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Côte d'Ivoire : situation actuelle des membres du groupe ethnique des Wè, y compris l'endroit où ils vivent, leurs caractéristiques ainsi que leur traitement par les autorités gouvernementales (2002-août 2003)

Publisher Immigration and Refugee Board of Canada
Author Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié, Ottawa
Publication Date 25 August 2003
Citation / Document Symbol CIV41868.F
Cite as Immigration and Refugee Board of Canada, Côte d'Ivoire : situation actuelle des membres du groupe ethnique des Wè, y compris l'endroit où ils vivent, leurs caractéristiques ainsi que leur traitement par les autorités gouvernementales (2002-août 2003), 25 August 2003, CIV41868.F, available at: http://www.refworld.org/docid/4b20efc1c.html [accessed 21 April 2014]
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Selon l'Institut de linguistique appliquée (ILA) de l'Université de Côte d'Ivoire, les Wè, les Bété et les Dida appartiennent à la famille des Krou qui habitent le sud-ouest de la Côte d'Ivoire (16 avr. 1997). La même source d'information signalait que les Wè ou Wènion (les hommes qui pardonnent facilement) comprennent les Guéré et les Wobé, « en qui l'administration coloniale a cru voir deux ethnies différentes », mais qui « ne forment en réalité qu'une seule entité » (Université de Côte d'Ivoire 16 avr. 1997).

Toujours selon l'ILA, « les Wè sont très inégalement répartis sur le territoire qu'ils occupent : entre deux foyers de forte densité, le pays dit Wobé au nord (au contact de la savane) et le couloir entre le Nuon et Cavally à l'ouest, s'étend une immense zone très peu peuplée. Les villages, qui s'égrènent le plus souvent linéairement le long des routes, comptent cependant presque toujours plus de 500 personnes » (ibid .).

Dans une page Internet personnelle sur les Wè, on apprend que ces derniers :

sont un peuple de l'Afrique de l'Ouest à cheval entre la Côte d'Ivoire et le Libéria. Les colonisateurs les ont recensés sous les appellations de Wobé, pour ceux du nord de la Côte d'Ivoire, Guéré pour ceux du sud de ce pays et de Khran pour ceux du Libéria. Ces populations affirment cependant être un seul et même peuple. Le nom qu'ils se donnent est Wègnon ou parfois Wègnondi, ce qui signifie : les hommes (gnon) qui ont pitié (Wè) dans le coeur (di).

En Côte d'Ivoire, le pays des Wè se situe entre les fleuves Cavally et Sassandra. Leur nombre peut être estimé à près d'un demi-million, administrativement réparti entre les sous-préfectures de Facobly, Kouibly, Bangolo, Duekoué, Guiglo, Taï, Blolequin et Toulepleu (Wobébli s.d.).

Une autre source d'information notait que les Guéré et les Wobé constituent respectivement 3,4 et 1,7 p. 100 de la population de la Côte d'Ivoire (Leclerc 2000).

Faisant référence à la guerre qui oppose les rebelles aux forces gouvernementales, des sources signalent que dans l'Ouest ivoirien, en plus du groupe des Bété dont le président est originaire, les Guéré, également appelés « Wê » (ICG 30 avr. 2003, 22) appuient en général le président Gbagbo et son gouvernement (ibid .; États-Unis 21 févr. 2003; Libération 26 mai 2003).

Décrivant les liens existant entre les conflits ivoirien et libérien, un rapport de l'International Crisis Group (ICG) explique que le président Gbagbo bénéficie, entre autres, de l'appui de Libériens vivant en Côte d'Ivoire, notamment celui des membres du groupe ethnique des Krahn, qui sont décrits comme des [traduction] « cousins » des Guéré, en échange de quoi le président ivoirien les aiderait à renverser le régime de Charles Taylor au Libéria (30 avr. 2003, 22). Faisant également référence à l'Ouest ivoirien, le même rapport signalait qu'en raison de ces alliances entre les membres de différents groupes ethniques, il y a eu des attaques et représailles contre les civils depuis la perte et la reprise par les forces rebelles de la localité de Man en décembre 2002 (ICG 30 avr. 2003, 23). Ainsi, expliquait le rapport, le gouvernement ivoirien a utilisé des agents libériens pour cibler des civils, notamment les Yocouba ivoiriens, les Gio, [traduction] « leurs cousins libériens », et les Dioula associés aux forces rebelles, alors qu'à leur tour, les Ivoiriens guéré et les Krahn libériens, combattants et civils, ont aussi fait objet d'attaques de la part des rebelles, créant ainsi un cycle de violence inter-ethnique alimentée par les [traduction] « reportages incendiaires des médias » proches du président Gbagbo ou des groupes rebelles (ibid .).

Évoquant l'attitude anti-française (c.-à.-d. contre la présence des légionnaires français) dans les localités favorables au président ivoirien Laurent Gbagbo, un article paru dans Libération le 26 mai 2003 expliquait que « le sentiment anti-français s'est aussi nourri des exactions commises contre les populations guéré en zone rebelle ». Citant des sources militaires, un article paru le 13 mai 2003 dans le Irish Times signalait que [traduction] « plus de 100 hommes, femmes et enfants guéré ont été tués depuis jeudi par des immigrants provenant du Burkina Faso, pays limitrophe, lors d'attaques survenues dans la région située entre le village de Bangola et Duekoue, ville de l'ouest dans la zone gouvernementale ».

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

États-Unis. 21 février 2003. Federal Document Clearing House (FDCH). « U.S. Representative Edward Royce (R-CA) Holds Hearing on the Ivory Coast ». (Dialog)

International Crisis Group (ICG). 30 avril 2003. « Tackling Liberia: The Eye of the Regional Storm ». [Date de consultation : 13 août 2003]

Irish Times . 13 mai 2003. « Scores Dead in Ethnic Killings ». (Dialog)

Leclerc, Jacques. 2000. L'Aménagement linguistique dans le monde . « Côte d'Ivoire » . . [Date de consultation : 8 août 2003]

Libération [Paris]. 26 mai 2003. Virginie Gomez « Ouest ivoirien : les Français s'installent. La Légion étrangère est chargée de la sécurisation de la région ». (Dialog)

Université de Côte d'Ivoire. 16 avril 1997. Institut de linguistique appliquée. « La Côte d'Ivoire à travers ses racines. Les Krou ». [Date de consultation : 8 août 2003]

Wobébli. S.d. « La culture traditionnelle We ». [Date de consultation : 13 août 2003]

Autres sources consultées

Africa Confidential

Africa Research Bulletin

Bases de données de la CISR

Dossier de pays du Centre des ressources. Côte d'Ivoire

Jeune Afrique/L'Intelligent

La Lettre hebdomadaire de la FIDH

West Africa

Sites Internet, y compris :

Africatime

Allafrica

Amnesty International

BBC Africa

European Country of Origin Information Network (ECOI.net)

FIDH

Fraternité Matin

HRW

Notre Voie

Le Patriote

ReliefWeb

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