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Pérou : information sur le statut et les activités criminelles du Sentier lumineux (Sendero Luminoso); les mesures prises par le gouvernement et la police pour contrer les activités du Sentier lumineux

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Publication Date 17 February 2011
Citation / Document Symbol PER103679.EF
Related Document Peru: Status and criminal activities of the Shining Path (Sendero Luminoso); government and police efforts to address Shining Path actions
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Pérou : information sur le statut et les activités criminelles du Sentier lumineux (Sendero Luminoso); les mesures prises par le gouvernement et la police pour contrer les activités du Sentier lumineux, 17 February 2011, PER103679.EF, available at: http://www.refworld.org/docid/4e438a182.html [accessed 29 December 2014]
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Le Sentier lumineux (Sendero Luminoso) figure sur la liste des entités associées au terrorisme publiée par Sécurité publique Canada (Canada 22 déc. 2010).

Le service de presse EFE signale que des guérilleros du Sentier lumineux sont toujours présents dans la vallée du Haut-Huallaga sous le commandement de Florindo Eleuterio Flores Hala, alias [traduction] « "camarade Artemio" » et dans la région de la vallée des rivières Apurimac et Ene (Valle de los Ríos Apurímac y Ene - VRAE), où ils sont dirigés par Victor Quispe Palomino, alias [traduction] « "camarade Jose" » (EFE 30 déc. 2010).

Dans une entrevue avec l'Inter Press Service (IPS), Gustavo Gorriti, l'auteur de The Shining Path (le Sentier lumineux), affirme également que le Sentier lumineux est divisé en deux groupes différents, un dans la vallée du Haut-Huallaga et l'autre dans la région de la VRAE, et qu'ils sont [traduction] « très hostiles l'un envers l'autre » (IPS 4 août 2008). Gustavo Gorriti ajoute que la faction dans la région de la vallée du Haut-Huallaga a connu plusieurs revers, mais que le groupe dans la région de la VRAE s'est [traduction] « visiblement renforcé au cours des dernières années » (ibid.).

Une professeure adjointe d'histoire latino-américaine à l'Université de l'Alberta, auteure de l'ouvrage intitulé Before the Shining Path: Politics in Rural Ayacucho, 1895-1980 (avant le Sentier lumineux : activités politiques dans l'Ayacucho rural entre 1895 et 1980), a affirmé sensiblement la même chose dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, signalant que le Sentier lumineux a diminué en taille et en force depuis 1992 et qu'il continue de fonctionner, quoique d'une [traduction] « façon très différente » (21 janv. 2011). En outre, elle a ajouté [traduction] « qu'il y a au moins deux groupes politiques militarisés utilisant le nom Sentier lumineux, et ces groupes comptent probablement plusieurs centaines de membres » (professeure adjointe 21 janv. 2011).

Activités du Sentier lumineux

Plusieurs sources mentionnent que la vallée du Haut-Huallaga et la région de la VRAE, où se trouvent les deux groupes du Sentier lumineux, sont situées dans les régions du Pérou où l'on cultive le coca (EFE 30 déc. 2010; IPS 4 août 2008; Andean Air Mail and Peruvian Times 14 oct. 2010). De plus, la professeure adjointe a affirmé que les deux groupes militarisés utilisant le nom Sentier lumineux [traduction] « seraient grandement impliqués dans le trafic de stupéfiants » (21 janv. 2011). Le fournisseur d'information internationale, IHS Global Insight, souligne également que les deux factions du Sentier lumineux sont

[traduction]

liées de près à des organisations se livrant au trafic de stupéfiants, d'où elles tirent la majeure partie de leurs revenus, ce qui signifie qu'au Pérou, les opérations anti-insurrectionnelles sont de plus en plus mêlées aux opérations de lutte contre le trafic de stupéfiants, comme c'est le cas en Colombie (30 déc. 2010).

En outre, IHS Global Insight signale que ni l'une ni l'autre des factions du Sentier lumineux ne représente une menace pour l'État puisqu'elles concentrent toutes deux grandement leurs efforts sur la [traduction] « protection de leurs avoirs dans le domaine du trafic de stupéfiants » (IHS 30 déc. 2010). De même, le magazine en ligne Andean Air Mail and Peruvian Times affirme que les deux factions du Sentier lumineux se [traduction] « consacrent presque exclusivement au narco-terrorisme, contrôlant certaines régions de production de coca et générant des revenus du trafic illégal de stupéfiants » (14 oct. 2010).

Selon un article de l'IPS - citant des rapports d'interrogatoire de la police concernant Atilio Cahuana, précédent chef (2007) de la faction du Sentier lumineux de la vallée du Haut-Huallaga, - les guérilleros cherchaient à obtenir le soutien des campesinos (paysans fermiers) locaux qui s'opposent aux mesures prises par le gouvernement visant à éradiquer de force la culture du coca, car leur subsistance dépend de cette culture (IPS 24 déc. 2008). L'article souligne que le rôle d'Atilio Cahuana consistait surtout à [traduction] « endoctriner les nouveaux membres de l'organisation et à infiltrer les villages de producteurs de coca pour les rallier à sa cause » (ibid.). Les dossiers de la police contiennent en outre les renseignements suivants sur les autres fonctions du chef :

[traduction]

« Chaque fois que nous arrivions dans une ville ou un hameau, nous discutions des problèmes de la population locale. Plus tard, à la fin de la réunion, ils soulevaient la question des volontaires pour se joindre au Sentier […]. »

« J'organisais constamment des réunions avec les campesinos. Incorporer des recrues prend plus d'un an. C'est un travail très complexe et très difficile; c'est pourquoi nous avons les écoles du peuple […]. »

« Je réglais les disputes concernant les limites des terrains entre les communautés, les différends entre les familles, des problèmes que le système de justice était incapable de résoudre, les questions de dettes, les questions de dommages causés aux récoltes par les animaux d'un voisin, les questions de délinquance ordinaire et de viol […]. »

« Nous discutions de l'éducation des enfants, de la question des enseignants et des associations de parents, etc » (ibid.).

La professeure adjointe à l'Université de l'Alberta, en parlant d'un article publié en novembre 2010 dans le magazine péruvien Caretas, affirme qu'on [traduction] « estime que les militants du Sentier lumineux comptent parmi eux 30 enfants-soldats dans des camps d'entraînement militaire dans la VRAE » (21 janv. 2011).

Le service EFE et IHS Global Insight signalent tous deux qu'en décembre 2010, des guérilleros du Sentier lumineux ont tué trois policiers dans une embuscade dans la région de Cuzco, dans le sud-est du Pérou (EFE 30 déc. 2010; IHS 31 déc. 2010). IHS Global Insight ajoute que deux sous-officiers ont été tués dans cette même embuscade (ibid.).

La professeure adjointe a affirmé que [traduction] « divers périodiques péruviens » soulignent que plus de 60 policiers et militaires ont été tués depuis 2008 et que la majorité des sources attribuent ces décès aux guérillas du Sentier du lumineux (21 janv. 2011).

Mesures prises par le gouvernement et la police à l'encontre du Sentier lumineux

D'après IHS Global Insight, Mario Antonio Sifuentes Sandoval (alias [traduction] « camarade Sergio »), un chef du Sentier lumineux, a été capturé par les forces de sécurité péruviennes en décembre 2010 dans la vallée du Haut-Huallaga (IHS 30 déc. 2010). On dit que le camarade Sergio était l'adjoint de Flores Hala, mentionné plus tôt (ibid.).

Lorsqu'elle a été invitée à commenter les efforts de la police et du gouvernement pour contrer les actions du Sentier lumineux, la professeure adjointe a affirmé que les forces militaires et policières du Pérou participent toutes deux à la lutte du gouvernement contre les militants du Sentier lumineux et le trafic de stupéfiants (21 janv. 2011). Elle a donné plus de détails au sujet de ces efforts en affirmant que

[traduction]

[l']efficacité de ces forces, toutefois, est compromise par les ressources limitées de l'État et par la négligence traditionnelle de l'État péruvien à l'égard de ses régions de hautes terres et de jungles (professeure adjointe 21 janv. 2011).

La professeure adjointe a également fait référence à un article de l'Andean Air Mail and Peruvian Times qui signale que Ollanta Humala, chef du Parti nationaliste du Pérou, critique la négligence du gouvernement à l'égard de la vallée du Haut-Huallaga et de la VRAE (ibid.). Selon l'article, Ollanta Humala aurait dit que si l'État est davantage présent dans les régions de la vallée du Haut-Huallaga et de la VRAE, les organisations violentes recevront moins de soutien (Andean Air Mail and Peruvian Times 29 juin 2010).

Un article de l'IPS fournit des renseignements similaires, signalant que Atilio Cahuana, chef de la faction de la vallée du Haut-Huallaga, aurait dit : [traduction] « "nous étions dans les régions où l'État est absent. Les autorités politiques du ministère de l'Intérieur, comme les gouverneurs et les gouverneurs adjoints, ne peuvent pas faire cela; ils ne vont pas dans ces régions" » (24 déc. 2008).

Selon un article du Pittsburgh Post-Gazette - qui cite plusieurs câblogrammes de WikiLeaks, y compris celui d'un ancien ambassadeur des États-Unis au Pérou, daté du 12 mars 2009 -, il y a des allégations de liens entre des membres de l'armée et des trafiquants de stupéfiants (19 déc. 2010). Ce même câblogramme précise que les commandants de l'armée en poste dans la région de la VRAE [traduction] « "reçoivent des pots-de-vin substantiels" », travaillent avec les militants du Sentier lumineux et ne [traduction] « luttent pas ardemment » pour désorganiser les réseaux de trafic de stupéfiants (Pittsburg Post-Gazette 19 déc. 2010).

De même, la professeure adjointe a affirmé que l'efficacité des forces policières et militaires pour contrer les activités du Sentier lumineux [traduction] « peut également être limitée par la corruption » et que [traduction] « [p]lusieurs observateurs nationaux et internationaux ont allégué que des membres de l'armée du Pérou ont coopéré avec des trafiquants de stupéfiants » (21 janv. 2011).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Andean Air Mail and Peruvian Times. 14 octobre 2010. « Peru Police Capture Alleged High Ranking Shining Path Member ». [Date de consultation : 25 janv. 2011]

_____. 29 juin 2010. « State Needs to Increase Presence in Isolated Regions, Humala Says ». [Date de consultation : 15 févr. 2011]

Canada. 22 décembre 2010. Sécurité publique Canada. « Currently Listed Entities: Sendero Luminoso ». [Date de consultation : 14 févr. 2011]

EFE News Service. 30 décembre 2010. « Guerillas Kill 3 Police Officers in Southeastern Peru ». (Factiva)

IHS Global Insight. 31 décembre 2010. Robert Munks. « Three Police Officers Die in Shining Path Ambush in Peru ». (Factiva)

_____. 30 décembre 2010. Robert Munks. « Leading Guerilla Captured in Peru ». (Factiva)

Inter Press Service (IPS). 24 décembre 2008. Ángel Páez. « Peru: Guerillas on the Warpath for Peace Talks ». [Date de consultation : 19 janv. 2011]

_____. 4 août 2008. « "Q&A: All Political Violence Is Not Terrorism" » [Date de consultation : 19 janv. 2011]

Pittsburgh Post-Gazette. 19 décembre 2010. Tim Johnson. « Peru Failing to Halt Rebel Group Insurgence ». (Factiva)

Professeure adjointe d'histoire latino-américaine, University of Alberta, Edmonton. 21 janvier 2011. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches.

Autres sources consultées

Sources orales : Un professeur agrégé d'histoire au Connecticut College, un professeur d'histoire latino-américaine à l'University of Wisconsin-Madison et un professeur adjoint d'histoire latino-américaine à la Viginia Commonwealth University n'ont pas été en mesure de fournir des renseignements. Les tentatives faites pour joindre les sources suivantes ont été infructueuses : un professeur agrégé d'histoire à l'Eastern Illinois University, un professeur agrégé d'histoire à l'University of Oregon, un professeur de sciences politiques à la George Mason University, un professeur d'anthropologie à l'Universidad Nacional Mayor de San Marcos, un professeur d'histoire latino-américaine à la Stanford University, un rédacteur du North American Congress on Latin America et un professeur d'histoire au Lehman College.

Sites Internet, y compris : Andina News Agency, Caretas [Lima], El Comercio [Lima], Commission interaméricaine des droits de l'homme, Diario Ojo [Lima], European Country of Origin Information Network (ecoi.net), Freedom House, Human Rights Watch, International Relations and Security Network (ISN), Nations Unies - Refworld, Nations Unies - ReliefWeb, Nations Unies - Réseaux d'information régionaux intégrés (IRIN), La Republica [Lima], Reuters.

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