Last Updated: Friday, 24 October 2014, 09:26 GMT

Turquie : ordre religieux Nourdjou

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Author Research Directorate, Immigration and Refugee Board, Canada
Publication Date 1 December 1989
Citation / Document Symbol TUR2888
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Turquie : ordre religieux Nourdjou, 1 December 1989, TUR2888, available at: http://www.refworld.org/docid/3ae6ac8284.html [accessed 24 October 2014]
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Selon les sources disponibles au Centre de documentation de la CISR, Nourdjou est une secte turque réactionnaire qui, contrevenant aux mesures légales et administratives entreprises par le gouvernement, a tenté un renouveau [ "Turkish White Paper on Terrorrism", The British Broadcasting Corporation. 1er août 1983.]. A l'instar de trois autres sectes islamiques fondamentalistes Suleymanci, Naksibendi et Ticani Nourdjou a témoigné d'un renforcement solide de son organisation [ "Causes of Revival of Islamic Fundamentalism in Turkey", The British Broadcasting Corporation. 13 décembre 1986.], pour constituer dans les années quatre-vingts probablement le plus important groupe fondamentaliste turc [ Paul Dumont, "Les `Disciples de la lumière'. Le mouvement Nourdjou en Turquie", Radicalismes islamiques. Editions L'Harmattan, Paris, 1985.

P. 216.]. Dans les années soixante Nourdjou comptait quelque 500 000 adeptes et était implanté, outre en Turquie, au Pakistan, en Arabie Saoudite, aux Etats-Unis et en Europe, notamment en Allemagne fédérale [ Idem. P. 218.]. Le mouvement possède nombre de périodiques, de centres de propagande, de maisons d'édition et, à l'extérieur de la Turquie, d'importantes structures de propagation de la pensée Nourdjou [ Idem. ]. Le fondateur du mouvement Nourdjou s'appelait Saidi Nursî, né aux alentours de 1873 à Nurs dans la province de Bitlis en Turquie, et mort en 1960 à Urfa [ Idem. PP. 219 et 227.]. Nous vous suggérons de lire le document ci-joint intitulé: Radicalismes islamiques, qui vous informera sur l'origine, la doctrine et la structure du mouvement Nourdjou.

Le renouveau des sectes fondamentalistes en Turquie s'inscrit dans le regain de l'Islam constaté dans ce pays depuis le début des années 1980 et s'explique par le chômage des jeunes, l'accès difficile à l'éducation et le coût élevé de la vie [ Idem.]. Leur longue clandestinité n'a pas empêché les sectes islamiques de maintenir opérationnelle une machine de propagande [ Idem.]. Le 18 juin 1982, trois personnes accusées de faire de la propagande pour le compte de la secte Nourdjou et partant de violer le principe de l'Etat séculier, ont été arrêtées sur décision de la court militaire d'Istanbul [ "Members of Turkish religious sect arrested", The British Broadcasting Corporation (Turkish National News Agency, en anglais, 18 juin 1982). 21 juin 1982.]. Ces arrestations témoignent de la crainte de l'Etat turc de voir s'instituer un mouvement anti-séculier en violation de la tradition kémaliste.

La Turquie, est un Etat séculier depuis 1923, alors que, sous le régime de Kemal Ataturk, elle devenait une république [ Helsinki Watch, State of Flux: Human Rights in Turkey. December 1987 Update. New York\Washington. P. 30.]. Parmi les pays musulmans, elle est le seul à se proclamer officiellement laïque [ L'Etat des religions dans le monde. La Découverte\Le Cerf\Boréal, Paris\Montréal, 1987. P. 364.]. L'article 163 [Turgut Ozal, le premier ministre turc, a déclaré que l'article 163, entre autres, du Code pénal sera éventuellement aboli.

source: Jasper Mortimer, "Please let us in, we promise we'll behave", The Middle East. Janvier 1989.] du Code pénal turc stipule qu'est passible de 8 à 15 ans de prison, toute personne qui dirige une organisation dont le but est la conversion de l'Etat séculier à l'Etat religieux; de 5 à 12 ans, toute personne membre d'une telle organisation et de 5 à 10 ans, toute personne qui diffuse de la propagande en faveur d'un Etat non-séculier [ Amnesty International, Turkey. Amnesty International Publications, London, 1988. P. 6.]. Les problèmes religieux ont pris de l'ampleur en Turquie selon Bulent Ecevit, ancien premier ministre turc, notamment dans le domaine de l'enseignement religieux, obligatoire depuis la promulgation de la nouvelle Constitution de 1982 [ Helsinki Watch, State of Flux: Human Rights in Turkey. P. 31.]. Selon certains universitaires, le mouvement islamique s'est renforcé posant de la sorte une menace à la société turque en raison des croyances anti-démocratiques qu'il véhicule [ Idem.]. Deux mouvements inquiètent particulièrement les Kémalistes au dire de ces universitaires: le communisme et le fondamentalisme, bien que ce dernier ait été toléré après le coup d'Etat de 1980 [ Idem.]. La crainte en Turquie est de voir le fondamentalisme prendre la forme de celui qui existe en Iran [ Idem.].

Kenan Evren, Président de la Turquie a, au début de 1989, opposé son veto à la décision de la Commission de l'éducation supérieure d'abroger le règlement interdisant le port du voile islamique dans les classes alléguant que, dans le respect du concept kémalien de nationalisme, l'habillement moderne ou européen était de rigueur [ Mushtak Parker, "It's all come to a head", The Middle East. Mars 1989. P. 21.]. La Court constitutionnelle du pays a maintenu le veto du Président [Jasper Mortimer, "The voters propose, Ozal disposes", The Middle East. Juin 1989. P. 18.]. Ainsi, non seulement le port du voile islamique "hijab" ou "chador" tel que nommé respectivement dans les pays arabes et en Iran et dans quelques communautés shiites du Golfe n'est-il pas toléré, mais également le port de tout foulard [ Idem.].

En 1987, le nombre de personnes ayant fait l'objet de poursuites judiciaires en raison de leurs activités religieuses a augmenté [ Amnesty International, Turkey. P. 6.]. Dans la seule ville d'Istanbul, 44 causes concernant 128 personnes ont été ouvertes pendant les sept premiers mois de l'année [ Idem.]. Aussi, plusieurs activistes religieux, pour la plupart membres des Frères musulmans, ont reçu de longues peines de prison [ Idem.].

Documents envoyés:

Amnesty International, Turkey. Amnesty International Publications, London, 1988. P. 6.

"Causes of Revival of Islamic Fundamentalism in Turkey", The British Broadcasting Corporation. 13 décembre 1986.

Helsinki Watch, State of Flux: Human Rights in Turkey. December 1987 Update. New York\Washington. P. 30.

Jasper Mortimer, "Please let us in, we promise we'll behave", The Middle East. Janvier 1989.

Jasper Mortimer, "The voters propose, Ozal disposes", The Middle East. Juin 1989. P. 18.

L'Etat des religions dans le monde. La Découverte\Le Cerf\Boréal, Paris\Montréal, 1987. P. 364.

"Members of Turkish religious sect arrested", The British Broadcasting Corporation (Turkish National News Agency, en anglais, 18 juin 1982). 21 juin 1982.

Michel Dumont, "Les `Disciples de la lumière'. Le mouvement Nourdjou en Turquie", Radicalismes islamiques. Editions L'Harmattan, Paris, 1985. PP. 215 à 256.

Mushtak Parker, "It's all come to a head", The Middle East.        Mars 1989. P. 21.

"Turkish White Paper on Terrorrism", The British Broadcasting Corporation. 1er août 1983.

Références:

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