Djibouti : réaction du gouvernement en général, à la suite du coup d'État manqué, et information sur les groupes claniques, s'il y en a, qui font face à des difficultés
| Publisher | Immigration and Refugee Board of Canada |
| Author | Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié, Canada |
| Publication Date | 25 May 2001 |
| Citation / Document Symbol | DJI37112.F |
| Reference | 7 |
| Cite as | Immigration and Refugee Board of Canada, Djibouti : réaction du gouvernement en général, à la suite du coup d'État manqué, et information sur les groupes claniques, s'il y en a, qui font face à des difficultés, 25 May 2001, DJI37112.F, available at: http://www.refworld.org/docid/3df4bee91c.html [accessed 24 May 2013] |
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Selon des sources médiatiques, le 7 décembre 2000, Yacin Yabeh, le chef d'état- major général de la Force nationale de police (FNP) et des policiers armés se seraient rebellés contre la décision prise le 4 décembre 2000 par le président Ismail Omar Gulleh de démettre Yacin Yabeh du poste qu'il avait occupé depuis 1977 (AFP 14 déc. 2000, ibid. 8 déc. 2000, ibid. 7 déc. 2000; Lettre de l'Océan Indien 9 déc. 2000; Country Reports 2000; Nations Unies 8 déc. 2000; LDDH 30 déc. 2000).
Les sources ajoutent que les policiers rebelles auraient occupé plusieurs bâtiments publics, dont la Radio Télévision de Djibouti (RTD) et le palais présidentiel, pendant quelques heures. Toutefois, les militaires loyalistes ont réussi à les déloger (ibid.). Selon des sources officielles, [traduction] « seulement deux personnes ont été tués » au cours de l'affrontement (Nations Unies 14 déc. 2000). Toutefois, d'autres sources signalent qu'entre cinq et neuf personnes auraient été tuées (AFP 8 déc. 2000; Country Reports 2000) et que plus de dix autres auraient été blessées dans les échanges avec les militaires (ibid.).
D'après la Lettre de l'Océan Indien, le général Yacin Yabeh appartient au sous-clan Furlaba des Issas, et les policiers rebelles étaient en majorité composés de Furlabas (9 déc. 2000). Toujours selon cette source, « le général Yacin Yabeh était en fuite, mais en fin de soirée il aurait été localisé et les forces loyalistes estimaient pouvoir l'arrêter à brève échéance » (ibid.).
D'après le journal Mandeeq d'Hargeisa le gouvernement aurait arrêté environ
50 personnes appartenant au sous-clan Furlaba des Issas dont des professionnels du gouvernement et du secteur privé ainsi que les femmes et les vieillards membres du même sous-clan que le leader de la rébellion, Yacin Yabeh (14 déc. 2000).
D'après l'IRIN, le général Yacin Yabeh aurait été formellement inculpé de complot et d'atteinte à la sûreté de l'État. Douze policiers, y compris huit officiers de police haut placés, auraient été également inculpés des mêmes infractions (14 déc. 2000).
Cependant, la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH), affirme que « le
13 décembre 2000, treize officiers des Forces Nationales de Police ont été mis, par le Parquet, sous mandat de dépôt provisoire et immédiatement incarcérés dans la prison civile de Gabode » (30 déc. 2000). En outre, les Country Reports 2000 affirment que les 13 se trouvaient toujours en détention dans la prison de Gabode à la fin de l'année 2000 (2001).
Or, selon la LDDH, « les autorités françaises à Djibouti ont refusé le 17 février 2001 d'hospitaliser à l'établissement militaire français de Djibouti Bouffard, le général Yacin Yabeh Galab alors que la justice djiboutienne l'avait autoris[é] » (27 mar. 2001). De plus, le 14 mars 2001, la LDDH a déclaré que le général Yacin Yabeh se trouvait dans un état de santé « critique » et s'est dit « très soucieuse pour l'état de santé du Général Yacin Yabeh qui ne peut s'équilibrer que dans un centre médical spécialisé et auprès de l'équipe médicale qui l'a toujours suivi » (ibid., 14 mars 2001). La LDDH a demandé au ministre de la Santé « d'intervenir expressément auprès du Président de la République afin que toutes les mesures soient prises pour : 1) accorder une liberté provisoire, 2) faciliter toutes les procédures en vue de l'évacuation sanitaire du Général Yacin Yabeh » (ibid.).
Par ailleurs, la LDDH s'est vu refuser l'autorisation de rendre visite aux prisonniers de la FNP (17 mai 2001). Elle ajoute que,
compte tenu de ce refus, des conditions de détention semblabes voir[e] pire[s] que celles qu'avaient connu certains hommes politiques, la LDDH ne peut que considérer ces prisonniers détenus depuis l'affaire du 7 décembre 2000, comme des prisonniers politiques.
La [LDDH] sidérée vient d'apprendre que la situation carcérale s'est durcie et que les conditions et les pressions sur les familles de ces prisonniers politiques sont de plus en plus humiliantes et inacceptables.
Il semble, que depuis trois mois dans l'Affaire du 7/12/00, le dossier du Juge d'Instruction est pratiquement clos, seul[es] reste[nt] des décisions supérieures avant que la Cour Criminelle soit saisie.
La LDDH constate que depuis un mois, la prolongation de la période de la détention paraît trés abusive et que les sévères conditions de détention doivent être considérées comme une réelle forme de tortures intolérables.
La LDDH lance un appel pressant à tous les membres de l'Organisation Mondiale Contre la Torture, et leur demande de se saisir du dossier de ces prisonniers torturés, afin d'entamer des actions positives auprès des autorités djiboutiennes (ibid.)
Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié.
Références
Agence France Presse (AFP). 14 décembre 2000. « L'ex-chef de la police rebelle de Djibouti inculpé de complot et de meurtre ». (NEXIS)
_____. 8 décembre 2000. « Mutinerie : l'ex-chef de la police de Djibouti en fuite mais "localisé" ». (NEXIS)
_____. 7 décembre 2000. « Des policiers en colère dans Djibouti-ville, des coups de feu entendus ». (NEXIS)
Country Reports on Human Rights Practices for 2000. 2001. Departement d'État des Étas-Unis. Washington, DC.
La Lettre de l'Océan Indien [Paris]. 9 décembre 2000. « Djibouti : le coup de tête d'un général ». (NEXIS)
Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH). 17 mai 2001. « Communiqué de Presse No /13/01/LDDH »
_____. 27 mars 2001. « Lettre ouverte au directeur de publication du journal le Progrès organe hebdomadaire d'information du Rassemblement Populaire pour le Progrès RPP, M. Idriss Arnaoud Ali, président de la Commission permanente de l'Assemblée nationale et secrétaire général adjoint du Parti RRP, parti au
pouvoir »
_____. 30 décembre 2000. « Manifestations armées des Forces Armées rapidement réprimées par les armes des Forces Armées »
_____. 14 mars 2001. « Le Général Yacin Yabeh va-t-il mourir faute de soins? La monstrueuse vengeance de Guelleh » [Date de consultation : 23 mai 2001]
Mandeeq [Hargeisa en somali]. 14 décembre 2000. « Djibouti: About 50 Arrested in Connection with Aborted Coup - Somaliland ». (NEXIS/BBC Worldwide Monitoring 14 déc. 2000)
Nations Unies. 14 décembre 2000. Reseau d'information régional intégré (IRIN).
« Djibouti: Coup Attempt Leader Charged ».
_____. 8 décembre 2001. « Djibouti : Witnesses Describe "Coup Attempt" ».
