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Indonésie : information sur la population sino-indonésienne et chrétienne chinoise dans les provinces de Sulawesi et dans les villes de Medan et de Banda Aceh; les incidents violents et la protection offerte par l'État (2006-mars 2010)

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Publication Date 17 March 2010
Citation / Document Symbol IDN103410.EF
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Indonésie : information sur la population sino-indonésienne et chrétienne chinoise dans les provinces de Sulawesi et dans les villes de Medan et de Banda Aceh; les incidents violents et la protection offerte par l'État (2006-mars 2010), 17 March 2010, IDN103410.EF, available at: http://www.refworld.org/docid/4dd2473b2.html [accessed 2 October 2014]
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Population

Dans un chapitre du livre intitulé Ethnic Chinese in Contemporary Indonesia (Les Chinois d'origine en Indonésie contemporaine) portant sur les données démographiques relatives aux Sino-Indonésiens, les auteurs Aris Ananta, Evi Nurvidya Arifin et Bakhtiar soulignent qu'il n'y a pas de point de vue unanime sur ce qui définit les Sino-Indonésiens, ce qui rend difficile l'établissement de statistiques exactes (Ananta et autres 2008, 17). Ils ont fourni des données tirées du recensement de la population de l'Indonésie de 2000, dans lequel des répondants ont indiqué qu'ils étaient Chinois (ibid., 19, 27). Selon le recensement, il y a 5 877 Sino-Indonésiens (0,34 p. 100 de la population locale) dans la province de Nanggroe Aceh Darussalam [où se trouve Banda Aceh] et 353 525 (3,07 p. 100 de la population locale) dans la province de Sumatra du Nord [où se trouve Medan] (ibid., 27). Les auteurs font observer que de nombreux Chinois d'origine de Sumatra du Nord vivent à Medan (ibid., 26). Le recensement indique également qu'il y a 3 117 Sino-Indonésiens (0,16 p. 100 de la population locale) dans la province de Sulawesi du Nord, 11 468 (0,57 p. 100) en Sulawesi central, 36 937 (0,47 p. 100) en Sulawesi du Sud et 2 192 (0,12 p. 100) en Sulawesi du Sud-Est (ibid., 27).

Aimee Dawis, chargée de cours à l'Université de l'Indonésie, fait également référence à des statistiques tirées du recensement de 2000 dans son livre, The Chinese of Indonesia and Their Search for Identity (Les Chinois d'Indonésie et leur quête identitaire) (Dawis 2009, 84). Dans son étude, elle dénombre la population de Chinois d'origine par ville : Banda Aceh compte 3 167 Sino-Indonésiens (2,05 p. 100 d'une population de 154 767 personnes); Medan en comporte 202 839 (10,65 p. 100 d'une population de 1 904 273 personnes) et Manado, en Sulawesi du Nord, 198 (0,05 p. 100 d'une population de 372 887 habitants) (ibid.). Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches le 12 mars 2010, un représentant du Mouvement antidiscrimination indonésien (Garakan Perjuangan Anti Diskriminasi - GANDI), organisation mise sur pied par des hommes d'affaires chinois de l'Indonésie dans le but d'éliminer les lois discriminatoires et de promouvoir l'unité nationale (GANDI s.d.), a affirmé que, dans la ville de Medan, les habitants d'origine chinoise comptent pour environ 10 à 15 p. 100 de la population. Le Jakarta Post signale que, dans la ville de Makassar, en Sulawesi du Sud, on recense environ 30 000 Sino-Indonésiens parmi les 1 200 000 habitants (15 mai 2006).

Parmi les sources qu'elle a consultées, la Direction des recherches n'a trouvé aucun renseignement sur le nombre de Chinois chrétiens dans ces régions. Néanmoins, selon le recensement de 2000, 35,09 p. 100 des Sino-Indonésiens sont chrétiens (Ananta et autres 2008, 30). Aimee Dawis souligne que, d'après le recensement de 2000, il y a 1 348 chrétiens à Banda Aceh, 400 312 à Medan et 249 274 à Manado (Dawis 2009, 86).

Incidents violents

Parmi les sources qu'elle a consultées, la Direction des recherches a trouvé peu d'information sur des incidents violents dont auraient été victimes des Sino-Indonésiens à Banda Aceh, à Medan et dans les provinces de Sulawesi.

Le représentant du GANDI a déclaré [traduction] « [qu']aucune agression importante » n'avait été commise à l'endroit de Sino-Indonésiens à Banda Aceh, à Medan, en Sulawesi du Sud ou dans d'autres régions de l'Indonésie depuis 2006 (GANDI 12 mars 2010). Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches le 5 mars 2010, un professeur agrégé de sciences politiques à l'Université de Toronto, spécialiste des politiques ethniques de l'Indonésie, a signalé qu'il y a du ressentiment à l'égard des Sino-Indonésiens et qu'ils sont parfois victimes de racisme, mais [traduction] « [qu']ils ne sont pas systématiquement pris pour cible ni particulièrement malmenés dans le contexte actuel ». Dans un chapitre de l'ouvrage Ethnic Chinese in Contemporary Indonesia portant sur la violence à l'égard des Chinois en Indonésie, l'auteur Charles A. Coppel remarque qu'il y a eu peu de violence dirigée contre des Chinois depuis 1999 (Coppel 2008, 126). Sans fournir de détails, Freedom House signale que les Chinois d'origine en Indonésie [traduction] « continuent de subir du harcèlement et, à l'occasion, de la violence » (2009).

Des sources signalent qu'en 2006, des étudiants ont tenu [traduction] « des manifestations violentes » contre la communauté sino-indonésienne à Makassar, en Sulawesi du Sud (The Jakarta Post 8 août 2006; ibid. 15 mai 2006; Coppel 2008, 127). Un incident, qui s'est déroulé en mai 2006, a été déclenché par la nouvelle selon laquelle un Sino-Indonésien aurait agressé deux de ses travailleuses domestiques, entraînant la mort de l'une d'entre elles (ibid.; The Jakarta Post 11 mai 2006; ibid. 15 mai 2006). Selon le Jakarta Post, des centaines d'étudiants ont menacé de [traduction] « lancer une opération de nettoyage contre les Sino-Indonésiens à Makassar » si la police n'enquêtait pas correctement à propos du crime; des étudiants ont causé des embouteillages et ont lancé des pierres contre des magasins (11 mai 2006). Le Jakarta Post souligne que l'incident de mai 2006 a été suivi d'une semaine de violence au cours de laquelle des magasins et des maisons appartenant à des Sino-Indonésiens ont attaqués par des jeunes (4 août 2006). Le Jakarta Post signale que des étudiants ont une fois de plus tenu des [traduction] « manifestations violentes » en août 2006 en raison d'allégations selon lesquelles un Sino-Indonésien aurait tenté de violer sa domestique autochtone; des étudiants ont tenté d'arrêter des voitures conduites par des Chinois d'origine et ont menacé d'expulser les Chinois d'origine de la ville (8 août 2006).

Les Country Reports on Human Rights Practices for 2008 du Département d'État des États-Unis (É.-U.) estiment que le harcèlement et la discrimination à l'égard des Chinois en Indonésie ont diminué (É.-U. 25 févr. 2009, sect. 5). Selon le représentant du GANDI, les Sino-Indonésiens sont parfois traités comme des étrangers au sein de la société indonésienne, mais, grâce à des mesures démocratiques et antidiscriminatoires, ils sont plus acceptés que par le passé (GANDI 12 mars 2010). Il considère que les habitants de Medan d'origine chinoise ne sont pas exposés à de nombreux problèmes étant donné qu'ils sont en grand nombre dans cette ville (ibid.). Il a ajouté qu'à Banda Aceh, les libertés civiles des non-musulmans sont restreintes en raison de la charia (ibid.).

Parmi les sources qu'elle a consultées, la Direction des recherches n'a trouvé aucun renseignement sur des incidents violents dont auraient été victimes des chrétiens chinois à Banda Aceh, à Medan et dans les provinces de Sulawesi.

Protection offerte par l'État

Des sources signalent que, depuis 1999, plusieurs nouvelles lois ont été adoptées en Indonésie afin d'offrir une meilleure protection aux Sino-Indonésiens (professeur agrégé 5 mars 2010; The Straits Times 10 juin 2009; MRG s.d.; Sidel mars 2007, 14; GANDI 12 mars 2010). La loi sur la citoyenneté de 2006 a fait en sorte qu'il est plus facile pour les Sino-Indonésiens d'obtenir la citoyenneté indonésienne (É.-U. 25 févr. 2009, sect. 5; MRG s.d.; South China Morning Post 13 juin 2007). D'après le journal de Hong Kong South China Morning Post, avant l'adoption de la nouvelle loi sur la citoyenneté, la constitution indonésienne établissait une distinction entre les [traduction] « "autochtones" et les "non-autochtones" » et leur conférait des droits différents (13 juin 2007).

Les Sino-Indonésiens s'impliquent davantage dans la vie politique du pays et certains ont été élus à des postes politiques (GANDI 12 mars 2010; The Straits Times 10 juin 2009). Selon le journal singapourien The Straits Times, 12 politiciens d'origine chinoise ont remporté un siège au Parlement national lors des élections d'avril 2009 (ibid.).

Des médias font état d'un renouveau culturel chez les Sino-Indonésiens (South China Morning Post 13 juin 2007; Reuters 14 juin 2008). Le Nouvel An chinois a été reconnu comme un jour férié officiel et est célébré ouvertement par les Chinois du pays (MRG s.d.; Sidel mars 2007, 14; South China Morning Post 13 juin 2007; Reuters 12 févr. 2007). Il existe maintenant des médias en langue chinoise (MRG s.d.; Sidel mars 2007, 14; South China Morning Post 13 juin 2007), et les enseignes publiques peuvent désormais être rédigées en chinois (MRG s.d.). Le confucianisme a également été reconnu comme une religion officielle (ibid.; Sidel mars 2007, 14; South China Morning Post 13 juin 2007). Toutefois, les Country Reports 2008 et le représentant du GANDI soulignent que certains fonctionnaires exercent encore de la discrimination à l'égard des Chinois lorsqu'ils délivrent des documents (É.-U. 25 févr. 2009, sect. 5; GANDI 12 mars 2010). De plus, selon les Country Reports 2008, certaines dispositions du droit indonésien constituent toujours une discrimination à l'encontre des personnes d'origine chinoise (É.-U. 25 févr. 2009, sect. 5).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Ananta, Aris, Bakhtiar et Evi Nurvidya Arifin. 2008. « Chinese Indonesians in Indonesia and the Province of Riau Archipelago: A Demographic Analysis ». Ethnic Chinese in Contemporary Indonesia. Sous la direction de Leo Suryadinata. Singapour : Institute of Southeast Asian Studies.

Coppel, Charles A. 2008. « Anti-Chinese Violence After Soeharto ». Ethnic Chinese in Contemporary Indonesia. Sous la direction de Leo Suryadinata. Singapour : Institute of Southeast Asian Studies.

Dawis, Aimee. 2009. The Chinese of Indonesia and Their Search for Identity: The Relationship Between Collective Memory and the Media. Amherst, New York : Cambria Press.

États-Unis (É.-U.). 25 février 2009. Department of State. « Indonesia ». Country Reports on Human Rights Practices for 2008. [Date de consultation : 17 févr. 2010]

Freedom House. 2009. « Indonesia ». Freedom in the World 2009. [Date de consultation : 19 févr. 2009]

Garakan Perjuangan Anti Diskriminasi (GANDI). 12 mars 2010. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches par un représentant.

_____. S.d. « About GANDI ». <&lt;http://www.gandingo.org/index.php?option=com_content&view=article&id=1&Itemid=2> [Date de consultation : 12 mars 2010]

The Jakarta Post. 8 août 2006. Andi Hajramurni. « Makassar Gripped by Racial Tension After Alleged Rape Attempt ». (Factiva)

_____. 4 août 2006. Andi Hajramurni. « Man Stands Trial for Killing Maid ». (Factiva)

_____. 15 mai 2006. Andi Hajramurni. « Makassar Violence Highlights Ethnic Tension in City ». (Factiva)

_____. 11 mai 2006. « Makassar Tense as Students Threaten Ethnic Chinese ». (Factiva)

Minority Rights Group International (MRG). S.d. « Chinese ». World Directory of Minorities and Indigenous Peoples. <&lt;http://www.minorityrights.org/?lid=4434&tmpl=printpage> [Date de consultation : 17 févr. 2010]

Professeur agrégé de sciences politiques, University of Toronto. 5 mars 2010. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches.

Reuters. 14 janvier 2008. « Indonesia's Chinese Enjoy a Cultural Revival ». (Factiva)

_____. 12 février 2007. « Key Facts About Indonesia's Chinese Community ». (Factiva)

Sidel, John T. Mars 2007. Indonesia: Minorities, Migrant Workers, Refugees, and the New Citizenship Law. (Writenet/United Nations Refworld) [Date de consultation : 17 févr. 2010]

South China Morning Post. 13 juin 2007. Fabio Scarpello. « Into the Fray Indonesia's Long-Suffering Ethnic Chinese are Slowly Waking Up to the Benefits of Getting Involved ». (Factiva)

The Straits Times. 10 juin 2009. Lynn Lee. « More Chinese in Indonesian Politics ». (Factiva)

Autres sources consultées

Sources orales : Les tentatives faites pour joindre des représentants de la Chinese Indonesian Association et du Chinese Heritage Centre ont été infructueuses. Trois sources universitaires n'ont pas pu fournir d'information.

Sites Internet, y compris : Amnesty International (AI), Chinese Heritage Centre, European Country of Origin Information Network (ecoi.net), Human Rights Watch, Institute of Southeast Asian Studies [Singapour], International Crisis Group, Nations Unies - Refworld.

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