Last Updated: Friday, 19 December 2014, 13:25 GMT

Soudan - Feuilles d'information sur les pays

Publisher Switzerland: Federal Office for Migration
Publication Date 1 July 1994
Cite as Switzerland: Federal Office for Migration, Soudan - Feuilles d'information sur les pays, 1 July 1994, available at: http://www.refworld.org/docid/4670e7da2.html [accessed 20 December 2014]
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1. Constitution

1.1. Dénomination officielle de l'Etat

République démocratique du Soudan

Jamhuriyat As-Sudan

1.2. Forme de l'Etat

Après le coup d'Etat militaire du 30 juin 1989 par le Lieut.-Général Omar Hassan Ahmad Al-Bashir, la Constitution de transition de 1985 a été suspendue. Formellement, le Soudan reste une République qui, depuis mai 1991, possède une structure fédéraliste.

2. Situation sociale et culturelle

2.1. Population

Habitants: 27,4 mio. (estimation de 1993)

Villes: capital: Khartoum (500'000). Khartoum forme, avec les deux villes Omdurman (500'000) et Khartoum Bahri (340'000), un grand centre où vit une population estimée à environ 3 millions de personnes, donc le double de beaucoup d'indications officielles. D'autres grandes villes: Port Soudan (210'000), Wad Medani (140'000), El Obeid (140'000)

Structure de la population: plus de 45% sont plus jeunes que 15 ans

Espérance de vie: 49 ans

Analphabètes: 73%

Ethnies: 19 ethnies avec 597 sous-groupes: arabes 40%, Nubiens 10%, Béjas 7%, Soudanais du Sud 30%, parmi lesquels des Nilotes (Nuer, Dinka, Schilluki, Jur, Annak; tous éleveurs de bétail), des Nilohamites nomades et des Soudanides (Azande, Moru; principalement des agriculteurs), des Africains noirs soudanais (Fur, Nuba).

2.2. Langue

L'arabe est la langue officielle. La plus importante langue commerciale est l'anglais. Plusieurs peuples parlent leur propre langue, par exemple: Bari, Dinka, Kreish, Latuka, Moru, Ndogo, Nuer, Shilluk, Zande.

2.3. Religion

L'Islam est la religion officielle, à laquelle fait partie environ 80% de la population. Les musulmans, vivant en majorité au Nord, sont organisés de manière poussée dans différentes sectes (Tariqas). Les plus connues sont celles de Khatmyia, qui a son centre à Kassala, de Ansar et les Frères musulmans. Au Nord, il y a une minorité de coptes et de chrétiens de culte grec-orthodoxe (avant tout des Nubiens). Au Sud, vivent avant tout des chrétiens et des partisans de religions naturelles.

2.4. Système éducatif

La fréquentation de l'école est gratuite au Soudan. Depuis environ 1991, l'arabe est devenue dans toutes les écoles la langue d'enseignement. Les enfants de 7 à 12 ans vont à l'école primaire, puis les enfants de 13 à 15 ans suivent pendant trois ans l'école secondaire (intermediate ou Junior secondary). Après cela, on peut effectuer trois ou quatre ans de collège (Secondary ou Senior Secondary). Au collège, trois directions sont alors possibles; le collège habituel, le collège pour une formation professionnelle et enfin, le collège pour une formation d'enseignant. Alors qu'environ 40% à 60% des enfants fréquentent l'école primaire, seul 20% environ suivent l'école secondaire. A la campagne, ils sont beaucoup moins nombreux que ci-dessus, alors qu'en ville, la fréquentation de l'école est devenue monnaie courante. Celui qui a terminé l'école secondaire avec une moyenne suffisante à l'examen final (Sudan Higher School Certificate) a le droit de fréquenter une université. Il existe cinq universités: à Khartoum, à Juba, à Gezira, à Wadi Medani et enfin l'université islamiste de Omdurman. D'autres universités sont prévues dans les régions du Haut-Nil et de Bahr Al-Ghazal.

2.5. Infrastructure médicale

L'approvisionnement médical de base est considérablement compromis par une guerre civile continuelle. L'insuffisance d'hygiène et l'absence d'approvisionnement alimentaire sont surtout répandues à la campagne. En dehors de la ville, on trouve à peine de l'eau potable et les installations sanitaires sont quasi inexistantes. Au Sud, le choléra et les épidémies de méningite font régulièrement de nombreuses victimes. La malaria est également très répandue.

De plus, il y a une pénurie aiguë de médecins, particulièrement marquante dans la région de Darfur où, par exemple, en 1984 (pas de nouveaux chiffres disponibles), on comptait un dentiste pour 3 millions d'habitants.

3. Médias

La liberté de la presse est très limitée au Soudan. Depuis le coup d'Etat de 1989, il n'existe plus que des journaux gouvernementaux. Un organe de censure (Censor Board) contrôle entièrement les journaux nationaux, les revues, ainsi que les émissions de radio et de télévision. Les publications étrangères passent également sous le coup de la censure. En juin 1993, le gouvernement a annoncé que désormais les journaux indépendants seront aussi autorisés. Dès lors, quelques nouveaux journaux sont apparus au Soudan, par exemple Al-Sudani Al-Doulia qui était auparavant produit à Beyrouth. Ces journaux indépendants sont néanmoins rigoureusement surveillés, pour preuve, un nouveau journal (Al-Sudani International) a déjà été interdit de parution.

Quotidiens:

– Al-Engaz Al-Watan, Khartoum

– As-Sudan Al-Hadeeth, Khartoum

– Al-Sudani Al-Doulia, Khartoum (interdit en avril 1994)

Revues:

– Al-Guwwat Al-Musallaha (l'armée), Khartoum, hebdomadaire, Arabe

Agences de presse:

– Sudan News Agency (SUNA)

– Khartoum Sudanese Press Agency

Radio:

– Sudan Broadcasting Service, Omdurman, Amharic, Arabe, Anglais, Français, Somali, Tigrinya

Télévision:

– Sudan National Television Corporation, Omdurman, émet 60 heures par semaine.

4. Economie

4.1. Economie politique

Le Soudan possède principalement une économie agricole, même si seulement une très petite partie de la terre fertile est cultivée. Environ 60% de la population active est employée dans l'agriculture, dont la plupart d'entre elle produit exclusivement pour leurs propres besoins. Les produits agricoles représentent environ 95% des exportations totales, dont 40% provenant du coton brut et 20% environ provenant de la gomme arabique.

A la fin des années 70, des gisements de pétrole furent découverts dans la région sud de Kordofan. Cependant, toutes extractions de pétrole ont été suspendues depuis le commencement de la guerre civile. En février 1992, l'International Petroleum Corporation canadienne (IPC) reçut la permission d'extraire le pétrole de la mer Rouge à Halaib-Dreieck, ce qui provoqua un conflit diplomatique avec l'Egypte.

L'économie soudanaise est dans un état extrêmement précaire. Sécheresse, guerre civile, importante dette extérieure, déficit économique, une inflation estimée actuellement à environ 200% a incité le FMI à déclarer le Soudan une Non Cooperative Member. A cela s'ajoute que, lors de la guerre du Golfe, le Soudan a pris une attitude pro-irakienne, si bien que beaucoup de bailleurs de fonds internationaux ne lui ont octroyé aucun crédit.

Quant à la situation de l'emploi au Soudan, il n'y a, à ce jour, aucun chiffre fiable; mais dans la moitié des années 80, il y avait environ 12% de chômeurs. Beaucoup de Soudanais travaillent dans les Etats du Golfe. Afin de stopper un peu l'augmentation des prix, le salaire minimum a été majoré de 1'500 livres soudanaises (env. 70 CHF) en 1992.

4.2. Monnaie officielle

La monnaie est la Livre Soudanaise (£S), aussi appelée "Gineh". Une £S est subdivisée en 100 Piaster ou "Kurusch". Il y a des pièces de 1, 2, 5, 10 et de 50 Piaster, ainsi que des billets de 25 et de 50 Piaster et de 1, 5, 10, 20, 50 et 100 £S. En mai 1992, la Livre Soudanaise a été remplacée par le Dinar Soudanais (10 £S = 1 DS). La Livre Soudanaise reste néanmoins jusqu'à présent le moyen de paiement usuel. En mai 1994, le cours des devises valait:

1 CHF = 218.34 £S (1 CHF = 21.834 DS)
100 £S = 0.458 CHF (100 DS = 4.58 CHF)

5. Mobilité

5.1. Moyens de communication

Le moyen le plus agréable pour se déplacer à l'intérieur du Soudan est l'avion. Sudan Air dessert depuis Khartoum plusieurs villes comme Wadi Halfa, Karima, El Obeid, Nyala, El Fasher et Juba au moyen d'avions à hélices comprenant douze places. En outre, il y a encore une quantité d'autres aérodromes et pistes d'atterrissage.

Le Soudan dispose d'un réseau ferroviaire, lequel part de Khartoum à destination directe des villes de Nyala (Darfur), de Wau (Bahr Al-Ghazal), de Er Roseires (Nil Bleu), de Port Soudan (Mer Rouge) et de Wadi Halfa (Nord). En 1992, la course Khartoum-Wadi Halfa (env. 800 km), en 2ème classe, coûte encore 90 £S (= 1 CHF); le voyage dure entre deux et 5 jours; le train circule quelques rares fois par mois.

Les grandes villes, situées le long des routes goudronnées, sont aussi reliées par bus et par camions. Alors que les bus ont encore un confort acceptable, on prend cependant place à l'arrière des camions Bedford (lorries).

5.2. Papiers de voyage

En principe, tout le monde peut se déplacer librement à l'intérieur du Soudan. Malgré l'absence de routes autour de Khartoum, de nombreux contrôles de la circulation, où la police cherche des marchandises interdites et des personnes recherchées, sont effectués. Tout le monde doit porter sur lui sa carte d'identité. A Khartoum, un couvre-feu avait été mis en place du 1er novembre 1989 jusqu'au 30 octobre 1993, pour la période de 24.00 à 4.00 heures.

Pour un départ légal à l'étranger, un Soudanais doit faire une demande pour obtenir un passeport et un visa de sortie. Après avoir reçu cela, il a encore besoin d'une carte de nationalité (avec une couverture de tissu vert) qui, en plus, n'est obtenue qu'avec l'aide d'un certificat d'intégrité (semblable au certificat de bonne vie et moeurs en CH).

Le visa de sortie est délivré par le Ministère des Affaires Intérieures (bureau pour passeports, immigration et nationalité). Un visa de sortie est, en règle générale, approuvé par le Service de Sécurité.

6. Gouvernement

6.1. Chef d'Etat

Le président de la République et le chef du Gouvernement est le Lieut.-Général Omar Hassan Ahmad Al-Bashir, qui, depuis le 16.10.1993, est l'unique Chef d'Etat.

6.2. Gouvernement national

Les neuf membres du Conseil de commandement révolutionnaire du salut national (CCRSN), Revolutionary Command Council for National Salvation (RCC), ont régi le pays depuis le coup d'Etat militaire du 30 juin 1989 jusqu'au 16 octobre 1993, sous la présidence du Lieut.-Général Omar Hassan Ahmad Al-Bashir. Le RCC exerça le pouvoir législatif et exécutif. Depuis le 16 octobre 1993, tous les pouvoirs du RCC ont été transférés au président Al-Bashir.

7. Parlement

Après le coup d'Etat du 30 juin 1989, le parlement a été dissous. En février 1992, le président Al-Bashir a mis en place un parlement de transition (National Assembly) avec 300 membres personnellement choisis par lui-même, lesquels doivent préparer les élections législatives prévues pour juin 1994. Le parlement de transition a un droit de veto pour toutes les lois adoptées par le RCC.

8. Administration

En mars 1991, une structure fédéraliste a été établie au Soudan, avec neuf états fédéraux (régions), 66 provinces et 281 communes.

Nord (Ash Shamaliyah)
Est (Ash Sharqi)
Khartoum
Darfur
Kordofan
Central (Al Awsat)
Bahr Al-Ghazal
Haut Nil (A'Ali An Nil)
Equatoria (Al Istiwaiya)

En février 1994, dix-sept nouvelles régions ont été créées, lesquelles correspondent largement à la répartition habituelle des régions existantes. Ce qui est nouveau, c'est que ces régions possèdent formellement leur propre gouvernement régional. Les 26 régions sont:

Al Gezira
Al Qadarif
Al Buhayrat
Bahr Al Jabal
Blue Nil
Est Equatoria
Haut Nil
Jonglei
Kassala
Khartoum
Nil
Nord
Nord Bahr Al Ghazal
Nord Darfur
Nord Kordofan
Ouest Bahr Al Ghazal
Ouest Darfur
Ouest Equatoria
Ouest Kordofan
Red Sea
Sinnar
Sud Darfur
Sud Kordofan
Unity
Warab
White Nil

Les frontières de ces régions étant inconnues, une carte n'est pas reproduite ici pour le moment.

9. Elections

Il n'y a actuellement pas d'organes étatiques choisis par des élections générales.

Les dernières élections parlementaires ont eu lieu en avril 1986, mais elles n'ont pas pu être effectuées dans les régions du Sud à cause de la guerre civile. Lors de ces élections, le parti Umma de Sadiq Al-Mahdi a gagné 99 sièges, le DUP de Osman Al-Mirghani 63 sièges et le NIF de Hassan Al-Turabi 52 sièges. La coalition Umma-DUP a ainsi obtenu la majorité de 162 sur le total de 264 sièges. Ce parlement a été dissous lors du coup d'Etat du 30 juin 1989.

10. Système judiciaire

La Sharia:

L'article 9 de la Constitution de 1973 désigne la Sharia et le droit coutumier comme sources principales de la législation. Jusqu'en 1983, le droit civil était essentiellement basé sur le système juridique anglais, excepté le droit matrimonial et le droit de succession.

En 1983, suite à la pression croissante des groupes islamistes comme les Frères musulmans, le président Numeiri a décrété le remplacement de toutes les lois en vigueur par la Sharia (lois de septembre). De plus, il nomma de nouveaux juges, parmi lesquels de nombreux appartenaient aux Frères musulmans.

Après la chute du président Numeiri en 1985, la Sharia devait être de nouveau abrogée. Une suppression définitive de la Sharia a été empêchée lors du nouveau coup d'Etat de juin 1989. Depuis, la Sharia a été réintroduite et depuis mars 1991, elle est codifiée dans une nouvelle loi pénale. Cette loi pénale est également valable pour le Soudan du Sud où la nouvelle loi, comme celle de septembre 1983, rencontre une forte opposition et par conséquent y attise le conflit.

Tribunaux de droit commun:

La juridiction de droit commun est divisée en quatre degrés. Les juges sont nommés par le président de la République sur propositions du juge suprême. Le juge suprême peut mettre en place des tribunaux extraordinaires et peut aussi donner des instructions aux tribunaux de droit commun.

– Première instance: Les District Courts, compétentes pour des petits délits et pour des cas de droit civil, et les Magistrate Court, compétentes pour des cas mineurs de droit pénal, constituent la première instance.

– Deuxième instance: Une General Court prend une décision lors d'un appel contre un jugement de première instance. Elle est, pour sa part, la première instance pour des délits graves, tels que meurtre, attaque à main armée et adultère. Le président d'une General Court est un juge de province.

– Troisième instance: Contre le jugement d'une General Court, on peut faire appel auprès de la Court of Appeal de l'Etat fédéral en question. Il existe neuf Court of Appeal.

– Quatrième et dernière instance: La Supreme Court fait office de dernière instance d'appel, laquelle est constituée de 35 juges hommes, dont deux chrétiens. Le tribunal suprême peut aussi juger en première instance, quand il le trouve nécessaire.

Tribunaux extraordinaires:

– Price and Public Order Courts (= Special Security Courts): Les Price and Public Order Courts ont remplacé les tribunaux de défense de la Révolution (Mahâkim Al-Amn At-thawrîya) de 1989 et ont été créées conformément à la Special Courts Act de 1989. Elles sont composées de trois personnes dont la plupart sont des officiers ou des personnes aussi "compétentes" qu'eux. Celles-ci ont été, pour la plupart, recrutées dans les rangs des partisans du Front National Islamique (FNI). Ces tribunaux jugent les délits commis contre des décrets, des mesures d'état d'urgence et en partie contre des lois pénales (comme par exemple, des délits de drogue ou des infractions au contrôle des changes). Ces tribunaux sont réputés pour leurs lourdes peines. Les peines sont tout de suite exécutées, à l'exception de la peine de mort qui doit d'abord être approuvée par le juge suprême (Jallal Ali Lufti) et par le président de la République (Omar Hassan Al-Bashir).

– Town and Rural Courts: Les Town and Rural Courts sont composées conformément au Civil Transaction Act de 1983. Dans ces tribunaux, une personnalité réputée - un chef de tribu ou un scheik - juge des affaires civiles et pénales de droit coutumier.

– Military Courts: Les Military Courts jugent, à huis clos, les délits des membres de l'armée.

11. Organes de sécurité et forces armées

Armee:

Au Soudan, il existe, selon La loi nationale sur le service de 1992, une obligation de servir pour tous les hommes et femmes de 18 à 33 ans. Le service national peut s'effectuer sous différentes formes. Toutes les personnes astreintes au service national peuvent le faire dans différents secteurs: armée, police, services d'ordre, administration ou dans des projets de développement. Ce service dure 24 mois, sauf pour les étudiants (12 mois) et pour les élèves ayant un Sudan Higher School Certificate (18 mois). Les membres de l'armée (professionnelle), de la police et des services d'ordre sont exemptés du service national. Les étudiants, les pères de famille, ainsi que les fonctionnaires importants peuvent bénéficier d'une suspension temporaire de l'obligation de servir.

L'exécution de cette loi est très lacunaire. Par exemple, en 1992, les personnes nées entre 1964 et 1972 étaient appelées par l'intermédiaire de la radio ou par la télévision à se présenter pour le recrutement. Cependant, peu de gens ont donné suite à cette convocation. Celui qui se soustrait à l'obligation de servir peut encourir une peine allant de 2 à 3 ans de prison. A ce jour, on ignore si des procès contre des objecteurs, d'ailleurs nombreux, ont bien eu lieu.

Popular Defence Force (PDF):

La PDF a été fondée selon le Popular Defence Force Act de novembre 1989. C'est une milice d'état composée principalement d'adhérents au FNI. En plus, les membres des milices de certaines tribus (par exemple, les Misseria, les Fertit, les Taposa, les Ruzeigat) qui luttent contre la SPLA - laquelle est dominée par les Dinka - font aussi partie des PDF.

Les étudiants et les fonctionnaires d'Etat - femmes comme hommes - ont l'obligation de se soumettre à une formation d'une durée de trois mois au sein de la PDF. La PDF mène une guerre sainte au Soudan du Sud où elle soutient officiellement les forces de l'armée. Selon des rapports non confirmés, la PDF surveille les opposants à l'intérieur de l'armée. La coopération de l'armée avec la PDF est plutôt difficile, étant donné que les membres de la PDF sont souvent militairement mal instruits, ainsi qu'en raison de la méfiance des officiers de l'armée.

Police:

La police régulière exerce beaucoup de fonctions spéciales comme par exemple, la surveillance des prisons ou la protection de propriétés.

Police populaire:

La police populaire (People's Police Force, PPF) a été fondée en octobre 1992, parce que la police régulière n'arrivait plus à assumer pleinement ses fonctions. La police populaire assiste la police et de plus surveille le respect des directives islamiques liées au comportement. Les membres du parti fondamentaliste islamique FNI sont désignés comme chefs du PPF. La PPF est autorisée à arrêter des personnes, ainsi qu'à mener des enquêtes.

12. Situation générale des droits de l'homme

Guerre civile

La guerre civile - qui oppose les troupes gouvernementales du Nord musulman aux différentes fractions de Sudanese People's Liberation Army (SPLA) du Sud à majorité chrétienne - ravage le pays depuis l'introduction de la Sharia, en 1983, par le président Numeiri. En 1983, environ 7 millions de personnes habitaient au Soudan du Sud, les nouveaux chiffres ne sont pas connus à cause, notamment, du grand nombre de personnes déplacées et en fuite. Plus de 5 millions de la population ont dû quitter leur patrie selon les indications de l'ONU. Parmi ces personnes, 500'000 se trouvent dans des pays voisins, mais la majorité d'entre elles - environ 3 millions - a été contrainte de se déplacer au Nord dans des camps de réfugiés, où elles vivent dans des conditions lamentables.

La guerre civile soudanaise comporte plusieurs aspects: ce n'est pas seulement une guerre menée en raison de l'introduction de la Sharia, mais aussi une guerre entre différents groupes linguistiques, une lutte des provinces du Sud pour l'autonomie promise, une guerre pour le maintien des nombreuses cultures d'ethnies nilotiques sud-soudanaises et enfin, une guerre pour le contrôle des territoires fertiles du Haut-Nil, où les vallées sont régulièrement inondées et où se trouvent différentes matières premières.

De nombreuses violations des droits de l'homme sont commises à cause de cette guerre civile. Les personnes déplacées du Sud sont victimes de divers préjudices. Selon les estimations de Africa Watch, les habitations de 500'000 personnes venant pour la plupart du Sud ont été détruites en 1992. Ces personnes ont été installées dans des camps de réfugiés, en dehors des villes. En outre, selon le droit pénal soudanais, ces Sud-Soudanais non musulmans peuvent subir des peines plus élevées que leurs compatriotes musulmans. En règle générale, il y a une pression d'islamisation qui s'exprime, par exemple, par l'empêchement des activités religieuses et par la défavorisation économique des non-musulmans.

De graves violations des droits de l'homme, appelées "purification ethnique" par Amnesty International, ont été commises ces derniers mois dans les zones de guerre. Le peuple des Nuba - environ 1 million de personnes vivant dans les montagnes Nuba de la province du Kordofan du Sud - a été chassé de son territoire par l'armée, par les milices paramilitaires (PDF), ainsi que par la SPLA. Les violations des droits de l'homme sont attribuées à toutes les parties du conflit. La ville Juba, au Soudan du Sud, par exemple, a été sérieusement détruite lors d'une attaque de la SPLA en juin 1992. Pendant ces combats, plusieurs centaines de civils ont été tués.

Répression de l'opposition

Le gouvernement soudanais a commis, en dehors de la guerre civile, de nombreuses violations des droits de l'homme. La répression touche principalement les intellectuels, les étudiants, les partisans de partis (depuis le coup d'Etat du 30 juin 1989, tous les partis sont interdits), les journalistes, les membres des ethnies Dinka, Fur, Nuba, ainsi que les soi-disant adhérents de la SPLA.

La loi pénale soudanaise ne connaît ni règlements en ce qui concerne les durées de détention, ni conditions formelles pour une détention préventive. C'est pourquoi, les arrestations sans justification et les emprisonnements sans accusation sont très fréquents. Ainsi, beaucoup de personnes disparaissent dans des centres de détention secrets (Ghost Houses), dont l'existence est niée par le gouvernement. Lors de ces détentions, le recours aux tortures et aux mauvais traitements est courant. Ces derniers mois, des politiciens connus (l'ancien premier ministre et le chef du parti Umma, Sadiq Al-Mahdi), ainsi que d'autres personnalités (par exemple, le pasteur D. Tombe) ont également été victimes de telles arrestations arbitraires comme beaucoup d'autres personnes, dont les noms ne sont pas connus.

Tous les partis sont interdits et tous les domaines publics sont sous le contrôle du gouvernement et sous celui de leurs partisans, proches du FNI. Dans toute l'administration, un grand nombre d'anciens hauts fonctionnaires ont été remplacés par des partisans du FNI. On ne trouve plus d'opposants parmi les juges, puisque tous les juges du pays ont été désignés par le gouvernement. La tendance est également pareille dans les écoles et dans les universités, où des personnes fidèles au FNI ont été choisies comme maîtres et comme professeurs. Toute critique envers le gouvernement - aussi en étant à l'étranger - sera rigoureusement enregistrée et réprimée. Il n'existe pas de presse libre soudanaise et toutes les publications étrangères passent devant la censure avant leur vente. Seules les manifestations autorisées par le gouvernement sont permises. Lorsqu'elles ont eu lieu sans l'accord des autorités, les forces de sécurité sont intervenues avec une extrême dureté.

13. Mouvements politiques et religieux

Depuis le coup d'Etat militaire du 30 juin 1989, tous les partis sont interdits. Les plus importants partis avant cette interdiction étaient:

– CPS, Communist Party of Sudan (Al-Hizb Al-Shu'yu'i Al-Sudani). Le CPS remonte au mouvement communiste Sudan Movement for National Liberation, qui avait été fondé en 1946. Le CPS est constitué principalement de partisans parmi les intellectuels, les étudiants, les syndicats ouvriers, ainsi que parmi les cheminots. Après la tentative du coup d'Etat de 1971, le CPS a été interdit et leurs membres ont été réprimés sous le régime Numeiri.

– DUP, Democratic Unionist Party (Al-Hizb Al-Dimuqratiyah Al-Ittihadi). A la fin des années 60, le DUP a été fondé par la fusion du National Union Party (NUP) et du People's Democratic Party (PDP). Le DUP a trouvé ses partisans auprès des membres de la secte islamique Khatmiya. Le chef du DUP est traditionnellement une personne de la famille Mirghani comme le chef actuel, Mohammed Osman Al-Mirghani.

– Les Frères musulmans, (Ikhwan Al-Muslimin). Les Frères musulmans ont été fondés en Egypte en 1928 et ont ouvert un parti similaire au Soudan en 1950. Les Frères musulmans sont une organisation fondamentaliste islamiste, laquelle revendique la création d'un état islamique. Leur ancien dirigeant, Hassan Al-Turabi, a été emprisonné sans procédure de 1969 à 1977. Après sa libération en 1979, il a été nommé procureur général. Les Frères musulmans ont soutenu fortement l'introduction de la Sharia en septembre 1983. Aujourd'hui, les Frères musulmans sont dirigés par Habir Nur Ad-Din.

– FNI, Front National Islamique (Al-Jabha Al-Islâmiya Al-Qawmîya). Le Front National Fondamentaliste Islamique FNI est né au Caire (Egypte) dans les années 40, parmi les Frères musulmans. Le FNI a été fondé en 1985 par Hassan Al-Turabi, qui, plus tard, a été aussi ministre de la justice et de l'extérieur dans le gouvernement de son beau-frère, Sadiq Al-Mahdi. Depuis le coup d'Etat de juin 1989, le FNI a trouvé ses partisans dans de nombreux postes importants du gouvernement. Ainsi, les ministres de l'intérieur, de la justice et de la présidence sont des partisans du FNI. De plus, la Popular Defence Forces (PDF) a aussi été formée par le FNI.

De même, beaucoup de juges et de professeurs d'université sont membres du FNI. Plusieurs observateurs racontent que ce n'est pas le président, Omar Hassan Al-Bashir, qui régit le pays mais le dirigeant du FNI, Hassan Al-Turabi, même si celui-ci n'occupe aucun poste dans l'administration publique.

– SPLM/SPLA, Sudanese People's Liberation Movement / Sudanese People's Liberation Army. Le SPLM/SPLA a été fondé directement après l'introduction des lois de septembre, soit en 1983. Le SPLM est l'aile politique et la SPLA, sous la direction de John Garang, est l'aile militaire de l'organisation. Le SPLM/SPLA lutte pour une autonomie du Soudan du Sud, soit l'Etat fédéraliste de Bahr Al-Ghazal, le Haut-Nil et Equatoria. Depuis août 1991, la SPLA a été divisée en deux fractions: la fraction Torit de John Garang, qui est principalement composée de Dinka et la fraction Nasir de Riak Machar et de Lam Akol, qui est principalement composée de Nuer.

– SSU, Sudan Socialist Union (Al-Ittihad Al-Ishtiraki Al-Sudani). La SSU a été fondée après une tentative de coup d'Etat des forces communistes. La Constitution de 1973 déclare la SSU comme l'unique parti légal, jusqu'à qu'il soit interdit par le conseil militaire en avril 1985.

– Umma. Le parti Umma est associé avec l'unique parti démocratique (DUP), le plus important parti du Soudan (avant le coup d'Etat militaire de juin 1989). Leur président, Sadiq Al-Mahdi, a été président du Conseil des ministres de 1986 à 1989. Le parti Umma est l'organe politique de la secte Ansar, qui est une secte conservatrice et islamique, composée principalement de nomades du centre du Soudan. Depuis le coup d'Etat de juin 1989, des membres du parti Umma sont toujours emprisonnés, de même que Sadiq Al-Mahdi qui a été arrêté en mars 1993. La secte Ansar soutient les rebelles du SPLA, bien qu'ils poursuivent des objectifs opposés. Pendant que la SPLA est principalement soutenue par les Chrétiens dans la lutte contre l'introduction de la Sharia dans le Soudan du Sud, la secte Ansar essaie d'empêcher, à travers une "guerre sainte", la dissolution de la Sharia.

Des petits partis connus étaient: Baath, Beja Congress, National Alliance for Salvation, National Congress Party, National Unionist Party (NUP), People's Progressive Party, Southern Sudanese Political Association (SSPA), Sudan African National Union (SANU), Sudan African People's Congress (SAPCO), Sudan National Party (SNP), Sudanese African Congress (SAC) et Sudanese People's Federal Party (SPFP).

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