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Djibouti : marginalisation des Furlabas par le président Guelleh au profit des Mamassanes au sein de l'appareil d'État; limogeages de hauts responsables civils et militaires furlabas; événements du 7 décembre 2000, ses instigateurs et les représailles exercées par l'État

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Author Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié, Canada
Publication Date 20 November 2001
Citation / Document Symbol DJI38046.F
Reference 1
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Djibouti : marginalisation des Furlabas par le président Guelleh au profit des Mamassanes au sein de l'appareil d'État; limogeages de hauts responsables civils et militaires furlabas; événements du 7 décembre 2000, ses instigateurs et les représailles exercées par l'État, 20 November 2001, DJI38046.F, available at: http://www.refworld.org/docid/3df4bee924.html [accessed 29 July 2014]
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Selon un article de l'hebdomadaire du Somaliland The Republican, les personnalités politiques les plus influentes à Djibouti, au nombre 15, qui forment le cercle du pouvoir djiboutien, sont presque toutes des proches parents du président Ismael Omar Guelleh (30 déc. 2000a). Nombre d'entre elles sont issues du sous-clan issa des Mamassanes, le clan d'origine du président (ibid.). Parmi eux figurent Hassan Saeed, directeur général de la Direction de la sécurité, le général Zakaria, commandant en chef des forces armées, le colonel Mahdi Sh Osman, commandant de la garde présidentielle et de la police paramilitaire, le colonel Abdi Kahin, commandant de la prison à sécurité maximale de Nagad, le colonel Hassan Jama, ancien commandant des forces aériennes qui fait maintenant partie du commandement unifié des forces armées, Jama Ali Ghelle, directeur général de la société d'électricité de Djibouti, et le Dr Saeed Sheik, directeur général de l'agence des médicaments (ibid.). Une seule de ces personnalités est issue du sous-clan issa des Furlabas : il s'agit de Mohammed Qumane, trésorier national, l'époux de la nièce de l'ex-président Hassan Gouled (ibid.).

Un article du Nouvel Afrique–Asie, parution de juillet-août 2000, signale que les Mamassanes, qui constituent le clan du président Ghelleh, ont la mainmise sur les fonctions étatiques les plus importantes, y compris le trésor public, la sécurité, les activités portuaires et l'électricité. Selon cet article, de plus en plus d'Issas s'élèvent contre cette accaparation du pouvoir exarcerbée par la détérioration de l'économie (ibid.).

Un article daté du 14 décembre 2000 de Mandeeq, un journal du Somaliland, signale que les autorités djiboutiennes ont arrêté environ 50 personnes soupçonnées d'avoir trempé dans la tentative de coup d'État avortée menée quelques jours plus tôt par le chef de la police de Djibouti, le commandant Yacin Yabeh Galab. Toutes les personnes arrêtées faisaient partie du sous-clan issa des Furlabas, auquel appartient également le commandant Galab (ibid.). Parmi elles figurent des professionnels du gouvernement et du secteur privé, des femmes et des aînés du sous-clan furlaba (ibid.).

Un article du Republican signale que, le 16 décembre 2000, des unités de l'armée djiboutienne ont été envoyées dans la ville d'Ali Sabieh, au sud de Djibouti (30 déc. 2000b). La population de cette ville, à majorité furlaba, était soupçonnée d'avoir appuyé la tentative de coup d'État fomentée par le général Yacin Yabeh Galab (ibid.).

Le limogeage du général Yacin Yabeh Galab par le président Guelleh serait à l'origine du coup de force des policiers qui, le 7 décembre 2000, ont pris position aux endroits stratégiques du centre-ville de Djibouti, notamment devant la présidence et la résidence du président, et ont occupé les locaux de la radiotélévision nationale (AFP 8 déc. 2000; AFP 7 déc. 2000). À la suite d'une fusillade entre militaires et policiers qui aurait fait, semble-t-il, cinq morts (AFP 8 déc. 2000), le général Galab s'est réfugié dans la base aérienne française de Djibouti et a été remis au gouvernement djiboutien par les autorités françaises (MDP 29 déc. 2000). L'ancien chef de police et 12 de ses officiers ont été par la suite accusés de meurtre, de conspiration et de trahison (AFP 14 déc. 2000; Naitons Unies 2-8 juin 2001), crimes passibles de 15 à 20 années d'emprisonnement (AFP 14 déc. 2000). Le général Galab a été remis en liberté sous caution en juin 2001 pour qu'il puisse recevoir des soins médicaux dans l'attente de son procès (Nations Unies 2-8 juin 2001). Dans une note d'information datée du 11 novembre 2001, la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) déplore la lenteur de la justice à l'égard des 13 officiers et sous-officiers de la Force nationale de police (FNP) arrêtés et incarcérés à la prison de Gabode le 13 décembre 2000. La LDDH réclame de plus un procès juste pour ces officiers « non entaché par les vices de formes inadmissibles, par des violations constantes du Code de Procédure Pénale, en particulier les articles concernant les délais de détentions provisoire » (ibid.).

Aucune information supplémentaire sur la mainmise du sous-clan issa des Mamassanes sur le pouvoir djiboutien aux dépends du sous-clan issa des Furlabas et sur les conséquences de la tentative de coup d'État ratée du général Yacin Yabeh Galab, n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches dans les délais prescrits pour la réponse à cette demande d'information.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié. Veuillez trouver ci-dessous la liste des sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Agence France Presse (AFP). 14 décembre 2000. « Djibouti Police Chief Charged with Murder After Mutiny ». Horseed Online Newspaper [Date de consultation : 16 nov. 2001]

_____. 8 décembre 2000. « Mutinerie : l'ex-chef de la police de Djibouti en fuite mais "localisé" ». (NEXIS)

_____. 7 décembre 2000. « Des policiers en colère dans Djibouti-ville, des coups de feu entendus ». (NEXIS)

Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH). 11 novembre 2001. Note d'information nº 24/01/LDDH.

[Date de consultation : 19 nov. 2001]

Mandeeq [Hargeisa, en somali]. 14 décembre 2000. « Djibouti: About 50 Arrested in Connection with Aborted Coup – Somaliland Paper » (BBC Worldwide monitoring 14 déc. 2000/NEXIS)

Moulin du pont (MDP). 29 décembre 2000. « Le gouvernement Djiboutien en alerte ». [Date de consultation : 16 nov. 2001]

Nations Unies. 2-8 juin 2001. Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH), Réseau d'information régional intégré (IRIN). « Horn of Africa: IRIN–HOA Weekly Round-up 40 – Djibouti: Leader of failed Coup Attempt Released ». [Date de consultation : 16 nov. 2001]

Nouvel Afrique–Asie [Paris]. Juillet-août 2000. Nº 130-131. Sy Savané Mamadou Saliou. « La marche hésitante vers la paix ». [Date de consultation : 16 nov. 2001]

The Republican [Hargeisa, en anglais]. 30 décembre 2000a. N° 142. « Djibouti – A Safe Heaven [sic] for International Drug Money Laundering ». [Date de consultation : 16 nov. 2001]

_____. 30 décembre 2000b. N° 142. « Massive Search for Weapons in Djibouti ». [Date de consultation : 16 nov. 2001]

Autres sources consultées

Africa Confidential [Londres]

Africa Research Bulletin [Oxford, R.-U.]

Bases de données de la CISR

Dossiers de pays du Centre de ressources : Djibouti

Sites Internet, y compris :

Amnesty International

Association pour le respect des droits de l'homme à Djibouti (ARDHD)

Human Rights Watch (HRW)

La Liberté (journal djiboutien de l'opposition)

World News Connection (WNC)

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