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Honduras : information indiquant si les femmes qui sont à la tête d'un ménage, sans recevoir l'aide d'un homme, peuvent obtenir un logement et un emploi à Tegucigalpa ou à San Pedro Sula; information sur les services de soutien offers par l'État aux ménages dirigés par des femmes dans ces villes; information sur la violence faite aux femmes dans ces villes

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Publication Date 4 January 2012
Citation / Document Symbol HND103833.F
Related Document Honduras: Whether women who head a household may, without receiving assistance from a man, obtain a home and employment in Tegucigalpa or San Pedro Sula; the support services provided by the state to households run by women in these cities; violence against women in these cities
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Honduras : information indiquant si les femmes qui sont à la tête d'un ménage, sans recevoir l'aide d'un homme, peuvent obtenir un logement et un emploi à Tegucigalpa ou à San Pedro Sula; information sur les services de soutien offers par l'État aux ménages dirigés par des femmes dans ces villes; information sur la violence faite aux femmes dans ces villes, 4 January 2012, HND103833.F, available at: http://www.refworld.org/docid/4f30cf6f2.html [accessed 20 September 2014]
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Emploi

Selon un article publié par La Tribuna, un quotidien basé à Tegucigalpa, au Honduras, il y a une [traduction] « conception machiste erronée » selon laquelle les hommes [traduction] « doivent être les chefs au travail » et les [traduction] « tâches domestiques sont une obligation des "bonnes" femmes » (25 janv. 2011).

D'après des données de l'Institut national de la statistique (Instituto Nacional de Estadísticas - l'INE) parues dans ce même article daté de janvier 2011, au Honduras, il y aurait plus de 3 000 000 de femmes en âge de travailler, mais seulement 1 221 543 d'entre elles seraient actives sur le plan économique (La Tribuna 25 janv. 2011). Un total de 550 767 femmes seraient à la tête d'un ménage au Honduras, ce qui représente environ 32 p. 100 de l'ensemble des ménages (ibid.). Selon un article publié le 9 mars 2009 par El Heraldo, ce taux était de 25 p. 100 en 2008. De plus, cet article souligne que le salaire des hommes était alors deux fois plus élevé que celui des femmes (El Heraldo 9 mars 2009). Toutefois, un article publié par la Commission nationale des droits de la personne (Comisionado Nacional de los Derechos Humanos - CONADEH) en mai 2011 précise que dans les communautés rurales du pays, le salaire mensuel moyen des femmes qui sont à la tête d'un ménage est d'environ 1 982 lempiras (HNL) [108,02 dollars canadiens (CAD) (XE 22 sept. 2011a)] alors que celui des hommes chefs de ménage est de 2 187 HNL [119,22 CAD (XE 22 sept. 2011b)] (CONADEH 17 mai 2011).

Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, la directrice de l'Association Qualité de vie (Asociación Calidad de Vida), qui offre du soutien aux jeunes filles et aux femmes victimes de violence, et ce, en coordination avec d'autres organismes au niveau national, souligne que la majorité des femmes qui sont à la tête d'un ménage travaillent [traduction] « dans le secteur du travail informel »; elles sont vendeuses de rues, travaillent comme employées domestiques ou ont un petit commerce à la maison « qui ne leur permet pas de combler leurs besoins de base mensuels ni ceux de leurs enfants » (Asociación Calidad de Vida 23 sept. 2011). Elle précise que leur salaire mensuel se situe entre 52 et 78 dollars américains (USD) (ibid.).

D'après les données du ministère du Travail, d'autres femmes travaillent entre autres comme [traduction] « ouvrières peu spécialisées » dans des usines d'assemblage (maquila), dans les services de santé ou comme cuisinières; elles gagneraient un salaire [mensuel] minimum de 290 USD en zones urbaines et de 213 USD en zones rurales (ibid.). Il en coûterait mensuellement 335 USD pour assurer les dépenses minimales d'une famille (ibid.; CONADEH 17 mai 2011).

Selon la directrice, comme les femmes doivent assumer seules le fardeau économique, les tâches domestiques et l'éducation des enfants, cette surcharge de travail les entraîne vers [traduction] « l'isolement social et par conséquent vers la solitude », et elles ne disposent d'aucun temps pour elles-mêmes (Asociación Calidad de Vida 23 sept. 2011). Elle signale également que les mères célibataires [traduction] « ont tendance à être dépendantes d'autres personnes dans les domaines social, économique et affectif, ce qui fait qu'elles peuvent facilement devenir victimes de mauvais traitements, d'abus et d'exploitation » (ibid.).

Toujours selon la directrice, les mères célibataires constituent [traduction] « un des groupes sociaux les plus vulnérables pour ce qui est des divers problèmes liés à la santé et aux conditions de vie » (ibid.). Chez les femmes à la tête d'un ménage, le taux d'analphabétisme et le niveau de pauvreté seraient plus élevés; dans ce dernier cas, certains de leurs besoins de base ne sont pas comblés puisqu'elles ont plusieurs enfants (ibid.). De plus, les femmes chef de ménage auraient en moyenne une dizaine d'années de plus que les hommes dans la même situation (ibid.).

En ce qui concerne le taux de chômage, celui-ci serait plus élevé chez les femmes que chez les hommes; cette inégalité se reflète également dans les plus bas salaires versés à ces dernières pour accomplir le même travail (ibid.). Un article publié par La Tribuna signale que, dans les milieux de travail, des milliers de femmes [traduction] « sont victimes de discrimination » basée sur le sexe (25 janv. 2011). L'article relate l'histoire d'une jeune fille qui a perdu son emploi au profit d'un homme, lequel a été nommé chef et payé 2 000 HNL de plus [109,21 CAD (XE 22 sept. 2011c)] pour effectuer le même travail (La Tribuna 25 janv. 2011). De plus, selon une enquête sur les ménages faite en 2010, les hommes trouveraient plus rapidement un travail que les femmes (ibid.).

D'après les Country Reports for Human Rights Practices for 2010, [traduction] « la loi exige que les employeurs paient le même salaire aux femmes qu'aux hommes pour un travail équivalent, mais les employeurs qualifient le travail des femmes de "moins demandant", ce qui justifie les salaires inférieurs versés aux femmes » (É.-U. 8 avr. 2011 p.32). Dans le secteur de l'industrie textile exportatrice, les Country Reports signalent que l'une des conditions d'embauche des femmes est que ces dernières fassent un test de grossesse (ibid.).

Logement

D'après une étude menée en 2010 par l'Institut national de la statistique (Instituto Nacional de Estadísticas) et dont les résultats ont été publiés dans un article de La Tribuna, 72,2 p. 100 des femmes qui sont à la tête d'un ménage seraient propriétaires de leur demeure, 14,3 p. 100 en loueraient une et dans 8,5 p. 100 des cas, on leur en aurait cédé l'usage sans aucun frais (La Tribuna 8 mai 2011). De plus, l'article signale que la grande majorité de ces ménages aurait accès à l'eau courante par l'entremise d'un réseau privé (47,1 p. 100) ou public (42,2 p. 100) (ibid.). On peut lire dans l'article que 472 000 de ces ménages ont accès à l'électricité alors que 13,5 p.100 d'entre eux s'éclaireraient, entre autres, à l'aide de chandelles et de lampes à gaz (ibid.). Sur un total de 550 767 ménages dirigés par des femmes, plus de 318 000, vivraient en ville alors que près de 227 000 vivraient en campagne (ibid.).

Par contre, la directrice de l'Association Qualité de vie signale que [traduction] « l'inégalité fait en sorte que l'accès à un logement décent est plus difficile pour les femmes qui sont à la tête d'un ménage »; comme elles n'ont pas d'emploi stable ni beaucoup d'éducation, [traduction] « les possibilités [qu'elles aient accès à un logement décent] sont quasiment nulles » (Asociación Calidad de Vida 23 sept. 2011). Elle précise que lorsque la femme vit en couple avec son conjoint, la demeure familiale et la terre en zone rurale sont les propriétés de l'homme; dans le cas d'une séparation, la femme doit se trouver un nouveau toit pour elle et ses enfants (ibid.). Parmi les sources qu'elle a consultées, la Direction des recherches n'a trouvé aucune autre information allant en ce sens.

Soutien du gouvernement

D'après la directrice de l'Association Qualité de vie, le gouvernement aurait rendu plus accessibles les services de santé régis par l'Institut hondurien de sécurité sociale (Instituto Hondureño de Seguridad Social) pour les employées domestiques et aurait apporté un soutien économique aux femmes qui sont à la tête d'un ménage en leur remettant annuellement un bon de 10 000 HNL qui équivaut à une somme de 526,00 USD (Asociación Calidad de Vida 23 sept. 2011). Selon un article publié par le gouvernement du Honduras, le Bon dix mille (Bono Diez Mil) est un programme d'aide financière visant à remettre 10 000 HNL par année aux familles les plus pauvres du pays (Honduras 18 juin 2010).

Dans une seconde communication écrite envoyée à la Direction des recherches, la directrice de l'Association Qualité de vie a précisé que le bon est offert depuis un an et que celui-ci était originalement destiné aux femmes chefs de ménage (Asociación Calidad de Vida 17 oct. 2011). Elle a expliqué qu'il a ensuite été offert aux familles les moins fortunées du pays et qu'une somme de 132 USD est remise aux mères de famille, tous les trois mois, par l'entremise de l'école (ibid.). Pour y avoir droit, leurs enfants doivent être inscrits à l'école (ibid.; Honduras 18 juin 2010) et elles doivent être présentes la journée où le bon est remis; si elles sont absentes, ou si les professeurs sont en grève cette journée-là, elles le perdent complètement (Asociación Calidad de Vida 17 oct. 2011). Un article publié par le gouvernement signale que les mères ont l'obligation d'amener régulièrement leurs enfants aux centres d'aide afin qu'ils obtiennent un suivi médical et nutritionnel (Honduras 18 juin 2010). Parmi les sources qu'elle a consultées, la Direction des recherches n'a trouvé aucune autre information sur ce sujet.

En ce qui a trait au soutien offert par le gouvernement aux femmes victimes de violence, la Base de données du Secrétaire général de l'ONU sur la violence contre les femmes signale qu'un service d'assistance téléphonique, appelé Vivre sans violence et dans le respect (Vivir sin violencia y con respeto), ou ligne 114, vient en aide aux femmes victimes de violence conjugale (Nations Unies 22 oct. 2010a). En date du 22 octobre 2010, seules les femmes habitant à Tegucigalpa pouvaient utiliser la ligne 114 (ibid.). De plus, on peut lire dans la base de données qu'il existe six centres d'hébergement au pays, mis sur pied par des organismes de femmes et financées par le gouvernement, qui apportent de l'aide aux femmes victimes de différentes formes de violence (ibid. 22 oct. 2010b). Toutefois, les Country Reports signalent qu'il existe quatre refuges pour femmes battues, deux appartenant au gouvernement et deux autres à des organisations non gouvernementales, mais que, en raison d'un manque de ressources (financières et autres), ils ne fonctionnent pas de manière efficace (É.-U. 8 avr. 2011, 31).

Violence faite aux femmes

Les résultats d'une étude faite par le Centre d'étude sur les femmes (Centro de Estudios de la Mujer) montrent qu'en 2010, [traduction] « 90 p. 100 des crimes contre les femmes ont été commis par des hommes avec qui elles avaient entretenu une relation affective » (El Heraldo 21 févr. 2011). De plus, on peut lire dans l'article que selon cette même étude, seulement 5 p. 100 des fémicides commis en 2010 auraient été résolus (ibid.). Citée dans cet article, une professeure de l'Université nationale autonome du Honduras (Universidad Nacional Autónoma de Honduras) signale que [traduction] « "les crimes contre les femmes sont ceux qui font le moins l'objet d'une enquête" » (ibid.).

D'après un bulletin du Centre des droits des femmes (Centro de Derechos de Mujeres - CDM), il y a eu 343 fémicides au Honduras en 2010 et la majorité de ceux-ci ont eu lieu [traduction] « dans les départements de Francisco Morazán et de Cortés, et plus précisément dans les villes de Tegucigalpa, de San Pedro Sula ainsi que dans les villes avoisinantes » (CDM 2010). Selon les données de la Direction nationale des enquêtes criminelles (Dirección Nacional de Investigación Criminal) parues dans un autre bulletin du CDM, de janvier à juin 2011, il y aurait eu 185 fémicides au pays, soit une augmentation de près de 25 p. 100 par rapport à la même période en 2010 (CDM 2011). On y signale aussi qu'entre janvier et juin 2011, près de 75 p. 100 des homicides au pays ont été enregistrés principalement dans le département de Cortés suivi du département de Francisco Morazán, et que 64 p. 100 des victimes étaient des femmes âgées de 15 à 34 ans (ibid.).

De plus, 2 869 plaintes pour violence sexuelle ont été déposées en 2010 auprès du Ministère public; 47 p. 100 de ces plaintes provenaient des départements de Cortés, de Francisco Morazán et de Comayagua (CDM 2010). En ce qui concerne la violence conjugale, plus de 19 000 plaintes auraient été déposées en 2010, desquelles 55 p. 100 provenaient des départements de Francisco Morazán et de Cortés (ibid.). On peut lire dans le bulletin du CDM que, pour les femmes victimes de violence conjugale, avoir accès à la justice prend environ 35 p. 100 plus de temps qu'aux victimes d'autres sortes de crimes (ibid.).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Asociación Calidad de Vida. 17 octobre 2011. Communication écrite envoyée à la Direction des recherche par la directrice.

_____. 23 septembre 2011. Communication écrite envoyée à la Direction des recherche par la directrice.

Centro de Derechos de Mujeres (CDM). 2011. « Femicidios en Honduras Enero-Junio 2011 ». [Date de consultation : 19 sept. 2011]

_____. 2010. « Violencia contra las mujeres 2010 ». [Date de consultation : 19 sept. 2011]

Comisionado Nacional de los Derechos Humanos (CONADEH). 17 mai 2011. « Seguridad alimentaria ». [Date de consultation : 16 sept. 2011]

États-Unis (É.-U.). 8 avril 2011. Department of State. « Honduras ». Country Reports on Human Rights Practices for 2010.

El Heraldo [Tegucigalpa]. 21 février 2011. « Unos cien niños huérfanos por femicidios en 2011 ». [Date de consultation : 16 sept. 2011]

_____. 9 mars 2009. « Un femicidio cada 48 horas en Honduras ». [Date de consultation : 16 sept. 2011]

Honduras. 18 juin 2010. Gobierno de Honduras. « Bono Diez Mil llega a municipios de Choluteca y Valle ». [Date de consultation : 5 oct. 2011]

Nations Unies. 22 octobre 2010a. Base de données du Secrétaire général de l'ONU sur la violence contre les femmes. « Línea 114 "Vivir sin violencia y con respeto" ». [Date de consultation : 3 oct. 2011]

_____. 22 octobre 2010b. Base de données du Secrétaire général de l'ONU sur la violence contre les femmes. « Casas refugio ». [Date de consultation : 3 oct. 2011]

La Tribuna [Tegucigalpa]. 8 mai 2011. « Más de 500,000 madres se sacrifican para mantener hogares en Honduras ». [Date de consultation : 16 sept. 2011]

_____. 25 janvier 2011. « Más de medio millón de mujeres son jefas de hogares en Honduras ». [Date de consultation : 16 sept. 2011]

XE. 22 septembre 2011a. « Résultats du convertisseur universel de devises ». [Date de consultation : 22 sept. 2011]

_____. 22 septembre 2011b. « Résultats du convertisseur universel de devises ». [Date de consultation : 22 sept. 2011]

_____. 22 septembre 2011c. « Résultats du convertisseur universel de devises ». [Date de consultation : 22 sept. 2011]

Autres sources consultées

Sources orales : Les tentatives faites pour joindre des représentants des organismes suivants ont été infructueuses : Instituto Nacional de la Mujer, Centro de Derechos de Mujeres, Comisión Nacional para el Desarrollo de la Educación Alternativa No Formal, Asociación Hondureña de Mujeres Negras, Asociación SOLITAS, Central Nacional de Trabajadoras del Campo, Centro de Estudios y Acción para el Desarrollo de Honduras, Centro de Estudios de la Mujer Honduras, Colectivo de Mujeres Hondureñas, Observatorio de la Violencia, Instituto Universitario en Democracia Paz y Seguridad, Colectiva de Mujeres Hondureñas et Movimiento de Mujeres por la Paz Visitación Padilla.

Sites Internet, y compris : Amnesty International, Comisionado Nacional de los Derechos Humanos, Comité de América Latina y El Caribe para la Defensa de los Derechos de la Mujer, Council on Hemispheric Affairs, Factiva, Freedom House, Global Integrity, Human Rights Watch, Overseas Security Advisory Council, La Prensa.

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