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Zimbabwe : information sur les activités de la milice de jeunes, y compris celles du Service pour la jeunesse nationale (National Youth Service - NYS) et des Green Bombers; les programmes de formation et les incidents de violence depuis février 2009; information indiquant si la milice de jeunes prend pour cible les partisans du Mouvement pour le changement démocratique (Movement for Democratic Change - MDC)

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Publication Date 17 May 2011
Citation / Document Symbol ZWE103749.EF
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Zimbabwe : information sur les activités de la milice de jeunes, y compris celles du Service pour la jeunesse nationale (National Youth Service - NYS) et des Green Bombers; les programmes de formation et les incidents de violence depuis février 2009; information indiquant si la milice de jeunes prend pour cible les partisans du Mouvement pour le changement démocratique (Movement for Democratic Change - MDC), 17 May 2011, ZWE103749.EF, available at: http://www.refworld.org/docid/4e4a345c2.html [accessed 28 November 2014]
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Programme de formation du Service pour la jeunesse nationale

D'après les Country Reports on Human Rights Practices for 2010 publiés par les États-Unis, dans le cadre du programme de formation du Service pour la jeunesse nationale (National Youth Service - NYS), qui a été mis sur pied en 2000 et suspendu en 2007, environ 80 000 jeunes du NYS ont été formés dans plus de 150 camps au pays afin de devenir membres de la milice (8 avr. 2011, 60). Selon Terence M. Mashingaidze, qui a collaboré aux travaux d'une conférence de l'Initiative pour la sécurité humaine en Afrique (Africa Human Security Initiative - AHSI) tenue en 2008, les centres de formation du NYS ont été mis sur pied en 2001 (sept. 2010, 127). Le premier centre était l'Institut de formation Border Gezi à Mount Darwin; deux autres centres sont également [traduction] « tristement célèbres », soit celui de Guyu, dans la province des Midlands, et celui de Mshagashe, dans la province du Matabeleland Sud (Mashingaidze sept. 2010, 127). M. Mashingaidze soutient que le programme de formation du NYS [traduction] « visait à augmenter la source d'influence de l'[Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique (Zimbabwe African National Union - Patriotic Front - ZANU-PF)] chez les jeunes » (ibid., 131). On souligne également dans les Country Reports des États-Unis que les jeunes formés dans le cadre de ce programme, dont certains [traduction] « n'avaient que 16 ans », ont rejoint les rangs des milices de jeunes affiliées au ZANU-PF (8 avr. 2011, 61). Le gouvernement a utilisé ces milices de jeunes pour commettre des actes de violence politique, notamment pendant la période électorale de 2008 (É.-U. 8 avr. 2011, 61). M. Mashingaidze fournit des renseignements similaires, soulignant que [traduction] « les groupes de jeunes paramilitaires du ZANU-PF [ont été] organisés par l'entremise du programme de formation du NYS » (sept. 2010, 129). Des diplômés du programme de formation du NYS ont également été embauchés au sein du gouvernement et des [traduction] « organes de sécurité », comme l'armée, la police, les prisons et les services du renseignement (É.-U. 8 avr. 2011, 60-61). D'après le site d'information Zim Diaspora, les diplômés du programme de formation du NYS ont été [traduction] « favorisés [lors d'une] opération de recrutement de masse » menée par l'armée en 2009 (25 févr. 2009). Au cours d'un entretien téléphonique avec la Direction des recherches le 28 avril 2011, un chargé de cours à l'Université d'État des Midlands, au Zimbabwe, a souligné que des membres du NYS avaient été officieusement admis dans la fonction publique.

Des médias signalent que, dans un document appelé National Youth Service Training Programme in Zimbabwe, le ministère du Développement des jeunes, de l'Indigénisation et de l'Emploi (Ministry of Youth Development, Indigenization and Empowerment) a proposé de faire renaître le NYS et de former environ 300 000 jeunes par année (Zimbabwe Independent 18 févr. 2011; Sunday Times 15 janv. 2011). Le Zimbabwe Independent, journal d'Harare, explique dans un article paru le 18 février 2011 que ce projet a été rejeté par le Cabinet; le sous-ministre aurait affirmé que le Cabinet a demandé au Ministère d'effectuer davantage de consultations régionales et locales avant de remettre le NYS sur pied.

Des sources au ministère ont toutefois dit au Zimbabwe Independent que, depuis la fin janvier 2011, des formateurs sont en place dans tous les districts et que des jeunes [traduction] « "prêts à être formés" » ont été vus dans les camps d'entraînement (18 févr. 2011). Le sous-ministre a aussi souligné avoir appris que plus de 100 jeunes participaient à un camp d'entraînement dans le district de Mount Darwin, ce qui a [traduction] « terrifié » des villageois (Zimbabwe Independent 18 févr. 2011). Le chargé de cours de l'Université d'État des Midlands a fait état de la possibilité qu'il y ait des camps d'entraînement dirigés par des partisans du ZANU-PF qui ne font pas partie du NYS (28 avr. 2011).

Green Bombers

Les Green Bombers, qui sont aussi considérés comme une milice de jeunes, sont appelés ainsi en raison de leur uniforme militaire vert (Human Rights Watch 11 août 2008; chargé de cours 28 avr. 2011). Education International fait état de l'existence d'une [traduction] « milice de jeunes connus sous le nom de "Green Bombers" du fait de leur uniforme vert et de leur implacabilité notoire » (11 avr. 2008). Les Green Bombers seraient également membres du NYS (Human Rights Watch 11 août 2008; BBC 13 mai 2008). Cité dans un article de la British Broadcasting Corporation (BBC), un journaliste zimbabwéen appelle [traduction] « les milices du parti au pouvoir [...] les "Green Bombers" » (2 juill. 2008). Le chargé de cours de l'Université d'État des Midlands explique qu'après avoir suivi le camp d'entraînement, les membres du NYS ont continué de porter leur uniforme lorsqu'ils exerçaient leurs activités dans la communauté (28 avr. 2011).

Milice de jeunes

Le chargé de cours de l'Université d'État des Midlands a précisé que les termes [traduction] « militants du ZANU-PF, milice du ZANU-PF, milice de jeunes du ZANU-PF et jeunes du ZANU-PF [renvoyaient tous à des personnes] dirigées » par le ZANU-PF (28 avr. 2011). Il a également souligné que certains de ces groupes ne se mobilisent qu'à l'approche d'élections, pour obtenir un emploi, de l'argent ou de la bière (chargé de cours 28 avr. 2011). Selon ses dires, certains des jeunes qui se mobilisent pour le ZANU-PF ne figurent pas sur la liste de paie du parti et ne sont pas non plus membres du NYS (ibid.). Il a aussi expliqué que le terme [traduction] « jeune » était utilisé dans un sens très large au Zimbabwe et qu'il pouvait comprendre des personnes de moins de 18 ans, ainsi que d'autres d'environ 40 ou 50 ans (ibid.).

Le chargé de cours souligne que les milices de jeunes ont été formées à partir du NYS et qu'elles travaillent pour le ZANU-PF (ibid.).

D'après trois sources, une vérification a permis de découvrir que certains membres de la milice de jeunes ont été payés par le gouvernement (Freedom House 2010; Nations Unies 27 oct. 2009; chargé de cours 28 avr. 2011). Cette vérification aurait été menée par le ministère de la Fonction publique (Ministry of Public Service) (ibid.). Selon Freedom House, elle a eu lieu en octobre 2009 (2010). Deux sources ont précisé que, d'après la vérification, environ 10 000 membres de la milice de jeunes du ZANU-PF figuraient sur la liste de paie du ministère du Développement des jeunes (Freedom House 2010; Nations Unies 27 oct. 2009). Selon un article publié par les Réseaux d'information régionaux intégrés (IRIN) des Nations Unies, la milice de jeunes du ZANU-PF travaille pour le gouvernement depuis mai 2008; ses membres avaient alors été envoyés dans les régions rurales (27 oct. 2009). Cité dans l'article des IRIN, le porte-parole du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) a dit que les jeunes de la milice

[traduction]

ne subissaient pas d'examen médical, tel que le prévoient les règlements de la fonction publique, qu'aucune déclaration du respect des secrets officiels n'avait été remplie et qu'aucun dossier d'employé n'avait été ouvert, que ce soit au siège du ministère ou dans les centres provinciaux (27 oct. 2009).

D'ailleurs, le chargé de cours faisait aussi référence à cette vérification lorsqu'il a mentionné que les membres de la milice de jeunes étaient [traduction] « officieusement » rémunérés par le gouvernement (28 avr. 2011).

On souligne dans le Sunday Times, journal d'Afrique du Sud publié à Johannesburg, [traduction] « [qu'] en échange de leurs services », les jeunes du ZANU-PF [traduction] « ont été récompensés par des emplois dans la fonction publique, y compris dans l'armée et la police, en plus de bénéficier de l'immunité de poursuite pour leurs crimes » (Sunday Times 15 janv. 2011). Dans un article publié par GlobalSecurity.org, [traduction] « source de renseignements généraux et de préparation de reportages pour les médias dans les domaines de la défense, de l'espace, du renseignement, [des armes de destruction massive] et de la sécurité intérieure » (GlobalSecurity.org s.d.), un policier déclarait que les policiers [traduction] « ne sont plus professionnels » (15 juin 2009). Le policier expliquait que, depuis les élections de 2008, [traduction] « de nombreux membres de la milice de jeunes du ZANU-PF n'ayant pas eu de formation » ont été recrutés au sein de la police, ce qui a entraîné une [traduction] « diminution des normes dans la police de la République du Zimbabwe » (GlobalSecurity.org 15 juin 2009).

Camps d'entraînement

Le Zimbabwe Telegraph signale que

[traduction]

les groupes de jeunes du ZANU-PF qui commettent des actes de violence et causent le chaos à Harare et dans d'autres centres urbains ont été formés pendant deux mois à l'extérieur d'Harare, dans les casernes militaires d'Inkomo. Selon des documents confidentiels qui auraient fait l'objet d'une fuite, le régime Mugabe recruterait, depuis novembre 2010, des jeunes pauvres de régions rurales et leur offrirait de la formation militaire.

[...] le régime prévoirait former jusqu'à 70 000 jeunes d'ici la fin mai 2011 [...] Le recrutement aurait principalement été effectué dans les provinces du Mashonaland Est, du Mashonaland Ouest et du Mashonaland central [...] (4 févr. 2011).

Le 31 octobre 2009, on pouvait lire dans le Standard, [traduction] « publication sœur » du Zimbabwe Independent dont le siège est à Harare (Zimbabwe Democracy Now s.d.), qu'un camp d'entraînement du ZANU-PF où des jeunes sont recrutés a été rouvert à [traduction] « quelques kilomètres » de Nyamapanda, dans la province du Mashonaland Est. ZimOnline, [traduction] « agence de presse indépendante du Zimbabwe », a signalé le 24 février 2010 que, selon l'Association de défense des droits de la personne du Zimbabwe (Zimbabwe Human Rights Association - ZimRights), des camps ont été établis par les milices armées dans les provinces du Mashonaland Ouest, des Midlands et du Manicaland. On peut aussi lire dans un autre article de ZimOnline que, d'après un rapport du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), le ZANU-PF a rétabli les camps d'entraînement de la milice (4 oct. 2010). Ces camps seraient situés dans cinq écoles primaires de Maramba Pfungwe dans la province du Mashonaland Est (ZimOnline 4 oct. 2010).

Par ailleurs, le 18 avril 2010, on pouvait lire dans le Guardian que [traduction] « le groupe de pression Zimbabwe Democracy Now [...] avait prévenu que les camps de la milice de jeunes du ZANU-PF n'ont jamais été complètement démantelés et qu'ils ont été rétablis dans des régions où des partisans du MDC sont pris pour cible ».

D'après ZimRights, des [traduction] « bases de torture » dirigées par l'armée et la milice de jeunes auraient été établies à Nyanga, à Gokwe, à Chegutu et à Makoni (cité sur ZimOnline 24 févr. 2010). De même, le Zimbabwe Peace Project (ZPP) a signalé que la milice du ZANU-PF a établi des [traduction] « camps de torture » dans la province du Mashonaland central (cité sur ZimOnline 1er déc. 2010). ZimOnline a ajouté [traduction] « [qu'] il est connu que les jeunes du ZANU-PF utilisent les camps de la milice comme bases de torture, où ils agressent, violent, torturent ou même assassinent les opposants présumés de M. Mugabe et de son parti » (4 oct. 2010). Parmi les sources qu'elle a consultées, la Direction des recherches n'a trouvé aucun renseignement portant également sur le recours à la torture dans les camps d'entraînement de la milice de jeunes.

Activités violentes menées par la milice de jeunes

D'après le chargé de cours de l'Université d'État des Midlands, l'organisation des milices du ZANU-PF est hiérarchique et centralisée; les ordres sont donnés par la direction centrale du parti (28 avr. 2011). Il a ajouté que le ministère de la Jeunesse et de la Création d'emploi (Ministry of Youth and Employment Creation) était [traduction] « l'organisme de coordination et de surveillance de la mobilisation des jeunes » (28 avr. 2011).

Il est écrit dans le Sunday Times de l'Afrique du Sud que

[traduction]

[l]es jeunes servent à appliquer les politiques de violence de M. Mugabe, notamment à commettre des invasions terrestres, proférer des menaces à l'égard des entreprises étrangères, exercer un contrôle des prix, mener une mobilisation politique coercitive - en forçant par exemple des personnes à acheter des cartes de membres du ZANU-PF et à voter pour ce parti - et à agresser des partisans de l'opposition.

Ils ont aussi appliqué d'autres politiques gouvernementales de répression de M. Mugabe et ont l'habitude de dénoncer les gouvernements étrangers et les sanctions occidentales visant le Zimbabwe (15 janv. 2011).

Freedom House affirme que [traduction] « les milices du ZANU-PF agissent à titre d'agents de facto d'application des politiques du gouvernement et qu'ils commettent des agressions, des actes de torture, des viols, ainsi que des expulsions et des exécutions extrajudiciaires sans crainte de sanctions » (2010). D'après cette organisation non gouvernementale (ONG), ces abus ont été moins fréquents en 2009 qu'en 2008, alors que leur nombre avait augmenté de façon [traduction] « importante » (Freedom House 2010). Or, dans un article paru le 23 janvier 2011 dans le Zimbabwe Telegraph, on souligne qu'à Budiriro, Mbare et Chitungwiza, [traduction] « il y a eu regain de la violence; des soldats, des petits groupes de policiers ainsi que la milice de jeunes ont attaqué des personnes avec brutalité, les agressant, détruisant des maisons et arrêtant des partisans présumés du MDC ».

Dans son Political Violence Report pour mars 2009, Zimbabwe Human Rights NGO Forum, ONG du Zimbabwe qui offre de l'aide juridique et sociale aux victimes de violations des droits de la personne (s.d.), souligne que certains agriculteurs de Chegutu et de Chiredzi [traduction] « ont été forcés de quitter leur maison et ont vu leur propriété être pillée par des anciens combattants et des jeunes du ZANU-PF » (28 avr. 2009, 3). Le rapport de l'organisation pour avril 2009 met en évidence le fait que la police de la République du Zimbabwe n'avait pris [traduction] « aucune mesure » contre les jeunes du ZANU-PF qui avaient [traduction] « occupé » les fermes commerciales (Zimbabwe Human Rights NGO Forum 2 juin 2009, 2).

La Voix de l'Amérique (VOA), service multimédia du gouvernement des États-Unis (s.d.), signale qu'au début de février 2011, [traduction] « des jeunes soupçonnés d'être des militants du ZANU-PF, parti dirigé par le président du Zimbabwe Robert Mugabe, se sont livrés à des actes de violence à Harare [...] pillant des magasins et agressant des passants » (VOA 7 févr. 2011).

Deux sources affirment que les milices de jeunes du ZANU-PF prennent des enseignants pour cible (ibid. 28 févr. 2011; Nations Unies 27 oct. 2009). Selon un article publié par les IRIN des Nations Unies, des enseignants ont été accusés par des partisans du ZANU-PF d'être des alliés du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) (ibid.). Les IRIN citent également le secrétaire général du Syndicat des enseignants progressistes du Zimbabwe (Progressive Teachers Union of Zimbabwe - PTUZ), qui affirme que les milices de jeunes du ZANU-PF mettent sur pied des bureaux dans les écoles du pays sans la permission officielle du ministère de l'Éducation (Ministry of Education), en plus de nommer des élèves comme informateurs dans les écoles (ibid. 27 juill. 2009). Le secrétaire général a aussi expliqué que [traduction] « depuis l'émergence des milices, les enseignants des régions rurales craignent pour leur sécurité » (ibid.).

Mouvement pour le changement démocratique

Dans son Political Violence Report pour avril 2009, Zimbabwe Human Rights NGO Forum a fait état de trois incidents survenus à Chitungwiza, Mutoko et Shamva concernant des partisans du MDC qui ont été [traduction] « enlevés et torturés » par des jeunes du ZANU-PF (2 juin 2009, 3). D'après un article publié par les IRIN des Nations Unies, en juillet 2009, une partisane du MDC a été battue par une milice de jeunes sous les ordres de son oncle, représentant du ZANU-PF (27 juill. 2009). Quelques jours plus tard, elle a de nouveau été agressée et [traduction] « laissée pour morte » par cette même milice de jeunes (Nations Unies 27 juill. 2009).

En octobre 2009, on pouvait lire dans un article du Standard que, d'après le MDC-Tsvangirai (MDC-T), principal groupe du MDC, les agressions à l'endroit de partisans du MDC-T dans les régions rurales se sont [traduction] « intensifiées [à la suite du] désengagement » du MDC-T à former un gouvernement de coalition avec le ZANU-PF (31 oct. 2009). Cité dans ce même article, le secrétaire de la sécurité sociale du MDC-T a dit que le ZANU-PF avait « "redonné vie", dans les régions rurales, à ses escouades et à ses camps de terreur, auxquels on a imputé les meurtres, les viols, les pillages et la violence générale lors des élections de juin [2008] » (The Standard 31 oct. 2009). On signale aussi dans l'article que le secrétaire général du PTUZ a affirmé que [traduction] « des jeunes visitaient les écoles et notaient le nom des enseignants soupçonnés d'être favorables au MDC-T » (ibid.).

Zimbabwe Human Rights NGO Forum signale que la milice de jeunes du ZANU-PF a agressé des partisans du MDC au cours d'un rassemblement du parti à Epworth le 21 février 2010 à l'aide de [traduction] « diverses armes » (26 févr. 2010).

Le Zimbabwean affirme que, d'après le MDC-T, en juin et en juillet 2010, les agressions à l'endroit de ses représentants et de ses partisans se sont [traduction] « intensifiées » dans le cadre des actes de violence politique commis par le ZANU-PF (7 août 2010). Deux sources ont souligné qu'au début d'août 2010, la milice de jeunes et des agents de l'Organisation centrale du renseignement (Central Intelligence Organization - CIO) ont agressé deux représentants du MDC-T de Chipinge, dans le Manicaland, et leur auraient cassé des membres, puis que, lors d'un autre incident, ils ont vandalisé un véhicule appartenant au MDC (The Zimbabwean 7 août 2010; ZimOnline 9 août 2010).

ZimOnline souligne que le 13 janvier 2011, les jeunes du ZANU-PF [traduction] « ont causé des troubles » au siège du MDC à Harare, [traduction] « agressant d'innocents clients et travailleurs » (27 janv. 2011). Quelques jours plus tard, ces mêmes jeunes ont menacé les membres du conseil municipal de Gokwe dirigé par le MDC de procéder à des [traduction] « expulsions violentes » si ceux-ci ne démissionneraient pas (ZimOnline 27 janv. 2011). On peut lire dans le Zimbabwe Telegraph qu'en janvier 2011, la milice du ZANU-PF et des soldats en uniforme ont agressé des partisans du MDC à Budiriro (23 janv. 2011). Un enlèvement, des agressions à l'aide de barres de fer ayant entraîné l'hospitalisation des victimes, une fusillade, d'autres agressions et la destruction de maisons sont au nombre des actes de violence commis à ce moment-là (The Zimbabwe Telegraph 23 janv. 2011).

Selon un article publié par les IRIN des Nations Unies, une milice de jeunes du ZANU-PF a agressé trois partisans du MDC du fait qu'ils avaient refusé de signer une pétition demandant la levée de sanctions économiques imposées par les États-Unis et l'Union européenne (31 janv. 2011). Les victimes ont soutenu que deux policiers avaient été témoins de l'incident (Nations Unies 31 janv. 2011). On souligne aussi dans ce même article que le MDC a publiquement déclaré que les milices du ZANU-PF dans les banlieues d'Harare et de Bulawayo avaient agressé des [traduction] « dizaines » de ses partisans (ibid.).

On peut lire dans le Guardian que, selon un groupe de médecins indépendants, le 31 janvier 2011, environ 70 [traduction] « militants pro-Mugabe ont été amenés en camion » au bureau de district du MDC se trouvant dans le village de Mbare à Harare et qu'ils y ont [traduction] « lancé des pierres et commis des agressions » (3 févr. 2011). Cet incident, déclare le MDC, compte parmi d'autres [traduction] « "excès" » de la milice de jeunes du ZANU-PF dans les villes pauvres; le parti a aussi soutenu que la police avait refusé d'arrêter les membres du ZANU-PF (The Guardian 3 févr. 2011).

Des actes de violence commis par les jeunes du ZANU-PF sont aussi signalés dans le Zimbabwe Telegraph; ceux-ci auraient forcé des jeunes du MDC à Epworth à quitter leurs maisons et auraient pillé et détruit les demeures de militants du MDC et de [traduction] « sympathisants présumés » du MDC (9 févr. 2011).

Selon un article publié le 7 mars 2011 par le Standard, tout le pays est secoué par des violences politiques; le MDC affirme que

[traduction]

des faits concrets ont démontré que les milices du ZANU-PF étaient responsables de la plupart des meurtres politiques, des agressions et des destructions de biens. Les policiers sont accusés de s'en prendre aux victimes de violence et d'accorder l'immunité de poursuite aux jeunes du ZANU-PF.

D'après le Standard, des jeunes du ZANU-PF ont empêché la tenue d'un rassemblement organisé le 19 mars 2011 par le premier ministre Morgan Tsvangirai, chef du MDC; ils ont bloqué l'accès à l'endroit où il devait se tenir et ont [traduction] « violemment battu quiconque traversait » leur ligne (20 mars 2011). Le secrétaire général du MDC-T a d'ailleurs déclaré que plusieurs partisans du MDC qui se sont présentés au rassemblement ont été [traduction] « brutalisés [ou] enlevés » par la milice (The Standard 20 mars 2011). SW Radio Africa, [traduction] « station de radio indépendante du Zimbabwe [...] se consacrant au développement d'un média libre et indépendant au pays » (SW Radio Africa s.d.), fait état du même incident (ibid. 21 mars 2011). La station de radio précise également qu'environ 15 personnes ont été hospitalisées en raison de [traduction] « blessures graves » et que 3 personnes ont été enlevées par le ZANU-PF au cours de l'incident (ibid.). D'après le Standard, entre février et mars 2011, plusieurs militants du MDC ont été agressés par la milice du ZANU-PF (20 mars 2011).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

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The Zim Diaspora. 25 février 2009. « Zimbabwe National Army Recruitment Drive of Rural Teenagers Is of Great Concerns ». [Date de consultation : 15 avr. 2011]

ZimOnline. 27 janvier 2011. Jonathan Maromo et Peter Chidembo. « Violence Will Wreck Zuma Roadmap: MDC ». [Date de consultation : 20 avr. 2011]

_____. 1er décembre 2010. James Mombe. « Soldiers Hold Drills in Villages ». [Date de consultation : 20 avr. 2011]

_____. 4 octobre 2010. « ZANU Reactivates Terror: MDC ». [Date de consultation : 20 avr. 2011]

_____. 9 août 2010. « Zim Heads for More Violence ». [Date de consultation : 20 avr. 2011]

_____. 24 février 2010. « Mugabe Militia Sets Up Torture Camps: Group ». [Date de consultation : 20 avr. 2011]

Autres sources consultées

Sources orales : Les personnes suivantes n'ont pas répondu à une demande de renseignements dans les délais voulus : des universitaires de la Midland State University; un professeur à la University of South Africa; des représentants de Justice for Children Trust, des Zimbabwe Lawyers for Human Rights et du Zimbabwe Human Rights NGO Forum; le coordonateur de Nonviolent Action and Strategies for Social Change (NOVASC); le directeur national du Zimbabwe Peace Project (ZPP).

Sites Internet, y compris : Africa Confidential; Africa Research Bulletin; Africa Today; African Human Security Initiative; AllAfrica.com; Amnesty International (AI); Center on Conscience and War; Coalition pour mettre fin à l'utilisation d'enfants soldats; Comparative Studies of South Asia, Africa and the Middle East; Factiva; Harare Research and Advocacy Unit; The Herald [Harare]; Human Rights Trust of Southern Africa (SAHRIT); Institute for War and Peace Reporting (IWPR); Journal of Refugee Studies; Justice for Children Trust; Kubatana.net; Movement for Democratic Change (MDC); Nations Unies - Refworld; NewsDay [Harare]; Peacewomen.org; Solidarity Peace Trust; South African Institute of International Affairs; Zimbabwe Association of Doctors for Human Rights (ZADHR); Zimbabwe Human Rights Association (ZimRights); Zimbabwe — Ministry of Youth Development, Indigenization and Empowerment.

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