1994a, 30). Selon The Herald, la direction du MQM est [traduction] « bien informée sur ses membres qui participent à des activités [criminelles et] terroristes » (oct. 1995a, 46; ibid. mai 1994a, 30), mais elle ne les expulse pas car ils sont utiles pour aider le parti à atteindre ses objectifs à court terme (ibid.; ibid. mai 1994a, 30).

4.1 Violence contre les forces de sécurité

        Des sources du gouvernement, des médias et du milieu des droits de la personne indiquent que de 225 à 250 membres de la police de Karachi ont été assassinés par des activistes en 1995 (The Frontier Post 16 mars 1996; AFP 28 févr. 1996; The Herald janv. 1996a, 51; AI févr. 1996, 23), ainsi qu'au moins 13 Rangers et 11 membres du personnel militaire (ibid.). The Herald rapporte que la plupart des victimes qui appartenaient au service de maintien de l'ordre ont perdu la vie dans des assassinats qui les visaient directement, plutôt que dans des fusillades avec des activistes (janv. 1996a, 55; ibid. nov. 1995b, 49). Selon Amnesty International, bon nombre d'entre eux n'étaient pas en service et ne portaient pas d'arme ni d'uniforme, et beaucoup ont été enlevés et torturés avant d'être tués (AI févr. 1996, 23). Des sources indiquent qu'il s'agissait souvent d'assassinats commis par représailles ou par vengeance (ibid., 24; The Herald janv. 1996a, 55). Selon The Herald, [traduction] « chaque fois qu'un militant du MQM a été tué [en 1995], un membre du service de maintien de l'ordre a trouvé inévitablement la mort par la suite, après quoi d'autres membres du MQM ont été abattus. Sans l'ombre d'un doute, il s'agissait d'actes de vengeance » (janv. 1996a, 55).

Le 18 juillet 1995, un policier à la retraite, Raja Mohammad Ishaq, [traduction] « a été enlevé d'un autobus et torturé jusqu'à ce que mort s'ensuive » (AI févr. 1996, 23; Reuter 18 juill. 1995). Son corps a par la suite été trouvé dans une voiture dans le quartier Gulbahar de Karachi (AI févr. 1996, 23; Reuter 18 juill. 1995). Dans un autre incident, toujours le 18 juillet 1995, le sous-inspecteur adjoint Abdul Razzak a été abattu à Gulbahar (AI févr. 1996, 23; Reuter 18 juill. 1995). Au dire de la police, on l'avait enlevé et on lui avait bandé les yeux et attaché les mains et les pieds avant de le tuer; ensuite, on avait mis son cadavre dans un sac et on l'avait jeté (AI févr. 1996, 23; Reuter 18 juill. 1995). Une note trouvée sur le corps portait, dit-on, un avertissement déclarant que [traduction] « quiconque nous confrontera subira le même sort » (AI févr. 1996, 23; Reuter 18 juill. 1995).

D'autres fonctionnaires ont également été l'objet d'attaques. Le 30 septembre 1995, les corps de deux aviateurs de la base aérienne de Korangi ont été découverts sur une route déserte à Korangi (FEER 19 oct. 1995a, 24). Les hommes avaient été enlevés sous la menace du revolver, puis attachés, bâillonnés et tués à bout portant par une balle tirée dans la tête (ibid.). Les collègues des hommes assassinés auraient déclaré que l'appartenance de ces derniers aux forces armées, révélée par leurs cheveux courts coupés conformément au règlement, était la seule raison qui avait motivé les meurtres (ibid.). On aurait demandé au personnel militaire de ne pas porter d'uniforme lorsqu'ils ne sont pas en service et certains fonctionnaires ont retiré la plaque d'immatriculation de l'État de leur voiture (ibid.).

Des membres de la famille du personnel policier et de fonctionnaires ont également été visés. Le 27 septembre 1995, deux fils adultes et le garde de Kazi Abdul Rashid, surintendant de police de Karachi, ont perdu la vie à la suite d'une attaque lancée contre leur voiture dans le district centre par des hommes qui s'étaient embusqués (AI févr. 1996, 24; FEER 19 oct. 1995b, 28; AFP 27 sept. 1995; AP 27 sept. 1995). Le chauffeur et un deuxième garde ont été grièvement blessés dans l'attaque (AFP 27 sept. 1995; Reuter 27 sept. 1995). Le 15 octobre 1995, cinq membres de la famille du surintendant de police adjoint de Karachi, Khawaja Nisar, ont été abattus à leur domicile de Nazimabad nord par des hommes armés (AI févr. 1996, 24; AFP 15 oct. 1995; AP 15 oct. 1995; Reuter 15 oct. 1995). Nisar, qui n'était pas chez lui à ce moment-là, aurait échappé à une attaque précédente à la roquette à son domicile (AFP 15 oct. 1995). La police pense que cette dernière attaque a été commise en représailles de la mort en détention, cinq jours auparavant, du militant du MQM Fahim Fahim Farooqi et de ses trois collègues (voir 4.4 ci-dessous) (ibid.; AP 15 oct. 1995). La même journée, le 15 octobre 1995, un agent de police de Karachi, le frère d'un membre assassiné du PPP du district centre et Ahmed Ali Soomro, ex-conseiller du ministre en chef du Sind, ont eux aussi été tués (AFP 15 oct. 1995; AP 15 oct. 1995; Reuter 15 oct. 1995).

Une personne a été tuée et de huit à dix autres blessées, pour la plupart des membres des familles d'agents de police, dans une attaque survenue dans le milieu de la matinée du 13 novembre 1995 contre un poste de police et un complexe d'habitations adjacent dans la zone Garden East du district sud (AFP 13 nov. 1995; AP 13 nov. 1995; DPA 13 nov. 1995; Reuter 13 nov. 1995; Country Reports 1995 1996, 1336). Des activistes cachés sur le toit des bâtiments adjacents ont lancé de cinq à dix grenades propulsées par fusée en direction du complexe, avant de se servir d'armes lourdes automatiques; pendant l'échange de coups de feu, qui a duré 20 minutes, un activiste a été tué (AFP 13 nov. 1995; AP 13 nov. 1995; DPA 13 nov. 1995; Reuter 13 nov. 1995). La police a rejeté la responsabilité de l'attaque sur le MQM (AFP 13 nov. 1995; AP 13 nov. 1995) et un agent a qualifié l'attaque de [traduction] « sérieuse atteinte à la sécurité » (Reuter 13 nov. 1995). Les Rangers ont bouclé le quartier et procédé à une fouille de toutes les maisons pour trouver les autres attaquants (DPA 13 nov. 1995); selon une source [traduction] « au moins » 100 personnes ont été arrêtées pour être interrogées (Reuter 13 nov. 1995).

Le 23 novembre 1995, Ehsan Ali Shah, frère cadet apolitique d'Abdullah Shah, ministre en chef du Sind, et son ami et chauffeur ont été tués près de son domicile dans le secteur fédéral B de Karachi (AI févr. 1996, 24; The Herald janv. 1996a, 55; Country Reports 1995 1996, 1336). Deux jours auparavant, un quotidien de langue ourdoue, Takbeer, aurait cité une source du MQM selon laquelle un membre de la famille de Shaf serait bientôt assassiné (AI févr. 1996, 24).

Un grand nombre des corps non identifiés et mutilés découverts dans des sacs en jute à Karachi en 1995 portaient des notes les qualifiant d'indicateurs de police (ibid.; AP 27 sept. 1995). Le 14 août 1995, 14 personnes ont été assassinées à Karachi (The Herald août 1995a, 27; The New York Times 15 août 1995; The Guardian 15 août 1995). Le corps criblé de balles et les yeux bandés, six des personnes mortes ont été découvertes à l'arrière d'un minibus (The New York Times 15 août 1995; JEN 15 août 1995); un corps aurait été mis dans un sac portant la note [traduction] « un cadeau pour le ministre de l'Intérieur le général Nasirullah Babar et le sort d'un indicateur » (AI févr. 1996, 24; JEN 15 août 1995). Le corps mutilé d'une autre personne soupçonnée d'être un indicateur portait le message [traduction] « un cadeau pour Nasrullah Babaar » et a été trouvé le 27 septembre 1995 (AP 27 sept. 1995).

4.2 Violence contre les dissidents du parti, les opposants politiques et la presse

        Des sources indiquent qu'en 1995, des membres de chacun des deux blocs du MQM ont été impliqués dans des enlèvements, tortures et assassinats de membres de l'autre bloc (AI févr. 1996, 26-28; Country Reports 1995 1996, 1337; Asian Survey nov. 1995, 1003; AFP 21 mars 1995). Après 30 mois de soutien officiel, le MQM(H) a été [traduction] « plus ou moins largué » après que les militaires se sont retirés de Karachi le 30 novembre 1994 (The Herald mars 1995a, 31; ibid. févr. 1995, 17); le MQM(A) a agi alors avec promptitude pour régler des comptes et rétablir son autorité dans des secteurs comme Nazimabad, Korangi, Pak Colony, Malir, Faisal Colony, Landhi et New Karachi (ibid. janv. 1995b, 50; ibid. févr. 1995, 17; The Far East and Australasia 1996 1996, 860-861). The Herald signale au début de 1995 que [traduction] « ce que l'on qualifie généralement de "fusillades aveugles" et de "tirs isolés" sont en réalité une sorte de guerre de bandes » dans laquelle les Haqiqis [traduction] « cèdent graduellement du terrain » (janv. 1995b, 50; ibid. févr. 1995, 17; ibid. mars 1995a, 31). La direction du MQM(A) aurait qualifié sa campagne anti-MQM(H) d'action visant à [traduction] « purger le parti des éléments terroristes » (The Herald oct. 1995a, 46), mais une source souligne que l'extorsion est une [traduction] « importante source de revenu » pour les deux blocs, et que les combats sont parfois livrés pour [traduction] « s'adjuger la part du lion du gâteau » (AFP 21 mars 1995).

Le 13 février 1995, cinq militants adolescents du MQM(H) ont été tués et trois autres blessés par des assassins en voiture qui ont tiré sur eux devant les bureaux du parti à Nazimabad (The Herald mars 1995b, 31; DPA 14 févr. 1995; AFP 14 févr. 1995). Dans l'espace de 24 heures, trois militants du MQM(A) auraient été tués, ainsi que deux autres partisans du MQM(H) (The Herald mars 1995b, 31; AFP 14 févr. 1995). Le 12 mars 1995, 12 ou 13 militants du MQM(H) ont été tués à Pak Colony, dans le district ouest de Karachi (The Herald mars 1995a, 27; ibid. mars 1995b, 31; AI févr. 1996, 27; AFP 21 mars 1995; AFP 18 janv. 1996). Six ou sept des militants ont été tués dans un [traduction] « échange de coups de feu » à un [traduction] « centre de commandement » du MQM(H) (AI févr. 1996, 27; The Herald mars 1995b, 31; The New York Times 13 mars 1995) qui a par la suite été fouillé et incendié (ibid.); les autres auraient été trouvés et tués à l'issue d'une fouille menée dans les maisons du secteur par les hommes armés (The Herald mars 1995b, 31). Les bureaux du MQM(H) situés à Landhi, dans le district est, ont été attaqués à l'arme automatique et à la grenade propulsée par fusée, le 17 janvier 1996, par des gens soupçonnés d'être des activistes du MQM(A) (AI févr. 1996, 27; AFP 18 janv. 1996). Le MQM(H) prétend que 95 militants du parti ont été tués par des activistes du MQM(A) en 1995 (AI févr. 1996, 27). De son côté, le MQM(H) a mené des attaques contre des activistes du MQM(A); selon la HRCP, au moins sept militantes du MQM(A) ont été violées par des activistes du MQM(H) en 1995 (Country Reports 1995 1996, 1337).

Les Mohajirs qui se sont joints à des partis politiques autres que le MQM ont été la proie d'actes de violence (UNRISD juin 1993, 25; AI févr. 1996, 25-26), et selon Amnesty International, [traduction] « ils semblent particulièrement vulnérables » (ibid., 25). Des représentants d'Amnesty International se sont entretenus avec plusieurs membres mohajirs du PPP qui disent avoir été, en 1995, harcelés, menacés et battus par des activistes du MQM qui ont également détruit leur propriété (févr. 1996, 25-26). Selon des chiffres fournis par le gouvernement à Amnesty International, dix membres mohajirs du PPP ont été tués en l'espace de quatre mois, soit du 1er juin 1995 au 30 septembre 1995, dans le seul district ouest (ibid., 26). Selon des déclarations officielles, des rapports médiatiques et divers rapports individuels, au moins 32 membres du PPP ont été tués à Karachi en 1995 (ibid.).

Les informations voulant que le MQM possède des chambres de torture pour les opposants politiques et les dissidents du parti existent depuis des années (Human Rights in Developing Countries Yearbook 1994 1994, 305; AI déc. 1993, 38-40; ibid. 5 avr. 1994), et il y en a eu encore en 1995 (ibid. févr. 1996, 26-27; The Herald juill. 1995b, 31-32, 35; Reuter 8 janv. 1995; ibid. 8 juin 1995). Un endroit soupçonné d'être une chambre de torture du MQM a été découvert le 22 juillet 1995, au cours d'une opération menée par la police et les Rangers à Gulbahar, district centre (AI févr. 1996, 26; The Herald juill. 1995b, 31; DPA 23 juill. 1995). Les journalistes amenés sur les lieux quelques heures plus tard ont dit avoir vu des cordes, des câbles électriques et des planchers tachés de sang; les habitants du quartier ont prétendu que les lieux avaient été occupés par de jeunes activistes dix jours plus tôt et ont dit avoir vu des personnes, les yeux bandés, amenées de force dans les lieux (AI févr. 1996, 25). Au dire des habitants du quartier, des activistes du MQM avaient également maltraité des prisonniers sur Khajji Grounds, terrain de football situé à proximité (ibid., 26; The Herald juill. 1995b, 35; DPA 23 juill. 1995). Le 1er septembre 1995, la police de Karachi découvre un autre endroit soupçonné d'être une chambre de torture du MQM(A), cette fois-ci à Korangi (Xinhua 3 sept. 1995). Comme dans le cas de Gulbahar, des journalistes ont été amenés sur les lieux, où ils ont pu voir une hache, des couteaux, un pistolet, une chaîne en fer et une corde, ainsi que des traces de sang séché, les vêtements et les bijoux de victimes, dont certaines, d'après la police, avaient été torturées dans le but d'obtenir une rançon (ibid.). La chambre de torture aurait été utilisée pendant six mois, et elle venait s'ajouter à d'autres qui avaient été découvertes à Korangi au cours des semaines précédentes (Xinhua 3 sept. 1995; Moneyclips 8 juill. 1995; AFP 6 juill. 1995).

Depuis quelques années, des activistes du MQM menacent et attaquent des journalistes, des rédacteurs en chef et des éditeurs qui critiquent le MQM (Human Rights in Developing Countries Yearbook 1994 1994, 308; AI févr. 1996, 22, 25; IPS 17 mars 1996). Le 4 décembre 1994, Mohammad Salahuddin, rédacteur en chef de l'hebdomadaire ourdou Takbeer, a été abattu à l'extérieur de son bureau à Karachi (AI 13 déc. 1994; AI janv. 1995, 32; AI févr. 1996, 25; Asian Survey févr. 1995, 144; The Herald déc. 1994b, 38-39). Salahuddin avait vertement critiqué le MQM (AI 13 déc. 1994; AI janv. 1995, 32; AI févr. 1996, 25; The Herald déc. 1994b, 39) et le PPP (ibid.), et à la fin de 1991, son bureau aurait été saccagé et sa maison incendiée par des activistes du MQM (AI 13 déc. 1994; ibid. janv. 1995, 32; ibid. févr. 1996, 25).

4.3 Accusations de violence contre d'autres groupes ethniques

        Des sources indiquent que les membres de certains groupes ethniques à Karachi ont été délibérément visés et tués en 1995 (ibid., 26; DPA 2 nov. 1995), mais il est souvent [traduction] « impossible » de déterminer les auteurs de ces assassinats (AI févr. 1996, 26, 28; AFP 21 mars 1995). Selon Amnesty International, les assassinats pourraient avoir pour objectif [traduction] « de créer, de maintenir ou de répandre un climat de terreur » à Karachi (AI févr. 1996, 23).

Le 3 août 1995, soit le lendemain du meurtre de Farooq Putney et de trois autres militants du MQM qui a prétendument eu lieu au cours d'un affrontement avec la police près de l'aéroport de Karachi (voir la section 4.4 ci-dessous), de 22 à 27 personnes ont été tuées dans ce que la police a qualifié de [traduction] « meurtres vengeurs » perpétrés par le MQM (AI févr. 1996, 24; AFP 4 août 1995; The Herald août 1995a, 27; AP 3 août 1995a; DPA 3 août 1995). Douze des personnes tuées ont été retrouvées dans un minibus à Orangi, où on leur avait bandé les yeux et lié les poignets avant de les tuer d'une balle à la tête et dans la poitrine (AI févr. 1996, 24; AFP 4 août 1995; AP 3 août 1995a; DPA 3 août 1995). La police a commencé par dire que les 12 victimes semblaient avoir été choisies au hasard (AP 3 août 1995a; ibid. 3 août 1995b; AFP 4 août 1995), mais a prétendu par la suite qu'il s'agissait de Pendjabis et de Sindhis tués par le MQM, soupçonnés d'être des indicateurs de police (AI févr. 1996, 24). Le MQM a rejeté la responsabilité du meurtre des 12 personnes trouvées dans le minibus, déclarant qu'elle était [traduction] « l'oeuvre de quelqu'un voulant attiser la violence ethnique à Karachi » (The Herald août 1995a, 28; DPA 3 août 1995).

Un autre incident auquel aurait participé le MQM remonte au 2 novembre 1995 où 15 travailleurs parlant le seraiki, du sud de la province du Pendjab, ont été tués dans une maison de Samanabad, secteur fédéral B (AI févr. 1996, 26; DPA 2 nov. 1995). Les travailleurs ont eu les yeux bandés, ont été alignés le long d'un mur et fusillés. Un message disant [traduction] « un cadeau destiné à Naseerullah Babar » avait été laissé sur les corps (ibid.). Des centaines de Sindhis auraient fui Gulbahar en juillet 1995, après que des activistes du MQM ont établi leur autorité dans le secteur et commencé à les viser (AI févr. 1996, 26). Selon une source, les Pathans et les Baluchis, las de voir leur propriétés saccagées par des hommes armés du MQM, vont parfois jusqu'à enlever, torturer et tuer des Mohajirs qui s'aventurent dans leurs quartiers (The Ottawa Citizen 4 juill. 1995).

4.4 Mauvais traitements à l'égard des citoyens ordinaires et des Mohajirs

        La plupart des blocs et des partis politiques à Karachi demandent un bhatta (argent à payer pour ne pas être attaqué) aux hommes d'affaires, aux commerçants, aux négociants et aux citoyens ordinaires (AI févr. 1996, 22; Freedom Review mars-avr. 1996, 40; The Herald mars 1995d, 40a-40c); ils se servent de cet argent pour armer et entretenir leurs milices (AI févr. 1996, 22). Pratique [traduction] « séculaire » à Karachi et dans d'autres régions du Pakistan, la perception du bhatta serait devenue [traduction] « une activité beaucoup plus organisée et mortelle » à la fin des années 1980 et au début des années 1990, époque où [traduction] « le MQM et quelques militants du PPP [ont commencé à jouer] le rôle principal dans cette pratique » (The Herald mars 1995d, 40b; Human Rights in Developing Countries Yearbook 1994 1994, 303). Cette pratique est devenue particulièrement courante dans les districts centre et est, où elle était considérée comme une [traduction] « formalité », les goondas (forts-à-bras) du parti se présentant chez les gens pour percevoir l'argent (The Herald mars 1995d, 40b). L'argent est soutiré sous la menace d'un revolver ou en proférant des menaces (AI févr. 1996, 22; The Herald mars 1995d, 40b), et ceux qui refusent de payer sont battus et leurs entreprises ou leurs propriétés, saccagées (ibid.). Le bhatta est perçu par les deux blocs du MQM à Karachi (AFP 21 mars 1995; The Herald mars 1995d, 40a-40c; Country Reports 1995 1996, 1335; HRW 1995, 166), mais le bloc Haqiqi a acquis une [traduction] « triste notoriété » en cette matière (The Herald mars 1995d, 40c; HRW 1995, 166; voir aussi 6.1 ci-dessous).

Des sources indiquent que des activistes du MQM ont restreint la liberté de mouvement des habitants de Karachis en 1995 (AFP 4 juill. 1995; The Herald nov. 1994a, 62). Des activistes du MQM ont érigé des barricades, fermé des rues avec des véhicules en feu et établi des points de contrôle pour empêcher les forces de sécurité et les militants des blocs rivaux d'entrer dans les zones dominées par le MQM (AFP 4 juill. 1995; The Herald nov. 1994a, 62). Il paraît que les habitants ne pouvaient passer sans qu'un autre habitant du secteur ne témoigne en leur faveur (AFP 4 juill. 1995), et les points de contrôle dans certains secteurs étaient infranchissables la nuit (ibid.; The Herald nov. 1994a, 62). De grandes parties de secteurs sous la domination des Mohajirs comme la municipalité d'Orangi, un [traduction] « dédale de ruelles entremêlées, avec une seule artère centrale » (AFP 18 févr. 1996), et la municipalité de Korangi (The Herald nov. 1994a, 62), étaient « pratiquement interdites aux autres habitants de la ville », et même aux convois lourdement armés de la police et des Rangers, en particulier une fois la nuit tombée (AFP 18 févr. 1996; The Herald nov. 1994a, 62; The Ottawa Citizen 4 juill. 1995). On disait que des parties de Karachi étaient [traduction] « dans un état de paralysie complète », les habitants étant dans l'impossibilité de retourner chez eux après le coucher du soleil en raison des combats acharnés entre le MQM(A) et le MQM(H), et entre ces deux blocs et la police (The Herald nov. 1994a, 62; AFP 18 févr. 1996; Reuter 1er oct. 1995).

Le MQM a déclenché [traduction] « au moins » 25 grèves à Karachi en 1995 (ibid. 18 avril 1996; AFP 21 janv. 1996; Reuter 4 janv. 1996; Country Reports 1995 1996, 1336, 1345), et au moins sept au cours des quatre premiers mois de 1996 (Reuter 18 avr. 1996), la plupart pour protester contre le harcèlement, les arrestations, la torture et les exécutions extrajudiciaires des militants du parti (AFP 21 janv. 1996; Reuter 7 juill. 1995; AFP 24 août 1995; Reuter 17 févr. 1996). Le respect des grèves déclenchées par le MQM était théoriquement volontaire (Reuter 3 sept. 1995), mais les activistes du MQM veillaient à ce qu'elles soient respectées en usant ou en menaçant d'user de violence (Country Reports 1995 1996, 1336, 1345; AFP 10 sept. 1995; Reuter 14 mars 1996) contre les automobilistes, les piétons et les entreprises qui essayaient de rester ouvertes (Country Reports 1995 1996, 1345). La crainte que le MQM n'attise la violence empêchait souvent de nombreux habitants de Karachi [traduction] « de sortir de chez eux pour aller au travail, à l'école et au marché » (ibid.; Reuter 4 janv. 1996).

5. RÉACTION DE L'ÉTAT FACE À LA VIOLENCE À KARACHI

5.1 Protection de l'État

        Le gouvernement a mis sur pied une [traduction] « cellule des droits de la personne » chargée d'enquêter sur les rapports faisant état de violations des droits de la personne (ibid. janv. 1995, 4; Reuter 28 janv. 1995). Créée au sein du ministère de l'Intérieur en décembre 1993, puis transférée au ministère du Droit, de la Justice et des Affaires parlementaires en août 1994, cette cellule aurait un [traduction] « mandat très vaste » et rendrait compte directement à la première ministre; cependant, [traduction] « privée de moyens pour faire exécuter [ses recommandations] ou entamer des poursuites judiciaires », elle ne peut pas faire beaucoup pour supprimer les abus chroniques (AI janv. 1995, 4; Reuter 28 janv. 1995). En outre, lorsque Amnesty International lui a demandé de clarifier ce qui semblait être une contradiction dans les détails concernant une exécution extrajudiciaire mentionnée dans son rapport de 1993, l'organisation a déclaré qu'elle [traduction] « n'avait pas été en mesure d'enquêter sur le cas, mais avait reçu ces renseignements des autorités locales » (AI janv. 1995, 38-39).

Selon certaines sources, au sein du PPP, c'est le sénateur Syed Iqbal Haider qui est chargé de la question des droits de la personne; toutefois, ses déclarations aux médias et à Amnesty International portent à croire que son rôle consiste essentiellement à justifier les mesures prises par le gouvernement (Reuter 11 mars 1996; The Frontier Post 16 mars 1996; AI févr. 1996, 37-38). En octobre 1995, le cabinet fédéral aurait approuvé la création d'un ministère des droits de la personne (PTV Television Network 2 oct. 1995; The Frontier Post 16 mars 1996), mais au moment de la rédaction du présent document, il était impossible d'obtenir des renseignements plus détaillés.

Selon les organismes qui s'intéressent aux droits de la personne, le gouvernement [traduction] « a fait preuve d'un manque de détermination » à régler la situation à Karachi et à faire respecter la loi en 1995 (HRW 1995, 166; AI 15 mars 1995; ibid. févr. 1996, 28-30). Bien que le gouvernement soutienne qu'il prend les mesures nécessaires pour protéger les citoyens de Karachi (AI févr. 1996, 40; The Frontier Post 16 mars 1996), Amnesty International a constaté que le [traduction] « nombre constamment élevé de décès quotidiens à Karachi semblerait démentir une telle affirmation » (AI févr. 1996, 40-41). Des groupes situés à Karachi et qui s'intéressent aux droits de la personne rapportent que des activistes de divers groupes connus pour avoir commis de graves infractions se déplacent à Karachi pratiquement en toute liberté (ibid., 29). Les cachettes des groupes qui commettent les assassinats et les enlèvements sont, semble-t-il, bien connues des journalistes locaux, et les fusillades prolongées entre groupes rivaux voulant dominer le territoire trahissent la présence de ces groupes aux autorités; si celles-ci n'interviennent pas, constate Amnesty International, [traduction] « ce n'est pas par manque d'information » (ibid.).

Selon Amnesty International, comme c'était le cas en 1994 (13 déc. 1994), [traduction] « peu d'assassinats et d'attaques [ont fait] l'objet d'une enquête valable et très peu de contrevenants [...] ont été accusés et arrêtés » en 1995 (ibid. 15 mars 1995). Le comité des avocats qui s'intéressent aux droits de la personne au Pakistan (Lawyers Committee for Human Rights of Pakistan — LCHRP) estime qu'à la mi-août 1995, le gouvernement avait procédé à plus de 12 000 arrestations de personnes qu'il accusait de terrorisme — 9 200 à Karachi seulement (Country Reports 1995 1996, 1338) — mais d'autres sources font remarquer que si un grand nombre d'activistes sont toujours détenus (AI févr. 1996, 29; The Frontier Post 16 mars 1996), [traduction] « très peu [...] ont été jugés et déclarés coupables » (AI févr. 1996, 29).

Des sources indiquent que lorsque les autorités prennent des mesures contre les activistes, les tribunaux sont souvent obligés de déclarer l'affaire classée et de relâcher les suspects parce que le personnel des forces de sécurité n'a pas suivi la bonne procédure (The Herald nov. 1994b, 64; ibid. déc. 1994a, 34-35; ibid. nov. 1995a, 47). Selon une source, le taux de condamnation ne s'élevait qu'à 5 p. 100 pour les suspects arrêtés au cours de l'Opération Nettoyage (ibid. déc. 1994a, 34-35). On dit que le problème tient d'une part à des vices de procédure — par exemple, l'obtention de confessions de façon illégale avant le dépôt d'un premier rapport d'information (FIR) (ibid. nov. 1994b, 64) — et d'autre part à l'incapacité de préparer des arguments solides (ibid. déc. 1994a, 34-35; ibid. nov. 1995a, 47). Selon un [traduction] « fonctionnaire supérieur de la police » qui s'est entretenu avec The Herald, dans plusieurs cas, des [traduction] « premiers rapports d'information très mal écrits [ont] permis à des criminels bien connus de se faire libérer : "Nous devons [...] améliorer nos méthodes d'enquête, d'interrogation et de poursuite judiciaire [...] Si le juge ne trouve pas de motifs raisonnables pour maintenir l'accusé en détention, il est moralement et légalement tenu de lui accorder la liberté sous caution" » (nov. 1995a, 47).

La cas d'un fabricant de textiles de Karachi, Farooq Sumar, témoigne de l'incapacité du gouvernement de protéger contre les menaces et le harcèlement les personnes qui osent dénoncer les violations des droits de la personne (AI févr. 1996, 16-17, 29; ibid. 17 août 1995; Freedom Review mars-avr. 1996, 39). Au début de mai 1995, irrité par les tentatives d'extorsion, le vol d'argent salarial et les menaces de mort proférées contre lui, sa famille et ses employés, Sumar, qui présumait que ces actes avaient été commis par le MQM(H), a publiquement accusé le gouvernement d'être de connivence avec le MQM(H) (AI févr. 1996, 16-17, 29; ibid. 17 août 1995; Freedom Review mars-avr. 1996, 39). Les demandes de protection faites antérieurement aux autorités sont restées sans réponse (AI févr. 1996, 16; ibid. 17 août 1995). Après s'être chargé de la plainte de Sumar, l'agence d'enquête fédérale (FIA) a ordonné l'arrestation du chef du MQM(H), Afaq Ahmed Khan, mais l'ordre a été annulé à la suite de l'intervention personnelle du ministre en chef du Sind (ibid. févr. 1996, 16-17; ibid. 17 août 1995). La HRCP a par la suite mené une enquête sur les allégations de Sumar et constaté que [traduction] « la vie et la sécurité [de Sumar et de la famille] est en grand danger », mais aucune mesure n'a été prise pour les protéger (ibid. févr. 1996, 16-17; ibid. 17 août 1995); le personnel et la famille de Sumar sont toujours la proie du harcèlement, de menaces et d'attaques (ibid. févr. 1996, 17). Des sources récentes indiquent que l'État a continué d'appuyer le MQM(H) jusqu'en 1996 (HRW 1995, 166; IPS 8 déc. 1995).

Des sources ont signalé les difficultés auxquelles se heurtent les personnes qui souhaitent déposer des plaintes à la police concernant des violations des droits de la personne (AI janv. 1995, 33-36; Country Reports 1995 1996, 1337). De nombreuses personnes ne déposent pas de plaintes par crainte de représailles de la police (AI janv. 1995, 1, 27, 33-34; Country Reports 1995 1996, 1336). Plusieurs sources indiquent que la désaffectation éprouvée par les habitants de Karachi ainsi que leur haine et leur crainte de la police ont atteint un tel niveau qu'ils ne rapportent même les crimes communs (Freedom Review mars-avr. 1996, 40; AI janv. 1995, 33; The Herald mars 1995a, 33-34; ibid. mars 1995d, 40a; ibid. mars 1995c, 36e). Selon Amnesty International, les femmes ont particulièrement du mal à présenter des plaintes à la police — par crainte d'être violées (AI janv. 1995, 33). La police refuse fréquemment de saisir des plaintes; de plus, des plaignants ont fait l'objet de menaces, de punitions et de fausses accusations (ibid., 1, 33-34). Il est fréquent que les agents de police protègent leurs collègues et fassent entrave aux enquêtes, et il est arrivé que les enquêteurs aient délibérément mené des enquêtes judiciaires de façon incorrecte afin de protéger un agent accusé (ibid., 37; Country Reports 1995 1996, 1336). Selon certaines sources, des juges et des médecins dissimulent parfois les passages à tabac, la torture et le décès de personnes détenues en publiant des rapports d'enquête et des rapports médicaux laissant croire que la victime s'est infligé elle-même des blessures ou qu'elle est morte de causes naturelles (AI janv. 1995, 35-36; Country Reports 1995 1996, 1336).

5.2 Recours judiciaire et impunité de la police

        Selon certaines sources, le système judiciaire du Pakistan se caractérise par une pénurie de juges, de procédures très longues aux tribunaux, d'un arriéré important de causes, de querelles bureaucratiques intestines, l'inertie et le chevauchement — qui deviennent parfois des conflits de compétence — entre divers organismes judiciaires (Country Reports 1995 1996, 1339; AI févr. 1996, 6). Bien que le gouvernement ait promis de réformer le système judiciaire et de renforcer l'indépendance judiciaire (Country Reports 1995 1996, 1339; The Frontier Post 16 mars 1996; Current History avr. 1996, 159), il n'aurait pas vraiment essayé de le faire en 1995 (ibid.; Country Reports 1995 1996, 1335; voir aussi AI janv. 1995, 5, 8). En 1995, le recours abusif aux tribunaux, pour des motifs politiques, était [traduction] « courant » (HRW 1995, 167; Country Reports 1995 1996, 1338-39), et il prenait l'allure notamment d'une utilisation sélective de la détention préventive, des accusations criminelles, du refus de la mise en liberté sous caution et de poursuites non fondées pour harceler les opposants politiques et promouvoir le programme du gouvernement (HRW 1995, 167; Country Reports 1995 1996, 1338).

Des sources indiquent que des enquêtes judiciaires et ministérielles ont été ordonnées à l'égard des abus imputés à la police (AI févr. 1996, 28-29; AP 2 avr. 1996; The Frontier Post 16 mars 1996; DPA 28 févr. 1996; Chicago Tribune 8 déc. 1995), mais les résultats ne sont pratiquement jamais rendus publics (DPA 28 févr. 1996). Selon Amnesty International, aucune enquête ne semble avoir été menée à bonne fin, donné lieu à un rapport ou amené des membres d'un service de maintien de l'ordre à être tenus responsables de violations des droits de la personne (AI févr. 1996, 28-29). Dans certains cas, des juges [traduction] « connus pour s'être attaqués avec vigueur à la question des droits de la personne » auraient été [traduction] « mutés à des postes moins influents » (ibid. janv. 1995, 8).

Bien que des représentants du gouvernement aient déclaré que [traduction] « les fonctionnaires coupables de violations de droits quelconques seront poursuivis » (The Frontier Post 16 mars 1996; AI 23 mai 1996), des sources indiquent que [traduction] « le gouvernement ne s'est pas sérieusement efforcé de réformer la police ou [...] de poursuivre les auteurs des abus » en 1995 ou en 1996 (Country Reports 1995 1996, 1335; AI févr. 1996, 29; ibid. 23 mai 1996; The Herald nov. 1995a, 46; Current History avr. 1996, 162). Selon les Country Reports 1995, si les autorités [traduction] « parfois mutent, arrêtent ou suspendent des agents ayant commis des abus », elles [traduction] « ne les poursuivent ou ne les punissent que rarement » (1996, 1337; voir aussi AI 23 mai 1996). Environ 500 membres de la police ont été suspendus ou licenciés pour avoir commis diverses fautes en 1995 et au début de 1996 (ibid.; AP 2 avr. 1996; The Frontier Post 16 mars 1996), et 138 agents de police ont fait l'objet de mesures [traduction] « sévères en vertu du règlement du service [de police] » (The Frontier Post 16 mars 1996), mais pas un seul membre de la police de Karachi ou d'un autre service chargé du maintien de l'ordre n'a, selon les renseignements recueillis, été poursuivi pour avoir violé les droits de la personne (AI févr. 1996, 29; ibid. 23 mai 1996; Country Reports 1995 1996, 1335; Chicago Tribune 8 déc. 1995).

Plusieurs facteurs contribuent à l'impunité du personnel chargé du maintien de l'ordre (AI janv. 1995, 42-43; Country Reports 1995 1996, 1334; The Herald mars 1995c, 36e). Amnesty International affirme que l'article 132 du code de procédure pénale accorde l'immunité au personnel chargé du maintien de l'ordre en le protégeant contre toute poursuite criminelle pour tout geste posé [traduction] « de bonne foi » dans l'exercice de ses fonctions (AI janv. 1995, 42-43). De plus, la police et les services de sécurité sont très politisés (Country Reports 1995 1996, 1334; The Herald mars 1995c, 36e; Current History avr. 1996, 159), et ils sont utilisés pour [traduction] « harceler et arrêter des adversaires politiques du gouvernement » (Country Reports 1995 1996, 1334; The Herald mars 1995c, 36e) et pour régler des comptes personnels (AI janv. 1995, 7). Selon une source, la police fonctionne comme [traduction] « l'homme de main du parti au pouvoir » depuis des décennies (The Herald janv. 1996b, 97), et, en conséquence, elle [traduction] « ne rend plus compte à personne » (ibid. mars 1995c, 36e). Un article paru dans la livraison de Newsline d'octobre 1994 est révélateur :

[Traduction]

En politisant la police, les gouvernements qui se sont succédé ont créé une situation où la police se contente d'assurer la sécurité des personnes au pouvoir; à part cette fonction, elle est libre de jouer avec la vie des gens. Il est un fait établi qu'au Pakistan les services de maintien de l'ordre fonctionnent comme un appareil coercitif de l'État et de ceux qui y ont accès. « Il s'agit d'un système qui sert les politiciens », dit Muhammad Alam, un policier chevronné. « Dans un État qui se dirige peu à peu vers l'anarchie, une force policière qui leur apporte sa protection peut se tirer de toute affaire pourvu qu'elle serve ceux qui la dirigent » (Newsline oct. 1994, cité par AI janv. 1995, 6).

Les politiciens exerceraient une influence directe sur le recrutement du personnel policier (Current History avr. 1996, 159; The Herald oct. 1995b, 77). Selon un article paru dans The Herald, [traduction] « chaque MAN et sénateur peut recommander cinq DSP, dix sous-inspecteurs, quinze sous-inspecteurs adjoints et vingt agents de police », et les MAP [traduction] « peuvent nommer cinq sous-inspecteurs adjoints et quatre sous-inspecteurs »[7]7 (ibid.).

Des déclarations de représentants du gouvernement semblent approuver l'utilisation d'exécutions extrajudiciaires comme stratégie visant à éliminer le [traduction] « terrorisme » (ibid. nov. 1995a, 47; Country Reports 1995 1996, 1335; AI févr. 1996, 29; FEER 19 oct. 1995b, 28; The Herald nov. 1994a, 62). De nombreux hauts représentants du gouvernement et de la police, y compris la première ministre Bhutto, le ministre de l'Intérieur Naseerullah Babar et le ministre en chef du Sind, Syed Abdullah Shah, ont déclaré que les tribunaux ne vont pas assez loin dans leurs démarches visant à punir les suspects (ibid. nov. 1995a, 47; Country Reports 1995 1996, 1335; AI févr. 1996, 29; FEER 19 oct. 1995b, 28; The Herald nov. 1994a, 62); [traduction] « nous arrêtons les fautifs et, par la suite, les tribunaux les relâchent sous caution », a déclaré un fonctionnaire supérieur de la police (ibid.; The Herald nov. 1995a, 47). En réponse aux allégations faites par des sénateurs du MQM selon lesquelles le personnel chargé du maintien de l'ordre tuait les activistes suspects pendant que ces derniers étaient en détention, le ministre de l'Intérieur Babar aurait dit à l'Assemblée nationale [traduction] « les services chargés du maintien de l'ordre ont le droit de faire respecter la loi, et dans certains affrontements, des gens se font tuer [...] Qu'ils abandonnent l'activisme et le terrorisme, et il n'y aura plus de gens tués en détention » (Jang 29 janv. 1996, cité dans India Abroad 9 févr. 1996, 10). De même, The Herald a cité les paroles d'un [traduction] « fonctionnaire supérieur » qui disait que [traduction] « si le MQM arrête de tuer des policiers, peut-être que ses propres militants ne seront pas tués dans ces affrontements » (nov. 1995a, 46), et un ministre du Sind, Zaffar Leghari, a déclaré qu'un [traduction] « tueur doit être tué » (ibid. janv. 1996a, 53). [Traduction] « Au lieu d'être accusé de meurtre » déclare The Herald, le personnel chargé du maintien de l'ordre qui tue des suspects [traduction] « est défendu par ses supérieurs et félicité » (nov. 1995a, 46; India Abroad 9 févr. 1996, 10). Après ses récentes rencontres avec des hauts fonctionnaires et des ministres du gouvernement, Amnesty International a déclaré n'avoir constaté que [traduction] « peu de manifestations d'une véritable volonté politique » face au problème de l'impunité de ceux qui violent les droits de la personne (23 mai 1996).

6. POSSIBILITÉ DE REFUGE INTÉRIEUR

        On dispose de peu de renseignements sur la possibilité de refuge intérieur (PRI) des habitants de Karachi. Selon Country Reports 1995, même si la plupart des citoyens peuvent se déplacer librement au sein du pays, il arrive que le gouvernement ait recours à des « externment orders » (interdiction d'entrée) pour contrôler la circulation des personnes dont la présence, à son avis, menace l'ordre public (1996, 1344-1345). Les sources consultées n'ont signalé aucun obstacle administratif ou juridique au changement du lieu de résidence ou d'emploi.

Les habitants d'Orangi, une zone mohajire largement pauvre du district ouest de Karachi, l'une des zones les plus touchées par la violence en 1995 (AFP 18 févr. 1996; The Herald janv. 1996a, 54; ibid. janv. 1996c), auraient essayé d'échapper à la violence en se réfugiant chez des amis et des membres de leur famille dans d'autres parties de la ville (AFP 4 juill. 1995). Pendant que les habitants d'Orangi s'enfuyaient vers certaines zones du district centre, les habitants de ce dernier district, par contre, auraient cherché à se réfugier à Gulshan-e Iqbal, dans l'est, ou à Clifton, dans le sud (ibid.). Mais, si certaines parties de Karachi sont plus sûres que d'autres, des sources indiquent [traduction] « qu'il n'existe pas de sécurité absolue pour les habitants [de Karachi] [...] » (ibid.; DPA 31 déc. 1995). Même dans le district sud, là ou réside l'élite politique et les gens d'affaires de Karachi, entre 125 et 184 assassinats ont été signalés en 1995 (DPA 31 déc. 1995; The Herald janv. 1996c), alors que dans le district Malir nouvellement créé dans la banlieue de la ville, environ 120 assassinats ont été rapportés (DPA 31 déc. 1995; The Herald janv. 1996c). Selon certaines sources, dans des zones [traduction] « relativement tranquilles » comme Clifton, déjà plus chères que les quartiers des districts est, ouest et centre (AFP 4 juill. 1995; The Herald mars 1995d, 40c; AFP 21 mars 1996), le prix de l'immobilier a connu des hausses variant entre 20 et 40 p. 100 (AFP 4 juill. 1995).

Un homme d'affaires, qui a déménagé trois fois pour échapper aux extorqueurs qui lui demandaient de verser le bhatta (argent à payer pour ne pas être attaqué), a dit croire que les gens qui voulaient partir de Karachi pouvaient [traduction] « quitter la ville et s'installer dans une région plus sûre et plus abordable du pays » (The Herald mars 1995d, 40c). Selon Anwar Syeed, du département de sciences politiques de l'Université du Massachusetts, les personnes qui s'inquiètent pour leur sécurité devraient se réfugier dans une autre province plutôt que dans la régions périphériques de la province du Sind (CIC 18 mars 1996). M. Syeed prétend que de nombreux Mohajirs ont échappé à la situation qui règne à Karachi en se réfugiant dans le nord du Pakistan (ibid.). D'après une autre source, la contrefaçon de cartes d'identité est en pleine expansion au Pakistan, et les personnes qui réussissent à se procurer ce genre de carte, qu'elles peuvent acheter pour 500 à 2 000 roupies (21 $ à 85 $ CAN), peuvent aller dans [traduction] « diverses régions du pays sous une nouvelle identité » (TFT 21-29 sept. 1995). Il a été impossible de corroborer cette information au cours de la rédaction du présent document.

7. AUTRES CONSIDÉRATIONS

        En 1993, un observateur a fait remarquer que Karachi était [traduction] « au premier plan d'un phénomène généralisé — le problème de l'impossibilité de gouverner le Pakistan », et il a soutenu que le pays faisait face à une [traduction] « crise fondamentale de son système politique » (Asian Survey févr. 1993, 131). Des sources plus récentes ont également soutenu que la situation qui règne à Karachi fait partie [traduction] « d'une crise plus vaste qui pointe à l'horizon pakistanais » (The Herald sept. 1995, 64; ibid. mars 1995c, 37). Des analystes ont parlé de la [traduction] « population (du Pakistan) qui a été marginalisée sur le plan politique » (ibid.; Current History avr. 1996, 160), des institutions politiques corrompues, inefficaces et inutiles (The Herald sept. 1995, 64; ibid. mars 1995c, 37; Current History avr. 1996, 159, 162) et du mépris manifesté par le grand public à l'égard de la loi (Asian Survey févr. 1993, 131), et ils ont fait remarquer qu'une [traduction] « culture du Kalashnikov », qui incarne la violence politique, [traduction] « se répand dans toute l'arène politique du Pakistan à partir de Karachi » (South Asia Bulletin 1995, 124; UNRISD juin 1993, 19; Current History avr. 1996, 158).

De nombreux analystes croiraient que le gouvernement du PPP doit s'attaquer au sentiment de désaffection des Mohajirs s'il veut régler la crise qui sévit à Karachi (The Herald juill. 1995c, 44). Parmi les mesures proposées à court terme, mentionnons la tenue d'élections locales, l'instauration d'un statut spécial pour Karachi, un recensement national, une réforme électorale, la redéfinition du système de contingentement et un vaste programme de développement de l'infrastructure (The Herald juill. 1995c, 44; The Economist 1-7 juill. 1995, 30; Current History avr. 1996, 162, 164); toutefois, selon une source, une solution à long terme exigera selon toute probabilité que le gouvernement définisse une nouvelle répartition du pouvoir entre les Sindhis autochtones et les Mohajirs (The Herald juill. 1995c, 44; ibid. sept. 1995, 64). Toutefois, depuis le début de 1996, ni le MQM ni le gouvernement ne semblent prêts à faire des compromis ou à entamer un dialogue politique constructif (AFP 21 janv. 1996; Current History avr. 1996, 162; DPA 31 déc. 1995).

À PROPOS DE CERTAINES SOURCES

The Herald [Karachi] :

Fondé en 1970 (Europa 1995 1996, 2375; Ulrich's International Periodicals Directory 1993-94 1993, 2501), The Herald est un magazine mensuel de Karachi, rédigé en anglais, d'intérêt général et traitant de politique; il est publié par Pakistan Herald Publications Ltd., Haroon House, le [traduction] « plus grand groupe de presse » du Pakistan (The New York Times 18 mars 1996; Europa 1995 1996, 2375; Ulrich's International Periodicals Directory 1993-94 1993, 2501; The Herald mars 1996, 9). The Herald est considéré comme l'un des magazines les plus respectés et prestigieux du Pakistan (Los Angeles Times 19 oct. 1995; IPS 30 juin 1995; The New York Times 12 août 1990). Le directeur général adjoint de Pakistan Herald Publications, Hameed Haroon (Reuter 12 déc. 1991) est également le secrétaire général de la Pakistan Newspapers and Periodicals Association (IPS 30 août 1995), et ce serait lui qui a convaincu le gouverneur du Sind, Kamaluddin Azfar, de retirer les accusations portées contre le rédacteur en chef de Newsline, Razia Bhatti, en 1995 (IPS 30 août 1995).

Les bureaux de la rédaction de The Herald sont situés à Karachi, à Islamabad, à Lahore, à Peshawar, à Multan, à Quetta et à Hyderabad (The Herald mars 1996, 9); The Herald a un tirage de quelque 15 000 exemplaires (Europa 1995 1996, 2375). Comme ses homologues libéraux de langue anglaise, Newsline de Karachi, et Friday Times de Lahore, le tirage de The Herald est [traduction] « minuscule comparé à celui des grands journaux rédigés en langue vernaculaire » (The Independent 7 déc. 1991), mais les trois publications sont [traduction] « lues avec avidité par les politiciens, les membres du gouvernement, les militaires et les diplomates, qui s'intéressent aux rapports d'enquête et aux analyses qui y sont publiés » (The Independent 7 déc. 1991).

En 1991, Sherry Rehman, chef de la rédaction de The Herald, a fait l'objet d'une poursuite en diffamation criminelle pour avoir publié un rapport faisant état des violations fréquentes des droits de la personne commises par l'agence d'enquête criminelle (CIA) du gouvernement du Sind (Reuter 12 déc. 1991; The Independent 7 déc. 1991; IPS 1er oct. 1992). Toutefois, Rehman a refusé de se rétracter, et les accusations ont été retirées après que des allégations encore plus accablantes au sujet des activités de la CIA ont été rendues publiques (IPS 1er oct. 1992; Reuter 12 déc. 1991).

The Human Rights Commission of Pakistan (HRCP) :

[Traduction] « La commission des droits de la personne du Pakistan (Human Rights Commission of Pakistan — HRCP), fondée en 1987, et dont le siège se trouve à Lahore, est [l'organisation non gouvernementale] la plus prestigieuse au Pakistan [pour ce qui est des droits de la personne et de l'aide juridique]; elle possède des bureaux dans chaque province. Elle s'emploie à promouvoir les droits de la personne; elle a mené des missions d'enquête et d'information et tenu une série de réunions et de séminaires sur un large éventail de sujets intéressant les droits de la personne. La HRCP publie, depuis 1990, son propre rapport annuel sur les droits de la personne au Pakistan et un bulletin trimestriel, et elle a fait paraître des rapports traitant de divers sujets depuis sa création en 1987. De façon générale, elle fonctionne sans entrave, bien qu'en mars 1993, des agents des forces de sécurité fédérales aient fait une descente dans le bureau principal de Lahore » (Human Rights in Developing Countries Yearbook 1994 1994, 294-295).

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World Encyclopedia of Police Forces and Penal Systems. 1989. Dirigé par George Thomas Kurian. New York : Facts on File Publications.



[1]1.           Pour obtenir plus d'information, veuillez consulter les sources suivantes : Pakistan: Ethno-Politics and Contending Elites (UNRISD juin 1993); l'article de Farhat Haq intitulé « Rise of the MQM in Pakistan: Politics of Ethnic Mobilization » (Asian Survey nov. 1995); l'article de Charles H. Kennedy intitulé « The Politics of Ethnicity in Sindh » Asian Survey oct. 1991); le document intitulé Les Mohajirs du Pakistan : exposé publié en septembre 1990 par le CDCISR et le Profil culturel établi par la DGDIR en septembre 1992, intitulé Pakistan : les Mohajirs.

[2]2.           Selon The Herald, l'armée n'était [traduction] « pas prête à abandonner son but de purger Karachi de tous les "terroristes" » et, jouant un [traduction] « rôle actif à Karachi » (nov. 1995b, 49), dans les faits [traduction] « elle dirigeait les opérations quotidiennes à Karachi » (The Herald nov. 1995b, 54). Il prétendait que l'Opération Nettoyage n'avait [traduction] « jamais été officiellement terminée » et que l'armée était toujours habilitée à [traduction] « aider le gouvernement civil à maintenir l'ordre » (ibid., 50). Il ajoute que même si les Rangers [traduction] « relèvent officiellement du ministère de l'Intérieur, tous leurs officiers sont directement issus de l'armée » (ibid., 49), et il fait remarquer en outre que de nombreux membres des Rangers avaient été [traduction] « envoyés à Karachi pour y jouer un rôle actif dans le cadre de l'opération antérieure de l'armée » (ibid., 50). L'armée [traduction] « ayant une autorité directe sur la structure de commandement des [Rangers] », leurs [traduction] « membres rendent compte à leurs supérieurs des forces armées » (ibid., 49). Au dire d'un agent de police, [traduction] « il se peut qu'elle n'agisse pas aussi ouvertement qu'auparavant », mais l'armée « dirige l'opération par Rangers interposés [...] et ceux qui pensent que [l'armée] s'est retirée de l'opération en cours se trompent grandement » (ibid., 50).

[3]3.           On appelle premier rapport d'information, le rapport initial que dépose la police avant de procéder à une enquête. Pour obtenir plus de renseignements sur ce genre de rapport, veuillez consulter les Réponses aux demandes d'information PAK14236 en date du 21 mai 1993 et PAK18812.E en date du 19 octobre 1994 et les documents annexés à ces réponses.

[4]4.           Les sources consultées ne contenaient aucun renseignement sur la situation au début de l'année 1996. Une réponse approfondie à une demande d'information faisant une mise à jour de la situation du MQM sera préparée en février 1997.

[5]5. Selon The Herald, c'est après que le ministre de l'Intérieur Babar a reçu la responsabilité de la situation à Karachi en juin que la police a commencé à recourir à la tactique « psychologique » qui consiste à attribuer des surnoms [traduction] « absurdes » et [traduction] « ridicules » aux militants du MQM recherchés (janv. 1996a, 55). Le MQM, semble-t-il, n'appelle jamais ses membres par ces surnoms, dont certains sont [traduction] « insultants » et d'autres n'ont aucune [traduction] « signification perceptible » (ibid.).

[6]6.           Selon Amnesty International, les [traduction] « lignes de conflit indistinctes » permettent aux divers groupes et blocs ethniques, politiques et religieux de Karachi de rejeter la responsabilité des abus sur autrui (AI févr. 1996, 28). Selon The Herald, la situation à Karachi a [traduction] « rendu tout le monde [...] hypocrite » et [traduction] « même des meurtres prémédités qui visent des victimes précises sont attribués à des "bandits non identifiés" » (juill. 1995a, 30). [Traduction] « La plupart des gens savent qui est responsable du carnage de Karachi, mais [...] l'opportunisme politique ou la peur les empêchent de dire la vérité » (ibid.).

[7]7.           Selon certaines sources, les sous-inspecteurs, les sous-inspecteurs adjoints et les agents de police sont les trois niveaux les plus bas des échelons subalternes (Pakistan: A Country Study 1984, 296; World Encyclopedia of Police Forces and Penal Systems 1989, 298). Les sources ne sont pas claires en ce qui touche la signification de DSP, mais l'abréviation veut probablement dire « deputy superintendent », soit sous-surintendant, un poste subalterne équivalant à peu près au surintendant adjoint, qui est le plus bas des postes de niveau supérieur (ibid.).

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