Last Updated: Friday, 24 October 2014, 15:39 GMT

Amnesty International Rapport 2008 - Laos

Publisher Amnesty International
Publication Date 28 May 2008
Cite as Amnesty International, Amnesty International Rapport 2008 - Laos, 28 May 2008, available at: http://www.refworld.org/docid/484272595.html [accessed 24 October 2014]
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République démocratique populaire laotienne
Chef de l'ÉtatChoummaly Sayasone
Chef du gouvernementBouasone Bouphavanh
Peine de mortabolie en pratique
Population6,2 millions
Espérance de vie63,2 ans
Mortalité des moins de cinq ans (m/f ‰)129 / 123 ‰
Taux d'alphabétisation des adultes68,7 %

Des groupes appartenant à l'ethnie hmong, contraints de vivre cachés dans la jungle, étaient en butte aux attaques de l'armée. Des pressions de plus en plus fortes ont été exercées pour obtenir le retour forcé, depuis la Thaïlande, de plusieurs milliers de demandeurs d'asile et de réfugiés hmongs de nationalité laotienne. Les pouvoirs publics refusaient que des observateurs indépendants suivent la manière dont s'effectuaient les retours, ainsi que la situation relative aux droits humains en général. La liberté d'expression et d'association demeurait soumise à de sévères restrictions.

Contexte

Un remaniement gouvernemental partiel a eu lieu au mois de juillet. Un nouveau ministre des Finances a notamment été nommé, après que le Premier ministre eut publiquement appelé à la mise en œuvre d'une politique de lutte contre la corruption.

Le Laos a ratifié en février le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC). Il lui restait à ratifier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), qu'il avait signé en décembre 2000.

La peine capitale restait inscrite dans la loi. Aucune condamnation à mort n'a toutefois été signalée en 2007. La dernière exécution connue a eu lieu en 1989.

Le général Vang Pao, ancien chef de l'« armée secrète » soutenue par la CIA (agence centrale du renseignement des États-Unis), qui avait combattu les communistes du Pathet Lao dans les années 1960, a été arrêté en juin aux États-Unis avec 11 autres personnes. Toutes ont été inculpées de complot visant à acheter des armes dans le but de renverser par la force le gouvernement laotien. Des informations qui n'ont pu être confirmées ont fait état, après ces interpellations, d'une vague de répression lancée contre des membres de l'ethnie hmong de la province de Bokeo, dans le nord du pays. Cette campagne se serait notamment traduite par des homicides et des arrestations collectives. Au mois de juillet, cinq Hmongs de cette province ont été inculpés de préparation d'une série d'attentats à la bombe, qu'ils auraient envisagé de commettre dans sept endroits stratégiques.

Plusieurs grands projets, notamment dans le domaine de l'exploitation minière et de l'énergie hydroélectrique, restaient très critiqués, en raison de l'impact qu'ils pourraient avoir sur les moyens de subsistance de la population locale et sur l'environnement. Les organisations écologiques estimaient que, si le cadre réglementaire en matière de respect de l'environnement et des droits sociaux était effectivement satisfaisant, son application, notamment la question de la communication des résultats des études d'impact au sein de la population, laissait à désirer. Des représentants du gouvernement laotien ont annoncé en septembre la construction de neuf nouveaux barrages au cours des huit prochaines années.

L'International Rivers Network et l'organisation norvégienne FIVAS ont dénoncé l'extension envisagée du complexe hydroélectrique de Theun-Hinboun, dans le centre du Laos. Ces deux organisations estimaient que 25 000 personnes avaient d'ores et déjà été affectées, à travers la perte de terres fertiles, la baisse des populations de poissons et les ravages causés par des crues trop importantes.

Discrimination

Des membres du Comité pour l'élimination de la discrimination raciale [ONU] ont organisé en avril à Vientiane un séminaire sur les modalités d'élaboration des rapports à fournir au titre de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Le Laos devait en effet soumettre ses seizième et dix-septième rapports au premier semestre 2007, ce qu'il n'avait toujours pas fait à la fin de l'année.

Un nombre indéterminé de Hmongs vivaient toujours dans des conditions extrêmement précaires, fuyant les pouvoirs publics, et en particulier l'armée, qui les persécutait depuis des dizaines d'années et lançait régulièrement contre eux des attaques faisant de nombreux morts et blessés. Le nombre de ces attaques a toutefois diminué au second semestre 2007, par rapport aux années précédentes.

C'était le plus souvent lorsqu'ils étaient en quête de nourriture que les Hmongs étaient attaqués par les militaires. Les informations et les photos recueillies par des journalistes étrangers lors de six visites effectuées clandestinement au Laos ces dernières années montraient que de nombreux civils hmongs vivaient dans le plus grand dénuement. Nombre d'entre eux, y compris des enfants, portaient les traces de blessures plus ou moins récentes. Ces personnes n'avaient aucun moyen de bénéficier de services médicaux et devaient donc s'en remettre entièrement aux remèdes de la médecine traditionnelle.

On ignorait ce qu'étaient devenus les centaines de Hmongs qui avaient choisi de quitter la forêt pour tenter de s'intégrer dans la société laotienne dominante.

Réfugiés et demandeurs d'asile

En Thaïlande, des milliers de demandeurs d'asile hmongs de nationalité laotienne, dont plus de 8 000 personnes rassemblées dans un camp situé dans la province septentrionale de Phetchabun, étaient en permanence menacés d'être renvoyés de force au Laos, à la suite de négociations entre les gouvernements des deux pays concernés. Des centaines d'entre eux ont été rapatriés de force, sans que les dangers qu'ils pouvaient éventuellement courir n'aient été évalués. On ignorait ce qu'étaient devenues la majorité des personnes rapatriées.

Les deux gouvernements ont en outre décidé de concert, en septembre, que tous les Hmongs laotiens du camp de Phetchabun seraient renvoyés au Laos avant la fin de l'année 2008, sans que leur situation ne soit examinée par une autorité indépendante. Les autorités laotiennes ont tenu à ce que toute surveillance par une tierce partie du processus de rapatriement soit exclue.

  • Les autorités laotiennes ont déclaré en mars qu'elles avaient « retrouvé » 21 fillettes et jeunes filles appartenant à un groupe de 27 personnes d'origine hmong, disparues depuis leur rapatriement de force depuis la Thaïlande, en décembre 2005. Ces 27 personnes étaient en réalité détenues depuis leur retour au Laos. On était sans nouvelles des six autres membres du groupe.

Les 21 fillettes n'ont pas été autorisées à rejoindre leurs parents en Thaïlande. Elles ont été confiées au Laos même à des proches ou, dans certains cas, à des membres de leur ethnie qu'elles ne connaissaient pas. Douze d'entre elles au moins se sont enfuies par la suite pour aller retrouver leurs parents en Thaïlande. Elles ont confirmé qu'elles avaient été détenues. L'une d'elles a affirmé qu'elle avait été battue et violée à plusieurs reprises.

Pendant l'année, les autorités laotiennes ont organisé deux visites à l'intention de diplomates et de journalistes, qui ont pu rencontrer quelques Hmongs du Laos victimes de rapatriements forcés. Selon plusieurs observateurs, les personnes qui ont été présentées aux délégations avaient manifestement subi une « rééducation », mais semblaient être en bonne santé.

Conditions carcérales

Les observateurs indépendants spécialisés dans les droits humains n'étant pas autorisés à se rendre sur place, il était impossible de savoir exactement combien de prisonniers politiques étaient incarcérés et quelles conditions de vie régnaient dans les prisons. Un certain nombre d'informations continuaient cependant de faire état de mauvais traitements, de nourriture insuffisante, de surpopulation et de carences en matière de soins médicaux.

Plusieurs prisonniers politiques condamnés à l'issue de procès non équitables étaient toujours incarcérés à la prison de Samkhe, à Vientiane. Parmi eux figuraient notamment deux Hmongs, Thao Moura et Pa Fue Khang, arrêtés en 2003 pour avoir aidé deux journalistes à rencontrer des membres de leur ethnie réfugiés dans la jungle. Quatre prisonniers d'opinion se trouvaient également dans cet établissement. Thongpaseuth Keuakoun, Seng-Aloun Phengphanh, Bouavanh Chanhmanivong et Keochay avaient été arrêtés en octobre 1999 parce qu'ils avaient tenté d'organiser une manifestation non violente. On était sans nouvelles de Sing Chanthakoummane, en détention depuis 1975 et qui, selon les dernières informations dont on disposait, était très malade et se trouvait dans le camp pénitentiaire n°7, dans une zone reculée de la province de Houa Phanh.

Santé

Une étude du Programme alimentaire mondial (PAM) publiée au mois de novembre montrait que, dans les campagnes laotiennes, la moitié des enfants de moins de cinq ans souffraient de malnutrition. Il apparaît donc que le fort taux de croissance économique que connaît le Laos depuis une dizaine d'années n'a pas permis de diminuer de manière sensible la malnutrition infantile.

Documents d'Amnesty International

  • Lao People's Democratic Republic: Hiding in the jungle, Hmong under threat (ASA 26/003/2007).
  • Lao People's Democratic Republic: Thao Moua and Pa Fue Khang: Hmong imprisoned after unfair trial (ASA 26/008/2007).
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