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Bangladesh : situation des bouddhistes, dans les régions de Chittagong et de Dhaka en particulier; traitement par la majorité musulmane, les groupes islamistes, les autorités et les partis politiques; protection offerte (2003-2005)

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Author Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa
Publication Date 16 August 2005
Citation / Document Symbol BGD100462.EF
Reference 1
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Bangladesh : situation des bouddhistes, dans les régions de Chittagong et de Dhaka en particulier; traitement par la majorité musulmane, les groupes islamistes, les autorités et les partis politiques; protection offerte (2003-2005), 16 August 2005, BGD100462.EF, available at: http://www.refworld.org/docid/45f146f711.html [accessed 2 October 2014]
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Généralités

Selon le journal de Dhaka, The Independant, et d'après des renseignements obtenus lors d'une rencontre entre la communauté bouddhiste et des responsables gouvernementaux, il y a environ 2 millions de bouddhistes au Bangladesh (24 mai 2005). Cependant, d'après BuddhaNet, une organisation à but non lucratif d'origine australienne qui diffuse l'enseignement du Bouddha sur Internet (BuddhaNet s.d.a.), en 2004, un million de bouddhistes à peu près vivaient à Chittagong Hill Tracts, Comilla, Cox's Bazar, Noakhali et Barisal (ibid. s.d.b.). À Chittagong Hill Tracts vivent 14 tribus d'origine sino-tibétaine regroupées sous le nom de Jummas et qui sont presque toutes bouddhistes (Global IDP Project 25 févr. 2005, 20; SAFHR avr. 2000). Selon le recensement national de 1991, les Jummas autochtones constituaient 51 % de la population de Hill Tracts et les Bengalais 48 % (Global IDP Project (25 févr. 2005, 20). D'après les statistiques du gouvernement, ces dernières années, la communauté musulmane majoritaire a vu le nombre de ses membres augmenté au contraire des communautés minoritaires hindoue, bouddhiste et chrétienne (America 15 sept. 2003; Guardian 21 juil. 2003). Selon l'International Religious Freedom Report 2004, le gouvernement bengalais soutient financièrement la construction et l'entretien des temples bouddhistes et des différents lieux de culte des autres principaux groupes religieux du pays (15 sept. 2004, sect. 2 ; voir aussi É.-U. 30 avr. 2004). Les jours correspondant aux dates des principaux festivals bouddhistes ou autres ainsi que des fêtes religieuses sont fériés pour tout le pays (International Religious Freedom Reports 2004 15 sept. 2004, sect. 2). Lors de sa rencontre avec la première ministre Khaleda Zia, la communauté bouddhiste a reçu l'assurance que le gouvernement remplirait sa promesse de faciliter l'agrandissement du site du Bouddha Bihar situé à Merul Badda, à Dhaka, et de préserver les temples dans différents parties du pays (The Independant 24 mai 2005).

Attitude envers les bouddhistes

Selon certaines sources, au cours des dernières années, les minorités religieuses dans le pays ont dû faire face à un nombre croissant d'agressions (AI 2005 ; Economist 29 nov. 2003; Guardian 21 juil. 2003), dont certains racontent qu'elles ont été perpétrées par des fondamentalistes musulmans (ibid.; Gulf News 23 févr. 2003; Golbal IDP Project 25 févr. 2005, 5; Time Asia 28 févr. 2005). Selon certaines organisations locales, le Bangladesh, traditionnellement tolérant envers les minorités religieuses (Economist 18 juin 2005; Guardian 21 juil. 2003) connaît une montée de l'islamisme fondamentaliste (ibid.) Cette tendance semble attribuable au Jamaat-e-Islami, parti appartenant à la coalition gouvernementale menée par le parti national bengalais (Bangladesh Nationalist Party – BNP) (ibid.; Gulf News 23 févr. 2003). D'après certaines sources, depuis 2001, année où le gouvernement de coalition a pris le pouvoir, les minorités religieuses, les hindous en particulier (Global IDP Project 25 févr. 2005, 4-5), sont la cible de discrimination, de harcèlement et d'agressions (ibid.; International Religious Freedom Report 2004 15 sept. 2004, sect.4). Les hindous, les chrétiens et les bouddhistes ont toujours soutenu les partis politiques d'opposition, dont la ligue Awami (Awami League) qui a perdu les élections de 2001 (Global IDP Project 25 févr. 2005, 5). Des cas de viols, de pillages, d'incendies de maisons et d'expulsions forcées ont été rapportés (ibid.)

Dans le Nord du Bangladesh, un groupe militant du nom de Jagrata Muslim Janata Bangladesh (JMJB) a revendiqué une série d'explosions et les meurtres d'hindous et de bouddhistes ainsi que de musulmans considérés « trop laxistes » (Time Asia 28 févr. 2005). Des défenseurs des droits de la personne affirment que ce sont les violences perpétrées par les groupes qui veulent transformer le Bangladesh en un état islamique qui poussent les minorités religieuses à quitter le pays (America 15 sept. 2003 ; voir aussi Gulf News 23 févr. 2003). Des membres des minorités religieuses auraient fui leurs villages, en particulier dans l'Ouest du pays, où le Jamaat-e-Islami compte de nombreux partisans (Guardian 21 juil. 2003; Gulf News 23 févr. 2003).

En août 2003, un certain nombre de villages dans la région de Mahalchari dans le district de Khagrachari de Chittagong Hill Tracts auraient été incendiés par des colons bengalais, lesquels auraient laissé derrière eux deux morts, quelques blessés et presque mille cinq cents personnes, appartenant à des groupes tribaux, sans abri (AI 1er mars 2004; The Independant 25 sept. 2003).

En janvier 2005, le Daily Star a rapporté qu'au cours des trois dernières années, un groupe de Bengalais influents avaient forcé des familles de la communauté Rakhain bouddhiste de Kuakata dans le Sud du Bangladesh en nombre croissant à fuir leurs terres (4 janv. 2005). Quelques familles sont parties vivre à Cox's Bazar et Bandaran, d'autres sont retournées dans l'État d'Arakan, voisin du Myanmar (Daily Star 4 janv). 2005). Quelques membres de la communauté Rakhain ont raconté au Daily Star que leur communauté faisait l'objet de harcèlement depuis 2001 (ibid.) Aucun renseignement sur la situation des bouddhistes de la région de Dakha ou sur le traitement qui leur est réservé n'a pu être trouvé parmi les sources consultées par la Direction de la recherche dans les délais prescrits pour cette réponse.

Protection offerte par l'État

Des représentants du gouvernement ont affirmé que « le Bengladesh est l'image même de l'harmonie » (Economist 29 nov. 2003 ; voir aussi É.-U. 30 avril 2004). Lors d'une rencontre avec des membres de la communauté bouddhiste, la première ministre Khaleda Zia a affirmé que tous les Bengalais jouissaient des mêmes droits, quelle que soit leur foi (The Independant 24 mai 2005). Au cours de cette réunion, elle a reconnu qu'une certaine frange de la société bengalaise attisait « la haine chez des personnes de différentes régions, religions et croyances politiques » (The Independant 24 mai 2005). Jusqu'à récemment cependant, son gouvernement a persisté à dire qu'il n'y avait pas de musulmans fondamentalistes au Bengladesh (Economist 18 juin 2005 ; Time Asia 28 févr. 2005). Après des annonces dans les médias suggérant que le militantisme et la violence sont en augmentation, la police a néanmoins effectué plusieurs arrestations de militants présumés et interdit le JMJB (ibid.), dans un « timide effort pour les éradiquer » (Economist 18 juin 2005). La ligue Awami (Awami League) affirme que le BNP, le parti au pouvoir, « ferm[e] les yeux sur les violences exercées par les extrémistes musulmans » (Economist 18 juin 2005) et que, du fait de son alliance avec les partis fondamentalistes, il n'est pas tout à fait en mesure de contrôler « les extrémistes » (Time Asia 28 févr . 2005).

En août 2004, six personnes qui avaient été accusées du meurtre d'un moine bouddhiste à Raozan en 2003 ont été condamnées à mort par la cour du premier district additionnel et du juge des sessions (First Additional District and Sessions Court) (Law and Our Rights 5 sept. 2004). Le 5 septembre 2004, on attendait toujours la confirmation de la sentence par la haute cour (ibid.). Gyanojyoti Mohathero a été assassiné le 21 avril 2002 au monastère de Raozan (ibid.).

Dans le district de Kuakata où des bouddhistes Rakhains ont été chassés de leurs terres, le sous-commissaire responsable de la région a déclaré que Bengalais et Rakhains se sont également plaints de vols de terre et de harcèlement et a ajouté que les autorités prenaient le problème « très au sérieux » (Daily Star 4 janv. 2005). Aucun renseignement sur l'aide de l'État aux personnes victimes d'éviction forcée n'a pu être trouvé parmi les sources consultées.

D'après certains témoignages recueillis par Amnesty International (AI), la police avait d'abord refusé d'enregistrer les plaintes des membres des tribus du district de Mahalchari de Chittagong Hill Tracts dont les maisons avaient été incendiées ou pillées en août 2003 (AI 1er mars 2004). Il a fallu attendre qu'une ordonnance de la cour soit délivrée pour que les policiers ouvrent deux dossiers contre des Bengalais impliqués dans ces crimes (ibid.). The Independant rapporte que, 23 jours après les événements d'août 2003, le gouvernement n'avait toujours pas offert d'aide aux groupes tribaux (25 sept. 203). AI a indiqué dans son 2005 Country Report qu'aucune enquête indépendante n'avait été ouverte sur les attaques du mois d'août 2003 (AI 2005).

Aucune information additionnelle concernant la protection offerte aux bouddhistes au Bangladesh n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la direction des recherches

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

America: The National Catholic Weekly [New York]. 15 septembre 2003. « Activists Say Minority Religions Being Driven from Bangladesh ». (Dialog)

Amnesty International (AI). 2005. « Bangladesh ». Amnesty International Report 2005. [Date de consultation : 10 août 2005]
_____. 1er mars 2004. « Chittagong Hill Tracts: A Call for Justice at Mahalchari ». [Date de consultation : 12 août 2005]

BuddhaNet [Sydney]. S.d.a. « The Story of BuddhaNet ». [Date de consultation : 11 août 2005]
_____. S.d.b. « Buddhism in Bangladesh. » [Date de consultation : 11 Août 2005]

The Daily Star [Dhaka]. 4 janvier 2005. Pinaki Roy. « Kuakata Rakhains Pushed out of Land ».

The Economist [London]. 18 juin 2005. « State of Denial ».
_____. 29 novembre 2003. « Bangladesh's Religious Minorities: Safe Only in the Departure Lounge ».

États-Unis. 30 avril 2004. United States Commission on International Religious Freedom Rahman, Latifur. « Bangladesh: Protecting the Human Rights of Thought, Conscience, and Religion ». Testimony prepared by Latifur Rahman. [Date de consultation : 11 août 2005]

Global IDP Project [Geneva]. 25 février 2005. « Profile of Internal Displacement: Bangladesh ». [Date de consultation : 10 août 2005]

The Guardian [London]. 21 juillet 2003. John Vidal. « Rape and Torture Empties the Villages ». [Date de consultation : 10 août 2005]

Gulf News. 23 février 2003. Al Madani, Abdullah. « Bangladesh Should Rein in the Extremists ». (NEXIS)

The Independent [Dhaka]. 24 mai 2005. « Buddhists Exchange Greetings with PM: None in Bangladesh is Minority – Khaleda ». [Date de consultation : 15 août 2005]
_____. 25 septembre 2003. Audity Falguni. « Hill People's Tale of Woe: At Least 10 Women Gang Raped ». (Human Rights Congress for Bangladesh Minorities Website) [Date de consultation : 10 août 2005]

International Religious Freedom Report 2004 (IRFR 2004). 15 septembre 2004. « Bangladesh ». United States Department of State. Washington, D.C. [Date de consultation : 10 août 2005]

Law and Our Rights [Dhaka]. 5 septembre 2004. N°156. « Monk Murder Case ». [Date de consultation : 11 août 2005]

South Asia Forum for Human Rights. Avril 2000. E-Briefs: Jumma People in Bangladesh. « Peace Process in Chittagong Hill Tracts ». [Date de consultation : 11 août 2005]

Time Asia. 28 février 2005. Alex Perry. « Reining in the Radicals ». [Date de consultation : 10 août 2005]

Autres sources consultées

Sites Internet, y compris : Bangladesh Human Rights Network, Center for Religious Freedom, Odhikar, United Kingdom Home Office.

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