Last Updated: Wednesday, 30 July 2014, 15:15 GMT

Somalie - Feuilles d'information sur les pays

Publisher Switzerland: Federal Office for Migration
Publication Date 1 April 1996
Cite as Switzerland: Federal Office for Migration, Somalie - Feuilles d'information sur les pays, 1 April 1996, available at: http://www.refworld.org/docid/4670e7182.html [accessed 31 July 2014]
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1. Constitution

1.1. Dénomination officielle de l'Etat

République démocratique de Somalie

"Jamhuuriyadda Dimoqraadiga Soomaaliya"

1.2. Armoiries et drapeau de l'Etat

Le drapeau de l'Etat somalien arbore une étoile blanche sur fond bleu dont les cinq pointes symbolisent l'unité des cinq anciennes régions coloniales à population somalienne (la Somalie française [aujourd'hui Djibouti], le Somaliland britannique [aujourd'hui République du Somaliland], la Somalie italienne [aujourd'hui Somalie], Ogaden [aujourd'hui en Ethiopie], le District frontière du Nord [aujourd'hui au Kenya]).

1.3. Forme de l'Etat

L'ancienne constitution de 1979 n'est plus en vigueur depuis la chute du régime de Siad Barre en janvier 1991 et n'a pas été remplacée depuis lors.

2. Situation sociale et culturelle

2.1. Population

Selon les estimations de l'ONU, quelque 5 millions de personnes vivent en Somalie (auxquelles s'ajoutent les 3,8 millions d'habitants du Somaliland). Cependant, en raison des conditions anarchiques qui règnent dans ce pays et vu le grand nombre de réfugiés, ces chiffres sont peu fiables. Plus de 1,5 millions de personnes ont fui à l'intérieur du pays ou se sont réfugiées dans les Etats voisins et seule une fraction d'entre elles est rentrée au pays jusqu'à aujourd'hui. La majorité des Somaliens (75 %) vivait en zone rurale avant la guerre civile. Les principales villes sont Mogadiscio (600'000 habitants) et Kismayo (200'000 habitants).

Les Somaliens constituent un groupe ethnique homogène: 95 % d'entre eux appartiennent au même groupe, à savoir celui des Somaliens. Malgré cette unité ethnique peu ordinaire, la société somalienne est divisée en nombreux groupes et clans.

L'appartenance à un clan joue un rôle d'une extrême importance dans la vie des Somaliens. Ceux-ci sont répartis en quatre grands clans à tradition nomade (Darod, Dir, Issaq, Hawiye) et en deux autres clans à tradition sédentaire (Digil, Rahanwein). Chaque clan se subdivise à son tour en sous-groupes:

----------------------Clans nomades:---------------------- Clans sédentaires:

Darod: Dir: Issaq: Hawiye: Digil Hawiye

Absame Cise Ayub Abgal Tuni Jiroon

Dulbahante Donbira Eidagalla Ajooran Mirifle

Majeerten Gadaboursi Habr Awal Dagoodiya Sagaal

Marehan Samaron Habr Jaalo Habr Gedir Siyeed

Ogadeen (et d'autres) Habr Madagle Hawadle

Warsangali Habr Yoonis Hiluwle

(et d'autres) Isse Musa Jalaf

(et d'autres) Murusade

Waddan

(et d'autres)

2.2. Langue

La langue officielle est le somali, parlé par tous les Somaliens - avec différents dialectes régionaux. L'arabe, l'anglais et l'italien sont également reconnus et utilisés dans le commerce.

2.3. Religion

Selon l'ancienne constitution, l'Islam est religion d'Etat. Même sans constitution, l'Islam représente la religion dominante en Somalie. Presque tous les Somaliens sont des musulmans sunnites d'obédience schafiti.

2.4. Système éducatif

Avant que n'éclate la guerre civile, 76 % des Somaliens étaient analphabètes. Aujourd'hui, ce chiffre doit avoir considérablement augmenté, étant donné le peu d'écoles restées ouvertes durant le conflit.

2.5. Infrastructure médicale

Déjà avant la guerre civile, l'encadrement médical de la population était très lacunaire et peu développé. Les années de chaos ont entraîné la quasi-paralysie des services médicaux et le personnel médical a, dans sa majorité, quitté le pays. Il ne subsiste que quelques hôpitaux soutenus par une aide étrangère. Ces rares exceptions se consacrent à la médecine élémentaire, aux premiers secours et aux opérations d'urgence.

3. Femme et famille

Les femmes jouent un rôle subalterne dans la société somalienne. Les clans sont exclusivement patrilinéaires, c'est-à-dire qu'un enfant, fille ou garçon, appartient au clan du père. Cela s'applique aussi à la femme mariée, laquelle demeure membre du clan de son père, même si elle reçoit naturellement une certaine protection de la part du clan de son mari.

Les femmes n'exercent aucune fonction publique dans la société somalienne traditionnelle; elles sont responsables du ménage. Contrairement à d'autres pays islamiques, les femmes somaliennes ne sont pas entièrement voilées et soignent de manière indépendante le petit bétail (chèvres et moutons), tandis que les hommes s'occupent des dromadaires. De même, elles possèdent leur propre fortune et ce sont elles, généralement, qui vendent les produits sur le marché, pouvant disposer de l'argent ainsi gagné.

Bien que les femmes somaliennes puissent voyager seules, même en présence d'hommes, elles ne se voilent pas entièrement, possèdent des biens et, en ce qui concerne le petit bétail, elles jouissent d'une certaine indépendance économique; la virginité d'une jeune Somalienne est d'une importance capitale. Les femmes non mariées n'ont que des contacts verbaux avec les hommes; tout contact physique est prohibé.

La loi de 1947 interdisant l'infibulation en Somalie est jusqu'à présent restée lettre morte. La préservation de la virginité des femmes est souvent invoquée pour justifier l'infibulation de presque toutes les fillettes somaliennes (98 %) entre cinq et dix ans. La dimension de l'ouverture laissée constitue parfois un indicateur de la valeur de la femme lors de son mariage. Une femme non excisée est considérée comme non mariable et rejetée par la société, même si elle est vierge.

4. Médias

4.1. Agences d'informations

L'ancienne agence de presse somalienne SONNA (Somali National News Agency) n'existe plus.

4.2. Journaux et revues

Il n'existe pour le moment aucun journal ou magazine somalien; parfois paraissent des "gazettes" sous forme de feuilles volantes, publiées anonymement.

4.3. Radio

Actuellement, certains clans possèdent leur propre station de radio. Ainsi, les partisans de Ali Osman Atto disposent de "Radio Mogadiscio, Voice of the Somali Pacification", créée en été 1995; elle émet en somali, mais des émissions en anglais et en arabe sont également prévues.

Radio Maanta: radio de l'ONUSOM, de décembre 1992 à février 1995

Radio Mogadiscio: radio de Ali Mahdi Mohammed, en somali

Radio Mogadiscio: radio de Aideed, en somali, depuis juillet 1993

Radio Mogadiscio: ancienne radio d'Etat, n'émet plus.

4.4. Télévision

Pour le moment, il n'existe pas d'émetteur de télévision en Somalie.

5. Economie

5.1. Economie politique

La Somalie est l'un des pays les plus pauvres du monde. Le revenu par habitant était, en 1988, de 170 US$. Le salaire mensuel moyen était d'environ 75.- CHF.

Pour la plupart des habitants, l'agriculture (qui occupe 75 % de la pop.) et l'élevage (chameaux, boeufs, moutons et chèvres) sont des ressources vitales. Au sud, on rencontre de vastes entreprises agricoles produisant principalement des bananes (exportation no 1), papayes, mangues, agrumes, coton, cacahuètes, canne à sucre, millet, maïs et sésame. Le Nord et le Nord-Est sont riches en myrrhe et en encens. Les cours d'eau sont très poissonneux. Principales industries: fabriques de sucre et textiles, fromagerie, conserves de poissons. Des recherches géologiques font espérer la présence de matières premières, telles que minerais de fer, gypse, béryl, mica etc. Depuis 1991, l'économie s'est effondrée, mis à part quelques exceptions régionales.

5.2. Situation de l'emploi

Actuellement, il est impossible de déterminer la situation de l'emploi, la structure économique de la Somalie s'étant entièrement effondrée. Nombre de personnes - surtout des jeunes gens - sont engagées dans les milices des clans en tant que "soldats".

5.3. Monnaie officielle

Dans la région du Somaliland, de nouveaux shillings ont été frappés (1 nouveau = 100 anciens) et ont cours.

1 shilling somalien (So.Sh.) = 100 cents

Il circule des billets de 5, 10, 20 et 100 shillings, ainsi que des pièces de 1, 5, 10, 50 cents et 1 shilling.

Taux de change (avril 1996): 1 US$ = env. 7'000 So.Sh. (il n'existe pas de cours du change officiel)

6. Mobilité

6.1. Moyens de communication

Les voyages à l'intérieur du pays ont généralement lieu par voie terrestre. Il n'existe pas de chemins de fer et le trafic aérien national est inexistant depuis 1991. Par ailleurs, les routes sont en très mauvais état et bien rares sont les tronçons asphaltés: 80 % du réseau routier consistent en des pistes de sable. Aussi les déplacements d'une certaine longueur sont-ils ardus. Pour parcourir les 300 km env. qui séparent Mogadiscio de Beledweyne (Belet Huen), il faut compter deux jours de voyage, à condition d'avoir un bon équipement.

Les ports de Mogadiscio (Kismayo et Berbera) servent principalement aux exportations vers les Etats du Golfe. La navigation n'est guère utilisée pour les voyages en Somalie, bien que ce pays possède une côte longue de plus de 3'000 km.

6.2. Papiers de voyage

Faute de gouvernement et de contrôles à la frontière, il n'est pas nécessaire pour le moment de posséder des papiers pour entrer en Somalie ou quitter le pays. Les représentations somaliennes à l'étranger continuent de délivrer sur demande des passeports. En outre, dans de nombreuses villes, hors de Somalie, fleurissent des marchés noirs où l'on peut acheter n'importe quel document somalien.

7. Gouvernement

7.1. Chef d'Etat

Aujourd'hui, il n'existe aucun chef d'Etat officiel; plusieurs chefs de clans se qualifient de "président": Ali Mahdi Mohammed (Abgal, sous-groupe du clan Hawiye), le Général Mohammed Farah Aidid (Habr Gedir, sous-groupe du clan Hawiye), Ibrahim Egal au "Somaliland" (Habr Awal, sous-groupe du clan Issaq).

7.2. Gouvernement national

Chacun des présidents a formé son propre "gouvernement", dont les compétences effectives ne sont valables que dans les limites du clan. Il n'existe pour le moment de gouvernement national qu'en Somaliland, qui se considère comme étant la "République du Somaliland".

8. Parlement

Il n'existe actuellement pas de parlement en Somalie.

9. Administration

Aujourd'hui, il n'y a qu'au nord-ouest de la Somalie, dans la République du Somaliland, qu'une administration fonctionne correctement. Dans les autres régions, les structures administratives sont inexistantes.

Avant que n'éclate la guerre civile, la Somalie était divisée en 16 régions et en 84 districts administratifs.

Les régions et leurs chefs-lieux sont les suivants:

Région: Chef-lieu:

Bakool Oddur (Hoddur, Xuddur)

Banaadir (Mogadiscio) Mogadischu (Mogadiscio, Muqdisho)

Bari Bender Cassim (Boosaaso)

Bay Baidoa (Baidoba, Baydhabo)

Galguduud (Galgadud) Dusa Marreb

Gedo Garbahaarrey

Hiiraan (Hiran) Beledweyne (Belet Huen)

Jubbada Dhexe (Middle Juba) Buaale (Bu'aale)

Jubbada Hoose (Lower Juba) Chisimayu (Kismayo)

Mudug Galcaio (Galkacyo)

Nugaal (Nugal) Garoowe (Garoe)

Sanaag Erigavo (Ceerigaabo)

Shabeellaha Dhexe (Middle Shabele) Giohar (Jowhar, Jawhar)

Shabeellaha Hoose (Lower Shabele) Merca (Marka)

Togdheer Burao (Burco)

Woqooyi Galbeed (West Galbeed) Hargeysa (Hargeisa)

En mars 1993, plusieurs milices décidèrent, lors d'une conférence de paix tenue à Addis Abeba (Ethiopie), de créer en Somalie une structure fédérale composée de 18 régions. La région de Woqooyi Galbeed et la région de Nugaal doivent être chacune divisée en deux régions distinctes: d'une part, la partie occidentale de la région de Woqooyi Galbeed constitue désormais la région de Awdal; d'autre part, la partie occidentale de la région de Nugaal, située dans le "Somaliland", formera la région de Sool.

10. Elections

Les dernières élections en Somalie ont été les présidentielles de décembre 1986; depuis, il n'y a plus eu d'élections dans ce pays.

11. Droit et système judiciaire

11.1. Droit

Il existe en Somalie deux systèmes juridiques parallèles: d'une part les lois constitutionnelles et d'autre part les principes généraux de l'Islam. Depuis l'éclatement de la guerre civile, le système judiciaire somalien s'est effondré et n'a pas été reconstruit depuis lors.

Un système judiciaire existe dans certaines régions, comme au Somaliland, où la Sharia a été introduite en juin 1991; les tribunaux y appliquent un mélange de droit coutumier, de droit islamique et d'ancien droit pénal en vigueur sous le régime de Barre.

Dans la région dirigée par le chef de clan Ali Mahdi Mohammed, au nord de Mogadiscio, des tribunaux islamiques rendent leurs jugements conformément à la Sharia depuis le mois d'août 1994.

On ne trouve de règles de procédure - comme la possibilité de recourir à un avocat ou celle de faire appel - ni dans la jurisprudence de droit coutumier ni dans les jugements rendus selon la Sharia.

11.2. Tribunaux ordinaires

A la fin du mois de septembre 1993, le Tribunal suprême de Mogadiscio reprit ses activités sous le patronage de l'ONU. On ne sait s'il fonctionne encore à l'heure actuelle. Pour le moment, il n'existe aucun autre tribunal civil légal; différents tribunaux islamiques sont en place au Somaliland et sur le territoire du chef de clan Ali Mahdi Mohammed.

11.3. Tribunaux extraordinaires

Actuellement, il n'y a pas de tribunaux extraordinaires en Somalie.

11.4. Tribunaux militaires

Actuellement, il n'y a pas de tribunaux militaires en Somalie.

12. Organes de sécurité et forces armées

12.1. Armée

Il n'existe aucune armée régulière actuellement en Somalie et, dès lors, pas de service militaire obligatoire.

12.2. Police et gendarmerie

La police régulière a disparu depuis le début de la guerre civile, en 1991, et n'a pas été reconstituée jusqu'ici, mises à part de rares exceptions: la mission de l'ONUSOM a en effet mis sur pied une police locale dans quelques communes.

12.3. Milices

Il existe de nombreuses milices claniques privées; presque chaque clan d'une certaine importance entretient sa milice.

12.4. Services secrets

Il se peut que l'ancien service de renseignements somalien, à l'instar d'autres autorités somaliennes, continue d'exercer des activités à l'étranger, mais on ne dispose à l'heure actuelle d'aucune information le confirmant.

13. Détention et exécution pénale

Il n'existe actuellement aucune police (à quelques exceptions locales près) qui sanctionnerait une violation des lois; les milices arrêtent les gens selon leur bon plaisir et prennent aussi en otage des collaborateurs étrangers d'organisations d'entraide. Dans la mesure où une "procédure judiciaire" a lieu après une arrestation, ce sont souvent les chefs de clan qui déterminent arbitrairement la sanction.

14. Situation générale des droits de l'homme

Après le départ des troupes de l'ONU en mars 1995, la plupart des parties du pays ont connu un calme relatif. Cependant, il n'a pas été possible de parvenir à un traité de paix entre les différents clans, si bien qu'il n'existe toujours pas d'institutions étatiques telles que la police, les tribunaux, l'armée ou l'administration. C'est le règne de l'anarchie, les différents clans occupant comme bon leur semble des fonctions gouvernementales et politiques.

Vers la fin de 1995, des combats répétés ont eu lieu à Mogadiscio, Baidoa et Hargeisa. Dans les régions en lutte, les innombrables violations des droits de l'homme restent à l'ordre du jour. Pillages, prises d'otage, arrestations arbitraires, viols, exécutions sommaires et autres violations des droits de l'homme sont légion. La plupart des droits de l'homme ne sont nullement garantis ou ne le sont que dans la mesure où le clan veut et peut assurer la protection de l'individu.

15. Mouvements politiques et religieux

– SDA, Somali Democratic Alliance. La SDA a été créée en novembre 1989 par des mouvements du clan Gadaboursi. Son dirigeant est Mohamed Farah Abdillahi. La SDA tente de s'implanter dans les environs de Boroma, Baidoa et Zeila (au nord du pays). Bien qu'étant des alliés traditionnels du clan Marehan de l'ancien président Barre, les Gadaboursi ont estimé préférable, après sa chute, de s'allier avec le clan Issac du SNM. La SDA n'a pas d'aile militaire à proprement parler, mais dispose d'une petite milice.

– SDM, Somali Democratic Movement. Le SDM est connu depuis le début de 1991. Le SDM se compose de paysans sédentaires du clan Rahenweyn et du clan Digil, qui se sont établis entre les fleuves Juba et Shebelle au sud-est du pays. Ces dernières années, le SDM était divisé en deux groupes: l'un, dirigé par Mohamed Nur Ali, s'était rallié au général Mohammed Farah Aidid, alors que l'autre soutenait Ali Mahdi. Maintenant, le SDM a à sa tête Mohamed Ali Hamad, dont on ne connaît la position vis-à-vis des deux grands chefs de milice.

– SNA, Somali National Alliance. La SNA a été créée au printemps 1992 suite à la fusion de quatre mouvements tous actifs dans les régions du sud et du centre de la Somalie: 'United Somali Congress' (USC / Fraction Aidid), 'Somali Patriotic Front' (SPF), 'Somali Democratic Movement' (SDM), 'Southern Somali National Movement' (SSNM). La SNA est dirigée par le Général Mohammed Farah Aidid, qui contrôle ainsi la majeure partie du sud de la Somalie.

– SNF, Somali National Front. Cette dénomination date de 1991 et désigne l'union des différents clans Darod (Dulbahante, Majeerteen, Mareehan, Ogaden, Warsangali) qui se sont battus contre les Hawiye de l'USC. Leur chef est le général Omar Haji Maselle, un ancien officier de l'armée de Siad Barre.

– SNM, Somali National Movement. Le SNM est issu du 'Somali Salvation Democratic Front' (SSDF). Le mouvement dont les membres appartiennent au clan Issac a été fondé à Londres en 1981. Mieux organisé que les autres partis, le SNM a bénéficié de l'appui du voisin éthiopien, parce que le SNM était dans l'opposition contre Siad Barre, mal-aimé en Ethiopie. Actuellement, le SNM jouit de l'appui de pays arabes tels que l'Arabie Saoudite ou les Emirats arabes et de la puissante diaspora Issac établie en Amérique du Nord et en Grande-Bretagne. Le SNM qui contrôle fermement le Nord du pays (l'ex-Somaliland britannique) a déclaré, le 18 mai 1991, l'instauration de la "République du Somaliland" et sa séparation du reste de la Somalie. Le SNM, qui est de tendance islamique-fondamentaliste, prône le non-alignement et la décentralisation du pouvoir étatique. Le président du SNM est Abdul Rahman Ahmed Ali "Tour" ("le bossu").

– SPF, Somali Patriotic Front. Ce front a été fondé en 1991 par le petit clan Mirifle au sud du pays. Le SPF veut se distinguer du clan Ogaden du 'Somali Patriotic Movement' (SPM). Le SPF aurait des positions proches de celles du 'Somali National Movement' (SNM). Le SPF participe à la 'Somali National Alliance' (SNA) du général Mohammed Farah Aidid.

– SPM, Somali Patriotic Movement. Le SPM a été créé en août 1989. Il concentre ses activités au sud du pays (autour de la ville de Kismayo) et est dominé par le clan Ogaden. Le SPM est divisé en deux fractions: l'une, dirigée par le colonel Ahmed Omar Jess, a conclu une alliance avec la 'Somali National Alliance' (SNA) du général Mohammed Farah Aidid, tandis que l'autre - du sous-clan Ogaden Awlihan -, avec à sa tête le général Aden Abdullahi Nur Gabiyo, s'est associée à la 'Somali Salvation Alliance' (SSA) d'Ali Mahdi Mohammed.

– SSA, Somalia Salvation Alliance. La SSA, dirigée par Ali Mahdi Mohammed, a été créée en novembre 1993. La SSA porte également le nom de "Groupe des 12" parce que celui-ci rassemble douze partis différents. Ledit groupe contrôle la partie septentrionale de Mogadiscio et se bat avec l''Alliance Nationale Somalienne' (SNA) du Général Mohammed Farah Aidid pour le contrôle de Mogadiscio.

– SSDF, Somali Salvation Democratic Front. Le SSDF, fondé en 1981 comme coalition du 'Somali Salvation Front' (SSF), 'Somali Workers' Party' (SWP) et du 'Democratic Front for the Liberation of Somalia' (DFLS), opère depuis 1991 à partir du territoire de l'Ethiopie avec l'aide de l'Ethiopie, de la Libye et de la république populaire du Yémen. Ce sont surtout des membres du Majerteen-Clan (Darod) qui font parti du SSDF, sous la direction politique de Mohammed Abshir. Le SSDF contrôle le nord-est du pays. Le chef militaire du SSDF, le colonel Abdullahi Yussuf, s'est rallié au général Mohammed Farah Aidid.

– SSNM, Somali Salvation Nationale Movement. Cette milice du clan Dir, dirigée par le colonel Abdi Warsame, était à l'origine membre de la SNA du général Mohammed Farah Aidid; elle a ensuite rejoint les rangs de la 'Somali Salvation Alliance' (SSA) d'Ali Mahdi Mohammed, parce que le général Aidid menait un combat armé contre les troupes de l'ONUSOM.

– USC, United Somali Congress. L'USC a été créé en 1989. L'USC représente exclusivement les intérêts du clan Hawiye et concentre ses activités dans le centre du pays, surtout dans la région de Mogadiscio. Hussain Ali Shidow est le président 'ad interim' de l'USC. Ali Mahdi Mohammed, l'ancien président du Comité exécutif de l'USC, a été élu à la présidence de la Somalie le 29 janvier 1991. L'USC est partagé depuis 1991 en deux fractions qui se combattent violemment. Le président somalien actuel, Ali Mahdi, fait partie du clan Abgal, alors que le général Mohammed Farah Aidid se rattache au clan Habar-Gedir, les deux étant des sous-clans du clan Hawiye.

– USF, United Somali Front. L'USF a été fondé en 1989 sous le nom de 'National United Front of Somalia' (NUFS) par des membres du petit clan Issa qui ont quitté le 'Somali National Movement' (SNM). Les Issa, qui occupent des positions importantes à Djibouti (pays voisin de la Somalie) ont soutenu cette séparation du SNM. L'USF est dirigé par Abdul Rahman Duale Ali. L'USF est activement présent sur le territoire de la République autoproclamée du Somaliland dans la région Awdal.

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