Last Updated: Thursday, 31 July 2014, 17:47 GMT

Sénégal : information sur l'attitude de la société sénégalaise envers les homosexuels sénégalais; protection offerte (2003-2006)

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Author Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa
Publication Date 6 February 2006
Citation / Document Symbol SEN100993.F
Reference 1
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Sénégal : information sur l'attitude de la société sénégalaise envers les homosexuels sénégalais; protection offerte (2003-2006), 6 February 2006, SEN100993.F, available at: http://www.refworld.org/docid/45f147a128.html [accessed 31 July 2014]
DisclaimerThis is not a UNHCR publication. UNHCR is not responsible for, nor does it necessarily endorse, its content. Any views expressed are solely those of the author or publisher and do not necessarily reflect those of UNHCR, the United Nations or its Member States.

L'homosexualité est toujours interdite au Sénégal (Behind the Mask s.d., Canada 11 déc. 2005). En vertu du Code pénal sénégalais, cette pratique est un crime passible d'une peine d'emprisonnement de 1 à 5 ans, accompagnée d'une amende de 100 000 à 150 000 francs CFA (ibid., Behind the Mask s.d). Si le partenaire est un mineur (moins de 21 ans), le prévenu se verra infliger une peine maximale d'emprisonnement (ibid., Canada 11 déc. 2005).

Dans un pays à 95 p. 100 musulman (Nations Unies 28 nov. 2005), où « le conservatisme et le strict respect du Coran (...)[exposaient] toute personne qui [s'adonnait] à des pratiques sexuelles non acceptées à des sérieux problèmes » (ibid.), les homosexuels sénégalais continuent à cacher leur orientation sexuelle parce qu'ils se sentent écrasés par « les préjugés sociaux et religieux » (Nations Unies 19 janv. 2005). Ils se méfient également de l'hostilité de la société à leur égard (ibid. 28 nov. 2005). Ainsi, « Mamadou, un coiffeur dont les longues tresses sont les seuls signes d'anti-conformisme, est resté couché trois semaines après l'agression dont il a été victime après que la presse à scandale ait publié son nom et sa photo » (ibid. 19 janv. 2005), ou encore [traduction] « Serigne (...) a été agressé deux fois. La première fois, des hommes l'ont battu dans la rue après qu'un journal l'ait identifié comme un activiste homosexuel » (AP 31 mars 2005). Selon un article publié par le Cercle d'action pour la promotion de la diversité en France (CAPDIV), « le correspondant national de la Journée mondiale [de lutte contre l'homophobie] au Sénégal a été (...) victime d'une campagne de presse particulièrement homophobe, il a été passé à tabac, et a dû fuir la ville où il habitait » (19 janv. 2006).

Ainsi, afin d'échapper à la pression sociale, les homosexuels au Sénégal rapportent vivent une « double vie » (Nations Unies 28 nov. 2005). Ils mènent « une vie d'homme marié, cachant ainsi leur orientation sexuelle de peur d'être rejetés par leur entourage et leurs collègues de travail » (ibid.). Pourtant, selon un docteur d'un comité régional de lutte contre le SIDA, les homosexuels, « qui ont souvent plusieurs partenaires » sont « parmi les personnes les plus exposées à l'infection au VIH/SIDA [...] en raison [...] de leur manque de connaissance vis-à-vis des modes de prévention du virus » (ibid.).

Au terme d'une étude menée en 2005 sur 463 hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, le ministère de la Santé a ainsi estimé le taux de prévalence du VIH au sein de cette population à 21,5 p. 100, contre une moyenne nationale de 1,5 p. 100. (ibid.).

Mais les homosexuels sénégalais ont tellement peur de se manifester que des experts craignent que le taux d'infection puisse être plus haut que celui rapporté (AP 31 mars 2005).

La discrimination et la stigmatisation dont ils font l'objet comptent beaucoup dans l'aggravation de leur état de santé. (...) « La plupart des MSM [Men who have Sex with Men], expulsés de chez eux à cause de leur orientation sexuelle, passent la nuit dans les bars et les hôtels. Ça les expose davantage à l'infection au VIH » (Nations Unies 28 nov. 2005).

Au Sénégal, selon la loi, les relations sexuelles entre des personnes du même sexe sont considérées « contre nature » (ibid.). Ainsi, plusieurs homosexuels sénégalais ne font rien pour avoir accès aux traitements auxquels ils devraient avoir le droit par crainte de se trouver confronté « [au] rejet et [à] la violence » à leur égard (AP 31 mars 2005). Ils ont affirmé ne pas « vouloir consulter de médecins de peur qu'on les juge » (Nations Unies 28 nov. 2005). Un article publié sur le site Web du Réseau d'information régional intégré (Integrated Regional Information Network – IRIN ) des Nations Unies a rapporté que, selon un homosexuel sénégalais, « l'accueil dans les [centres médicaux] [était] très froid et décevant. Arrivés à la porte, les agents de la santé [faisaient] des commentaires très osés sur [leur] démarche ou [leurs] habits, ils [disaient] des mots qui [montraient] toute la haine que nous leur [inspirions] » (ibid.). Un autre homosexuel confiait que « des médecins [leur fixaient] des rendez-vous qu'ils ne [respectaient] jamais. Parfois, ils [minimisaient] une infection pour éviter de [les] toucher » (ibid.). De plus, de l'avis de certains homosexuels, les programmes de prévention sont pour la plupart conçus pour la population hétérosexuelle (ibid.).

Selon un article publié sur le site Web de Behind the Mask, beaucoup de médecins sénégalais refusaient de traiter les hommes homosexuels pour des raisons religieuses et juridiques (AP 31 mars 2005). Un médecin a indiqué que « [c'était] un péché de toucher un MSM, car pendant 40 jours ses prières [seraient] nulles » (Nations Unies 28 nov. 2005.). De l'avis d'une source médicale, il était difficile de trouver des médecins qui acceptaient de travailler avec la communauté homosexuelle, « [c]ertaines personnes [craignaient], en se montrant en public avec [des homosexuels], d'être associés [à eux] et d'en subir les conséquences » (ibid. 19 jan. 2005). Cependant, un article daté du 28 novembre 2005 notait « [qu']une poignée de praticiens se [battait] pour que la prise en charge thérapeutique de ce groupe vulnérable devienne une des priorités nationales de la lutte contre le VIH/SIDA » (ibid. 28 nov. 2005). Selon ce même article, deux associations, l'And Liguey (« Travailler ensemble », en wolof, la langue locale la plus utilisée au Sénégal) et la Bokk Xalaat (« Nous avons la même idée ») défendaient le droit des homosexuels sénégalais de recevoir les traitements VIH/Sida (ibid.). Ces deux associations regroupaient des membres de diverses régions du Sénégal (ibid.).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Associated Press (AP). 31 mars 2005. Cassandra Vinogrand. « Gay Taboos Threaten Senegal Anti-AIDS Push ». (Behind the Mask) [Date de consultation : 23 janv. 2006]

Behind the Mask. S.d. « Sénégal ». [Date de consultation : 23 janv. 2006]

Canada. 11 décembre 2005. Ministère des Affaires étrangères. « Conseil aux voyageurs : Sénégal ». [Date de consultation : 23 janv. 2006]

Cercle d'action pour la promotion de la diversité en France (CAPDIV). 19 janvier 2006. « L'Homosexualité n'est pas un crime ! Pour en finir avec la pénalisation de l'homosexualité dans le monde ». [Date de consultation : 23 janv. 2006]

Nations Unies. 28 novembre 2005. Réseau d'information régional intégré – (IRINPlusNews, Service d'information sur le VIH/SIDA en Afrique). « Sénégal : des médecins se penchent sur la santé et les besoins des malades ». [Date de consultation : 23 janv. 2006]
_____. 19 janvier 2005. Réseau d'information régional intégré – (IRINPlusNews, Service d'information sur le VIH/SIDA en Afrique). « Sénégal : La communauté gay avance pas à pas face aux préjugés sociaux ». [Date de consultation : 23 janv. 2006]

Autres sources consultées

Sources internet, y compris : AIDS Education Global Information System (AEGIS), allAfrica.com, Alliance nationale contre le SIDA (ANCS), Amnesty International (AI), Conseil de l'Europe, Freedom House, Human Rights Watch (HRW), Inter Press Service News Agency, International Committee of the Red Cross (ICRC), The International Lesbian and Gay Association (ILGA), Organisation mondiale contre la torture (OMCT), Panapress, ReliefWeb, United States Department of State.

Copyright notice: This document is published with the permission of the copyright holder and producer Immigration and Refugee Board of Canada (IRB). The original version of this document may be found on the offical website of the IRB at http://www.irb-cisr.gc.ca/en/. Documents earlier than 2003 may be found only on Refworld.

Search Refworld

Countries