Sénégal : information sur les mouvements et partis indépendantistes en Casamance; nom, date de formation, membres fondateurs, statut, activités principales (terrorisme)
| Publisher | Immigration and Refugee Board of Canada |
| Author | Research Directorate, Immigration and Refugee Board, Canada |
| Publication Date | 1 July 1992 |
| Citation / Document Symbol | SEN11165 |
| Cite as | Immigration and Refugee Board of Canada, Sénégal : information sur les mouvements et partis indépendantistes en Casamance; nom, date de formation, membres fondateurs, statut, activités principales (terrorisme), 1 July 1992, SEN11165, available at: http://www.refworld.org/docid/3ae6ad4620.html [accessed 20 May 2013] |
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Le séparatisme casamançais, essentiellement le fait de l'ethnie diola, trouve son origine principalement dans le lien mythique que les Diola entretiennent avec leurs terres (Afrique contemporaine oct.-déc. 1991, 29). Le particularisme des Diola a cependant été exacerbé depuis l'époque coloniale par l'infiltration progressive en Casamance de nouveaux arrivants du Nord, principalement des Foulani (Peul et Toucouleur) qui ont accaparé le secteur économique et une partie du pouvoir politique de la région (ibid., 33). De plus, le rattachement aléatoire de la Casamance au Sénégal lors de l'indépendance n'a jamais été pleinement accepté par les Diola, résistance au joug extérieur qui date de l'époque coloniale (ibid., 30).
C'est dans ce contexte que le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) a vu le jour en mars 1947 (ibid., 31). Les fondateurs de ce mouvement étaient Emile Badiane, Ibou Diallo et Victor Diatta (ibid.). En 1955, un autre groupe, le Mouvement autonome de Casamance (MAC), a été fondé par Assane Seck et Louis Dacosta, mais tous deux se sont d'abord fondus à d'autres mouvements politiques pan-sénégalais (ibid., 32). En novembre 1981, seul le MFDC était revifié, ce qui a marqué le début de la guerre civile à saveur séparatiste en Casamance (Jeune Afrique Plus janv.-fév. 1991, 22). Le MFDC est essentiellement un mouvement diola, bien que quelques-uns de ses membres viennent d'autres ethnies de la région (Africa Confidential 23 nov. 1990, 2).
La branche armée du MFDC, créée en 1989, s'appelle Attika, ce qui signifie « combattant » en diola (Jeune Afrique plus janv-fév. 1991, 21, 24). Cette année là, le MFDC se met à recruter intensément, bien que tous les Diola en soient automatiquement décrétés membres, du fait même de leur origine ethnique (ibid., 24). C'est à cette époque que les grands leaders séparatistes sont remis en liberté : l'abbé Augustin Diamacoune Senghor, l'enseignant Ansoumana Abba Bodian, Sérifo Bassène, Sidy Badji et Maurice Diatta (ibid.). Cependant, à la suite des violences perpétrées par l'Attika en 1990, Senghor et Mamadou Sané, deux des dirigeants du mouvement, sont emprisonnés, alors que l'enseignant Bodian est exilé (Africa Confidential 23 nov. 1990, 1). Un récent article indique que de nombreux jeunes locaux se joignent au MFDC en raison de leur attachement spirituel à leurs terres et de leur respect pour le caractère sacré de la Casamance (Africa Confidential 17 avr. 1992, La fuite, à la suite d'une vague d'arrestations, de centaines de membres de MFDC en 1990, porte à croire que le statut de ce mouvement est illégal, et son administration, « démantelée » en 1990 selon le gouvernement (Africa Confidential 23 nov. 1990, 1; FBIS 14 août 1990, 29). Le MFDC est actuellement divisé en deux factions, le Front Nord de Kamougue Diatta et Léopold Sagne, qui reprochent à Senghor son ethnocentrisme, et le Front Sud, associé à Attika et commandé par Jean-Marie Tendeng, Abdoulaye Diedou, Maurice Diatta et Didi Badji, revendiquant l'indépendance totale et immédiate de la Casamance (Africa Confidential 17 avril 1992). Un fractionnement du MFDC avait en fait déjà été rapporté en 1990 (FBIS 16 juill. 1990, 27).
Depuis le renouveau de l'indépendantisme militant en Casamance au début des années 1980, les arrestations de rebelles séparatistes et plus particulièrement de membres du MFDC ont été nombreuses (Amnesty International 10 janv. 1991; FBIS 22 mars 1991, 51). De même, Amnesty International a accusé le gouvernement sénégalais de s'être livré à la torture des partisans du MFDC (Amnesty International 31 oct. 1990; mai 1990). Enfin, un mouvement de réfugiés s'est amorcé depuis quelques années vers la Gambie et la Guinée-Bissau, et certains de ces réfugiés seraient morts aux mains des forces sénégalaises suite à leur expulsion par la Gambie (ibid. 14 nov. 1990; FBIS 5 nov. 1990, 26). L'insécurité en Casamance a en effet fait fuir une partie de la population, surtout depuis le déploiement de l'armée en 1990 qui a donné lieu à des ratissages aveugles, des arrestations nombreuses, des tirs au hasard ou autres violations arbitraires des droits de la personne (Libération 29-30 décembre 1990; FBIS 31 déc. 1991, 44). La région est véritablement administrée par le pouvoir militaire (FBIS 13 août 1990, 26).
Références
Africa Confidential [Londres]. 17 avril 1992. « Casamance Won't Go Away ».
. 23 novembre 1990. « Senegal: Crisis in Casamance ».
Afrique contemporaine [Paris]. Octobre-décembre 1991. « Pour une solution définitive du conflit en Casamance ».
Amnesty International. 10 janvier 1991. Senegal: Torture Escalates in South, Extrajudicial Executions Reported for the First Time in Recent Years. Londres: AI INdex AFR/49/03/91.
. 14 novembre 1990. Urgent Action. Londres: AI Index AFR 49/07/90.
. 31 octobre 1990. Urgent Action. Londres: AI Index AFR 49/06/90.
. Mai 1990. Senegal: Torture: The Casamance Case. London: AI Index AFR 49/02/90.
FBIS-AFR-91-251. 31 décembre 1991. « Refugees Said Fleeing From MFDC Separatists ». Agence France Presse [Paris]. 30 décembre 1991.
FBIS-AFR-91-056-S. 22 mars 1991. « Details on Secessionist Situation in Casamance ». Le Soleil [Dakar]. 15 janvier 1991, p. 6.
FBIS-AFR-90-214. 5 novembre 1990. « Nine Casamance 'Militants' Handed Over to Senegal ». Agence France Press [Paris]. 3 novembre 1990.
FBIS-AFR-90-157. 14 août 1990. « BBC Radio on Separatist Movement Leader Arrest ». BBC World Service [Londres]. 10 août 1990.
FBIS-AFR-90-156. 13 août 1990. « Continued Unrest in Casamance Separatist Bid ». Sub Hebdo [Dakar]. 21 juin 1990, p. 8.
FBIS-AFR-90-136. 16 juillet 1990. « 'Splits' Reported Within Casamance Movement ». BBC World Service [Londres]. 13 juillet 1990.
Jeune Afrique Plus [Paris]. Janvier-février 1991. « Violence en Casamance ».
Libération [Paris]. 29-30 décembre 1990. « Psychose indépendantiste en Casamance ».
Documents annexés
Africa Confidential [Londres]. 17 avril 1992. « Casamance Won't Go Away ».
. 23 novembre 1990. « Senegal: Crisis in Casamance ».
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. 14 novembre 1990. Urgent Action. Londres: AI Index AFR 49/07/90.
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. Mai 1990. Senegal: Torture: The Casamance Case. London: AI Index AFR 49/02/90.
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Jeune Afrique Plus [Paris]. Janvier-février 1991. « Violence en Casamance ».
Libération [Paris]. 29-30 décembre 1990. « Psychose indépendantiste en Casamance ».
