Last Updated: Friday, 19 September 2014, 08:58 GMT

Djibouti : noms des syndicalistes arrêtés et détenus (1996-1999)

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Author Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié, Canada
Publication Date 1 June 1999
Citation / Document Symbol DJI32247.F
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Djibouti : noms des syndicalistes arrêtés et détenus (1996-1999), 1 June 1999, DJI32247.F, available at: http://www.refworld.org/docid/3ae6ac863c.html [accessed 19 September 2014]
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Les réponses DJI30619.F et DJI30620.F, signalent que des événements majeurs ont touché le monde syndical djiboutien entre 1995 et 1997. Les documents utilisés pour la présente réponse à une demande d'information confirment cette information.

Faisant référence aux grèves de 1996 à Djibouti, les auteurs du rapport de mission de la Fédération internationale des Ligues des droits de l'homme (FIDH) à Paris rapportent que

Les secrétaires généraux des deux centrales syndicales, l'UGTD [Union général des travailleurs de Djibouti] et UDT [Union djiboutienne du travail], la première fondés au lendemain de l'indépendance, la seconde en 1992, sont licenciés, en 1995, au lendemain de la grève générale.

Le mot d'ordre de grève avait été lancé à la suite de la promulgation de la nouvelle Loi de Finances pour 1996, qui prévoyait une baisse significative des salaires du secteur public.

En mai 1996, les locaux des deux centrales sont fermés, à l'initiative du Ministère du travail.

À défaut du licenciement pour sanctionner les grévistes ou manifestants, on les mute. Ainsi, le secrétaire général adjoint de l'UDT, employé de l'Électricité de Djibouti, est-il muté à Obock, petite ville inhospitalière du nord est, près des côtes du Golfe d'Aden.

Ces mesures de rétorsion ne sont vaines. Les grèves s'arrêtent quand trop de licenciements les sanctionnent...jusqu'à la reprise du prochain mouvement, à l'annonce d'un nouveau tour de vis social.

C'est sans doute parce que la société civile est encore balbutiante, parce que ses moyens d'action sont précaires, que le pouvoir s'autorise ces coups de force, au mépris des libertés les plus élémentaires, énoncées pourtant par la Constitution djiboutienne (15-21 mai 1997, 11).

Dans son rapport annuel de 1998 sur des plaintes syndicales faites en 1997, la Confédération international des syndicats libres (CISL) donne des détails supplémentaires en soulignant que « neuf dirigeants syndicaux licenciés de leurs postes de travail durant la grève de septembre 1995 n'ont toujours pas été réintégrés, notamment le président de l'UDT Ahmed Djama Egueh et le secrétaire général Aden Mohamed Abdou » (1998). Le rapport de 1999 du CISL ajoute à la liste des gens qui n'ont pas été réintégrés à leurs postes de travail les noms de Kamil Diraneh Hared, secrétaire général de l'UGTD, Mohamed Doubad Wais, secrétaire général adjoint de l'UGTD et secrétaire général du syndicats des communications, Habid Ahmed Doualleh, secrétaire général du syndicat des travailleurs des électriciens, et Abdillahi Aden Ali, un dirigeant de UDT et de l'UGTD (1999). Le rapport de 1998 donne des exemples de harcèlement : 28 janvier 1997, éviction de Egueh de son « logement de fonction, propriété de son entreprise, à la suite de son licenciement après la grève »; 16 février 1997, « un comité disciplinaire licencia cinq dirigeants du syndicat des enseignants du secondaire SYNESED, qui avaient été suspendus en 1996 de leur poste d'enseignant : Mariam Hassan Ali, Kamil Hassan Ali, Malyoun Benoît, Mohamed Ali Djama et Souleyman Ahmed Mahamed »;  23 février 1997, « le SYNESED [Syndicat des enseignants du second degré] et le SEP [Syndicat des enseignants du primaire], le syndicat des instituteurs, organisèrent une grève d'une semaine pour protester contre des arriérés de salaires de quatre mois, le retrait des logements des enseignants et pour réclamer la réinsertion des syndicalistes licenciés» mais le gouvernement refusa de les rencontrer;  25 février 1997, « la police et des troupes attaquèrent une manifestation de protestation organisée par les syndicats de l'enseignement et à laquelle participèrent d'autres travailleurs, des étudiants et des parents» (ibid.). Le rapport annuel souligne également que quatres dirigeants syndicaux ont passé plusieurs jours à la prison de Gabode, ce sont Souleyman Mohamed Ahmed, ancien secrétaire général de SYNESED et secrétaire général adjoint de l'UDT, Mohamed Ali Djama, ancien secrétaire général de SYNESED, Abdoul-Aziz Mohamed, secrétaire général adjoint du SEP, et Osman Miguil Waiss, membre du comité de SYNESED (ibid.). Le rapport indique que « cinq autres personnes furent détenues pendant plusieurs jours au camp de Nagad avant d'être provisoirement libérés : Abdirahman Ismail Abdirahman, trésorier adjoint de SYNESED, Abdi Daher Boulaleh, trésorier su SEP, Salem Nasser Mohamed, Mohammed Abdilahi Ali et Said Abdi, responsables du SEP » (ibid.). Toujours selon le rapport de 1998,

Le 1er mai [1997], l'UDT et l'UGTD organisèrent un rassemblement devant le siège des syndicats. Ils avaient averti le ministère du Travail de ce rassemblement conformément à la loi. Des forces de police furent déployées tout autour de l'immeuble. Lorsque les travailleurs commencèrent à se diriger vers le siège des SEP pour poursuivre leur manifestation, la police utilisa du gaz lacrymogène et tabassa des travailleurs. Le président de l'UDT, Ahmed Djama Egueh et le secrétaire général Aden Mohamed Abdou ainsi qu'une autre personne furent détenus.

[...]

Le 3 juin, le gouvernement envoya des lettres à l'UDT et l'UGTD prétendant qu'elles ne s'étaient pas conformées à la loi exigeant que les membres fondateurs de syndicats enregistrent leurs règlements et les noms de leurs responsables auprès des autorités. Le gouvernement déclara qu'elles devaient tenir un Congrès et élire de nouveaux dirigeants syndicaux. Le ministre du travail diffusa un communiqué de presse sur les ondes de la radio nationale disant que les organisations et leurs dirigeants étaient illégaux.

En juillet, le ministre du Travail rencontra les dirigeants de l'UDT et de l'UGTD et leur dit que les deux centrales nationales étaient illégales. Il déclara qu'il ne reconnaissait pas l'alliance entre l'UDT et l'UGTD et que les syndicats ne seraient autorisés à réintégrer leur siège que s'ils indiquaient leur allégeance au ministre du Travail.

Le ministre écrivit au ministre de la Justice lui demandant de mener une enquête sur le statut illégal de l'UDT et de l'UGTD. Le département des enquêtes criminelles arrêta immédiatement le président de l'UDT qui fut interrogé et tabassé.

L'UDT écrivit au ministre du Travail pour lui signaler les contradictions de son allégation selon laquelle la centrale nationale était illégale. Le ministre retira cette allégation.

À peu près à la même époque, le domicile du président de l'UDT fut violé et saccagé par le directeur général de l'aéroport de Djibouti, l'ancien employeur du président de l'UDT, accompagné d'officiers de police. Ils abattirent la porte et volèrent des biens personnels ainsi que des archives syndicales; ils changèrent à nouveau la serrure.

À la fin de l'année [1997], l'UDT indiqua que les arriérées de salaires s'élevaient maintenant à au moins cinq à six mois. La répression du gouvernement se poursuivit et des dirigeants syndicaux indiquèrent qu'ils étaient en danger permanent ainsi que les membres de leur famille (ibid.).

Dans un communiqué de presse paru sur Internet datant du jeudi 26 mars 1998, le Bureau international du travail (BIT) souligne que la situation des syndiqués à Djibouti s'améliore :

Le Comité de la liberté syndicale a examiné la situation syndicale dans ce pays, à la lumière du rapport d'une mission sur place. Il constate qu'à Djibouti, aucune personne n'est actuellement détenue pour des faits découlant de l'exercice de la liberté syndicale. En outre, il se félicite de ce que les clés du local de l'une des centrales syndicales, qui avait été fermé par la police, aient été restituées aux responsables de cette centrale et que de nombreux travailleurs licenciés pour avoir participé à des grèves et à des manifestations aient été réintégrés dans leurs emplois. Le Comité demande néanmoins au gouvernement de continuer à promouvoir et à défendre la liberté syndicale avec la plus grande vigilance (BIT/98/13).

Dans son édition Internet d'avril 1998, Travail, le magazine du BIT, corrobore l'information mentionné ci-dessus (no. 24).

Le rapport de 1999 de la CISL souligne également que le 22 mars 1998 la police djiboutienne est intervenue en force lors d'une grève, débutée le 14 mars 1998, de 140 travailleurs de la santé de l'Hôpital Peltier (1999). Les grévistes ont été amenés au camp de détention de Nagad (ibid.). Le 23 mars 1998, 120 autres grévistes ont été amenés au même camp de détention (ibid.). Plusieurs personnes ont subi des blessures. Les grévistes ont tous été libérés le 25 mars 1998 (ibid.).

Pour une analyse approfondie de la situation du syndicalisme à Djibouti, veuillez consulter le rapport de mission effectué en 1998 par le BIT (1998). Le document donne des informations très détaillées sur des événements et donnent le nom de plusieurs personnes qui ont été arrêtées et détenus.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié.

Références

Bureau international du travail (BIT). 26 mars 1998. Communiqué de presse. (BIT/98/13). Droits des travailleurs. [Internet].   [Date de consultation : 22 juin 1999]

Confédération international des syndicats libres (CISL). 1998. Rapport annuel des violations des droits syndicaux. Internet. [Date de consultation 23 juin 1999]

International Confederation of Free Trade Unions (ICFTU). 1999. Annual Survey of Violations of Trade Unions Rights. [Internet]. [Date de consultation : 22 juin 1999]

Travail. Avril 1998. No. 24. « Amélioration de la situation à Djibouti ». [Internet]. [Date de consultation : 22 juin 1999]

Document annexé

Bureau international du travail (BIT). Mars 1998. Rapport intérimaire: Plainte contre le gouvernement de Djibouti. [Internet]. [Date de consultation : 17 juin 1999]

Autres sources consultées

Africa Analysis: 1996-1998

Africa Confidential: 1996-1999

African Human Rights Newsletter: 1996-1999

African Review: 1996-1998

Africa Research Bulletin: 1996-1999

Africa Today: 1996-1999

Afrique contemporaine: 1996-1999

Cahiers d'études africaines: 1996-1998

Canadian Journal of African Studies/Journal canadien d'études africaines: 1996-1998

Current History: 1996-1999

Ethiopian Register: 1996-1999

Ethiopian Review: 1996-1999

Filière de pays : Djibouti

Horn of Africa Bulletin.: 1996-1999

The Indian Ocean Newsletter: 1996-1999

Jeune Afrique: 1996-1999

Journal of Contemporary African Studies: 1996-1998

Journal of Modern African Studies: 1996-1998

L'Autre afrique: 1996-1999

Leeds African Studies Bulletin: 1996-1999

Libération: 1996-1999

Le Monde Diplomatique: 1996-1999

Présences Africaines: 1996-1998

Sources électroniques : WNC, LEXIS-NEXIS, Internet

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