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Nigéria : information sur la Confrérie réformée des Ogbonis (Reformed Ogboni Fraternity - ROF), y compris la nature de son système de croyances et son objectif; information indiquant si l'adhésion est obligatoire, plus particulièrement pour les enfants des membres; information sur les conséquences associées au refus de se joindre à la ROF; information indiquant si les postes au sein de la ROF sont attribués de façon héréditaire

Publisher Immigration and Refugee Board of Canada
Publication Date 13 April 2012
Citation / Document Symbol NGA104054.EF
Related Document Nigeria: The Reformed Ogboni Fraternity (ROF), including the nature of its belief system and its purpose; whether membership is compulsory, especially for children of members, and consequences for refusing to join the ROF; whether positions within the ROF are inherited
Cite as Immigration and Refugee Board of Canada, Nigéria : information sur la Confrérie réformée des Ogbonis (Reformed Ogboni Fraternity - ROF), y compris la nature de son système de croyances et son objectif; information indiquant si l'adhésion est obligatoire, plus particulièrement pour les enfants des membres; information sur les conséquences associées au refus de se joindre à la ROF; information indiquant si les postes au sein de la ROF sont attribués de façon héréditaire, 13 April 2012, NGA104054.EF, available at: http://www.refworld.org/docid/50aa3bc42.html [accessed 24 April 2014]
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1. Structure et nature du système de croyances

Selon le site Web de la Confrérie réformée des Ogbonis (Reformed Ogboni Fraternity - ROF), cette organisation a été créée le 18 décembre 1918 à Lagos, au Nigéria (ROF 30 mai 2010a). En mai 2010, l'organisation comptait 940 assemblées locales (iledi) au Nigéria, une au Cameroun, cinq à Londres, cinq en Italie et une en Belgique (ibid.). De nouvelles étaient également sur le point de se former en Italie, aux États-Unis, au Brésil et dans les Antilles (ibid.). On peut également lire sur le site Web que la ROF est une organisation bénévole [traduction] « à caractère religieux » basée sur la croyance « à la paternité de Dieu, à la fraternité entre les hommes et à l'immortalité de l'âme » (ibid. 30 mai 2010b). Il ne s'agit pas d'une [traduction] « société secrète » ni d'une religion (ibid.). Cependant, selon le site Web, les membres sont invités à parler librement de la confrérie afin de mettre fin aux [traduction] « insinuations du public et aux fausses idées au sujet de l'ordre [et] de la façon regrettable dont la ROF et la cause qu'elle défend sont encore perçues » (30 mai 2010c).

Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, Insa Nolte, professeure adjointe d'études africaines de l'Université de Birmingham, a expliqué que la ROF n'était pas une secte au sens habituel du terme, mais plutôt une organisation fortement syncrétique qui s'inspire du christianisme et des pratiques traditionnelles des Yoroubas (Nolte 3 avr. 2012). Mme Nolte a ajouté que la ROF n'avait aucun lien avec le crime organisé (ibid.).

Selon Peter Hunziker, un chercheur spécialisé en études africaines qui est cité dans un rapport publié par le Centre autrichien de recherches et de documentation sur les pays d'origine et d'asile (Austrian Centre for Country of Origin and Asylum Research and Documentation - ACCORD), la ROF [traduction] « poursuit les mêmes objectifs que les Ogbonis, c'est-à-dire la formation d'un réseau qui encourage ses partisans sur les plans politique et économique et les soutient dans leurs fonctions publiques » (ACCORD 17 juin 2011, art. 6.3).

1.1 Nature de l'institution des Ogbonis

William Idowu, un professeur de philosophie à l'Université Obafemi Awolowo au Nigéria (Brunel University s.d.; Academic Journals s.d.) qui a écrit dans le Nordic Journal of African Studies en 2005, affirme que le groupe Ogboni est une [traduction] « institution traditionnelle puissante [qui] représente l'attitude traditionnelle [dans la] vie politique, sociale, juridique et morale » des Yoroubas (Idowu 2005, 177). Il souligne que le groupe [traduction] « exerce les plus grands pouvoirs constitutionnels » sur les plans politique, juridique et religieux et que ses membres sont les législateurs de facto dans leurs enclaves respectives (ibid., 185). Il explique que ce pouvoir provient du fait que les Ogbonis exercent un contrôle sur la vie politique dans leurs communautés respectives ainsi que de l'idée selon laquelle ils [traduction] « possèdent le pouvoir des sanctions des dieux », ce qui leur confère le statut de « l'institution la plus redoutée dans les territoires habités par les Yoroubas » et dans le sud-ouest du Nigéria (ibid., 175, 185). Selon M. Idowu, la [traduction] « secte des Ogbonis » est toujours aussi influente qu'avant, bien que son importance en tant que législatrice ait diminué « considérablement » (ibid., 185, 190).

Selon M. Idowu, le principal objectif des Ogbonis est de promouvoir le maintien de l'ordre dans leurs communautés respectives conformément aux [traduction] « lois divines », créant ainsi une « prise de conscience » quant au fait que le péché est une infraction punissable aux normes de la société et que « seuls les sacrifices et les rites de purification peuvent réparer les crimes graves » (Idowu 2005, 188). M. Idowu insiste sur le fait que [traduction] « la secte des Ogbonis veille à ce que les injonctions morales et les lois divines soient respectées tout en infligeant un châtiment rigoureux aux personnes qui enfreignent les règles et règlements (coutumes) du peuple [car] les peines et les sanctions sont les seules prérogatives divines » (ibid., 188-189).

M. Idowu soutient également que le groupe Ogboni est un [traduction] « groupe secret [car] personne, excepté les membres, n'a une connaissance vraiment approfondie de ses pratiques » (ibid., 185). D'autres universitaires décrivent également les Ogbonis comme une [traduction] « secte secrète » (Ajayi, Ekundayo et Osalusi 2010, 155) ou une [traduction] « société secrète » (Adogame oct. 2010, 481).

2. Buts et objectifs

Le site Web renferme l'information suivante concernant les buts et les objectifs de la ROF :

[traduction]

  • S'associer pour faire la promotion du principe de la paternité universelle de Dieu - l'oeil qui voit tout - et de la fraternité universelle des hommes, sans discrimination fondée sur la race, la couleur, la croyance, le sexe, la religion ou les allégeances politiques;
  • s'associer en vue principalement de mieux connaître Dieu de telle sorte que toutes les entreprises de la ROF soient conformes à sa sainte volonté;
  • répandre la pratique de la bienveillance, de la charité et de la chasteté;
  • apporter une aide (à titre de devoir obligatoire) à tous les membres et non-membres pauvres et en détresse de la ROF, sans nuire à soi-même ou à ses proches, et sans injustice envers ceux qui ne sont pas membres de la ROF;
  • s'occuper de la dépouille de tout membre décédé en fournissant un cercueil ou une aide financière d'un coût raisonnable et en enterrant ses restes de façon décente dans le sein de la Terre mère;
  • inculquer à tous les membres la pratique constante de la règle d'or : « faites à autrui (aux membres comme aux non-membres) ce que vous voudriez qu'on vous fasse »;
  • procurer à la ROF les fonds nécessaires à la poursuite des activités prévues dans la présente constitution;
  • respecter les lois et la Constitution de la République fédérale du Nigéria et celles de tout autre pays de résidence (ROF 30 mai 2010d).

Pour ce qui est du dernier point, la ROF précise qu'elle ne représente aucun intérêt politique particulier (ibid. 30 mai 2010b). La ROF mentionne également qu'elle enseigne [traduction] « la gentillesse au foyer, l'honnêteté dans le domaine des affaires, la courtoisie en société, l'équité en matière de travail, la pitié et la sollicitude à l'égard des malheureux, la résistance envers les méchants, l'aide aux faibles, le pardon pour les personnes repentantes, l'amour des uns envers les autres et, surtout, le respect et l'AMOUR pour Dieu » (ibid.).

3. Adhésion

Sur le site Web de la ROF, on peut lire que « les hommes et les femmes [qui sont] honnêtes et respectueux des lois et qui ont une bonne croyance spirituelle en Dieu tout-puissant, peu importe […] leurs antécédents religieux » peuvent devenir membres de la société (s.d.). Selon la Constitution de la ROF, quiconque satisfait aux critères suivants peut devenir membre de l'organisation :

[traduction]

  • Toute personne qui croit en Dieu sans idolâtrie.
  • Les hommes âgés d'au moins vingt-et-un (21) ans et les femmes âgées d'au moins quarante (40) ans; TOUTEFOIS, la femme d'un membre peut être initiée si elle a au moins trente (30) ans.
  • Un membre peut proposer l'adhésion de sa fille ou d'une femme appartenant à sa famille proche qui est célibataire ou divorcée et qui a au moins trente (30) ans, après avoir fourni une attestation écrite du bon comportement de celle-ci.
  • Toute femme qui est mariée au moment où elle présente sa demande et dont le mari n'est pas membre de la ROF doit fournir une lettre de consentement de son mari (ROF 30 mai 2010d, art. 2).

Les exigences et les procédures d'initiation et d'adhésion des nouveaux membres sont exposées plus en détail à l'article 15 de la Constitution, qui est ainsi rédigé :

[traduction]

Le postulant doit remplir une demande où il nomme trois (3) membres comme répondants, dont au moins deux (2) de préférence doivent être membres de l'iledi en question. Toutes les demandes d'adhésion doivent être soumises au deuxième dirigeant (apena) de l'assemblée locale, afin d'être étudiées par le comité exécutif. La demande doit être lue à haute voix par l'apena à la réunion ouverte de l'assemblée locale et, s'il n'y a aucune opposition préliminaire, on donne le formulaire au postulant. Les frais de demande d'adhésion et les frais d'adhésion sont fixés sporadiquement par le Conseil suprême et doivent être payés par le postulant à l'apena en présence d'un (1) de ses répondants. Chaque assemblée locale a un comité d'enquête de moralité. Avant d'être admis, tout candidat fait l'objet d'une enquête de moralité approfondie, menée par le comité; celui-ci présente ensuite ses conclusions au comité exécutif de l'assemblée locale, chargé de rendre la décision finale. Dans le cas d'une femme postulante, celle-ci est en outre présentée à la présidente de l'ensemble des membres féminins (iyabiye) et au responsable des membres féminins qui n'occupent aucun poste au sein de l'organisation (erelu) avec une copie du formulaire 3; l'iyabiye et son erelu engagent une enquête approfondie et transmettent leur rapport au comité exécutif de l'iledi. Il revient à l'apena de chaque assemblée locale d'envoyer un avis de demande d'adhésion (formulaire ROF 4) : aux sections de la division où se situe le lieu de naissance du postulant, aux sections de la division où le postulant tente de s'inscrire et au registre central de la ROF, à l'adresse Reformed Ogboni Fraternity Headquarters, 38, rue Abeokuta, Ebute-Metta, Lagos, Nigéria. Par la suite, l'apena de l'assemblée locale, à la prochaine idaji [réunion générale mensuelle] de l'assemblée locale, lit à haute voix les renseignements sur le postulant, tels qu'ils figurent dans le formulaire ROF 4, afin que tous les membres en soient informés. Le nom du postulant est annoncé au cours de deux (2) autres idajis ultérieures afin que tous les membres puissent poser des questions au sujet du candidat et qu'ils aient la possibilité de soulever leurs objections en privé auprès de tout membre du comité exécutif de l'assemblée locale. (i) Les détails concernant les candidats sont transmis au conseil divisionnaire des assemblées locales, avec la demande; le conseil divisionnaire étudie alors la demande, avant l'initiation éventuelle du candidat, et approuve ou rejette la candidature. (ii) Le comité exécutif de l'assemblée locale s'entretient avec le candidat pour déterminer si celui-ci est apte à être membre. (iii) Si aucun membre de l'assemblée locale ni aucun membre de l'administration générale de la ROF ou de toute autre assemblée locale ne s'oppose à cette candidature dans les trois mois stipulés, et que le conseil divisionnaire approuve le candidat, ce dernier peut être initié lors d'une réunion ouverte de l'assemblée locale. Le candidat (homme ou femme) à l'initiation est présenté à l'iyabiye avant d'être initié. Si le candidat est rejeté par un membre de l'assemblée locale ou par un membre d'une section ou de toute région ou division, ou encore par un membre de l'administration générale de la ROF, son nom est transmis au conseil divisionnaire auquel appartient l'assemblée locale et au registre central, à des fins d'archivage. L'opposition à une candidature doit reposer sur des motifs raisonnables et le caractère raisonnable de ces motifs doit être principalement jugé par la division; il est possible d'interjeter appel auprès du conseil exécutif. Avant son adhésion en tant que membre, le candidat est initié conformément aux rituels approuvés, après être préalablement passé par les rituels de l'assemblée locale à une réunion ouverte tenue au cours d'une journée d'idaji régulière. Par une dispense spéciale du premier dirigeant de la ROF (olori oluwo) ou du deuxième dirigeant de la ROF (Olori Apena) et du Conseil suprême, un candidat méritant peut être initié sans remplir les formalités mentionnées ci-dessus (ibid. 30 mai 2010d).

Dans sa communication écrite, Mme Nolte a déclaré que le recrutement forcé au sein de la ROF ne constituait pas un problème puisque les personnes peuvent se joindre à l'organisation officiellement uniquement lorsqu'elles ont atteint l'âge légal et qu'elles jouissent d'une bonne réputation (3 avr. 2012). Elle a conclu en affirmant que les enfants des membres ne sont pas automatiquement membres de la ROF (Nolte 3 avr. 2012).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l‘aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n‘apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d‘une demande d‘asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Academic Journals. S.d. « African Journal of Political Science and International Relations ». [Date de consultation : 10 avr. 2012]

Adogame, Afe. Octobre 2010. « How God Became Nigerian: Religious Impulse and the Unfolding of a Nation ». Journal of Contemporary African Studies. Vol. 28, no 4.

Ajayi, I. A., Haastrup T. Ekundayo et F. M. Osalusi. 2010. « Menace of Cultism in Nigerian Tertiary Institutions: The Way Out ». Anthropologist. Vol. 12, no 3.

Austrian Centre for Country of Origin and Asylum Research and Documentation (ACCORD). 17 juin 2011. Nigeria: Traditionelle Religion, Okkultismus, Hexerei und Geheimgesellschaften. [Date de consultation : 5 avr. 2012]

Brunel University. S.d. « Notes on Contributors ». [Date de consultation : 10 avr. 2012]

Idowu, William. 2005. « Law, Morality and the African Cultural Heritage: The Jurisprudential Significance of the Ogboni Institution ». Nordic Journal of African Studies. Vol. 14, no 2.

Nolte, Insa, professeure adjointe. Centre of West African Studies, University of Birmingham. 3 avril 2012. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches.

The Reformed Ogboni Fraternity (ROF). 30 mai 2010a. « Introduction and Origin ». [Date de consultation : 20 mars 2012]

_____. 30 mai 2010b. « What ROF Stands For ». [Date de consultation : 20 mars 2012]

_____. 30 mai 2010c. « Ceremony in Conclaves ». [Date de consultation : 20 mars 2012]

_____. 30 mai 2010d. « The ROF Constitution ». [Date de consultation : 20 mars 2012]

_____. S.d. « How to Join ». [Date de consultation : 20 mars 2012]

Autres sources consultées

Sources orales : Les tentatives faites pour joindre des professeurs des universités suivantes ont été infructueuses : Stanford University, Oxford University, Université d'Ottawa, University of Florida, University of California, Obafemi Awolowo University.

Sites Internet, y compris : African Journals Online; African Studies Center, University of Pennsylvania; Amnesty International; Centre for African Studies, Dalhousie University; ecoi.net; Factiva; GERDDES-AFRICA; International Association of Nigerian Studies and Development; Institute for the Study of International Development, McGill University; National Library of Australia; Nations Unies — Refworld; The Nordic Africa Institute; Ogboni Fraternity of the Christians.

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